‹ La Chine et les puissances chrétiennesChapitre 41 sur 65 · DKS MISSIONS CHRÉTIENNES EN CHINE · texte numérisé non relu

DKS MISSIONS CHRÉTIENNES EN CHINE

lij^'oule ot yiicn-ière, s'e\pos;U à un pairil utlVuiil à la lace (lu inoudo onticM' (*). »

La inôlianco polil'Kjue olail donc un t^rand ohslaclu )iir la i)i'opa|.iation de la loi ii l'cpixinc; où les rois de DrUij^al laisaicMil do di.-^pcndicux ellorls j)our l'introuiro on Cliino.

(lopiMidant, nialgrù ces contrariclés, (jui se roproduisi- (nt souvent sous diverses formes, les missionnaires galèrent du terrain, et finirent par arriver ii un degré de •ospérité (jui dépassa toutes leurs espérances. D'un >té, plusieurs hauts mandarins, pleins de l'idée qu'ils ' faisaient do la grandeur de leur pays, et n'ayant qu'un luverain mépris pour ces nations étrangères, si insigniuites à leurs yeux, ne daignaient pas s'arrêter a des Misées de crainte pour des projets de conquête de la irt des Portugais ou des autres Européens ; d'un autre ité, la plupart des missionnaires qui, vers cette époque, rivèrent en Chine, étaient des homnu»s remarquahles i très-versés dans les sciences, ce qui leur attira beaulup de considération et de respect. Lorsque les Tartares landohoux envahirent l'empire, plusieurs missionnaires jibilaient l'intérieur du pays et y voyageaient ostensionient; on sait même que le premier ministre du derer empereur de la dynastie des Mings était chrétien. 'S deux premiers souverains numdehoux, qui furent navang et Song-chi, les traitèrent avec la plus grande stinction. Ce dernier avait une véritable amitié pour le lef des missions de Pékin, le P. Schall ; il le combla lionneurs, et il allait souvent chez lui passer des heures itièrcs. Le P. Schall eut ainsi occasion de faire quelque-

In Le souverain actuel de Cochinchine, qui s'est trouvé attaqué 'r l'armée franco-espagnole et qui verra sans doute bientôt son yaume gouverné par un général français, dira probablement que jn prédécesseur de 1652 n'était pas aus.«i naïf que le jugeait lam- (ssadeur macaiste, J. Vieira.

«iti LA CIIINK lùT LES PUISSANCES CHRÉTIENNES.

l'ois licaucoiip (lo bien au peuple chiuois; rar il disait vi'iilL' au nioiiar(in(', ce que ses niiuistros n'osaieul ] toujours fairr. Le successeur de ces princes, Kang-lii, traita pas les uiissiounaires avec uioins de disliin li dans les coininencenienls de son règne; ce l'ut nu":ui(! à tous les points de vue. l'époque la plus brillanlu < missions catholiques en Chine. Quelques jésuites c\i . térent une triangulation générale et dressèrent la gr;iii rai'le de tuute la Chine ; ils apprirent aux Chinois ii fondes canons de bronze de gros calibre, et ils réglérmi calendrier d'après les règles de la science. Voyant b suites en si grande faveur auprès du prince, beaii^ d'indigènes recherchèrent la faveur des jésuites et rent chrétiens,

L'évèché de Macao avait été créé depuis lo7o avec jii diction spirituelle sur toute la Chine et la Tartarie.

En tGîJO, les Portugais obtinrent concession de l'viii rcur Kang-hi d'un terrain pour bâtir une église, et i contribua niènie avec ses fonds. Ils élevèrent un tem dédié a Notre-Dame de l'Assotuption, qui fut con\en cathédrale cent ans plus tard : il est encore delni C'est le même qui a été rendu en 1860 au baron Ci . Sur la façade étaient sculptés les mots kin-kou, signili; t don impérial . Les indigènes appelaient cette église Nn- /am (temple du Sud), par opposition "a d'autres églises cvées plus tard et dont nous parlerons.

En 1690, lesévèchés de Nankin et de Pékin furent r avec juridiction sur la Tartarie.

