RAPPORTS DES EUROPÉENS AVEC LES CHINOIS
ais, lU (jui en onlrc dérciulait absohimenl ii tuiil iiidi- •i\o d'aider et de servir lord Napicr. « L'iiispcc.leur bariic, disait-il, en apprenant ce qui a été décidé à son ijcl, s'est trouvé coniino un poisson enveloppé dans un li't. C'est véritablement un liomine stupide, aveugle et mirant, a qui il est impossible de faire entendre rai- 111. Si un personnage aussi extravagant demeurait ii aiiton pour dirig(;r le commerce, il serait désormais n possible que la population commerçante vécût en paix
I (Ml bonne harmonie. »
Lord Napier, se sentant malade et voyant qu'il ne pouail obtenir aucun résultat, partit pour Macao, où il mouiit au bout de quinze jours, trois mois après son arrivée
II Chine. Par suite de cet événement et du départ des aisseaux de guerre qui se trouvaient à Whampou, le (uiunerce fut de nouveau ouvert.
Dans les dépèches de Pékin, que l'on reçut à Canton, au Il jet de tous ces faits, la conduite du vice-roi était comilclement approuvée, et il était ordonné que ceux qui vaient servi les Anglais fussent punis. Quant au cabinet 11' Londres, il désapprouva l'esprit des dépèches de lord Sapier, qui annonçaient des mesures coercitives. Lord ^almerston lui disait « que ce n'était point par la force ;t la violence que Sa Majesté entendait établir des relaions commerciales entre ses sujets et la Chine, mais par les moyens de conciliation. »
M. J. Davis succéda a lord Napier et fut lui-même bientôt remplacé par sir George B. Robinson. Sur ces entrefaites, il s'était formé parmi les négociants une chambre de commerce, qui, lorsqu'il était nécessaire, communiquait officiellement avec les commerçants hongs.
En 1836, le poste de chief superi/itendeni (surintendant) fut supprimé, et sir George B. Robinson reçut Tordre de remettre toutes les pièces a son lieutenant ou secrétaire, le capitaine Elliot. Celui-ci s'adressa au vice-roi par l'intermédiaire des commerçants hongs, comme cela avait
ôo LA cniNi:: i:t les i'lissances ciiuétiknnes.
lieu anli'rk'ureiuenl, et, en conséquence, il put revenir a Canton uvoc une permission de l'empereur. En accusant réception du décret souverain, il disait au vice-roi : « I,e soussigné proteste respectueusement à Votre Kxcellence que son devoir, et en même temps son plus ardent désir, est de se eonlbrmer en tontes choses au bon plaisir impérial ; aussi apporlera-t-il la plus grande attention aux points iiidicinés dans l'écrit qu'il a sous les yeux. «
Maintenant nous devons entrer dans quelques détails sur l'opium. Il est reconnu que l'usage de le fumer vint aux Chinois parle pays d'Asam, où il existait très anciennement; tontet'uis, jusqu'il la fin du siècle dernier, cet usage dut pi-endre peu de développements, car les missionnaires calholi(iues n'en ont fait aucune mention Vaï 1767, l'importation s'éleva il 1,000 caisses, et elle con. t'iuua. sur ce pi(Hl pendant qnehjues années. En 1791, il entrait librement il titre de médicament^ moyennant un droit d(! 7 piastres par quintal, l'^n 1800, Tempereur le défendit en disant que c'était une cause de perte de temps pour son peuple, (pii échangeait son argent contre la vile ordure des étrangers ; maiscomme il était aisé de suborner les mandarins, qui d'ailleurs fumaient eux-mêmes de l'opium, ce trafic continua, surtout à Macao. En 1820, le vice-roi de Canton publia un édit qui défendait ce commerce sous des peines sévères, et les subrécargues de la Compagnie anglaise recommandèrent qu'on n'en apportât point dans les navires de la Compagnie; ilsdcmandèrent même aux autorités anglaises dans llnde de n'en point permettre la culture. Comme les Portugais exigeaient des droits exorbitants pour l'entrée de l'opium à Macao, l'usage s'établit de le tenir dans des embarcations armées qui étaient constamment il l'ancre dans les anses de quelques-uns des îlots voisins de Canton, comme llong-kong, Linting et autres. Ces magasins flottants ont été appelés receiving-ships. Les commerçants propriétaires de l'opium demeuraient généralement ii ter)e dans leur
I\AI'P0I',TS Di:S EL'UOl'EENS AVEC I.KS CHINOIS. ôl
Il |iii Cl ic : lin Chinois allait leur uchelcr une on plusieurs ai-->LS (l opium ; il eu roiuelail le prix et recevait un ordnî lequel il allait, dans un canot, j)rendre à bord du re- Kl-.shlpiQw opium, qu'il introduisait dans le pays par Miilicliande, soit en trompant la vigilance des employés I' l;i tlouane, soit, ce qui était beaucoup plus ordinaire., en ■s achetant.
