‹ La Chine et les puissances chrétiennesChapitre 19 sur 65 · patience des Kuropéens n"a servi cl ne servira · texte numérisé non relu

patience des Kuropéens n"a servi cl ne servira

nais qu'à rendre les mandarins plus orgueilleux et plus

il. Mils.

1 nrlie des vaisseaux anglais de la rivière de Canton irdée par les Chinois comme une victoire ; on ■s arcs de triomphe, on distribua des tablettes 'ur, et l'on en suspendit une dans le temple d'une i> idole, auprès do Canton, à la protection de '^ on disait quêtait dû en grande partie le triomphe sur les barbares.

<^ refusant a ouvrir les portes de Canton, Sin offrit voir sir C. i?onham et le consul D' J. Bowring hors (a ville, dans la maison de campagne du négociant ls-l\ua. Pendant la durée de la correspondance qui i;;i^ca à ce sujet, Siu envoya une fois un décret de ciIHMour à sir G. Bonham, en lui disant: «Obéissez eicctueusement. »

V a toujours en Chine des personnes naïves qui se filaissé convaincre parles astucieux mandarins, lésais ont constamment voulu excuser leur politique sion par l'aversion naturelle et spontanée des indipour les étrangers. Sir G. Bonham, qui a un peu ' l'erreur de ces personnes-là, disait dans sa dépél du 23 avril 1849:

1. argument de l'aversion des habitants est sans nul ' 11' fondé jusqu'à un certain point. Je ne suis pas aussi

^iir le pouvoir des autorités à contenir la populace te occurrence, tout en étant convaincu que sir J.

Kivis ne se trompait pas en attribuant une grande ' lie de l'animosité du peuple à l'encouragement qu'il ( Mt à ce sujet de la part de ses mandarins. t>

76 LA CHINE KT LES PUISSANCES ClinETlENNES.

Dans un docrot de Icniporour cii dalo du 7 mai 1849, olail dit :

« Lcgouvrniourgcuorai Siu; et le gouverneur en que|i lion (Yé), en tranquillisant le peuple et en gouvernai ' les barbares, ont sur tous les points fait converger Iru mesures sur la racine et l'origine de T affaire ; ce qui a(, jjour elVot do rendre lesdits barbares trailablcsct souniJÉj Il m'est impossible d'exprimer complètement le plaisl que nous en éprouvons; et afin d'encourager des servie! d'une liautc valeui', il est convenable que des réconj' penses libérales soient accordées. »

L'empereur accordait ensuite de grandes récompenà Siu, Yé, etc. Au commencement de juin 1849, ^ adressa a l'empereur un rapport dans lequel il lui recoi, mandait ceux qui s'étaient distingués en dirigeant^ soil'action des autorités^ les mesures de protection.

Le 9 aoiit 1849, l'empereur disait dans un décret;

0 En conséquence des mesures prises par les gran'

officiers des provinces de Rouang-toung, le peuple a (I

exercé aux manœuvres militaires, et les braves ont r

animés par de bauls principes. C'est à cause de cela q'

les barbares anglais n'ont point osé agiter de nouve

la question d'entrer dans la ville. »

Dans le courant de cette même année 1849, le comnaa dant (Johnston I et le second de la frégate de guerre 5coi et l'élève consul Parish, se promenant tranquillemei furent assaillis avec de grands cris et a coups de pierr Les autorités chinoises se refusèrent a faire châtier coupables en présence d'un fonctionnaire anglais.

M. le docteur Bowring (plus tard sir John Bowrii arriva à Canton en qualité de consul général. Il soUic

fc

l.r.S iMANDARlNS APHliS l.A (UKnHK DE isjo. 77

iiIrcviK^ axi'c le vice-roi (■iimiiiis>aii(; impriial, el,

l'il u'i'xi^eàl |)as ([iic ce lïil iluiis son palais, à l'iiilc-

Ic la Nille, mais (juil s'.' coiiloiilàl (i'circ iccu dans

1 c maison ilc campagne (juclconqno, comme I avaient

I ijnehines Ibnclionnaires européens, entre antres le

r i-iil lie France comte de Ratli-Mentou, il ne put rien

^(•uverncnuMit de Londres ne voulut pas recourir a l\nie des armes juuir refréner le mauvais vouloir des iiiiilarins et obtenir la sincère exécution du traité de "iikin; mais il piit le parti d'envoyer le vapeur de ■ Reiiiard à "Pfcn-tsin (port très-voisin de Pékin), Il |uobablemcnt de donner connaissance a la cour de I i|ui se passait, et do se mettre, s'il était possible, en I iiiinunication directe avec elle.

