‹ La Chine et les puissances chrétiennesChapitre 21 sur 65 · I.KS MANDARINS APHtS LA (".IKUnK DK IH'.d 'J'j · texte numérisé non relu

I.KS MANDARINS APHtS LA (".IKUnK DK IH'.d 'J'j

III |v< à rendre compte des vaisseaux barbares qui pouriii arriver encore, ainsi que de tous les mouvements I -> barbares. »

\l(!iiflirc roDiideuficI do Tsouiis-loon, ïïan-Kion, et Chanç-jni do !i noTcmbrc.

Vos esclaves ont eu le 3 novembre une entrevue avec ( liefs barbares, Maclane et Rowring. Ceux-ci, ainsi lie leurs interprc-tos, Medliurst cl Parker, ont débarqué I compagnes de 1G7 bommcs, tous armés. Les cbefs barres Maclane et Bowring avaient certainement des maeies respectueuses. Ils dirent qu'ils élevaient vers Sa ijesté l'empereur un regard rempli de gratitude pour mil' envoyé un ministre au fort de Ticn-tsin, et qu'ils I aient un plaisir inexprimable à se rencontrer avec lui. ( Sur ce, votre esclave Tsoung-loun leur dit que Tien- 1 n n'était pas proprement un endroit auquelles étrangers I !5^ent accès. Eu égard toutefois à leur voyage par mer, 1 1 e esclave avait consenti à se réunir a eux ; ils devaient iiiinlcnant déclarer en toute vérité les points qu'ils voulient faire débattre, et si l'atfaire rentrait dans le but du niteet était quelque peu raisonnable, votre esclave les ) ivrait sur ce terrain.

« Maclane répondit le premier. Un long temps s'est

toiilé depuis la conclusion du traité; l'état actuel des

I o>es appelle des changements urgents. Il avait été à

I nton, mais Yé avait refusé de le recevoir; il était donc

nu à Tien-tsin pour prier que des démarches fussent

(tes dans cette aflaire. Il a présenté en même temps le

pier contenant les propositions déjà communiquées;

u's tendent au même but que celui rapporté à réitérées

is à Votre Majesté par votre esclave Wau-kien.

« Votre esclave Tsoung-loun a immédiatement, claire-

ent et positivement refusé les demandes relatives à la

.cation de maisons d'habitation, l'achat de terrains,

établissement d'entrepôts a l'intérieur, ainsi que la rési-

donce d'une mission barbare à IN'-kin cbargrc de dirig la correspondance, soit d'onlroleiiirlcs rapports olliciel 1,0 barbare Machine dit que " si le ministre envoyé p Votre Majesté a des pouvoirs sullisants, il entrera dans 1 détails du traité contenant les articles dont les États-l'i implorent la concession avec une si grande anxiété, votre esclave Tsoung-loun n"a pas les grands pouvoi nécessaires, il est inutile de continuer la négociation.

0 Votre esclave Tsoung-loun a répété plusieurs f( avec autorité que dans notre Ktatlcs serviteurs publics ])cuvent prétendre aux pouvoirs de plénipotentiaire; qu' toutes cboses ils attendent les ordres de leur souvera avant d'agir, et que la dénomination de plénipotentiai n'a jamais existé pour aucun fonctionnaire. Si les chos que vos Etats-Unis demandent si instamment sont l'avantage des deux parties ou bien avantageuses a étrangers et non préjudiciables a la Chine, nous pourro sans aucun doute les discuter, et des arrangements poi rontètre pris après avoir été exposés a Sa Majesté; mi si moi son ministre je m'oubliais au point de soumet! de votre part des conditions nuisibles a la Chine, no empereur ne manquerait pas de me punir pour cette ir vérente importunilé. 11 n'y aura du reste aucune obj« lion à ce que vos propositions soient produites. Qua nous les aurons lues, nous les discuterons dans un esp d'équité.

