‹ La Chine et les puissances chrétiennesChapitre 38 sur 65 · L. Li-pou ou bureau des rites, où les Ambassadeurs allie · texte numérisé non relu

L. Li-pou ou bureau des rites, où les Ambassadeurs allie

signèrentia convention de Pékin, les 24 et 25 octobre l8f;<'

5. Jardins et palais de Youen-ming-youen. 00. Échelle de 5 kilomètres.

)fl

Ji^ trouve, dans une corrospoiulancc; publit'c par le Moniteur du 30 janvier 1861, les détails qui suivent sur l'échange solennel des ratifications du traité de paix entiv les Français et les Chinois :

« On doit pourtant savoir gré au prince Koung de quelques frais qui avaient été faits pour nous recevoir. Do larges pièces de feutre gris qui, dans le Nord, servent à la fois de matelas et de couverture, étaient étendues sur les dalles en manière de tapis. Des tables rangées ii droite et a gauche et recouvertes d'un magnifique calicot rougf divisaient la salle de la cérémonie dans sa largeur en trois compartiments. L'un, celui de gauche, le côté d'honneur chez les Chinois, destiné aux officiers européens; l'autre, celui de droite, aux mandarins de tous grades; et enfin celui du milieu, où figuraient au fond et devant une tenture du même calicot rouge trois tables garnies de tapis brodés et entourées de fauteuils, réser- j vées aux plénipotentiaires et à leurs attachés. Quatre lanternes valant bien 20 sous pièce se balançaient dans l'espace. Tel était l'ameublement apporté sans doute a la hâte et pour parer aux éventualités.

« Dès notre arrivée, la cour, déjà remplie de nousmêmes, s'est encombrée encore de tous les Chinois de la rue qui ont pu pénétrer et prendre place dans les jambes etsousles pieds des chevaux confiés a la garde de deux pelotons d'artillerie et de chasseurs d'Afrique. Le prince Koung, assisté de Hang-ki et de plusieurs hauts fonctionnaires, s'est approché jusque sous le péristyle au-devant du baron Gros et du général en chef.

« Après échange de salutations selon les rites européens, notre ambassadeur est allé prendre place à la table de gauche et le général s'est assis près de lui, tandis que le plénipotentiaire chinois s'installait à la table de droite. A la suite, tout le personnel des états-majors et les officiers sans troupe se sont massés dans l'espace qui leur

TROISIEME r.lEimE. 207

' cU! rc'sorvr; (|ii('l(|ii(>s-uns, les pi'ciiiicM's, trouvant liins les Caiilciiils disposas sur une soûle ligne au- I - lis tables. En l'ace, dans le eoniparliinent de dioite, ^li liaient réunis, yravos et ronipassés eouinic il coumi I ;i Unis Chinois sachant les lois de réliquctto, une

iliiiiie au uuMns de mandarins, le plus grand nombre

1 Ml tenant il la classe élevée, ainsi qu'on en pouvait ju-

p II' les boutons rouges des deux premiers grades el

liDiilons bleus des deux seconds, qui surmontaient

I iHiunets.

Ceux prineipaleuKMit qui occupaicMit des sièges en

!ii!l du groupe étaient, dit-ou, de hauts dignitaires,

liques vieillards à longues moustaches grises,

M! > de visage, et de physionomie très-douce. La tenue : lail pas celle des plus grandes cérémonies. Tous

ieut uniformément vêtus d'une longue robe de soie

u foncé doublée de fourrure et ornée sur la poitrine et r le dos d'une plaque carrée, sorte de blason richeînt brodé en or et en soie dans l'étoffe de la robe et ntle sujet de la broderie indique, ainsi que la couleur

bouton ou globule, le degré du grade.

« Des le début de la séance, le prince fit remarquer ii mbassadeur que, dans les mandarins présents, aucun ippartenait a la noblesse militaire. En effet, sur les astrons aux couleurs étincelantes on voyait des cigoles, des faisans, des paons, des perdrix ou des cailles, us insignes de grades mandariniques civils. Tandis que 5 licornes, les lions, les léopards, les ours, les rhinocés ou les chevaux marins, attributs des guerriers, ne se ncontraient sur aucune poitrine.

