I - (le fuir au moyen de canots. Dans la soirée du len
I main la populace s'attroupa de nouveau, mais elle fut
liissée sans opposer beaucoup de résistance. Deux ou
mis Américains ayant accompagné un de leurs compa-
I iiites, qui s'en retournait chez lui a travers la foule, fu-
ciit , Il leur retour, attaqués a coups de pierres et dau-
K s projectiles; alors un Américain tira un coup de feu
Miiir forcer la multitude a se retirer, et tua un indigène.
ne enquête fut ouverte a ce sujet ^ar le magistrat du
ii-trict, et un rapport adressé par le lieutenant-gouver-
n iir a Ivi-ying; mais celui-ci ne s'occupa point d'envoyer
nii' force suffisante pour contenir la populace irritée, et
li'iiieura inactif, comme ne sachant que faire. Dans une
Miumunication au ministre américain, après avoir de-
uaiulé qu'on lui livrât le meurtrier, il ajoute : « La
population est très-irritée, et il est impossible que des
1 ullisions n'aient pas constamment lieu jusqu'à ce que
la victime soit vengée. »
lu détachement de marins de la corvette Saint-Louis \rriva a Canton le lendemain, et la tranquillité fut réablie.
Ki-ying s'adressa pour la troisième fois à M. Cushing pour demander que l'Américain qui avait tiré le coup de eu fût livré, et avouant du reste que la populace de Canton était une turbulente canaille, mais ayant recours au
r.K LA ClIlNi: ET LES l'LISSANCES CHUETlENNES.
siil>U'i lïii;»' acfoiilmiK', qui ronsistait il s'excuser sur l'ini- I»(tssil)ililc où il ('tail de la maîtriser, llien ne saurait donner mieux que ee l'ait uiu' idée; du pou d'importance que les mandarins attachent aux traités conclus avec les Européens , car la complète exemption de la juridiction locale, tant au civil (ju'au criminel, était parraitenieni stipulée dans le traité (jui \eiiait d'ètro signé avec \ei Américains aussi bien (jue dans celui qui avait été fail avec les Initiais. Mais des actes d(! cette nature étaient pour les Chinois des choses si nouvelles, et ils les comprenaient si peu, qu'en les rédigeant il leur arrivait quel quefois de faire des observations risibles ; par exemple dans une occasion ils refusaient de mettre aux articles les n'" 1°, 2°, 3°, etc., parce qu'ils se figuraient que cette numération désignait une sorte d'ordre hiérarchique ; or, disaient-ils, un article ne devait pas être supérieur à l'au tre, puisqu(! tous avaient la mémo valeur.
Je lai dit déjà et je le répète, un traité pour les Chinois n'est pas autre chose qu'un acte de concession de certaines grâces en favijur d'un roi d'Europe qui les sollicite ou en faveur de ses sujets; et, par conséquent, il n'est pas étrange qu'en certaines occasions ils se figurent avoir le droit de retirer des faveurs qu'antérieurement ilg avaient cru opportun d'accorder.
M. Cushing, dans le but do mettre fin a cet incident, adressa au vice-roi conniiissaire impérial une réclama tion relative à un Américain nommé Sherry, qui fui tué on mai 1841, parce qu'on l'avait pris pour un An glais, et, quoique cette affaire eût été déjà terminée el qu'on eût alloué a la famille une indemnité de 8,000 dollars, M. Cushing la réveilla et obtint ainsi qu'on ne parlât plus de l'homicide commis a Canton. On ne doit pas oublier que les Américains ont toujours sur les côtes de Chine deux ou trois navires de guerre ; il en est de même des Français.
Apre? que M. Cushing eut quitté la Chine, M. J. W. Da-
LtS MANDARINS AI'IŒS LA CLKIIHI: DL IhIo. V.i
--;iiii\a |i(iiii- le ii'iii|il;i(('r ni (lualilé de rdiiimissairt' 1 ministre résident. Il i'iit re(;u par le vice-roi dans nne MiMin ou magasin particulier hors de Canton. M. l)a\is lut reni|)lacé par M. Mac-Lane, (jui ne put ja- :iis obtenir une entrevue avec le commissaire inipé- ,tl. (iuoi(iu'il la sollicitât avec insistance. 11 n'eut pas lus de succès dans une visite qu'il lit ii Tien-tsin en v>V (Je reviendrai sur cette visite). Il fut remplacé par le M leur Peter Parker, qui ne trouva pas les mandarins lus traitables qu'ils ne l'avaient été pour ses prédécesurs Davis et Mac-Lane.
