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i'7S LA CHINE ET LES PUISSANCES CHHETIE.NNES.
polr Nayan, lequel était chrétien baptisé, et avait ilin son armée beaucoup de chrétiens ; que dans cette circoi slance les bouddhistes et les nuisulinans se moquai' des chrétiens, parce que leur Dieu ne les avait pas aid' ([ue ceux-ci étant allés s'en plaindre à Kublaï-khan. > prince les consola en leur disant que leur Dieu n'avait p; aidé Nayan parce que son entreprise était criminelle, il défendit aux musulmans et aux bouddhistes de mole ter désormais les chrétiens. 11 est a croire que lesncsti riens de Chine, ne pouvant communiquer avec Icn chefs spirituels de Mésopotamie, a cause des guerres ip la famille de Tchinguis alluma dans toute l'Asie, dn I aèrent d'eux-mêmes et allèrent perdant le terrain qui avaient gagné, jusqu'au point de s'éteindre enticrennn
A ce résultat contribua sans doute l'arrivée dedivcrsi missions catholiques, qui vinrent par la voie de la Ta tarie, et qui furent très-bien accueillies parles cmperrn mongols de la Chine. Peut-être le terrain leur avait-il ( préparé par Marco Polo, qui alla en Chine en 1260, ti chargé de plusieurs afïaires importantes, et inspira ui telle affection a Kublaï-khan, qu'il eut beaucoup de poii a obtenir de lui la permission de revenir en Europe.
Jean de Monte-Corvino fut le premier missionnaire c, tholique qui arriva a Pékin, en 1290, et, malgré la gucri que lui firent les moines nestoriens, il s'établit solidi ment, éleva deux églises et convertit plusieurs TarlaK et quelques nestoriens haut placés. En 1308, il reçut ii renfort par l'arrivée de trois religieux franciscains qui li furent envoyés de Rome, et qui le sacrèrent évéquc i Pékin. Parmi les personnes qu'il convertit, se trou\.i une riche dame arménienne, qui bâtit à ses frais, a lia; cheu-fu, une magnifique église, a laquelle Févèque Monti Corvino donna le titre de cathédrale. Plusieurs autn missionnaires arrivèrent successivement à la cour il empereurs mongols, qui, non contents de les protcu» constamment, leur accordaient tous les mois un secuiu
DKS MISSIONS CIIIŒTIliNNIiS EN CHINE. 27!i
i.ti|,tiil. (loi ('lut lie cliosos si favorable so modifia lors-
ii lin Cliiiiois, en 1307, leva une année, chassa les Tar-
l'I Ibiiila la (iviiaslic des Miiii,'s. Sa poliliiiiic fut de
i r Idiile (•(tiiiimiiiicalion avec la TarUiiie, (|iii ('tait I Miili' |)ar la([iK'llc les inissioiinaires S(! reiidaicnl alors
Chine. Cette eii'eonstanee, jointe a ce l'ail (juc les sou- 1,1111s mongols avaient tonjonrs protégé les chrétiens, I ( mise de la complète ruine des missions en Chine. lli> de Tartarie éprouvèrent plus tard le même sort, and l'Asie devint la conquête du fameux Timour (Tai'ilan), qui était un musulman fanatique. Ni us venons de voir la lumière de l'Kvanyile s'allumer ii\ fois et s'éteindre deux fois en Chine; le christianisme vait y être apporté une troisième fois, mais par la voie mer et non plus par celle de terre.
1.11 1498, les Portugais doublent le cap de Bonne-Espéiiir. et bientôt après, quelques-uns d'entreeux arrivent -ipi en Chine. Vers d550, saint François-Xavier fait des
uls pour entrer dans l'empire, et meurt (loo2) dans il' de Sancian, appelée aujourd'hui par les Anglais S. hn. D'autres missionnaires plus heureux, les jésuites rliil Rogerio, Jean Barradas, Diego Pantoja, Gaspar iifira et Matthieu Ricci, parviennent, en 1580, a étair une mission dans l'intérieur, et, plus tard, pénètrent <i\n"ii Pékin, où le dernier, grâce a son habileté comme irloger, comme musicien , comme constructeur de itos géographiques, se fit une position importante. Marco Polo, l'évèque Monte-Corvino et tous les mismiiaires qui avaient passé par le pays des Tartaresiiigols pour aller en Chine, donnaient à cet empire le 'Ui de Catliay, et a Pékin celui de Kanbalik, c'est-a-dire sidence du khan. Lorsque les Portugais arrivèrent à icao et a Canton, ils appelèrent le pays entier Chine, >a capitale Pékin, mot qui, en chinois, veut dire capi- /' ou cour du Nord, comme Nankin signifie capitale du 'd. Quant au mot Chine, on n'en sait pas exactement
2S0 I.A r.HIN'E KT LES PUISSANCES CIIRI^^TIENNES.