(l'Ile contrebande alla auirmenlanl toujours d'imporiih (',en sorte! que laiiuantité d'opium introduite annuel-
iiicnt Huit par s élever il une valeur de plusieurs miliiiis de dollars. Les Chinois n'ayant àdonneren échange ii\ l'.uropéens d'autres articles importants que le thé et I -lie, la balance du commerce leur devint bientôt ex- I iiiement défavorable, et l'exportation de rarJ5'ent se 1 sur une grande échelle. II résulta de là que le gouiriicment commença a trouver des difiicultés dans la 1 1 reption des impôts, et que le déficit du trésor s'accrut apidement d'année en année. L'argent devenait chaque Mir plus rare, et par suite sa valeur s'élevait. En con- •<|uencc, les ministres de Pékin songèrent très-sérieui ment à extirper l'habitude de fumer de l'opium, et
liilirent pour cela des décrets fulminants. Pendant lauiiiine de 1836, le vice-roi de Canton condamna à l'exil iiil'^iégociants européens, parce qu'ils étaient les prini] aux importateurs d'opium; mais ils ne tinrent aucun mipte de cette sentence.
m V, Durant les années 1837 et 1838, il y eut, le long de la ôte, de continuels démêlés entre les employés du gouernement, les contrebandiers indigènes et les commerants étrangers : les premiers faisaient quelquefois conurrence aux seconds, souvent s'entendaient avec eux, larfois enfin en arrêtaient quelques-uns ; tandis que es négociants étrangers, évitant toute collision, s'efforaient d'activer la vente de tout leur pouvoir. En février, e capitaine Elliot écrivit au contre-amiral Capel, dans Inde, pour lui demander d'envoyer en Chine un vaisseau
-2 l.\ CIIINi: HT LKS PUISSANCES CIlUtTIKNNES.
de jjiuerre, aliii do \isilcflcs indiiillagi's où se luisait le conjuiorcc de ropiuiii, « ce qui élail le uicillour moyen, soit pour oldenir ([iie les aiitorilcs provinciales revinssent au syslcnic de c(tiiniv(MiC(î (jui avait jusqu'alors prévalu, soit pour avancer le moment où le gouvernement de Pékin reconnaîtrait comme légal le commerce de l'opium. » En conséquence de cette demande, la corvette Ir RalcUih ne tarda pas a arriver, et elle l'ut envoyée à Fou-tchaou dans le but d'obtenir la mise en liberté de quelques Indiens qui avaient l'ail partie de l'équipage du Fairy^ vaisseau employé au commerce de l'opium, et qui 1 se trouvaient détenus depuis plusieurs mois.
• « Le capitaine EUiot, étant alors a Canton le chef reconnu du commerce biitanni(|ue, recul, en septembre, des autorités de la province, par l'intermédiaire des marchands hongs, l'ordre d'éloigner de Linting les receivingships, et de transmettre a son souverain un ordre de l'empergur pour que dorénavant il leur fût défendu de revenir.