Les premiers missionnaires qui entrèrent en Ch étaientjôsuites. Connaissant à fond la langue et les idée- 1 peuple au sein duquel ils vivaient, ces religieux virent (j 1 serait impossible d'implanter solidement en Chine i e religion, une secte quelconque, qui condamnerait le )" cipe, si sacré pour les Chinois, d'honorer la mémoir(> parents, des ancêtres et deConfuCius. Cet usage, en et l. forme une partie essentielle du grand système de la pie

DES MISSIONS CURflTlFANES EN ClIlNi:. 295

linlo.^^iir loqticl icpostMil la morale, la poliliquoc;! l'ailiniistraliuu de rcininro. Mais des missioiiiKiircs doiniiiicains irvinicnt ii ti-niiltlci' ru'uvio si prospère dos jt'suilcs; )yanl les Chinois tlii-élieiis s'ai^cnonilliM' devant hîs Inm- 'aux i\c leurs ])aronts oly brfilei- de l'encens, ils taxèrent 'S prali(jnes d idolàliie, et déclarèrent (ju'on ne pouvait s peraiettrc à aucun catlu)li(iiie. La question était fort •ave: non-seulement on condaninait connue coupable un ^age(luo lesChinois considèrent comme le devoir le plus ilurcl et le plus sacré, mais encore on jnetlait tout chré- ?n dans l'impossibilité d'être mandarin ou même lettréir on sait (juc quiconque dépend du gouvernement est nu de rendre oHiciellemenl les honneurs funèbres iiConcius. Il en résultait qu'aucun Chinois d'une condition evée, ou même de la classe moyenne, ne pouvait cm- 'asscr la foi catholique sans renoncer au commandeentot aux honneurs; or c'était lii nubien grand sacrifice uis un pays où les fonctions publiques sont le rêve doré i tout homme ayant quelque fortune, quelques talents, iclquc noble ambition. Nous le disons dans un autre lapitre : en Chine, l'unique aristocratie, c'est le corps >s mandarins, et ce corps est ouvert aux hommes de ■utes les classes. Comment donc propager une relion qui fermait tout avenir, excluait toute espérance et l'fendalt d'aspirer ii ce que peut obtenir même Ihomnie ji se trouve dans la position la plus modeste? Les 'suites pensaient que ce qui importait avant tout à la 'ligion, G était qu'elle fût professée par de hauts personages, parce que leur exemple entraînerait les autres, et a'ils pourraient aider de toutes les manières. Ils esjiyèrcnt donc de persuader au pape que les coutumes hndamnées par les Dominicains étaient des cérémonies jarenient civiles et dans lesquelles n'entrait aucune idée jîligieuse; pour penser le contraire, il faudrait se figurer (ae les Chinois croient que leurs parents et leurs ancêtres i'tranforment tousen dieux. Les disputes que les Jésuites

r! les Domiiiirains ourcnlsiir co point (io doitrine fiHP« trt'.s-ora{j;ous('S, cl r(Miipcreiir Kaii^'-lii voulut une f assister lui-niènic hune discussion, qui se termina par grand scandale, car ne pouvant se convaincre par paroles, ils eurent recours à des argiinieuts plus violer

La propagande de Rome s'était déclarée contre la di trine des Jésuites, et la sentence avait été approuvée ] Innocent X, ^n 1645. Les Jésuites travaillèrent a la fa révoquer, et le tribunal de l'inquisition déclara que rites des Chinois n'avaient ([u'un caractère puremt • civil. Cette sentence fut approuvée, en 1656, par Alex? drc"Vn; mais, en 1693, le vicaire apostolique Maig rendit, en Chine, un décret diamétralement opposé à décision du tribunal de l'inquisition, et h; pape Clémeni confirma, en 1704, le décret de l'évèque Maigrot.

Le saint-siége envoya expressément en Chine le c dinal Tournon. Il arriva a Pékin en 170.'j, et après av étudié la question dos rites en dispute, condamna la d trine des Jésuites.

Cependant Kang-hi déclara que les missionnaires suivraient la doctrine de Ricci seraient autorisés, et( tous les autres devraient quitter la Chine ; le pape, de il côté, ordonna que tout missionnaire qui irait en Ch e jurerait de n'obéir qu'aux ordres et instructions proven l du souverain pontife.

Par suite de ces nouvelles difficultés, le pape eir le patriarche d'Antioche, Mazzebarba, qui arriva à P en 1721. Il approuva, sauf de certaines restrictions doctrines que le cardinal Tournon avait condanni ].e triomphe des Jésuites ne fut pourtant pas bien L et Rome revint a la prohibition de leur tolérance des i indigènes.