«Le chef barbare Maclane eut ladossus une long consultation avec Bowring, Mcdhurst et Parker. Ensu chaque chef produisit une copie des modifications pro] sées. Vos esclaves Tsoung-loun ctWau-kien les lurent, £ trouvant des articles très-préjudiciables aux grands in rets du pays et entraînant des conséquences calamiteui a un haut degré, ils sentirent que pour plier le cœur ( barbares à la soumission ils devaient les désapprouve! les rejeter avec force. D'ailleurs Medhurst, l'interprète .'r glais, est si singulièrement mal disposé que l'on pouvl

J,i:S MAM)AIU.NS Al'HLS LA GLKlUti: DK isiil. 101

r.niulio qu'il no rendît pas tout ce qui serait dit. 11 parut r> lors utile de leur dire avec autorité que plusieurs des I iiilos contenus dans leur papier étaient en désaccord '.i le trailé original, cl ne concernaient pas les viï\(\ mis; que leurs demandes étaient oulrai^euses et iniper- Mi'iiles, mais que les objections a ce sujet ne pouvaient 1^ encorelcur être présentées, et qu'ils devaient attenn jusqu'il ce que Tsouni;"-loun, qui allait examiner ces apiers chez lui, leur eût fait une réponse écrite et néga-

\e sur chaque article inadmissible

Les chefs barbares se sont informés du jour où ils uniraient attendre une réponse aux propositions transliscs.

.1 Vos esclaves leur ont dit que le traité proposé serait

xaminé soigneusement article par article, et qu'il leur

I lail renvoyé pour le 3 novembre. Les barbares ont

xpiimé leur contentement, et, se rendant au rivage avec

111' suite, ils sont remontés sur leurs vaisseaux.

La plupart des propositions des chefs Maclane et Bowiiii,' sont, selon l'avis de vos esclaves, tout à lait déraimnables et ne peuvent, a juste titre, être admises par "lie intelligence sacrée. D'un autre côté vos esclaves -ant pas, dans une affaire de si grande importance, uir autrement qu'en vous exposant franchement la véili', ils envoient à Votre Majesté une copie des pièces ivsentées par les Américains et les Anglais. Quant aux i\ erses demandes outrageuses mises en avant par les arbares selon leur bon plaisir, il serait du devoir de vos stiaves de donner toute leur attention k la décision défililive qui sera prise a leur sujet, et de mettre fin h. cette luiiscrète curiosité et a ces désirs insatiables en enjoi-

j.piant aux barbares d'être justes, en désapprouvant, en j'ejetant leurs propositions une par une et en les refusant

3 péremptoirement.

i; « Vos esclaves ne croient pas de leur devoir de troubler

r Renouveau ii ce sujet votre sacrée intelligence. Cepen- 11. 6.

loa LA CIIFNE KT LES PUISSANCES CHRÉTIENNES.

dant dans le papier romis par les barbares se trouvent | diverses propusilions qui, bien que discutables, loucbent néanmoins à la dignité de l'État. Ainsi en est-il de la requête de rori'cspondrc avec les hautes autorités provinciales, di's demandes que les entrevues ollicielles aient |; lieu aux résidences ofruiclles des autorités, qu'en cas de! collision entre Chinois et étrangers les deux parties soient! entendues par les autorités des deux pays siégeant con-; jointemcnt, et que cha(iuc partie soit punie par son pro-j pre gouvernement; que les gouverneurs généraux reçoivent les barbares sur un pied d'égalité, que la Chine aide > il débarrasser les mers de la piraterie, que des mesureslsoicnt iniiuédialcnient prises pour recouvrer la propriétél' dont plusieurs Anglais ont été frauduleusement frusli par les Chinois

(( 11 est facile de reconnaître aux paroles et aux regard! des barbares qu'ils ont été touchés et qu'ils sont reconnaissants de la nomination d'un dignitaire pour exami-j ; ner leur affaire. Sans doute plusieurs de leurs proposi-p tiens sont outrées et impertinentes; toutefois, si l'or oppose des refus à toutes, ils retourneront certainemenjf chez eux humiliés et offensés, et bien qu'ils n'oseron recourir immédiatement à la violence ouverte, il fan considérer que le nuage du sud (*) n'est pas encore di^ sipé, et que si les barbares se livraient a des machina, ■ lions secrètes, il serait plus difficile d'en venir a bou' qu'aujourd'hui

« Il est naturellement du devoir de vos esclaves de du clarer avec franchise leurs vues, quelle que soit d'ail leurs la lourdeur de leur intelligence.

« Ils suggéreraient donc qu'un choix, aussi raisonnabl , que possible, fût fait parmi les articles contenus dans I papier remis par les barbares, que ces articles fusse» transmis aux autorités supérieures des provinces char

I,') La rébellion.