« Vers la fin de l'année 1837, le pavillon britannique h Canton fut de nouveau amené, et le surintendant retourna ii Macao, parce que le gouverneur avait refusé de recevoir une communication sur laquelle le capitaine Elliot n'avait point voulu écrire le mot jnn, en vertu d'instructions qu'il venait de recevoir. En juillet 1838, sir Frédéric Maitland arriva sur le vaisseau de Sa Majesté britannique le Wellesley^ de soixante-quatorze canons, et entra presque aussitôt en correspondance avec l'amiral chinois Kvvangau sujet d'un schooner anglais sur lequel les forts avaient tiré comme il passait le Bogue, et que l'on avait arrêté pour lui demander s'il avait à bord sir Frédéric, ou quelqu'un des hommes de son équipage ou leurs femmes.
« Aussitôt après l'arrivée de sir Frédéric , le capitaine Elliot s'efforça de se remettre en correspondance avec le
IIAI'PORTS DtS lanOPriKNS AVKC LKS CHINOIS. 35
iii]\t'rnouf, on envoyant aux portes île la ville une lettre inerte, que ion reçut et que l'on lit parvenir U son iliL'sse; mais le jour même elle fut renvoyée parce .iille ne portait pas la susrrii)tion exigée.
I. es efl'orts du y ou verncnioul supérieur pour suppriiner i ( outrebanile devinrent en 1838 plus énergii|ues qu'ils a\ aient jamais été, et ils indiquaient une détermination nètro de ne rien épargner pour arriver au résultat. En \ lii, un indigène, appelé Kwoh-siping, fut étranglé puli luement a Macao, sur l'ordre exprès de l'empereur, uin- servir d'exemple aux autres et empêcher de sengaei' a exporter de l'argent ou à introduire de l'opium.
Le nombre des navires composant la petite force trangère montant et descendant la rivière à cette date tait de cinquante , la plupart occupés a faire la contreaiule. Quelquefois le gouvernement semblait disposé à \t icer son pouvoir, et alors des navires étaient détruits, es contrebandiers saisis et torturés, et la vente de lopium nipéchée. Mais les mêmes manœuvres recommençaient 'ioiitot aussi hardiment que jamais. On s'emparait facicjnentde ces bateaux, carie gouvernement pouvait exerer un entier contrôle sur ses propres sujets ; mais lors- [ue les schooners étrangers, fortement armés et équipés, limitaient et descendaient la rivière, et livraient de l'oliuni sur ses bords, les croiseurs officiels craignaient de es attaquer.
« Des collisions devinrent de plus en plus fréquentes Mitre les Chinois et leurs autorités en conséquence de accroissement de la rigueur des ordres émanés de la ^our. En septembre, dans une rixe près de Wampou, enre les militaires et des villageois, plusieurs furent tués jt un grand nombre arrêtés. Les débitants d'opium à Canon furent mis en prison, et ceux que Ton trouva en d'aul'Ls lieux, amenés dans cette ville enchaînés. A Hupé, le l'iuit courut que les officiers avaient puni les fumeurs arrètt - en leur coupant une partie de la lèvre supérieure, atin
.-,} LA CIIINL: LT LI:S I'IISSA.NCKS Cinu:TlliNNES.