« Le prince Koung, lui, portait une robe semblable k lie des autres mandarins, 'a cette exception près, que le ason de forme ronde représentait les trois dragons à nq griffes, signe caractéristique d'une origine impériale. ir les épaules figurait la même broderie. Sa coiffure ait aussi celle des mandarins : espèce de calotte garnie

im ].\ CHINE KT LES PUISSANCES C11RI^:TIENNES.

d'uiK! bordure: rircnlairc en velours, retroussée en fom de vasque autour de la tète. Ce bonnet était surmon' d'un boulon de l'anluisie en soie rouge. Son pantalon, e soie grise écrue, était contenu, aux extrémités, dans d< bottes de satin noir montant jusqu'au-dessous des g< noux.

« 11 avait au eou un loiig" collier fait de boules d'ambl gris. Tous les dignitaires cbinois portent, dans les cér nionies d'apparat, un de ces colliers ou chapelets dei cendant jusqu'il la ceinture, et dont quelques-uns soi d'une grande richesse : jade vci't transparent, lapis-1 zuli, malachite, et souvent même perles fines. Le nomb' des grains, alternés de dix en dix par un grain plus fo et d'une pierre de nature diftérentc, est déterminé n'excède ordinairement point le chitt're de 108.

« La physionomie du prince est intelligente. Il estd'ui extrême jeunesse, vingt-deux ans à peine. Son air e souverainement aristocratique. L'œil noir, profond, 1 gérement bridé, s'abrite sous d'épais sourcils et a parfo de vifs éclairs. Le nez est long, un peu busqué, comn chez presque tous les Tartares. La bouche, sans et grande, est épaisse, sensuelle. Tout l'ensemble des trait lorsqu'ils sont animés, révèle la finesse et la distinctio mais lorsque le jeune prince oublie un instant de s'o! server, on surprend sur son visage les traces d'ui grande fatigue, déterminée sans doute par l'excès d jouissances de la vie chinoise.

« L'opium, assurément, ne doit pas cire étranger la prostration des muscles de la face et a l'atonie ( regard, si communes partout l'empire, surtout eh I(^s gens appartenant aux classes élevées. Les mai! sont admirables, de la forme la plus élégante et l)lus pure, et d'une blancheur si exagérée, qu'elle i rait douter de la présence du sang sous le tissu. Au rcst cette perfection est particulière a presque toute la race, il est rare de rencontrer un Chinois aux extrémités gro

TRoisiKME (;ri:;iuu:. aa»

iiirs. I,('s pirds et les mains, clicz eux, s(»nt toujours iiiic beauté et d'une e\i{j;uïlé remarquables.

Durant toute la cérémonie qui a consisté a examiner . part et d'autres de longs grimoires, que les deux atta- In s (les deux nations portaient d'une table à l'autre sous ^ \ eux des plénipotentiaires, le prince Koung a pcu.soui. Son allure jnème trahissait d'abord une légère inliii'tude et une contrainte pénible; mais peu h peu il a idduvé une contenance, et à la fin il paraissait être allaitement rassuré, il a eu pourtant quelques regards -M/, profondément haineux dirigés contre l'abbé Delalairo qui, mis à la disposition de notre ambassadeur, iiii|i]issait auprès de lui les fonctions d'interprète. iiicltiues minutes avant le moment solennel, on a servi ■ thé, concession faite aux coutumes chinoises. Les ama^-adeurs ont bu officiellement, se regardant l'un l'autre 11 1 oin de l'œil. Puis, a la suite de quelques pourparii> encore, les traités ont été échangés : le nôtre sur its-beau parchemin, celui des Chinois gravé sur des laiiues d'or. Le baron Gros a offert en même temps une crie de fort belles photographies. En une seconde, elles >nt attiré autour de la table du prince un encombrement le tous les mandarins qui, oubliant un peu la dignité de Liir rôle, se poussaient et se grimpaient sur les épaules es uns des autres, comme des enfants à un feu d'artifice. )aiis la cour, les agents de police avaient toutes les peines maginables a contenir a grands coups de fouet la curiosité de la foule.

j « Lorsqu'on s'est séparé, le prince Koung et tous les pauts fonctionnaires, si gravesjusque-là, étaient souriants, bt leurs physionomies témoignaient de la satisfaction la plus vive. Pour nos nouveaux alliés, qui sont formalistes a l'excès, rien n'était encore terminé ni certain, tant que les parchemins d'une part, et les plaques d'or de l'autre, n'avaient pas été échangés.