Li:S .MA.NDMU.NS Al'RKS \A G\TM\E DE 18 iO. 105

(S de l'pgltT les affaires dos barbares, avec l'instruction

mettre toute leur attention a les examiner et d'amener

II leurs roclierchcs un résultat satisfaisant et conforme

11' qu'ils trouveront dans le traité original. (Juun es-

lit tle bienveillance se manifeste. » .•

Méjuoire soppiùmcoiaire des mêmes, le 5 noYcoitirc 135!i.

" Les barbares an^'lais sont pleins de projets insidieux,

t ils sont violents et impétueux au delà de toute autorité.

a nation américaine ne fait que suivre leur exemple.

ous les mouvements sont de l'invention des Anglais.

.a liste des propositions quils ont présentées prouve

uils agissent, en général, en vue de leurs propres inlé-

I Is. Ils ne s'inquiètent ni des bons sentiments ni des

•uns principes; on leur a adressé de douces remontran-

es. mais ils sont dun caractère si rusé et si adroit, quil

st difficile de leur représenter la vérité.

X Vos esclaves, après s'être concertés, ont résolu de

eur indiquer quels sont les articles de leur liste sujets à

ii^oussion, et de les référer a l'un des cinq ports libres

)Oiir la discussion de ces questions importantes ou non.

»'os esclaves feraient savoir au trône l'endroit qu'ils clioi-

Miaient, les grandes autorités de la province pourraient

tt evoir des instructions de Votre Majesté pour se con-

-iilter ; on obligerait les barbares à revenir attendre

!--ue, on rejetterait en entier le reste de leurs proposiliiiiis, et on leur écrirait une autre lettre pour leur instruclii'n,eton leur rendrait [liti. on leur jetterait; leur liste de iii( stions. S'ils refusaient obstinément d'y faire attenli' n , il faudrait être plus actif que jamais dans les prêtai alifs secrets de défense, et attendre la lance a la main, avec le bon droit de notre côté et les torts du leur. Il ne semble pas qu'ils puissent avoir ainsi quelque chose à alléajuer contre nous. Il est dans la nature des Mwan et

loi LA CUlNi: tT LES PI ISSAMIRS CimLTILNNES.

dos l (*) do craindre los forts cl d'insiillcr les faiblos. Od ne pourra pout-olro pas , sans quelque déploiement de forces, les délournor de leurs intentions de ruses et dfpionna^^o. JAll. leur cœur d'espion ne sera pas terril'n

« On propose de témoigner, en l(!ur répondant, nn certain degré dindilTérenee, alin de rehausser ainsi la dignili; de l'Etat et de réduire ii néant leurs perfides projets. U i est inutile d'apprendre aux barbares que la liste de propositions apportée par eux a été déposée devant le trône. On leur a dit, au premier abord, qu'on la gardait pour l'examiner plus sérieusement, et qu'on demanderait a Votre Majesté, après mûr examen, quel serait son bon plaisir sur tous les articles qui pourraient être avanta geux aux deux parties, sans nuire à l'une ou a l'autiv qu'on rejetterait tous les autres articles un a un, coninu nuisibles et impraticables d'après leur impertinence et leur présomption, et qu'on leur rendrait leur papier le 8 novembre. Les barbares n'ont pas su qu'on avait soumis une copie de cette liste a l'attention de Votre Majestr Comme c'est leur devoir, vos escla\es ajoutent ce suppli ment aux détails précédents.

Décret impérial du 5 noveiiilire 185!i.

« Le ton pris par Tsoung-loun et ses collègues, dans leur entrevue avec les chefs Bowring et Maclane, a été digne et les suggestions contenues dans leur mémoire suppUmentaire sont tout a fait acceptables. Les demandes de modifications présentées par ces barbares sont outrageantes et impertinentes et doivent être rejetées comme

(■) Les quatres races barbares entourant l'ancienne Cliine proprement dite étaient les Mwan, les 1, les Jung, et les Tith. Le second nom sert de terme générique pour toutes les races non chinoises.

I,I,S .MANUAIUNS AI'HKS l,A r.Lr.UHK 1>R 18;o. J05

. (Miv(Mianli's, arliclt' i>ar ;uliil(>, do l'aron a iiicltre lin à

m s piciciiiions insaliablcs

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