ik li.s mcllro hors délai de l'aire usage de la pip^'. U'un l îiiilrc cùlé, la vénalilé des ollicicrs élait telle, que même [ il ccllo l'ijoquo le (ils du youvcrnour lui-même se livrait il «•(' tralic, cl (lu'un grand nombre d'agents suballeines n'i»|M'raiont des saisies de la diogue sur les bateaux conlr< bandiers (lue pour la revendre eux-mêmes en détail. L'exposé fait au trône par Ilivang Fsioh-tsz', où la peine dt' nioi'f élait conseillée, fut iiromulgué à Canton vers le mémo UMups; et le roscrilde Icmpercur, requérant « les [ eommandants en chef des provinces de Moukden (Shing- , king , Kirin, Tsi-tsi-har, et lesgouvcrneurs et lieutenantsgouverneurs de toutes les autres provinces d'exprimer, i sous forme de règlements, leurs vues personnelles sur ce sujet et de la déposer promplement au pied du trône, i provoqua des mesures plus rigoureuses. Ce mémoire demandait les plus fortes pénalités. Dans un rapide examen ; des effets résultant de l'usage de la drogue, il reconnaît que cet usage s'était étendu jusqu'à la Mandchourie et pénétrait dans tous les rangs de la société du haut en bas. i La sortie de l'argent « vers les profondeurs insatiables ^ des régions Iransmarines » avait eu pour elfet d'élever le taux du change de l'argent jusqu'au point d'entraver les affaires du gouvernement. 11 passe en revue les divers plans proposés dans le but d'empêcher la contrebande de l'opium , cause de tout ce mal , tels que de faire garder les ports, de supprimer tout le commerce étranger, d'arrêter les contrebandiers et de faire fermer les boutiques. | « En 1838,1e vice-roi envoya un oiVicier avec un peloton || decinquanlehommespour exécuter do^antles factoreries | étrangères un marchand d'opium condamné à mort. L'ofli- ij cier était sur le point de remplir sa mission près du mât |i du pavillon américain, lorsque les étrangers sortirent de ^ leurs factoreries, renversèrent la tente de bambous que » lofficier faisait dresser, la foulèrent aux pieds, et lui si- if gnifièrent avec résolution qu'il s'abstînt de faire exécuter là cet homme. L'officier, qui ne s'attendait point à une
iiAiM'ouis i)i:s 1::i;iu)I'i;i:ns avkc li:s chinois. 35
>liiisilion (le cotto sorte, s'omprossa do faire onlovor snii liiiil, j)iiis il ;ill;i dans une nir Noisinc où l'Iioiiimc iil il ("lait qucslitm lui ('Iran^lc. Sur ces cnlrrlailcs, , uiaïul noinliro dv. cuiictix indi^c'nos s'élant assoniMés Mil- voir cotlo siiii^ulioro scm'iic, les étrangers sCiVoi'ccnl de les dissiper, supposant ([u'un ^u de résolution -unirait. Contrairement ii leur attente, des coups furent uies en retour, et ils se liàléreni de rentrer dans leurs eliu-eries, dont les portes furent fermées. Cette réunion ' t urieux étant devenue une populace nombreuse se mit a---aillir le devant des factoreries et ii en briser les fe- ■Ircs à coups de pierres et de morceaux de briques, l.a aei^ était restée en sa possession envii'on trois heures, le danger devenait imminent, lorsque le magistrat du -iiict y entra accompagné de trois ou ([uatre officiers, ii\is d'un petit corps d'agents de police.» L:i chambre de commerce indignée lit des rcprésenta- Tii^ au vice-roi sur ce qu'il avait voulu transformer le kHu des factoreries en un lieu d'exécution. Le vice-roi ■pnnditentre autres chosesquece jardin faisait partie du n itoire chinois aussi bien que tout le reste, et que par ■lie i-aison 1 autorité locale pouvait en disposer.
Le capitaine EUiol arriva a Canton le même soir, de "ainpou, avec des bateaux armés. Dans une réunion géeialc il exprima que, dans sa conviction, ces malheu^ ■u\ événements avaient pour cause le trafic de contreuule fait dans les eaux de la rivière, et déclara qu'il wut l'intention de donner l'ordre ii tous les vaisseaux iglais de quitter ces parages dans un délai detrois jours. , exprima l'espoir qu'une démarche ultérieure faite dans
i! but d'entrer en communication avec les autorités proinciales, atin d'obtenir leur coopération pour expulser 3S vaisseaux, serait rendue inutile par le prompt déart de tous les vaisseaux engagés dans ce trafic. Les ijonctions cl les menaces qii'il adressa a ses propres ompairiotes n'eurent, en définitive, aucun succès, et
.-.n LA CHINt; 1:T les PLISSANCES CHRETIENNES.
en conséquence il s'adressa au gouverneur, lui expri- ,, niant son désir de le voir coopérer à leur expulsion, j^i Oans un avis au ptihlir le capitaine EUiot faisait remarquer que ce genre de trafic, dans sa rapide progression. avilissait profondément le caractère anglais et ex|)osait le commerce lé|^nl a un danger imminent; il déclarait qu'il avait l'intention de ne reculer devant aucune responsabilité i)Our y mettre un terme. Le gouverncm comme on s'y attendait, loua le surintendant de sc^ offres, mais lui laissa tout le poids de l'œuvre en ajou tan ta\ ce cet orgueil caractéristique des mandarins chinois (lui arrête si eflicacemcnl notre sympathie pour eux dans i leurs embarras : « Vous devez concevoir que tous ces bateaux-la ne me donnent pas le moindre souci, » comme s'il n'avait qu'à se lever dans sa majesté pour les faire aussitôt disparaître.
