‹ La Chine et les puissances chrétiennes (volume 2)Chapitre 55 sur 59 · GOMMËRGE DE LA CHINE AVEC L'AMERIQUE DU SUD ET AUTRES PAIS · texte numérisé non relu

GOMMËRGE DE LA CHINE AVEC L'AMERIQUE DU SUD ET AUTRES PAIS

L'Amérique du Sud achète principalement à la Chine des soieries ouvrées de toute espèce, des thés et des articles de laque^ nacre, éventails, etc. Les importations en Chine de cette partie de l'Amérique consistent presque exclusivement en dollars, aussi en trouve-t-on une quantité considérable sur toute la côte de l'Empire.

L'émigration de laboureurs indigènes pour la Californie, les détroits de Malacca, Cuba et autres pays lointains, occupe annuellement plusieurs navires.

Je termine ce chapitre en reproduisant les lignes suivantes que j'écrivais en 1857 :

Je regarde comme très-probable un accroissement considérable et permanent dans l'exportation de la soie de la Chine pour l'Europe ; et cela, non-seulement k cause de l'augmentation de consommation que doivent déterminer l'accroissement de la population et le développement de la civilisation générale du monde, mais aussi parce que la production de la soie ira, je pense, en diminuant chez nous. Je me fonde sur ce que la grande quantité d'or qui sort des mines et la quantité plus grande encore de papier-capital (papier portant intérêt), que l'on crée, doivent faire monter sans cesse le prix des terres et de leurs produits ; en sorte que, dans quelques années peut-être, on trouvera beaucoup plus d'avantage a cultiver le blé ou les pommes de terre que le mûrier, vu que la soie peut, pendant bien des années, venir de Chine sans que son prix actuel s'élève sensiblement. Il est vrai que l'accroissement de ce produit donnera lieu à la nécessité d'importer du riz. Si Ton parvient à accoutumer les Chinois à la pomme de terre, on leur rendra un immense service : cela viendra.

Dans tous les cas, le commerce de la Chine a un avenir colossal. Sans aucun doute, un jour arrivera où ce vasle empire abandonnera son système d'isolement, cause de sa faiblesse, couvrira ses rivières et ses canaux de bateaux à vapeur, et sillonnera ses vastes provinces pardev< chemins de fer, ce qui, dans aucun pays du monde, ne présente autant de facilité qu'en Chine, car ce qu'il faut aux bateaux à vapeur et aux chemins de fer pour donner do forts bénéfices, c'est une grande population.

Le jour viendra aussi où se réalisera le magnifique projet de couper l'isthme de Suez (*), et alors le commerce de la Chine prendra un développement qu'aucun autre n'aura jamais égalé dans le monde.

(*) Voyez la note C, à la fin de ce volume.

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