Siii' la mission pour laquelle ce navire fut envoyé à ■ii-tsin, durantle printemps de 1830, le gouvernement i ul lis a observé une réserve complète, mémo envers le plement; car ayant fait imprimer, pour en donner immunication aux membres de cette assemblée, pluurs cahiers de la correspondance relative aux affaires ' (liine, il a entièrement laissé de côté cet incident, (le le j'ouïs dire alors, ce fut que le gouvernement de indres avait envoyé a son ministre plénipotentiaire une tlio autographeécritepar la reine Victoria à l'empereur ! la Chine, lettre conçue dans des termes d'une grande lergie, et qu'ordre avait été donné de la faire parvenir Pékin, de la manière la plus convenable. Dans tous les \s, il est certain qu'on n'obtint aucun résultat satisisant.

Peu de temps après, la copie d'un décret impérial que vais rapporter circula parmi les habitants. Les autoris de Hong-kong demandèrent officiellement à Siu si ce écret était authentique; il répondit qu'on ne lui en avait as donné communication, et qu'il ne l'avait point vu ans la gazette de Pékin. 11 est superflu d'observer que

78 LA CIIINK ET LKS PllSSANCKS CHRKTIKNNKS.

son assertion ne prouvait rien; rar los mandarins, da leurs rapports avec nous, mentent jusqu'il la dernu' impudence, nu^mc sans nécessité et sans aucun nie plausible. Voici ce décret :

a Vers la (in de laquatriéme lune de l'année 30 de Tj « kouang, trois steamers anglais grands et petits arrivèn « à Tien-tsin, sous le prétexte de venir otfrir leurs féli « lations, mais réellement avecl'intention de reconnaî « secrètement le pays. Arrivés a Tien-tsin, ils envoyèn « immédiatement deux lettres aux^ministres Ki-ying v( Mouchanga. L'autorité principale de Tien-tsin les re* « et en fit part à ses supérieurs, et ceux-ci, de mêmeq u les ministres, en donnèrent connaissance k la ce « ronne.

« Sa Majesté répondit:

« Le gouvernement a déjii expédié ses instructions

« toutes les autorités, afin qu'elles s'acquittent de le

« devoir et ne fassent point usage de paroles trompeus'

« car elles feraient naître par là des troubles^ Elles d'

« vent permettre auxdits barbares de faire le commen

« telle est la bienveillance sans bornes de la nation. K

« ancêtres ont toujours montré de l'affection au peuple

« lui ont toujours prodigué toutes sortes de soins; lesd

« barbares devraient être reconnaissants à l'extrême

« se tenir en paix ; c'est la première fois qu'ils sont ven

« ouvertement à Tien-tsin, présentant des lettres a

« grands ministres, ce qui est irrévérencieux a l'extrèir

« Il a été ordonné auxdits ministres de ne faire aucu

« réponse, cette réponse cessant d'être nécessaire depi

« que les barbares se sont vantés qu'ils dépasseraie

« les limites et viendraient présenter les lettres et

<t mêmes.

LKS MA.NDAItlNS AI'HKS LA GIKIUU; l)i: IHK». TU

(.'('sl (loiiiici' l;i plus sinyiilit'i'c cxciist' i|iic de |)ail('i' lie la l'alimii' i-(''siillaiit du voyage depuis les j»(»fts do iiHi- de Kdiian-loimg, l'ou-kicn, Tclic-kiaiiy, Kian;;-sou, ( han-loiin^M't Ticn-tsin. Madijiiiilc me dicte d'inrornior lis niiiiislros (|ii'il serait Irès-iiieumenant que je fisse une ré])onse alin d'expliijiier le vide d'une telle déceplinii.Siu, le gouverneur général des Deux-Kouangs, qui ;i traité si souventces yortcs d'affaires, doit certainement savoir que les barbares sont comme le diable ou les tiuitsdu Yi (sorte de monstre marin). Ceux qui sont à (anton doivent dorénavant écrire do cette ville, et limites leurs transactions se feront par rentremise du ^;i>UYerneur Siu,ct toutes les autorités du littoral doivent éviter de communiquer avec les barbares, car ils uceasionneraiontpar là des ti'onbles. Observe/, avec soin ces instructions.

