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Avant de passer outre, je donnerai la traduction d'un i^r liment assez curieux et instructif. Ki-ying signa des ailés avec les ministres des Etats-Unis et de France, liiis il savait que ces concessions étaient très-mal vues la cour, et il craignait une disgrâce. Les événements (tsléricurs ont prouvé qu'il n'avait que trop rai;-;on. Il '[Misa donc aux pieds de l'empereur l'exposé suivant, ins le but de justifier sa conduite ('') :
L'esclave Ki-ying présente a genoux un mémoire supli'inentaire au Irùne. Les particularités de son adminis-
ation des affaires des Barbares et le maniement (**) des nvoyés barbares, selon les circonstances, ainsi que de la
1 eptionqui leur a été faite (***), ont déjà, fourni matière
plusieurs mémoires de votre esclave.
'■' Les conditions supplémentaires du commerce ayant le également négociées par lui, il a eu l'honneur d'en oumettre les articles au sacré regard de Sa Majesté, qui
cliargé le conseil du commerce de l'examiner et d'en lire le rapport. Tout cela est consigné. 11 rappelle pourint que c'est dans la septième lune de la vingt-deuxième 11 née (août 1842) que les barbares anglais ont été paci-
i Ce document a.élé publié par le gouvernement et se trouve ibe;é en fran(;ais dans la traduction de La Chine et le Japon, ar M. Oliphant, précédée d'une introduction par M. Guizot. "] Littéral., monter à cheval et tenir en bride. I Leur réception commune des inférieurs en rang.
«2 LA CUlNt ET LES PUISSANCES CIIKETIENNES.
tics. Les Anu'ricuins et k's FmiK^ais oui suivi successivement pendant l'été et l'aulomnc de cette année. Dan» celte période de trois années, les allaires des barbares ont subi l'inlUiencc de bien des circonstances, et à mesure qu'elles variaient de nature, il a été nécessaire de cliangei de terrain, et d'apporter des altérations dans la manière de les concilier et de les tenir en bonne luimeur (*). P faut les traiter avec justice naturellement et l'aire appel i leurs sentiments; mais, pour les tenir en main, il faut avoir recours aux stratagèmes (ou à la diplomatie).
« Dans certains cas, il faut leur donner une direction, mais sans leur dire pourquoi; dans d'autr(;s cas, on d( peut calmer leur agitation que par des démonstration» qui désarment {litt. dissolvent) leurs soupçons; parfois il faut les satisfaire, en leur accordant des rapports sui le pied d'égalité; d'autres fois, avant de pouvoir arrivei à un résultat, il faut fermer les yeux sur leurs fausseté.' et ne pas serrer de trop près leurs estimations des faits
« Nés et élevés dans les régions étrangères du dehors, i y a dans l'administration du Céleste-Empire beaucoup di choses que les barbares ne peuvent pas comprendre com plétement, et ils expliquent sans cesse d'une manièn forcée des choses dont il est difficile de leur expliquer li Véritable nature. Ainsi la promulgation des décrets im périaux littéral, sons de soie] est dévolue aux membre du grand conseil, mais les barbares les révèrent commi la réponse autographe de Votre Majesté, et si on leur fai sait savoir positivement que les décrets ne sont point di tout l'écriture de Votre Majesté, bien loin de les révérer rien ne leur inspirerait moins de confiance.
« Les barbares appellent ta-tsan (dîner) {**j le repas qui)
{') Concilier, (/t((.) pacifler, comme on calme un animal ou u homme furieux; tenir en bonne humeur, [litt.) à l'attache.
(' ') Mot employé par nos domestiques de Canton pour dire 1 diner, le grand repas.