roiij^iiio; car IcsCliinois'oux-iiir'iiics ii,Mi()ront celle (Irno-I iiiinalion. Ce n'est pas ici le lieu de repritduire toutes los' conjocturos qui ont été faites sur ce sujet; mais j'en pi senterai une, parce qu'elle m'est propre et que personiit n'y a songé. 11 y a, sur lacôte sej)lentrionale de l'euipire,!' un grand port avec nne ville, ca])itale de la vaste et po-l' puleuse province de Chan-lonng. Lorsque les CliinolR)! prononcent le nom do celle ville, ([ui s'appelle C7ima-h /ou, ils font entendre exactement le mot c/i?>m, conum ' les Portugais le prononcent pour désigner la Chine.
Matthieu Ricci, dès qu'il eut résidé quelque temps àl' Pékin, commença il soupçonner qu'il était dans la viiul' que Marco Polo et Monte-Corvino appelaient Kanbalik || et par conséquent dans le pays iju'ils nommaient Cathay.i' Une polémi(iue sengagea sur ce point, et voici le moyen! que l'on prit pour découvrir la vérité. 11 partit de l'Hindoustan une expédition de missionnaires qui, traversai! i l'Afghanistan, devaient aller se placer sur la route desi anciens missionnaires qui allaient de Rome au Cathayel' a Kanbalik, et puis contiimer leur route par la Tartarie|( De toute l'expédition, il n'y eut qu'un seul missionnaire i le P.Goes, Portugais qui, accompagné d'un fidèle conversll arriva au Cathay, lequel se trouva être en effet la Chin(U des missionnaires de Macao; il envoya a Kanbalik ui|i' message auquel répondirent ses collaborateurs évango' liques de Pékin, et a peine avait-il goûté le plaisir (h voir positivement résolu le grand problème qui lui avai|. fait entreprendre un si gigantesque voyage, qu'il mourir par suite des fatigues et des inquiétudes inséparable d'une semblable entreprise. On demeure frappé d'admii ration devant la hardiesse et la persévérance de ces mis sionnaires, et il est incontestable qu'indépendanimen des résultats religieux, ils ont rendu d'immenses servico ' a la science et a la civilisation.
Les missionnaires de cette troisième époque éprouve rent beaucoup d'alternatives. D'un côté, leurs relation^
i)i:s MISSIONS ciiRf:Tii:NNi:s en chine. 2hi
liMii's uvoc, l(\s l'oiiiij^ais cl les autres rnjiimcTranls (in|iccns leur élaiont on ne peu [)liis nuisibles; ear ( i\-(i p(M'taient siuj^ulièreniont onibi-age au ^'ouvernciiil impérial à eause de leurs coniiuètes dans l'Indo- ( iiic, et plusieurs mandarins ne considéraient les I ^sionnairesquc comme des agents et des espions politi- ( (^ (lest ce qu'on peut voir dans l'importanl ouvrage ( Christianisme en Chine. « Dès l'origine, dit l'au- I II ■), ils (les mandarins) ont été persuadés que le but I 11 arrêté des Européens, en venant en Chine, était de sin|iarer du pays; » et, a ce sujet, il fait un récit que j\;iis reproduire, récit qui ne sera pas sans intérêt ] ur le lecteur :
A l'époque où le christianisme pénétrait jusque dans I rangs de la famille impériale, il se formait à Macao 1 --onibre orage qui menaçait do ruiner la colonie por- Uaise elles missions catholiques de la Chine. Les llolidais, jaloux des hardies et glorieuses expéditions des
rtugais dans les Indes, envieux surtout des richesses 'ils amassaient, avaient armé de nombreux navires ur exercer la piraterie dans les mers de l'extrême •ient. Ces forbans audacieux portaient la désolation ns les Moluques et dans les îles du détroit de la Sonde. )n contents de ces riches pillages, ils équipèrent une tttille et tentèrent de s'emparer de l'île de Formose. .ant été vigoureusement repoussés par les Chinois, ils lèrent les yeux sur la petite colonie de Macao. Les Porgais, qui avaient connaissance do leurs projets hoses, songèrent ii se fortifier. Ils construisirent avec arxkv une épaisse muraille sur les bords escarpés de la er, afin de repousser plus facilement les attaques des rates hollandais, s'ils se présentaient.