Ku juillet 1856, une querelle s'engagea a Fou-tchaou-fou lire des Chinois et dos Américains. Un de ces derniers, . C.unniugham, négociant, fut tué d'un coup de poiiiaid. Un Chinois qui était a son service succomba égaillent, aussi bien qu'un compatriote de celui-ci.
l'A) août de l'année 1844, M. de Lagrenée arriva à Mann, avec une nombreuse suite, en qualité d'envoyé extranlinairc de Frtince. Le viccroi commissaire impérial se l'iidit aussi a Macao, et conclut avec le plénipotentiaire
ancais un traité qui peut être considéré comme la rel'iiduction de celui de M. Cushing.
En dehors du traité, M. de Lagrenée obtint un décret e 1 empereur permettant, dans ses États, le libre exerice de la religion chrétienne. Les Français furent trèsalisiaits de ce résultat, d'autant plus que c'était ii peu Tt's le seul avantage réel qu'ils eussent obtenu; mais je ni s porté à croire qu'en touchant a cette question ils ommirent une faute et ne firent que nuire à la propaaiidc chrétienne. Je reviendrai sur ce sujet.
[.es missions américaine et française furent traitées t\oc assez d'égards, parce que les échecs subis dans la aicrre contre les Anglais étaient très-récents, au point [u on n'avait pas encore payé les 21 millions de dollars dlnné? "a titre d'indemnité; parce qu'on voulait éviter
(10 LA CIll.Nl:: £1 LLS rLISS.V.NCLS CllhtTIEN.NES.
que ces nouveaux envoyés ne prissent la résolution d'aller a Pékin; parce qu'il ne convenait pas aux orgueilleux mandarins de montrer que ce n'était que par force qu'ils c avaient éclian^'é avec les Anglais des visites et des politesses ; enfin, parce que ces ambassadeurs ne demandèrent pas (ainsi qu'on lavait redouté) une île chinoise comme l'avaient fait les Anglais pour Uong-kong, et qu'ils se contenlérent des concessions faites au commerce de la Crande-liretagne; en quoi le commissaire impérial ne pouvait trouver la moindre difficulté, puisqu'il avait satisfait d'avance a leurs désirs en stipulant, dans un article additionnel au traitéconclu avec les Anglais, que tous les étrangers jouiraient des droits accordés aux sujets de la Grande-liretagnc, Au moyen de cette clause, Ki-ying empêchait que ses ennemis triomphants eussent le mono polc des quatre nouveaux marchés, et il profitait pour leur nuire du seul moyen qu'il eût alors en son pou^oi^.
Après que la mission extraordinaire de M. de Lagrenée fut partie, le baron de Forth-Rouen fut envoyé en Chine en qualité de ministre résident. Le comTnissaire impérial le reçut comme il avait fait pour le représentant américain, M. J. W. Davis, dans une maison particulière si tuée hors de Canton, et M. de Forth-Rouen ayant sollicité de lui une nouvelle entrevue, il ne l'obtint pas, bien qu'il consentît à ce qu'elle eût lieu d'une manière aussi peu convenable que la première fois. Ainsi, après un séjour de trois ans en Chine, il partit n'ayant vu le commissaire impérial qu'une seule fois.
Le baron de Forth-Rouen fat remplacé par M. Bourboulon, qui ne fut jamais visité ni reçu par le commissaire impérial avant la seconde guerre.
Nonobstant les stipulations du traité conclu avec M. de Lagrenée, et malgré le décret impérial obtenu par ce ministre en faveur de la religion chrétienne, le missionnaire français M. Chapdclaine fut, en juillet 1856, dans la province de Kiang-si, soumis a un martyre de deux