Cette fluctuation dans les décisions romaines entreîit plus vif le feu de la discorde entre les pasteurs aponliques; elle devint la cause de beaucoup de scandalr fut on ne peut plus fatale à la propagation de la foi,

DES MISSIONS CHUtTIENNES EN CIIIM.. «'j;

En inrtnt' (cinps ces (HKM'cIU'S dépliiri'iil sint^ulierciiKjnt Kany-lii, lr('s-l)lcss(' iraillcurs do voir (in'iin prince Italie prôlcndait coiuniandcr dans sos Klals. Co môme inpcrour, qui avait tant protégé les missionnaires, oroiina ([lie tous ousscMit a quitter les provinces de l'emiir('i)Our se reiulro, soit à Pékin, soit ii Canton, d'où ils etourneraiont eu Kurope. Ln des résultats les plus liilestes des dissidences des missionnaires, ce fut de mettre Il doute leur propre doctrine. On leur disait alors souent : « (loninuîut pouve/.-vous assurer que vous prêchez a vérité, quand vous-mêmes n'êtes pas d'accord sur vos royances? »

I Cette dispute acharnée a propos des rites chinois ne fut as la seule bourrasque qui agita la chrétienté de l'emire. Une autre lutte plus prolongée, sinon plus violente, 'engagea de bonne heure entre ceux ([ui avaient tous, ans doute, le plus grand zèle ii convertir les Chinois, oici les faits.

On sait que les Portugais furent les premiers Européens ui doublèrent le cap de Bonne-Espérance et qui eurent es établissements dans l'Inde, dans les détroits de Maîcca et en Chine. Ils furent aussi les premiers ii fonder les missions religieuses et a bâtir des églises dans ces égions.

En vue de ces faits, les papes concédèrent aux rois de 'ortugal, par de très-honoritiques et explicites bulles, le j.roit de patronage spirituel sur tous ces pays, comme 'ils étaient sous le gouvernement direct du Portugal. Sa ilajesté Très-Fidèle nommait les évèqucs et autres prélats .tour toutes ces contrées, sauf la confirmation du Saintl'iége, et elle avait la gérance de toutes les missions aposjoliques. Des prêtres français, allemands, italiens et esjiagnols, allaient en Chine et dans l'Inde, mais là ils |taient sous la juridiction des évèqucs nommés par le

oi de Portugal. Celui-ci choisit souvent pour gouverner

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les missions dos rdij^ieux qui iroltiiont pas Pnrlngai' Il airivii pourtant que l'enipirc des l'ortujiais dan l'Orient fut éphémère; les An{,Mais et les Hollandais vinivnl bientôt leur faire roncurrence nt ne tardcreijl pas à les remplacer en grande partie. I

En même temps fut créée, a Home, la conf^régalion u\ p/opar/atida /idf {\(\(}i); et dés sa naissance elle corr mença a faire la guerre au patronage religieux des ro de Portugal dans rindo-dliinc. Elle soutenait que ( royaume n'avait ni les missionnaires, ni les moyens ni eessaires pour subvenir convenablement aux besoins d< missions. Elle disait en substance : « Le Portugal ne fa|\ pas et ne nous laisse pas faire. » C'était, sans doute, usi| d'ingratitude envers un peu()le qui avait tant sacrifié f|! désir de propager la religion dans l'extrême Orient, j'i une époque où Rome ne donnait pas signe d'y songer. U la propagande était riche en argent et en missionnaire! i pourquoi ne pas aller en aide aux Portugais dent on li pouvait méconnaître la gloire d'avoir fondé les mission;! Pourquoi ne pas se ranger tranquillement dans Tlndji Chine sous la juridiction desévèques portugais? Pourqujt'! vouloir déposséder la couronne de Portugal du patr:« nage que les anciens papes lui avaient concédé, avec ceti) clause qu'aucun pape, dans V avenir, ne pourrait Ven priviï^ Les rois de France désiraient aussi, au xvii* siccli avoir en Chine des missionnaires indépendants des pi!lats portugais. Louis XIV obtint de Kang-hi l'admission -i» six lazaristes français qui arrivèrent à Ning-po en 1681" L'empereur leur fit don d'un terrain où ils bâtirent ui^ église à laquelle on donna le nom de Pe-iang temple à nord;, par opposition a l'église portugaise qui fut nor*méeiVan-^a7?5r /temple du sud). Appuyés sur cetexempl; les prêtres italiens propagandistes, qui étaient arrivé^l Pékin avec les cardinaux Tournon et Mazzebarba, 0 * tinrent aussi un terrain, construisirent une église qu'>t appelèrent Si-iang (temple occidental et se dèclarèrei