« Les Chinois, toujours ennemis des étrangers , profi-
ta) Tome II, jage S2.
liTciit de celte occasion pour se soulever. Us prélcnilait'iil que les Portugais voulaient s'emparer de l'empire; qu'ils avaient dt'jiv élevé plusieurs ciladellos, (•;ii ils appelaient ainsi les églises récemment conslrniU;< et que maintenant ils se fortifiaient du côté de la nu Ils allaient jusqu'à dire que le P. Cataneo avait été d* gné pour être empereur. Ce missionnaire, qui dcpn quelque temps était retourné a Macao, avait conservé lepi costume chinois, et l'on en concluait qu'il se tenait prêl||. a se mettre en campagne. Ses capitaines et ses nombreuxii partisans étaient déjà dans l'intérieur et occupaient dcsi points stratégiques d'une grande importance. On voulait: parler des résidences chrétiennes de Tchao-tcheou et d' Nan-tchan-fou, de Nankin et de Pékin. Ces bruits riiii cules ayant été malicieusement répandus de tous col la populace s'insurgea, s'arma de piques et de bambous,: et courut assiéger l'église portugaise, que les Chinois, s'obstinaient à considérer comme une forteresse. On ,\ mit le feu et on la pilla. Un Portugais, ayant arraché à| un Chinois un tableau de la Vierge qui avait été misenii lambeaux, en fit une sorte d'étendard et parcourut lai > ville pour exciter ses compatriotes "a la vengeance. Lesji Portugais, les nègres surtout, a la vue de la sainteli image, se formèrent en bataillon, et le zèle religieiixi exaltant leur énergie et leur courage, ils se précipitèrenl|'. sur les païens et les mirent en fuite. Usant ensuite de|{ représailles, ils allèrent saccager le palais des mandarins, et se saisirent du principal agent delà sédition,! i qu'ils emprisonnèrent dans le collège, après l'avoir ac-j . câblé de coups de bambou. Les magistrats de la ville voi-i, sine, nommée Hian-chan , Montagne des Parfums, se| concertèrent avec l'autorité portugaise, et l'ordre fut ré-i tabli. j
« Cependant le feu couvait toujours sous la cendre, et) un lettré trouva moyen de rallumer l'incendie. Il publiaj un écrit sur la future invasion des étrangers. Dans cei
DES MISSIONS CHRf:TIENNES EN CHINE. 2H',
nan plein do (ici (>ldc inalico, le V. C',;it;im'(t était tonirs irpi'cscnté comme prrtoiuhint ii rempirc. Il avait ité il dessein les principales villes de la Chine, depuis cao jnsqu'ii Pékin. Los routes par terre cl par eau lui ienl parfaitement connues, il savait la langue; chise, cl durant plusieurs années il sétail habitué aux eurs et aux usages du pays. Il avait déjà dans lintéur un grand nombre de partisans, et il n'attendait is pour agir que rarri\ée dune flotte considérable fie depuis longtemps de rocoident. Les Japonais et Malais de la Sonde devaient être ses auxiliaires. Ces nées formidables allaient arriver au premier jour, et 1 était fait des pauvres Chinois de Macao; le peuple i cheveux noirsserait réduit en servitude et le royaume
Fleurs tomberait entre les mains des barbares. Ce e, répandu avec profusion et dévoré parla multitude, ita une terreur panique parmi la population de Macao. icun fit ses malles et ses paquets, et bientôt toutes les lilles chinoises, hommes, femmes et enfants, tout parut et se sauva ii Canton. La mer était sillonnée de ques faisant le sauvetage de ce malheureux peuple.
se pressait, on criait, le rivage était encombré de ubles de toute sorte; on eût dit que la fameuse flotte it en vue et qu'on n'avait plus le temps de se mettre à tri. En quelques jours il ne resta plus a Macao que Portugais et leurs esclaves nègres.