» Cette affaire attira un torrent d'injures sur le capitaine EUiot de la part des journaux anglais, les rédacteurs de ces feuilles lui adressant toutes sortes de grossières épithètes, le présentant sous l'aspect ridicule d'un serviteur de la douane chinoise, et aidant les autorités pusillanimes il mettre leurs ordres à exécution....
« Vers cette époque le gouvernement de Pékin avait pris L son parti. »
Le gouverneur de Hon-Kouang, Lin-tse-su, fut nommé conmiissaire, ayant mission, avec des pouvoirs illimiti de mettre fin au trafic do l'opium. l
Les autorités invitèrent les fumeurs a se réformer, et la l police fut chargée de pénétrer dans les maisons pour \ rechercher la drogue et les pipes.
« Do nombreux agents subalternes furent condamnés cl punis sommairement, et le 26 février Fung A-ngan fut étranglé devant les factoreries en raison de sa participation au trafic de l'opium ; les pavillons anglais, américain, hollandais et français furent tous ahienés en con séquence; la stispcnsiou du commerce en général de\int
UA1»P()RTS D1-:S EUROPÉENS AVKC LKS OHIMUS. r,7
iiiiiiiciilo, cl le gouvorncur pressa les élran},'ers de 11' retirer imméduitement des eaux d(! la Chine les i>>('au\ il opium.
jtc nombreuses exécutions eurent lieu aussi dans les (uinces. L'n respectable missionnairt; catholique me Il Mita que, dans la ville où il se trouvait, un Chinois Ml lent fut condamné, parce qu'une petite quantité d'o- II m fut trouvée chez lui, a avoir les ongles arrachés et lis hitète tranchée, mais que sa famille obtint, moyeniiil un présent de 3,000 dollars, qu'il aurait seulement li'to tranchée.
le nouveau vice-coi, Li/i, arriva à Canton le 10 de ars 1839, et fit détenir dans leurs maisons, sans coniiinication ni vivres, tous les étrangers (au nombre de n\ cent soixante-quinze), y compris le représentant du Mivernement anglais, capitaine Elliot. Toutes ces per- Mincs demeurèrent sans aucun de leurs domestiques et iiisplusde provisions de bouche que celles qu'ils avaient ir hasard, ou celles qu'ils purent introduire au moment I on leur arracha leurs gens. Ils restèrent trois jours 1I1S cet état; quelques-uns durent se charger de baver, d'autres de puiser do l'eau, et ceux qui possédaient ui'lque talent culinaire se transformèrent en cuisiniers. clui-ci pesait le riz qui lui restait, celui-là comptait les \\\ es ou les anchois ; et cette tragi-comédie dura jusqu'à ' que le capitaine Elliot, se conformant aux ordres du niimissaire impérial Lin, fit distribuer une circulaire ù il était ordonné, au nom de son gouvernement, que •ut l'opium qui se trouvait dans les navires lui fût relis. En conséquence, on lui livra 20,300 caisses d'opium, ont la valeur était ii peu près de 10 millions de dollars t -2,000,000), et il les mita la disposition de Lin, qui les t détruire entièrement.
Immédiatement après on remit en liberté les étranger»,
iixquels on rendit leurs serviteurs, et le capitaine
.-,s LA CIllNK ET LKS PUISSANCKS CHlUiTlENNES.
Klliol parlil pour Macao, onloiiuanl ii Ions ses compa- [ triolos d(> niiittcr (lanloii.
Si nous (levons croire le Cliuiese Rcposdonjy le Iriom» pliant l,in adressa ii la reine (rAn^delerre une lellre (*), (lonl j'extrairai les passages suivants :
« Notre Cour Céleste a pour famille l(uit ceiiui est entre les quatre mers ; la divine bienveillance du grand empereur est si étendue qu'il n'est personne qu'elle ne couvre de son ombre.