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nd^ppiicliinls dos Poi'(iif;ais ot dos Français. Les Porlufais, pour ('oiiiplélor le carré, élt;V('ronl imo (''f,'lis(j à saint osopli, qui, parsn position, l'iilconnuo des indigont-s sons enoin do Tounrj-tany (loniple oriental).

Une fois les missionnaires apostoliques divisés en trois fronpos rivaux, ro fut a qui altirorail a soi la plus grande |)artie dos sept mille clirolions environ qui exislaionl à j^ékin. Les jalousies, les intrigues, les querelles qui s'enjiiiivircnt causèrent les troubles les plus graves, I Celte anarcliio arriva à son coinble lors de la mort de l'évoque de Pékin, Sou/a. L'archevêque portugais, de Goa, Institua, on qualité de vicaire général, le jésuite portugais jîspinha, mais la propagande fit nommer, pour remplir l'ette place, l'italien Santa-ïerosa. Cotte compétition de uridictions mit en fou toute la congrégation cjirélionne, m point qu'un mari tuasa femme, ces époux appartenant |i deux partis opposés.

I Plus tard l'italien Damasceno fut nommé évoque de I?ékin. Avant que les bulles ne fussent arrivées dans la ^apilale, un vicaire apostolique, appartenant a la propa- Ijande, le consacra. Les jésuites portugais ne voulurent jpas reconnaître cette consécration, mais monseigneur Damasceno les suspendit de la juridiction spirituelle, et fit imprimer et distribuer à tous les chrétiens d?fe brochures dans lesquelles il déclarait que les sacrements administrés par les missionnaires portugais seraient aussi nuls que s'ils étaient administrés par les bonzes de Bouddha.

En 1785, le Portugais Gouvea fut nommé et confirmé évèque de Pékin. Il fit une division des quartiers et fau- Ibourgs qui devaient être sous la juridiction des missioninaires portugais, français et propagandistes. Ceci recomimença encore d'ardentes polémiques et d'aussi vives iprotestations.

i L'un des propagandistes fut nommé secrètement délégué apostolique vel quid simile^ lequel, pour envoyer à îRome une explication plus facile a comprendre de ces

SOO I.A CIIIM-: KT LKS l'UISSANCES CIIULTIKNiNES.

luiscralilos dispulos, drossa une carie où on voyait li terriloiiTs appartenant à chacune des trois missions dilVi rentes.

In cluétion indigène, (ini pdrlait à Macao le paqui (•ontenant cette carte et quelques lollres des niissim naircs, futarrètéen roule par la police et conduitii Pékii In inlcrprèle russe l'ut prié de traduire ces pai)i{'rs. Il s' trouvait une lettre en latin de deux prêtres indigène. qui se plaignaient de ne pas avoir reçu depuis longtenip leur congrua. Ce mot fut traduit par celui de fom-lm employé dans le pays pour signifier rappointomcii qu'un serviteur du gouvernement reçoit du trésor public . Ces faits contlrmèrent les mandarins dans leurs an ciens soupçons. Voila que les missionnaires envoyaici. des cartes do lempirc en Europe; voilà qu'ils se dispui talent a propos de la juiidiclion qu'ils prétendaient avoi, sur les territoires de la Chine, et en référaient à leuil chefs en Europe; voilà que les sujets de l'empereur étaler soudoyés avec de l'argent envoyé par les monarque chrétiens!

11 eu résulta que la religion du Christ fut sévcremer défendue. Un décret, inséré dans le Code des lois, édict que tout chrétien indigène qui persisterait à suivre cett religion, sewit exilé dans l'illy et vendu comme esclav aux musulmans.