« Cette consécration de si haute importance venait en-

■2-u LA ClIlNi: I:T LliS PUISSANCES CHRÉTIENNES.

lin dt! s'aooomplir. Ils n'en élaienl arrivés là, il est vrai qu'en sacrifiant quelques-unes de leurs chères coutunn il leur avait fallu subir de graves irrégularités danl'exéeution du cérémonial prescrit par leur laineux code de réticiiielle. 11 n'avait été question ni des trois aj^rnouillenients ni des trois prosternenients. Mais somim toute, et en dépit de l'observation de quelques vieux rites, la paix était faite et bien faite;, je crois, si l'on en juge par la joie avec laquelle ils semblaient en accueillir la manifestation sacramentelle.

« Le prince Koung, en serrant affectueusement et tout à n fait à la française les mains de notre ambassadeur, lui a lit demandé la permission de venir le visiter en ami, ce qui, bien entendu, a été accordé sans réserves.

« Sortis du palais des Rites, nous nous sommes alors débandés, et chacun, obéissant au caprice de son che\al. a visité la grande métropole. »

Par un article additionnel, lord Elgin obtint la cession ri à la Grande-Bretagne d'un terrain dans l'île de Kou-U: loun, tout près et en face de Ilong-kong. Ce terrain étaiti déjà en possession des Anglais, le vice-roi de Canton le leur ayant loué pour toujours. Il mesure environ 2 ou 3 milles carrés.

Pendant les jours que les alliés furent maîtres de Pékin, on n'observa sur les visages aucun autre sentiment que celui de la curiosité. Les officiers firent mettre une corde à quelques douzaines de mètres de la porte Anting, comme limite d'où les soldats ne pouvaient passer dans la ville. Un grand nombre d'indigènes venaient dans '\ cet espace, et offraient en vente, aux Européens, toute a espèce d'objets; la plupart n'étaient que des curieux.

Quelques officiers d'artillerie, voulant faire porter au! camp allié, à une certaine distance des remparts, plusieurs canons que les mandarins militaires avaient abandonnés, il leur vint à l'esprit, pour s'.imuser peut-être, de

THOISIK.MK (ilKllIli:. 271

inlic lin lumilu'c (If CCS cniiciix cl Af leur t'aii'c li'aîr It's canons. Ils ne s'en fàchèrenl pas; au ccnitrain;,

se mirent ii ['(puvre do l)onnc volontc cl t-n lianl.

.0 traite de Tion-tsin et la convenlion de Pékin ayant

publiés par le prince Koung, les troupes françaises ittcrent Pékin le i" novembre. Les Anglais durent iter pour attendre l'arrivée de M, Bruce, que lord jin présenta au {«rince Koung h; 8 du même mois. Le demain tous les alliés partaient de Pékin , où il ne ta qu'un employé de la légation anglaise pour prépa- ' une demeure convenable au ministre résident, Bruce, qui devait revenir a la capitale vers le prinips. Kn attendant, il resta ii Tien-tsin, aussi bien que Bourboulon, avec 3,000 bomnies. ^e 14 novembre, un traité l'ut signé par le prince ung et l'ambassadeur russe , général Ignalieff. Par te convention, la Russie obtint l'établissement d'un isulat a Kou-lon (entre Kiakta et Pékin), et la cession

littoral entre les embouchures de l'Amour et du Toun : territoire long de 900 milles environ et de 150 à )de large. Les sujets russes peuvent aller partout en ine avec des passe^ports, mais ils ne peuvent dépasser nombre de deux cents dans un même lieu. ^ la fin de 1860, quand Pékin avait déjà été pris par Anglo-Français, et que Chang-ha'i était occupé par eux, gouverneur chinois de cette ville eut la hardiesse ssayerla plus ouverte infraction des traités. L'opium, débarquant, doit payer selon le tarif annexé au traité

Tien-tsin , ratifié a Pékin , 30 dollars par caisse, gouverneur voulut qu'il payât, au moment de passer s. mains des négociants indigènes, une somme égale plus. Il établit aussi le droit d'un tael (7 francs) par intal sur d'autres marchandises.

Pour réaliser cette exaction , il nomma un comité lunsou) composé de trois personnes, chargé de le perceir. On défendit aux commerçants indigènes d'acheter des

•27> LA CIIINK I:T LKS PUISSANCES CHIŒTIENNES.

.irliilcs (lie/. les négociants élrangors rlublis à lerro. On

Iriii (■iijoij,'nil d'alh,'!' ii bord des vaisseaux, acconipa^^nési

d'iui cniployi' du koiinson. (|iii devait mettre son sceau|

sur les ballots aebetés. !