« A Kouangtoung, depuis le rai)p('l des interdits mis sur les communications mai ilimcs, il y a eu un courant permanent de rt'lalions comnu-rciales. Le peuple de ce pays et ceux ([ui viennent des autres contrées par navires étrangers ont joui ensemble, dans la paix, de ces avantages pendant des dizaines d'années jusqu'à, ce jour. Et quant a la rliubarbe, les tliés, la soie écrue, et de tels autres ricbes produits de la Cbine, si les nations étrangères en étaient privées, elles manqueraient des moyens
(') Ayant cherché à savoir du ministre des affaires étrangères d'Angleterre si cette lettre était vraie ou apocryphe, je reçus la réponse suivante : «Dans les archives de ce ministère il ne se trouve point de lettre telle que celle contenue dans le Chinese Repository, vol. VllI, page 9.» Il a pu arriver que la lettre, bien qu'elle ait été I écrite par Lin, n'ait pas été envoyée à Elliot, ou quc^ quoique ayant t été reçue par lui, elle n'ait pas été envoyée à Londres, ou bien en- i core que, y ayant été envoyée, elle n'y ait pas été prise au sé-j rieux, et que par conséquent elle n'ait point été conservée dansL les archives du gouvernement. Toutefois, l'exigence exprimée di-l verses fois par les mandarins relativement à la défense à faire par I la reine d'Angleterre à ses sujets de produire de l'opium et de' l'exporter en Chine, et ce fait, de la part désir H. Pottinger, d'avoir adressé un mémorial à l'empereur céleste relativement à ' la législation du commerce de l'opium, font présumer qu'il y 'a eu quelque chose de vrai au sujet de la lettre de Lin,
KAIM'OUTS DES ELKOl'LENS AVEC LES ClIl.NOlS. .V.l
I ( iiilimicr il vivre. De sorloquo l;i Cour (Irlcslc, en ac-
iit, dans la spuiitaiiritr do sa liicnNcillaiicc (nii\rr-
{• la piMMiiission do vendre et d'exporter tes produits,
I I cola sans exception ni réserve, — a, en vérité,
1 Miidu ses faveurs dans le cercle le plus étendu ^des
I liiuis).
\\ttcla vijioureusc autorité (jne la Cour (déleste exerce
M- li's civilisés aussi bien que sur l(>s barbares, (iiielle
iliriilté pourrait-elle trouver ;i appliquer ininiédiatc-
I lit uiêmc la peine de mort? Mais comme nous donnons
i il 10 sulistantiel ii la plénitude et ;i l'étendue de la
Siic Intelligence, il nous convient d'adopter d'abord la
Mv do l'admonition. Et n'ayant jusqu'il présent envoyé
"10 communication ii Votre Honorable Souveraineté,
mesures d'interdiction les plus sévères étaient prises
un coup, il pourrait être dit pour excuse qu'on n'a-
las eu connaissance préalable des faits.
Nous voudrions donc, maintenant, nous concerter
cil Votre Honorable Souveraineté sur les moyens d'en
t il' ;i jamais avec cet opium si préjudiciable ii l'iiuma-
i c . nous, en en défendant l'usage dans ce pays, et vous,
t (Il empêchant la fabrication.
' Los moyens puissants par lesquels la Cour Céleste Inl dans sa sujétion toutes les nations sont vraiment c ius et inspirent le respect au delii de toute supputat ti. Qu'il ne soit pas dit qu'un avis hàtif n'ait pas été unie de ceci.
Lorsque Votre Majesté recevra ce document, qu'une jjmpte dépèche nous soit adressée en réponse, par lac L'Ile il nous soit donné avis des mesures que vous copierez dans le but dempècher l'entrée de l'opium dans i port quelconque.
,i< N allez pas, en aucune manière, par des paroles fleus, éluder ou retarder une solution. Réfléchissez-y séusement; observez attentivement ces choses. t( Tao-kouang, 19^ année 24" moi?, — jour. —
iO LA CHINK ET LKS Pl'lSSANCES CHRÉTIENNES.