Quant aux missionnaires européens, ils furent tou l'envoyés à Macao, sauf deux Portugais qui étaient en ployés au bureau des mathématiques pour la confectio des calendriers : la continuation de l'œuvre sainte leu fut toutefois interdite. Ces malheurs eurent lieu en 180^

L'un de ces savants ^M. Serra) fut nommé, en 18 1> évèque de Pékin par le roi de Portugal, mais le pape n \oulut pas le conlirmor, toujours à cause des ditriculti' sur le patronage. Alors, Mgr Serra vendit les propriété delà mission portugaise, excepté la cathédrale, et apport à Lisbonne ioO.OOU francs environ.

DKS MISSIONS CURKTIl'.NNES EN CHINH.

En \^-i^ iiionrul riiiiln; missiimnaiit', M^r l'crcira. èvcV]uc (le Nankin. Ce l'iit le (Iciiikt rclit,Mcnx européen qui vécnl ii Pékin, aulorisé par le ponvcrniMncnl. A cutlc occasion les poilos do la (•alliédralc Inrcul closes avec fies pierres cl du iiiorlier; cl rariliiinaïKliilc russe vendit les maisons conlii^ni'-s, dciiicurc dos inissionnaiccs, et lit parvenir à Lisbonne, par la voie de l'anibassade de Kussie, le prodnil do la vente monlanl a GO.OOO francs environ.

Cette cathédrale est la mémo (jui a élé remise a M. le baron C.ros, en ISOO. Voici le dessin de la façade :

Cithcilrale de Tékia bàlie far les missiounaifes poilugais eu 1C50.

A (MUSC (lo colle m al 11 euro use qucsliun du palrnntip ildiit j'ai lait inenlioti, unu espèce do schisme a cxisi pendant i>liisi(Mirs annccs dans l'cxlrcnic Orient. Qui' qucs calli()ii(iucs no reconnaissaient que le» prchil appointés parle Pape, tandis (|uc d'autres persistaient obéir seulement ii ceux qui avaient été ])résenlé9 par 1 roi de Poilugal. A (lalculla, iJoniliay, Malacca, Siogapoi et dans presque toutes les colonios de cette région, il avait une église de Rome ou française et une autre pni tugaise. Les deux églises se répudiaient mutuellcmen'

Pour icmédior îi cet étal do choses, le gouvernement d Portugal ht un concordat avec le Saint-Siégc le 21 l'évric 1857: S. M. T F. sacrifia, pour l'amour de la pai\ une grande partie do ses droits. Cependant le gouvenu' ment de Rome n'en fut encore, il paraît, qu "a dcm satisfait, et il met une inconcevable lenteur a exécute les clauses du concordat: plus de trois années lui ont et nécessaires pour expédier les bulles à l'archevêque d Goa (colonie portugaise), et il n'a pas encore nommé loi commissaires qui, d'accord avec ceux du roi de Portugal' doivent marquer dans rindoles limites du patronage d Portugal et de celui do Rome. En attendant, les prêtre delà Propagande ont do fait envahi presque toutes ces mis sions dont plusieurs, soit dit en passant, possèdent de terres et des maisons. Quant à la Chine, il n'est resté qu l'évêché de Macao, réduit en réalité au diocèse de la ville c'est ce qui a déterminé l'excellent et très-digne évêqu D. G. J.daMatta a donner la démission de son poste; ilsCs retiré dans le pays de sa naissance, petit village où ui grand mérite reste perdu pour l'humanité.

La conduite observée dès les premiers temps par h gouvernement impérial envers notre esprit de prosély tisme persistant est, pour dire la vérité, assez facile i comprendre. A mesure que l'on voyait les conquêtes do: Européens dans l'Indo-Chine, ainsi que les discussion:

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• les giioncs entre eux, les mandaiiiis dovnnaionl plus ifinnts il rcMuliuit des missionnaires catlioliqiH's, qu'ils )up(;:oiiiiiii('nl toujours être dos espions et des atfenls de» )i8 de l'Kiirope; et il n'y a pas tant lieu de s'étonner n'ayant vu ces rois s'avancer jusqu'aux frontières de la kine, ils leur aient supposé le désir de s'emparer, s'ils pouvaient, de la Chine elle-mènn;. Un empereur disait des missionnaires: « Ce que vous désirez, c'est de anvertirtous mes sujets livotrQ foi, nesl-ce pas? — Oui, rend prince. — Et, si vous y parveniez, "a qui obéiraients ensuite, ii moi ou a vous ? »