Les compradorcs des maisons étrangères reçurent l'ordreli

de fournir 'au gouverneur une note de tout l'opium quf|'

leurs maîtres vendi'aicnt chaque jour, et une note aussii;

des existences en magasin. Une récompense pccuniairf|j

leur était promise pour ce service, et on les menarai'

eux et leurs f ami 1 1rs s'ils n'obéissaient pas a cet ordre

l.e kounsou mit des gardes pour épier les maisons àetu

négociants étrangers. Un Chinois qui sortait d'une de cc! ..

maisons avec quelques caisses d'opium qu'il avait ache-jt

tées fut arrêté par les gardes, mais il se défendit lui <■

ses caisses, et parvint a les porter jusque chez lui. Le Icn

demain la police s'empara de cet homme et de tout lai'

gent qu'elle trouva dans sa demeure.

Le consul anglais prostesta sur-le-champ, et le gouv( i neur décida la dissolution du kounsou, ou du moins soi éloignement de Chang-haï.

Quand on considère que celte ville était sous l'occupa tion des Anglais et des Français par suite d'une pétitioi '■ des mandarins qui ne pouvaient la défendre contre le rebelles, et que Tien-tsin, le port de Pékin, était ansencore occupé par les alliés, on est vraiment étonné d l'insolente audace de ces autoritéschinoises. Ilfautqu'elli se soient trouvées dans une grande détresse de fonds pou se livrer à de telles tentatives.

Un décret impérial du 14 décembre 1860 a institué un surintendance des relations commerciales avec toutes h nations étrangères^ composée d'un président, de troi chefs de bureau et de huit sous-chefs. Un sceau a été en pour ce ministère. Le prince Koung, frère puîné de l'en pereur, a été nommé président, et parmi les chefs d bureau se trouve Kouei-liang, jadis vice-roi de la pro

TnOISlEMK GUERRE. JT.»

ince de Pichi-li et commissaire impérial qui signa lit aix à Tit'n-lsin en 1858.

Les journaux anglais et tous les rcsidenls européens

1 Chine ont annoncé que l'empereur s'était enfin dé-

j.dô à instituer un ministère des affaires étrangères à

i|imilation de ceux des pays chrétiens. La vérité esl quoi»

Il désiré trouver un moyen de sauver la dignité de Sa

ifajeslé céleste par rapport à la question des audiences

iJLdcs prosternements. Il y avait eu ju.^qu'ici un commis-

fjiire impérial a Canton ou a Chang-hai : eh bien! lem-

ijereur en a créé un dont la résidenceest à Pékin; et pour

nnplir cette charge il a nommé son propre frère. Main-

;nant on dira aux envoyés des souverains chrétiens : « Si

ous avez à traiter d'affaires, adressez-vous au prince

oung, qui est spécialement chargé de s'entendre avec

ous; quant à l'empereur, il serait parfaitement inutile

e le voir. » La. sur intendance , donc, qui vient d'être créée

st plus qu'un ministère des affaires étrangères; les chefs

e bureau eux-mêmes ont le rang de ministres de la

ouronne.

Qu'on n'oublie pas, cependant, qu'il est naturellement ans l'esprit des Mandchoux de revenir, autant qu'ils le euvent, sur les concessions faites par la force. Ainsi, si n les laissait agir à leur manière, bientôt il serait diffiile ou impossible de voir le prince Koung, et puis il en dviendrait de même pour les chefs de bureau. Nous vons l'exemple de ce qui a eu lieu pour le conmiissaire Impérial résidant a Canton : des envoyés des gouvernenents chrétiens ont passé quelquefois plusieurs années ans pouvoir parler avec lui, et il y en a eu même qui ont arrivés en Chine et sont repartis sans en avoir obenu une seule audience.

Il est utile de signaler un autre fait qui est peut-être )lus important que la création de la surintendance dea étalions commerciales , et qui marque un progrès plus lositif vers l'entente cordiale que nous désirons voir éU»,-

bile entre les gouvernements clirétiens et chinois : k prince Roung, en sa qualité de vice-roi pour la gérance des alïaires coninicrcialos, a nommé (21 janvier 1861) M. Lay (ancien consul britannique) inspecteur général des douanes de tous les ports ouverts au commerce étranger, avec l'autorisation de renvoyer des employés ou d'en recevoir de nouveaux, et de leur assigner des appointements selon qu'il le jugera convenable et juste. M. La\ reçut avec son brevet une invitation pour se rendre à Pékin.