Cnninniniciilioi) cnvoyct^ h la souvcraiiic de la nalion ani^'laisc. »
[Ckinese Reposiiory, vol. Vlll, p. 9) (*).
u Le cours dos ('vôm'inoiils pcndanl la fin de l'ami"" 1839 prcscnle un sinjijulicr iiudango de trafic et dli lilih's. Les niarcliands anglais, désirant disposer i cargaisons qui étaient ari'ivécs, dans l'ignorance de tdi ces actes, s'eflorcèrent de faire quelques arrangements pour les envoyer de Chucnpi ii Canton ; mais ce projet ne roussit pas, et l'on eut alors recours aux vaisseaux naviguant sous d'autres pavillons, par lesquels, en effet, le commerce, pour la plus grande part, fut fait pendant cette annéc-la. La vexation qu'éprouva le commissaire i par la distance où se tenait la marine anglaise en deli' des ports chinois fut grande, et il lit placarder desaffu ! où il exhortait les capitaines à entrer dans le port. Ci mesure amena une réponse du capitaine Elliot, expoles raisons pour lesquelles il défendait aux na\ i anglais de se placer sous l'autorité du gouvernenn Dans cette pièce, le capitaine Elliot se plaignait de . injuste emprisonnement, le présentant comme un traitrment qu'il ne convenait pas de faire supporter a un oflli-i cier dune nation amie, reconnu par l'empereur, et qui avait toujours rempli son devoir d'une manière paisibl(| et irréprochable.... ji:
« Une collision entre des gens ivres et quelques ma| telots anglais eut lieu a Ilong-kong, dans laquelle m indigène perdit la vie. Le vice-roi ordonna qu'un cxamci. du corps fût fait et demanda qu'on lui livrât le meup|t trier, conformément a la législation chinoise.
(*) A la page 497 du même tome se trouve une seconde lettre I qui, au lieu d'élre originale, semble plutôt être une ampliflcatioi'i des idées renfermées dans celle-ci, étendue probablement par quel': que lettré accoutumé dans les examens à faire les gloses dt.' thèmes de .Confucius et de Mcncius.
UAPPORTS DES EL'ROPftRNS AVEC LES CHINOIS il
lu cadavre llnttanl ayani rlr vu (laiisic iioi'l tir llonj;- Hii;, il prolita de icllr (•ii'C(iii>lai)C(' pdiir iii(li(|iicr (lu'il ii\ ail ([lie c'était le corps (lii coupable ; mais voyant ([ik;
iiiiiyen ne lui réussissait pas pour obtenir une satis-
litin, il prit d'aclives nie-ures contre les Anglaisa K lo, dans l'intention non-seulement d(; leur nuire, a is aussi en vue de l'aire éprouver des dommages sérieux la l'opulation portugaise. Il défendit qu'on leur fournît ^ [U'ovisions et ordonna que bnirs domestiques s'éloia^sent d'eux. Des troupes l'uronl stationnées dans le lisinagc, et, alin que personne ne pût s'excuser en preinl i)rétexte de son ignorance, des crieurs furent en- N I s dans les marchés pour y proclamer les ordres de (iliibition tels que les portaient les affiches suspendues liMU' dos. Grande fut l'irritation de la population étran- I r. en apprenant ces procédés : elle augmenta quand on I que des soldats chinois avaient attaqué le petit schoor The Black Joke^ qui allait a Ilong-kong, affaire dans i|iiille cinq hommes de l'équipage furent tués ou bles- >, et un passager laissé pour mort, avec ses oreilles lipees et fourrées dans sa bouche. Les sujets anglais, vsi[uc sans exception, quittèrent Macao le 20 août, et
l'ctirèrent à bord èi liong-kong, surtout par considéra- III pour les Portugais, que le commissaire menaça de
( ulère parce qu'ils les abritaient dans leur port. Ce déai (>ment eut pour effet de mettre les Anglais hors de lliiiite du vice-roi, mais ne rendit pas plus efficaces s t'fforts pour éloigner les vaisseaux il opium de la côte
engager les négociants non contrebandiers a entrer lus le port. Les ventes d'opium avaient recommencé ènie avant la destruction de la drogue au Bogue^et elles iccrurent lorsqu'on eut appris que cette immense quante avait réellement été brûlée. Lin commença alors à )ir que son plan pourrait bien ne pas avoir autant de iccès qu'il l'avait supposé, car il était forcé de rester Canton jusqu'à ce qu'il pût annoncer la complète sup-
il LA cm m: i;t les puissances chrétiennes.