I Les missionnaires se plaignent de ce que les négoiants leur ont fait et leur font beaucoup de tort, au point e vue de leur objet, qui est de s'établir solidement en hine et d'y propager la foi. Les commerçants, de leur ôté, disent quelobstinalion des missionnaires a vouloir itroduirc en Chine une religion qui déplaît au gouvcrenient oblige celui-ci a repousser tous les Européens ; l est probable que les uns et les autres ont raison. Déjà saint Franeois-Xavier, lorsqu'il voulut entrer en Ihine, eut à lutter avec les négociants portugais établis lansl'ilede Sancian, et enfin il mourut dans cette île sans voir réalisé son ardent désir. Pareillement, les premiers [Ouverneurs des Philippines, dans l'intérêt du comnerce, défendirent aux missionnaires d'aller en Chine; 'cpendant six à huit franciscains exaltés s'échappèrent ni jour dans une embarcation -chinoise qu'ils avaient rètée, en convenant avec le capitaine qu'il les dépose- •ait sur la côte, a Canton. La chose eut lieu ainsi; mais ivant qu ils fussent arrivés aux portes de la ville, une grande foule s'était attroupée autour d'eux pour voir ces 'tranges figures. Arrêtés a la porte et conduits devant le nagistrat, ils dirent qu'ils étaient venus prêcher la religion chrétienne et mourir pour elle. Comme personne le les comprenait, le patron du navire qui les avait apîortés déclara qu'une tempête lavait forcé d'aborder avec

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ces yoiKs-lu. l,t' niayistral les lit cnrormer dans une m; son, et, quelques jours après, les envoya à Manille, p un tit's vaisseaux d»' la liifue des Philippines.

Les missionnaires nestoriens arrivèrent au scptit i siècle par la Tartario et seuls ; voilà pounjuoi ils ne su levèrent aucun soupçon cl furent part'ailciucnt accueill Il en arriva de incuie pour les prêtres callioliques que pape envoya aussi par la Tartarie, aux douzième et lii zième siècles; et les bonzes bouddhistes venant de 11 ii furent également bien reçus parles mêmes raisons, les missionnaires thrèliens de la troisième époque lu sent aussi arrivés seuls, ils auraient obtenu la même pi tcction; mais ils se présentèrent, au seizième siècle, i même temps qu'on vit sur les côtes de l'empire des n vires de j^uerre portugais, anglais, (espagnols et holki dais. Sans cette circonstance ils auraient siirementjn de la même tolérance et de la même liberté qui ont tn juursété accordéesaux sectaires de Mahomet, de Ifouddl et de Lao-tseu. Mais il est probable aussi que la craiii qu'a toujours causée dans ces contrées l'approche des \] ropéens s'est accrue par l'infatigable insistance des un sionnaires à s'introduire dans l'intérieur du pays. Je n suis quelquefois entretenu avec des Chinois au sujet d missions chrétiennes, et je les ai toujours trouvés peu très de cette idée que tous les .secours d'argent que rec i vent les missionnaires leur sont envoyés par les souvi rains européens. Voici à très-peu près le dialogue (| s'établissait invariablement : — « Les missionnaires viei nentde très-loin, et ce voyage leur coîite fort cher; et c suite ils vivent ici de ce qu'on leur envoie de leur pay Oui donc peut envoyer des sonjmes si considérables, : lion les rois de l'Europe? — Vous êtes complètement dai Ifrreur; ce ne sont pas les rois qui envoient ces son mes; ils n'y sont pour rien. — Mais, dans ce cas, d'où so donc tant d'argent? — Je vais vous l'expliquer: il y

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ilaiis (lilVtTcntes villes d'I-'uropc des associations (!<• perviiiiies cxcollonlos et ploinos de reli^^ion, ([iii s'«'ngaj,'eiil viiloiitaii-ement à payer cluuiiie mois ou cliaciiie semaine mit' petite somme, et, eomme les p(M'S()mies ({ui soiisri'i- M'iil sont en très-grand nombre, nu Huit par réunir ainsi (les sonnnes considérables, que l'on (Mivoie ici et dans ({autres pays pour Tentretien des missionnaires. Car il faut que vous sachiez que co n'est pas senlomcnt en Chine qn il y a des missionnaires, mais aussi dans beaucoup il autres contrées. — lîien ; j'admets qu'il en soit ainsi. Mais quel est le motif (jui peut porter ces gens-lii k donner volontairement leur argent pour que des niissionnairesvionnent ici nous engager a nous faire chrétiens?