A la fin de janvier 1861, 4,800 hommes de rexpédilion anglaise, dont 900 cavaliers avec leurs chevaux et plus de 3,500 domestiques indiens ou chinois, furent embarqués a llong-kong Si bord de quarante-huit transports qui tirent voile pour l'Angleterre et l'Inde.

M. Bourboulon se rendit a Pékin le 25 mars, et il se dirigea immédiatement vers la cathédrale catholique où un Te Deum fut chanté. Le même jour au soir, il reçut la visite de Kouei-liang. Le 26, une audience lui fut donnée par le prince Koung. Tous les Européens présents à Pékin offrirent, le 27, leurs hommages au représentant de la France.

Les mêmes cérémonies à peu près eurent lieu pour M. F. Bruce, ministre plénipotentiaire de la Grande Bretagne.

La guerre est donc heureusement finie, et les gouvernements anglais et français doivent s'en féliciter. Si l'empereur Hien-foung navait pas été infirme ou qu'il eût fait preuve de plus d'énergie, la lutte aurait pu être prolongée pendant quelques semaines de pl-us. On se souvient que les généraux anglais et français déclarèrent indispensable la retraite des troupes après le 1" novembre, à cause de la gelée du fleuve Peï-ho. L'armée alliée se serait donc vue forcée d'abandonner Pékin, et elle n'y aurait pu retourner que vers le milieu de mars. Pendant ces quatre mois les Chinois auraient reçu des renforts de

TROISIEME (;IF,RIIK. «7.',

I 1 ailario et il'auln.'s parties de l'empire, ils auraient ili iiil les ponts et multiplié leurs défenses. Dés lors la •litc armée européenne qui se trouvait aTa-kou ne suf- -^it plus pour attaquer Pékin, et il cijt fallu attendre . v^ lenlbrts d'Europe.

si les Anglo-Français restaient à Pékin au nombre de

• .oii() hommes pendant ([uatre mois, sans eomniunica-

on avec l'escadre, n'en pouvant recevoir ni vivres ni

lunilions, ils couraient une bien dangereuse aventure :

u^^i les généraux ne voulaient point s'y exposer.

Ht ureusemerït pour les intérêts chrétiens l'empereur

itii-foung fut obligé, a cause de ses infirmités, d'a-

aniionner sa capitale; les hauts mandarins, l'armée et

' pmiple en furent démoralisés ; les portos de la fameuse

'ckin s'ouvrirent aux étrangeis sans qu'il fût tiré pour

i dt léndre un seul coup de canon!

Je termine ce chapitre par une observation qu'il m'est

ou\ de faire. Dans ces guerres avec les Chinois, que j'ai

apidement relatées, le principe a été adopté, pour la

ircniiéie fois, de respecter la marine marchande : seuls,

is vaisseaux impériaux ont été attaqués. Ce système

mmain et habile a conquis aux alliés le bon vouloir des

topulations, tandis que les 'prises sur mer auraient sou-

evé les haines et provoqué les vengeances.

Pourquoi n'agirait-on pas toujours de même? Quand |ine armée ennemie entre dans un pays, elle attaque seuement les troupes ou les hommes armés qui lui font 'ésistance, elle conquiert peut-être l'État, mais elle ne iépouille pas les particuliers de leurs propriétés. Quelle :'aison y a-t-il donc pour qu'il en soit autrement sur mer?

CHAriTRE TREIZIÈME,

DES MISSIONS CHRETIEiNNES EN CHINE.

Je nirai pas plus loin sans parler des missions chrcenncs. Elles ont eu en Chine trois époques bien disnotes.

Les nestoriens, ainsi qu'il conste par le monument déjà té de Sing-nang-fu et par d'autres données, loin de trouer de l'opposition, furent protégés par les souverains de Ciiine; mais ils déchurent plus tard, et disparurent itinlorsde l'invasion des Tartares-Mongols,aveclesquels introduisit en Chine l'islamisme. Toutefois il n'y eut as de persécution contre le christianisme considéré Dmme secte religieuse; Marco Polo neùt pas manqué en faire mention , puisqu'il parle des nestoriens et e quatre de leurs églises qu'il visita. 11 raconte en utrequ'e, contre Kubla'i-khan , se souleva un prince ap-

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