« Respectez cela!... »

Encouragés par ce succès, les mandarins marchèrent à rends pas dans la voie de la réaction, et, au commencelent de juin 1850, les autorités de Canton établirent un

ouveau système pour le commerce du thé, dans le but voué de retirer de ce commerce des sommes au moyen lesquelles le trésor impérial pût rentrer dans ce que lui levait la corporation des anciens négociants hongs. Il faut «marquer que cette dette consistait tout simplement lans une somme de 5 millions de dollars, que le gouvernement avait demandée aux négociants hongs, pour ;ontribuer a parfaire celle de 28 millions qu'il fut obligé le payer aux Anglais après la guerre de 1840. Les comnerçants hongs ne voulant ni ne pouvant payer une si !brte somme, finirent par en fonrnir une partie 1,700,000 iollars). Voici en quoi consistait le nouveau système : Tout propriétaire de thés devait, en arrivant à Canton,

Iles déposer dans l'un des entrepôts du gouvernement, c'est-à-dire dans les magasins de certains individus au-

so LA CIllNi: ET LKS PUISSANCES CIIflÉTIENNES.

torisésol pnlenlrs iicct ciTcl. Amuii iK'f^ociaiil no pouvai arlit'ler des lliôs sans avoir olili'iiii, dans un de ces en Iri'ixM.s, une aulniisation spi-cilianl la (|nanlilo, la qua jih'. etc. Los propriétaires des thés étaient tonus do paye aux entrepôts, pour chaque ([uintal, un doini-taol d'ar gent (le tael vaut environ 6 francs oO centimes; comm droit d'emmagasinage, et un cinquièmedc tael, qui devai èti-e remis par les entrepôts ii la corjtoration des ancien négociants hongs, d'où, en lin de compte;, il devait passe dans les caisses de l'Etat. Le décret ordonnait encore que sur les payements, il ffit ajouté, on faveur des entrepôts 2 p. 100 pour la perte que pouvaient causeries monnaies que ces monnaies seraient posées avec la balance de l'in tendant des tinanccs, et non avec celles qu'emploient le négociants; entin que les appoints seraient, non de 10 catis, mais de 90. Toutes ces dispositions, comme il ef aisé de le reconnaître, tendaient a accroître le produit d la contribution, en sorte que, par exemple, l'année 185 l'exportation du thé s'étant élevée a environ 140 million délivres, le bénéfice que le gouvernement impérial retir de cette exportation no fut pas moins de oOO,000 dollar Cet impôt fit natuscllcmcnt renchérir la marchandise, e par conséquent ce furent en réalité les consommateur étrangers qui le payèrent. C'est ainsi que le gouverne ment chinois avait trouvé moyen de rentrer peu à pei dansles28millionsdcdollars qu'il avaitpayésaux Anglai pour le rachat de Canton et pour le remboursement de frais de la guerre. Cet établissement de magasins privi légiés pour le thé, et le système de contributions que nou venons d'exposer, constituaient une violation flagrant du traité de Nankin; car il en résultait la destruction d la liberté du commerce stipulée dans ce traité, et le réta blisscnient de la corporation des commerçants hongs, laquelle les mandarins tenaient tant, parce que leur ça pacité y trouvait une mine inépuisable; enfin une brèchi se trouvait ainsi faite au tarif lui-même. A tous ces in

Li:S MANUAllI.NS AI'UKS I.A (.LKlUll': Dr, isli». Hl

inonicnts il faut en ajouter im aiilic Inii maiid : le 1. I l'dcMil que cetlc iiicsiirc (ialtlissail. Car si l'on rccon- ;iil aii\ luaiulaiMiis \c droit (h; j^rcvcr ICxporlation du ir d'un ciiiiiuiciiK^ do tatd par (juintal, no doit-on jtas aiii'iulrc à les voir plus lard auj^^ncnler ce cliitl're, ou Il \cr la soie elles autres articles? A quoi servail donc

Il ailé obtenu au prix de lanl de sang? Los Anglais rélaiiicrent et protestèrent, mais sans rien obtenir.