Lorsque ces bandes de fuyards arrivèrent a Canton, ;s communiquèrent a la ville entière l'épouvante dont ;s étaient bouleversées. Les magistrats, les mandarins terre et de mer, le peuple, tous les habitants de la e, depuis le vice-roi jusqu'au dernier des portefaix, t le monde fut convaincu qu'on allait bientôt devenir )roie des diables occidentaux. On convoqua la milice, arma les jonques de guerre, on renforça les corps de de qui veillent jour et nuit au haut des remparts, et. i de mieux se préparer a la défense, on fit abattre tou-
■IHi LA CHINE ET LES PUISSANCES CHRÉTIENNES.
tes les maisons bàlios en (loliorsdcs murailles du ('(Mo du ;• fli'uvo. Il y en eut, dil-on. plus de mille iiui fiirenldéiuo- ii lies de fond en comble. Pour plus de sCirclé on fit murer li k granit et à chaux les portes de cette partie de la ville, H et l'on publia dans tous les quartiers un édit par lequel il i' était expressément défendu ii tout citoyen de recevoir Ji dans sa maison aucun habitant de Macao, « parce qiif ' « ajoutait l'édit, l'un d'eux, nommé Ko-ti-niou (Catanc « veut s'emparer de l'empire. » Le vice-roi, ne se conten- i tant pas de ces formidables précautions, expédia une I estafette à Pékin, pour avertir l'empereur du danger qui f le menaçait. Les missionnaires de la capitale eurent i beaucoup a souffrir de cette étonnante affaire, qui fut |f sur le pointd'anéantir toutes les missions de la Chine, k;
« Les Portugais de Macao étaient dans la situation lai plus critique. Non-seulement leur commerce avec It^ Chinois avait cessé, mais ils étaient encore menacés di mourir de faim, car Macao étant un rocher stérile, li habitants de la colonie n'ont pour s'alimenter dauli ressources que les provisions apportées parlesChin< de Hian-chan et de Canton. Les autorités portugai> prirent donc le parti d'envoyer h Canton unetrés-luinibl' ambassade pour exposer au vice-roi combien ils étaitni éloignés des vues ambitieuses qu'on leur supposait. 11 m leur fut pas difficile de prouver qu'une poignée de niar-ii chauds ne pouvait s'emparer de l'Empire Céleste. 11 yeuti' dés lors un rapprochement, et il fut permis à quelqii Chinois de retourner à Macao à titre d'essai et pour cm. miner les affaires sur les lieux mêmes.
« Aussitôt que la nouvelle de cette réconciliation circula dans la ville de Canton, il y eut parmi le peuple u; juouvement séditieux , car on se plaignait amèrement que sur un vain prétexte, le ha'i-teou, ou grand chef mari time, eût fait abattre tant de maisons. On réclamait ii grands cris des indemnités, on voulait enchaîner le )m teou et l'envoyer a Pékin pour y être jugé ^t condanm
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i soiiloiiail, pour se tirer ireinltai ras, qu'on n'avait ■ il une vaine Icrrcur, ol (jne les étran^M-rs avaient
Il 'ni le projet de liiinleveiseï- l'en i| lire cl de ren\ei'- 1.1 dynastie.
