‹ La Chine et les puissances chrétiennesChapitre 40 sur 65 · DES MISSIONS CHRETIENNES EN CHINE. MO · texte numérisé non relu

DES MISSIONS CHRETIENNES EN CHINE. MO

('fiance des mandarins ii rcndroil dos niissionnaircs. .)i('i la subslanco de (inclqucs passâmes de ce livre :

« I-o roi s'obslinait ii ne pas permettre anx Pères de rélier en ("iOchinchine, dans la crainte qu'a lenr insti^Mm les chrétiens indigènes ne voulussent s'emparer de ut le royaume

« Cette haine que le roi avait conçue contre la loi de eu, provenait do lu crainte qu'il avait que les Portu- .is, aidés par les chrétiens indigènes, ne se rendissent

I jour maîtres de son royaume

« Que les Pères allaient d'abord prêcher la loi des iréliens, dans le but de se soulever après qu'ils auiraient baptisé un grand nombre d'indigènes, et d'ap- •1er les rois chrétiens d'Europe pour les gouverner, . .

« Craignant que plus le nombre des chrétiens croîtrait, oins il serait en sûreté dans son royaume

« Ces Pères venaient former dos chrétiens dans l'es- »ir que, quand ceux-ci seraient assez nombreux, les )rlugais pourraient facilement faire la conquête du yaunie

«On accusait les Pères de trahison, assurant qu'ils .rcouraient les barres et les ports de Cochinchine, faint les démarcations, et observant tout; et pour preuve

II cette assertion, on assurait que le P. Joseph Candonc jsitait les frontières muni d'une boussole. (C'était un idran solaire. ) »

'Mais le chapitre le plus curieux de cet ouvrage est 'lui qui raconte l'ambassade que la ville de Macao en- II. IT

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voya au roi de Cochincliinc en IGuiJ, pour le prier de pc Oicllrc à deux missionuaires do sélablir et de résiil dans son royaunic. Ce passade est daulanl plus inlni sant, qu'il parle beaucoup des dillicullés que la pidp gation de la loi avait rencontrées au Japon. Voici la p;ii la pins iiiiporlaiilc de ce récit :

« Les pieux habitants de cette noble \illc (SUm w voyant que les obstacles opposés par le démon ii la c version de la Cochincliine s'appuyaient sur la fan crainte que les Portugais ne parvinssent àconquérii > royaumes étrangers par la prédication de l'Ëvangili solurent, en 1652, de lui envoyer (au roi de CochiD( I comme ambassadeur, Jean Yicira, personnage noi intelligent, pour dissiper les soupçons du roi et d> ministres. A cet etïet, deux \aisseaux furent appareil! l'un pour l'ambassadeur, et l'autre pour sa suite, cl i l'ère de la compagnie de Jésus monta sur chacun de ivaisseaux

« Le roi reçut l'ambassadeur très-gracieusement. . .

« L'ambassadeur se plaignit amèrement des fa: imputations que les ennemis de sa nation propage, contre elle. Ces imputations tendaient a faire croire les Portugais, par Fintluence de leurs missionnaireenseignaient la loi du Seigneur du ciel, s'eniparaieiii royaumes étrangers; ce qui évidemment était aussi qu'outrageant pour la nation portugaise qui a ail pour sa devise la loyauté, dont elle se fait gloire. .

« Il lit observer que, depuis plus de cent ans qu( Portugais faisaient le commerce avec presque tou: ports de ce littoral, on n'avait jamais oui dire qu'ils l sent tenté ou favorisé aucune trahison ;

« Qu'à la vérité, il se trouvait dans ces régions psieurs contrées soumises au roi de Portugal, mais c«

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ci avait m lieu par snilu des hdslililcs (iiir les indj- 'iios, inanquaiit h la lionne un, avaicnl cxcrcccs cuiiIit s Portugais, ou paiic (|iic ("ctaioiil dos |>a>s habités par .■s Maures, onuciuis déclarés de tous Icîschrélioiis ; « Que toutefois ces terres n'avaient point été conquises )rî;sque les niissionuaires y eussent pi'éehé la r(digion •sPorlugais, mais bien dés h; eonnuencenient, par la rce des armes, quoi(iue après leur soumission, les rclieu\ se fussent mis on devoir de monlier à leurs liabiiits le eliemin du eiel;

« Que la résolution prise par lompcrcur du Japon sur ; semblables soupçons, bannissant do son empire, nonuloment les religieux missionnaires, mais encore tous s Portugais qui s'y trouvaient, était la plus lâche des •lions que ce peuple, d ailleurs si glorieux, eût jamais immise, faisant preuve en cela de légèreté et de peur; « De légèreté, parce qu'avant de se livrer a do vaines aintes, on aurait du savoir quels étaient les royaumes )nt les Portugais s'étaient emparés par la prédication ;s religieux , ce qu'on n'aurait jamais pu prouver, les lomniatcurs eux-mêmes ne pouvant pas indiquer une ule province conquise par ce moyen ; «Qu'il ne suffisait pas que les Japonais voulussent ixcuser en disant que les Hollandais le leur avaient asiré, excuse qui prouverait douldemcnt leur légèreté, irce qu'aucun tribunal, fùt-il composé de barbares, ne cte une sentence et n'impose un châtiment sur les rap- )rts d'un ennemi déclaré de l'accusé ; « Que l'empereur et ses ministres savaient bien que les )llandais étaient les ennemis, non-seulement du roi, ais encore de la loi des Portugais, et que pour cela ème on permettait aux Hollandais la résidence au Jan, tandis qu'on en chassait les Pères religieux et tous 'i Portugais ;

i» Que cette expulsion dcnionlrait plus de crainte enire que de légèreté , parce que la nation japonaise étant

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si nonil)iru.sc ol répiitt'C par sa bravoure, on avait ; prclionde néanmoins (lu un potil noinhrc de Porlii^ relégués dans une extrémité de l'empire ne pûlassail et soumettre plus de soixante provinees, comme si ' les Japonais ne fussent jioinl des soldats, et ne su se servir de leurs épécs, do leurs mous(iuets et ani armes à l'eu ;

« Qu'enfin, par ee fait, ils s'étaient montrés, non Im et courageux comme des hommes, mais faibles et ira tifs comme des femmes;

a Qu'on ne pouvait pas non plus admettre comme ( cuse la crainte que les indigènes baptisés par les n sionndires ne prêtassent main-forte aux Portugalceux-ci prenaient les armes pour conquérir l'emi'i parce qu'il n'est point de nation au monde qui prêtre gouvernée par des étrangers plutôt que par sn naturel; mais que même dans le cas où la natui(> doué les Japonais d'instincts contraires à ceux du i des hommes, les chrétiens indigènes ne sauraient un ment seconder l'insurrection des Portugais, et qu'an traire ils seraient les premiers à s'opposer à diiij prétentions, parce que le quatrième précepte de la 1 Dieu prescrit, sous peine du feu éternel de l'enfci béissance et la fidélité au roi naturel comme à Dieu même ;

« Que telle était la doctrine qu'enseignaient les 1' missionnaires par leurs paroles et dans les livres ' et imprimes dans la langue chinoise, la japonaise n namite, ce dont il était facile de s'assurer ;

« Qu'en résumé, par l'expulsion des Pères religic des autres Portugais, Icmpereur du Japon et senistres avaient fait preuve de grande légèreté et d i crainte excessive, ce qui ternissait lopinion de sago' et de bravoure dont ils avaient joui jusqu'alors.

« L'ambassadeur termina son discours en disant ; It V ne voudrais pas que la nation cocbinchinoise, si inl-

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