A la lin delannée liS.jO, niourul l'enipereur Tao-Kouang, I i lice doué d'excellenles qualités, mais qui n'avail qu'une (—médiocre capacité, 11 cul pour successeur un de ses 1<, âgé d'un pou plus de vingt ans. Le parti réactionnaire

nipara aussitôt do lui, et voici le décret que pul)lia ce riiice :

P'rrpf écrit à l'encre de vermillon, déclarant le délit commis par Mu-Chanya et Ki-yin;/.

« Le premier devoir d'un monarque est, sans aucun lOUle, d'employer les bons et d'éloigner de son service es méchants; el l'adminislralion ne peutélre formée exlusivement d'hommes dignes, aussi longtemps que les ndignes ne sont point écartés. Aujourd'hui létal de ruine »ù l'empire a été conduit par une trop grande faiblesse est rrivé, on peut le dire, à lexlrème. Certainement c'est a tous que doit être imputée la faute de la rétrogradation [uotidienne du gouvernement et de la démoralisation >rogressive du peuple; mais il est du devoir de deux ou rois employés supérieurs (les ministres) de nous pro- )Oser ce qui est juste et de nous avertir de ce qui ne l'est )as, nous venant ainsi en aide lorsque nous n'atteignons )as le but que nous devrions atteindre.

« Mu-Changa a été pendant plus d'un règne favorisé de 'emploi de premier ministre de notre cabinet, mais il n'a ^as tenu compte des difficultés, de l'attention diligente qu'il devait y porter, et de l'obligation qu'il avait de si-

Hi \.\ CHINE ET LES PUISSANCES ClfRÉTIENNES.

dciiliruT avei- l;i vertu et les bons conseils de son soiivi lain. Au contraire, tandis qu'il conservait sa position i jouissait de la considération qui y était attachée, il a len éloij^Miés des liommes dignes, au détriment de l'État. S.ii loyauté et sans foi, dissimulant ses pensées et ses tii danres complaisantes, il a fait passer inaperçue sa trali son. Faisant usage d'abord de ses talents et de ses coi naissances, il est parvenu à amalgamer ses idées aveclt vues de son maître. La manière dont il traitait, lorsqi pour la première fois se posa la question des barbare ceux qui ne pensaient pas comme lui, est un sujet fa pour exciter la plus grande indignation,

« Dans le cas, par exemple, de Talcungah et Yan-yun| dont l'extrême loyauté et l'énergie l'embarrassaient, il r dut tendre qu'à amener leur chute; tandis qu'il lit toi son possible pour établir Ki-ying, parce que dans c homme sans pudeur et sans vertu il trouvait un complu qui partageait son iniquité. Il y a eu beaucoup de ces ci où il a eu des préférences dans le but de s'arroger indî ment une partie du pouvoir. Ces cas sont trop nombrei pour qu'on puisse les énumérer. Sa Majesté notre demi* ejnpereur était trop noble pour pouvoir en agir autreniei qu'avec honneur envers les hommes, et il en résulta qi Mu-Changa eut toute latitude pour pousser en avant sar crainte ses procédés déloyaux. Si la lumière de la sain intelligence était tombée sur sa trahison, il aurait été ch. tié sévèrement. Certainement on ne lui eût montré ai cune miséricorde; mais (n'ayant pas été découvert) il m a prollt la faveur qui lui était accordée pour se livrer une plus grande licence, et il a continué ainsi jusqu'à ! fin sans s'être amendé.