Snr ees entrefailes ai'ri\ e ii Caiiton le iVére Martine/ la mission de Nan-teliang-l'on. (".e jenne Cliinois, natif Aaoao, avait fait ses étndes au eollége pour entrer s l'état ecclésiastique. Après avoir reçu les premiers rcs, il avait été envoyé dans l'intérieur, afin de se fori", en la compagnie des missionnaires, a la vicapostole. Le recteur de Macao l'ayant rappelé depuis quel- : temps, il arrivait ii Canton au milieu de l'affreux ordre que nous venons de raconter. Martine?, était rnienté par une fièvre violente. Au lieu de continuel- 'oute jusqu'il Macao, il voulut s'arrêter un peu chez chrétiens de Canton pour se reposer et attendre que affaires prissent une tournure plus pacifique. Un néophyte devenu apostat, et par conséquent ieux ennemi des chrétiens, ayant appris l'arrivée du re Martinez, alla le dénoncer au grand chef maritime, disant que ce Martinez était le lieutenant et l'espion P. Cataneo, le prétendant 'a l'empire, qu'il avait été parer l'insurrection dans l'intérieur, et qu'il arrivait ir tracer la route aux armées étrangères attendues a cao. Le grand chef maritime, qui cherchait à se disper aux yeux du peuple de la démolition des faubourgs, enchanté de recevoir une semblable accusation, et r'oya ses satellites s'emparer, pendant la nuit, du frère rtinez. Ce pauvre conspirateur était dans son lit, accablé • un violent accès de fièvre. 11 fut contraint de se lever, si que les autres chrétiens de la maison. On leur lia mains derrière le dos, et on les conduisit, "a la lueur ; torches et avec d'horribles vociférations, jusqu'au ninal du ha'i-teou. Aussitôt qu'ils furent arrivés, on appliqua tous a la torture, c'est-ii-dire qu'on leur ?ssa étroitement les pieds entre deux poutres et qu'à
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cliaqnc quosUon les houriraux frappaient sur les poniK il coups de gros niaillols. Le frère Martinez endura liéidi (lueinenl cet horril)li' supplicc^^ et ne eessa de proteslt de son innoeencc.
« Le juge était sur le point de le renvoyer absous, loi que son accusateur, le néopliylc apostat, se présc^nta ( dit ((ue Martine/, était réellement un dangereux cons|M rateur; qu'il son arrivée ii Canton il s'était eniprcs^ d'acheter de la poudre, et qu'un enfant de la maison où logeait pouvait en témoigner. Cette nouvelle accusatin ranima la colère du magistrat. On fit venir l'enfant cto l'interrogea. Dans la langue chinoise, le même caractcn 2/0, peut signifier iila fois poudre à canon ou poudre d médecine, il suffit pour exprimer l'un ou l'autre d'un légère différence dans l'intonation. Le juge demande l'enfant ce que Martinez a acheté en arrivant ii Canton, répond naïvement qu'il a acheté du yo (de la poudre il médecine). Vous l'entendez, s'écrie l'accusateur, il acheté du yo (de la poudre ii canon). Martinez se défcn et explique qu'il avait en effet acheté des médicamcni pour se délivrer de la fièvre. Le témoin, interrogé il nouveau, confirme ce que vient de dire l'accusé ; mais 1 juge ayant fait serrer les doigts de l'enfant entre dcu bambous et le menaçant des plus cruelles tortures, 1 força de déclarer que le yo en question était effectivemer delà poudre il canon. L'accusé fut alors soumis à un cruelle flagellation et condamné ii mort. Avant de sub le dernier supplice, il devait être encore interrogé ( torturé par le vice-roi. Mais son corps avait été si imp toyablement déchiré qu'il ne présentait qu'une seul grande plaie tout ensanglantée. Pendant qu'on le Ira nait au tribunal du vice-roi, il expira sur la voie publ que, le 31 mars 1606, a l'heure même où le Sauveur dr honmies était mort sur la croix pour le salut du mondi
« Les craintes d'une invasion étrangère ne s'étaient pi encore apaisées. Le vice-roi commanda au généralissim