prossion do la rontrcbande ot la possibilité de continuer sans dangor le coninierce légal. Lui et le gouverneur Faii" visitèrent Macao, accompagnés d'un corps nombreux soldats (binois et escortés par un détachement de troiip portugaises.
«Trouvant que laflotte anglaise a Ilong-kong était ti l)ien défendue pour qu'il put l'en expulser, il interdit ;i baliilanls de fournir des provisions aux navires. Il résulta une collision. Le capitaine Elliot envoya n lettre aux officiers locaux a Kaulung, par l'entremise u. M. Gutzlaflf, qui expliqua aux officiers ayant le comman dément de quelques jonques l'état des affaires et les requit de faire parvenir la lettre. Ils s'y refusèrent, mais ils dirent qu'ils exposeraient verbalement l'atfaire, quoique cd même temps les soldats, voyant deux petits scbooners qui s'approchaient, commencèrent a manœuvrer les canons dans une batterie voisine. Le capitaine Elliot envoya à la côte, pour acheter des provisions, une chaloupe que la police arrêta précisément comme elle allait partir ; elhf' fit feu sur les trois jonques qui lui répondirent imi diatement, ainsi que le fort. Cette escarmouche contii jusqu'à la nuit, et les jonques se retirèrent alors sam avoir éprouvé beaucoup de perte. Le capitaine ElliC ayant donné Tordre (11 septembre), a tous les vaisseam anglais engagés dans le commerce de l'opium de quittei le port et la côte, la plupart se dirigèrent vers Namoa. Ui vaisseau espagnol, le Bilbaino, fut brûlé le jour suivant étant a l'ancre à Taypa, par les Chinois, dans la pré somption qu'il était Anglais ; et le gouvernement britannique, en conséquence, arma un petit vaisseau potulu croiser autour de l'établissement. Tout l'opium qui sf 'i trouvait dans la ville avait été rembarqué, mais les habi tants en faisaient encore le commerce.
<i Les deux parties furent dès ce moment engagées dan des hostilités; cependant des négociations a l'effet de continuer le commerce près du Bogue furent entamées, ei ^■
HAPPORTS DES EUROPÉENS AVEC LES CHINOIS. r.
lolire, entre les niarcliaiids anglais el l(!eai)itaiiieElliot,
Nil côté, et les niarehands hongs, le sous-préfet et
ilics ofli('i(M's, de l'autre. Les détails des arranyciiients
aient presque complétés, le capitaine KUiot avait donné
< i^aranties pour qu'ils fussent menés facilement à exé-
ilion, et le coniniissaire lui-même avait signé la con-
iilion, lorsque l'entrée sans autorisation du vaisseau
iL;lais le r/jomaj Coî/^/* eut pour conséquence la rnp-
iic de toutes les négociations. Des mesures coerci-
\i's furent prises de nouveau contre les familles an-
'aises a Maeao, et le capitaine Elliot ordonna que tous
s vaisseaux anglais se rassemblassent à b'ung-ku sous
[•rotcction des vaisseaux de guerre le Volage et le Hya-
•nthe. Il se rendit aussi au Bogue pour exiger que les
unaces contre les Anglais fussent retirées et qu'il leur
il possible de résider à Macao, sans crainte d'y être mo-
•>lés, jusqu'à ce que le gouvernement pût arranger les
illicultés, lorsqu'un engagement survint entre l'amiral
\\ an, ayant à ses ordres une flotte de seize jonques et les
oLix vaisseaux de guerre. Trois jonques furent coulées,
ne sauta, et le reste fut dispersé. Des mesures actives
iront prises par les Chinois contre la flotte anglaise à
(ing-kong, et les vaisseaux qui y étaient allèrent a Fung-