« Dans le commencement de notre règne, qui date d premier mois de Tannée courante, toutes les fois que j'ei l'occasion de lui demander de m'exprimer son opinioi ou il me la donnait d'une manière ambiguë, ou il garda le silence; mais après plusieurs mois il commença

LES MANDAIUNS AI'KÈS LA GL'KHRK DK 1810. sr,

iictlre en praticiiio ses arliliccs. Ainsi, lors(iu(.' k' vaisseau lr> barbares anj^'lais arriva ii Tien-tsin, il vouliil mettre •Il avant Ki-yini; connne son contidenl, afin qu'il soutînt a propre polili(iue, et il eût voulu exposer une seeondc ois la population aux cheveux noirs de l'empire aux calaiiilcs passées. 11 serait impossible de dire ec que ses in- (11 lions renferment de dangereux. Quand Shi-nyan re- Minmanda Lin-tsi-su pourquil fut employé, Mu-Changa, i plusieurs reprises, exposa que sa santé faible et ses nlirmités le rendaient impropre au service, et quand iiuis lui ordonnâmes daller a Kouang-si pour exterminer is rebelles de cette province, Mu-Changa exprima plu- -ii MU'S fois le doute qu'il put exécuter cet ordre (*). Il a ibscurei notre vertu par ses faussetés, afin que nous ne V i-sions pas ce qui se passait dehors, et c'est en cela réelli'iiiont que consiste son délit.

« Les tendances antipatriotiques de Ki-ying, sa lâcheté ol son incapacité sont tout à fait surprenantes. Lorsqu'il (tait Canton, il ne fit qu'opprimer le peuple pour plaire aux barbares, sans prendre jamais souci des intérêts de Il lut. On en eutalors la preuve évidente, si on ne l'avait liejâ eue dans d'autres occasions, lors de la discussion qui surgit a propos de l'entrée dans la ville. D'un côté il faussa le divin principe de la justice, et de l'autre il outragea les sentiments naturels de Ihomme au point ([uil manqua d'occasionner une rupture quand il n'y axait nul motif pour qu'il en survînt. Le dernier empereur, bien informé de sa duplicité, lui ordonna de revenir promptement dans la capitale, et quoiqu'il ne l'ait point dégradé immédiatement, il l'eût certainement fait plus tard.

« Souvent, durant mon règne, Ki-ying, toutes les fois qu'il fut appelé devant nous, a recommandé de cultiver

(*) Lin mourut en roule, alors qu'il se dirigeait vers Kouang-si.

Hi LA CIllNK KT LKS PUISSANCES CHRIiTIENNIiS.

dos n>lalions aiuiciiles iivi'c les liarbaros anj,Mais, exposant les divers services qu'ils pouvaient rendre; il i)ensait (jne nous ne nous apereevions pas de sa déloyauté. Mais, tandis qu'il travaillait ii consolider son emploi etseï émoluments, plus il déclaniail et plus il apparaisait clairement (|u'il était dénué do tout principe de prohilé ; S8 parole avait comme de la raye d'un chien; mais il était plus que l'animal, un objet de compassion.

« Les vues de Mu-Clianga étaient occultes et diflicilej à découvrir; celles de Ki-ying évidentes et faciles à connaître; mais le crime de tous les deux, en tant (juil devait porter préjudice à i'Ktat, est égal.

tt Par conséquent, si la loi n'était pas satisfaite, comment se feraient respecter les règles du devoir, de manière qu'elles conservent la rectitude dans le cœur des hommes? ou comment ne serions-nous pas ingrats et ne manquerions-nous pas à l'importante charge que le dernier monarque nous a confiée? Toutefois, considérant que Mu-Changa a été ministre sous trois règnes, nous ne pouvons nous résoudre à le condamner en un jour à subir le sévère châtiment qu'il mérite; qu'il soit donc, par un effet de grande miséricorde, privé de son rang, et à jamais écarté de remplir un emploi quelconque.

« L'insuffisance de Ki-ying a été extrême ; mais comme il a été accablé par les difficultés de sa position, que la plus grande miséricorde possible s'étende aussi jusqu'à lui; qu'il soit dégradé, et reste en disponibilité, aspirant a un emploi de yuen-vai-lang dans un des six conseils.