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les troupes de lu provinct' de iiuMIre sur jtii'd son armée l d'aller faire le sié'iedc^Maeao. I,e prudoiit généralissime, vaiil (lèse melli'e en eaiiipa^iie, jii;;t'a à propos d'envoyer ni de ses lieulenanls visiter oUieielhMiienl la colonie (Orliiyaiso el examiner l'état des aHaires. Ce haut fono ionnaire, homme sajje et modéré, s'aeciuilta sincèrement le sa mission. En arrivant a Macao, il se rendit au colège des jésuites, où il demanda a voir ce redoutableKoi-niou qui aspirait a devenir empereur du Céleste Emlire. Le i*. Cataneo, qui avait une jihysionomic assez lébonnairo, lui Ht visiter la maison, afin de bien le conaincre que ce n'était pas un arsenal rempli de munitions t de machines de guerre.... Voila, dit-il en lui montrant 3S livres de la bibliothèque, le.^ armes avec lesquelles ai le projet de soumettre Tempire. — Le mandarin sourit tne parut pastrès-effrayé. L'ayant ensuite introduit dans isalle d'étude, où il y avait quelques séminaristes silenieusement occupés a lire et a écrire : Voila, dit-il, l'armée ui doit combattre sous mes ordres et m'aider a monter ur le trône impérial. — Le lieutenant fut tout a fait ras- Ijuré. Après avoir visité les églises, les monastères et les ivers établissements de Macao, il s'en retourna a Canton, ien convaincu que l'histoire de cette formidable et proîjhaine invasion n'était qu'un roman. Ayant rendu compte e sa mission aux autorités de Canton, le désarmement 'effectua peu a peu, la paix se rétablit, et les relations ommerciales entre les Chinois et les Portugais reprirent 3ur cours habituel. »
Il est juste de remarquer en faveur des Chinois que îurs craintes n'étaient pas aussi ridicules qu'on pourrait ') croire au premier abord. Ce qu'on vient de lire arriva 3rsque le Portugal et l'Espagne étaient réunis sous le ceptre de Philippe II, formant ainsi une puissance uni-
ue, qui possédait toute l'Amérique du Sud, y compris h Brésil, plusieurs points dans l'Inde et sur le détroit de' llalacca, les Philippines, les Marimines, etc.
iHft LA ciiiM': i:t i,i:s i-i issa.ncks ciiui:tii:n.m:s.
IKiis 011 (iiialic ans a\aiil l'iiiciiiciil qiio rappoilc I ;ili' lluc, Niiigl-lrois mille Chinois avaient été j)ass('s an lil i 1 épco, anx IMiilipijincs, ponrs èti'C sonhîvés, avoir nia-N cré bt-anconp d'Kspaynols cl assiégé la capilak-, Maiiill niénjc avec assaut, bien (pie sans succès. On était gônn lonu'nt convaincu aux l'liiiipi>incs que cette insunuM lii avait été tramée et disposée par (iuel([nes mandarins \ nus peu de temps auparavant ii Manille, et qui, a la ra\( d'un prétexte, avaient obtenu de visiter les lortilicatiru spécialement le fort défendant l'entrée delà baie appi I Cavi/c. Les cbroniques contemporaines rapportent q les autorités de Canton tenaient toute prête unecxpédilii décent mille hommes pour aller s'emparer des Pliili pincs. Peu de temps après, le ijcouverneur général de ce' «olonie, ayant reçu des renforts d'Amérique, é(iuipa ii grande flotte pour aller conquérir les Moluques, comr il les conquit en effet, y laissant des garnisons et faisa prisonnier le roi, qu'il amena a Manille. Cette expédili" qui dut être très-considéral)lc, sortit de Manille en lt. (ménie année del'aft'aire du P. Calaneo;, et il est évidi que les autorités de Canton crurent qu'elle était prep;ii contre la Chine, et qu'elles allaient la voir paraître d moment à l'autre. Il n'est donc pas étonnant qu'elles s larmassent facilement, persuadées, comme elles devai' l'être, que la disposition de ces puissants étrangers, <l solidement établis a Macao, était de poursuivre la i quête univ<;rselle. A cette époque, Macao possédait ûa la forteresse dite du Mont del Monte; et trois auti'5 forts.
Ce n'est pas seulement en Chine que les niissionnir apostoliques ont été soupçonnés d'agir pour le complr rois ambitieux de l'Europe; on a eu d'eux la même u dans tout l'extrême Orient. Un ouvrage publié a Lisboin en 1700, sous le titre de Notices sur Les persécutions d' mission de Cochinchine. est très-instructif sous ce rappi il contient, d'un bout a l'autre, dos faits qui prouvenl'