« La conduite intéressée de ces deux hommes et l'oubli qu'ils ont fait de leur souverain sont chose notoire dans tout l'empire. Ne faisant rien avec excès, nous ne les avons point condamnés à la dernière peine. En prenant une décision sur ce cas, notre sentence a été rendue après une mûre délibération, après l'avoir longtemps considéré. Notre sensibilité, comme nos sujets peuvent se l'imaginer,

ij:s mandahins aphks i,a taiifuiK de ihîo. h:>

-I rccUoinciU l'rniio davoir ii dùiv ce (|iii est iiu'\ ila|j|(.'. Dorc'iunaiil loiit cnipUiyt', j^^rand (ni pdil, civ il ou Inililaiiv', ayant iiiu' l'oiuliou dans la capilalc ou par- 'iiut ailleurs, lioil ivyicr sa coiuluiU^surde bous principes I M i\ ir loyalement l'État. Que les maux accumulés pciii,u\[ le lonp; espace de temps qu'ont prévalu la paresse el l'arlitice soient un motifde repentir et de rélVuines accomiimnés de craintt" et de tremblement; on ne doit point i-ecun devant les dillicultés ni se laisser dominer par la paesse, et si quelqu'un est en position de proposer quelque iiesure qui jouisse avoirdel'i m port an ce pourle jj;ouveriieiieul de l'Ktal et le bien-être du peuple, qu'il l'exprime i\ic droiture et sans réserve.

Que personne n'agisse dorénavant par affection pour iiii maître en politique, ou sous Tinfluence de ces scntineuts envers qui le favorise; mais que tous s'attachent, oiiime nous espérons qu'ils le feront, à ce qui est 1) ise de raison, sans s'en écarter le moins du monde, emplissant avec modération ses fonctions respectives.

' Que cela soit promulgué spécialement dans la capi- ;ile et hors de ses murs, pour que notre volonté soit ondue publique.

H Décret spécial du 18" jour de la 10' lune de l'an 30 de fao-kouang {;21 novembre 1830).

K Que ceci soit respecté ! »

On voit par ce décret que le fameux exposé de Ki-ying i 1 empereur, parlant avec dédain des étrangers, ne le ;un a pas de la disgrâce.

Au commencement de 1831, un Chinois, né à Singapour territoire anglais) d'une mère malaise, et qui était cmiloyé à bord d'un des vaisseaux qui font le commerce de opium, fut arrêté par les autorités chinoises, bien qu'il e trouvât inscrit au consulat anglais comme sujet de la '.rande-Bretagne. Le consul le réclama; mais les manlarins, avant de le remettre, le firent fouetter, et cela

iliHio manicTO si cruelle que, lorsqu'on l'envoya au consulat clans une chaise a porteurs, les employés, au moment où ils voulurent le retirer de la chaise, n'y trouvèrent plus que le cadavre dudit Chinois, qui s'appelait Tan-chin-chin. A cette vue, les porteurs, laissant la chaise à la porte du consulat, prirent la fuite. Les mandarins accusaient ce malheureux d'appartenir ii la société secrète San-ho-hiiei.

A la fin de IS.'il, Leu-ke-yu, gouverneur de la province de Fou-kien, fut dégradé. Ce mandarin était coupable d'avoir publié, quelques années auparavant, une intéressante géographie universelle en six volumes, dans laquelle il donnait sur les pays étrangers des renseignements assez exacts, que par conséquent onjugean'avoir été écrits que pour favoriser ces pays. Les cartes qui accompagnaient cet ouvrage étaient copiées sur des atlas publiés en Europe.

En avril 18")2,les autorités chinoises de ?'ou-tcliaou ar rètèrent deux copistes qu'employait dans son école un missionnaire anglais appelé M. Wetton, et les traitèrent avec la dernière inhumanité. Le consul Walker adressa, à ce sujet, un message très-énergique au gouverneui général de la province, lequel ne daigna pas même répondre.

Le 2-5 avril 1852, Siu écrivait au plénipotentiaire anglais qu'il ne pouvait pas, faute de temps, avoir une entrevue avec lui, et il proposait de la différer jusqu'à ce qu( les hostilités contre les rebelles fussent terminées.

En novembre 1852, le lieutenant de vaisseau M. d( Lisle et un autre officier nommé Cushing furent volés e blessés a Kowloun, vis-a-vis Hong-kong. Le second pu s'échapper; mais le premier étant demeuré à terre, 1« commodore de l'escadre anglaise , accompagné d'employés et d'interprètes de Uong-kong, alla à sa rechercha avec la frégate la Cléopâtre. Ils se rendirent auprès di mandarin de Kowloun ; mais il se cacha dans l'intérieui de ses appartements, faisant dire qu'il était absent, et le;

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