: Ils doivent en attendre quelque avantage, queh]uc profit;

'car il n'y a nul homme assez insensé pour donner son argent sans quelque intérêt. — Ils n'attendent aucun pro-

1 fit. Il n'y a en tout cela que générosité, bonté de cœur, vertUj pur désir de vous voir devenir chrétiens comme

I pux. — Mais, je le demande de nouveau, pourquoi veu-

! lent-ils que nous soyons chrétiens? Que leur importe à eux ? — Je vais vous le dire : vous savez que notre religion enseigne qu'il y a un ciel où va notre esprit après que notre corps est mort; dans le ciel, on jouit dune grande félicité. Mais il y a aussi un enfer, c'est-à-dire un abîme rempli de flammes, un lieu de tourments, où l'e-sprit de celui qui a été malfaisant va, pour n'en sortir jamais. Continuez k m'éeouter avec attention. — Je vous écoute. — Vous savez aussi qu'il y a dans notre religion une cérémonie appelée le baptême. Pour qu'un homme soit chrétien, il est indispensable qu'il soit baptisé, ou pour mieux dire, c'est le baptême qui le constitue chrétien. C'est aussi un dogme do notre religion que celui qui n'est pas baptisé ne peut entrer au ciel, et, par conséquent, doit aller en enfer. Voilk l'explication de tout ce qui vous semblait si difficile k comprendre. Ceux qui donnent leur argent ne sont ni des niais ni des gens qui es-

piTont faire iin ljôn('ricc. Sculcmonl ils dt-siront qiio vou soyez baptisés et que vous reconnaissiez le vrai Dieu, afji que vous n'alliez pas en enfer. Vous voyez que, dans tou ecla, il n'y a que bonne volonté et compassion pour vous

— Mais, monsieur, est-ce sérieusement que vous parlez^

— Je vous assure que tout ce que je vous dis est la puni vt-rité. — Vous m'ctonnez; car je vous ai toujours Icni' pour un homme d'une raison parfaite, et tous les Euio pécns que j'ai connus je les ai aussi trouvés très-intelli gonts; mais les clioscs que vous me dites me paraisscn singulières et incompréhensibles. Comment un homm( jouissant de sa saine raison peut-il croire qu'un Chinois quelque vertueux qu'il puisse être, doive, par cela seu qu'il n'est pas chrétien, être précipité pour toujours àam ce lieu dont vous parlez, plein de flammes et de tourments? J'ai ouï dire que votre religion enseigne df choses fort singulières, par exemple qu'une femme, tou en étant positivement vierge, enfanta un Dieu; qu'il y î un autre Dieu qui, sous un point de vue, est une seule personne, et, sous un autre point de vue, trois distinctes personnes. Il va sans dire que tout cela me semble absurde; mais enfin, vous, chrétiens, vous le comprenez sans doute. Ce que je ne puis digérer, c'est que qu(lqu'un se figure et se persuade sérieusement que tout ce qu'ilya ettoul cequil yaeuaumondede Chinois, etd'autrès hommes, bons ou méchants, seulement pour n'être pa« devenus chrétiens, doivent brûler éternellement. En supposant que cela soit ainsi, ily a plusieurs millions de Chinois qui ne saventmême pas qu'il existe une religion dite du Seigneur du ciel 'le christianisme). Et ceux-là aussi doivent brûler? Y a-t-il de leur faute a ne pas connaître cotte religion ? Et s'il n'y a pas de faute, peut- il y avoir châtiment?— Mon cher monsieur, vous vous êtes éloigné de la question. Rappelez-vous que je ne suis pas missionnaire et que je ne prétends pas vous imposer une croyance quelconque, Je vous expliquais la provenance de l'argent

DES MISSIONS CllRKTIKNNES KN CHINE. 507

ii(' les niissioniiairos chrc'lieiis roroivent d'I-liirope, cl je

Liiis ri'pèlc oc que je vous ai (iéjii dit : Il y a une inlinilé l'Kiiropéens ti'ès-drvots, très-nilliousiaslescii lualirre de '•'liijion ; auprès de cela, loni le reste leur sciublc insigni-

iiil.Ce sonlcnvéritédes personnes reniplicsd'excellents |(Miliinenls et danioiir poiurimiuanilé. Klles pcnsentqno, i|i vous ne vous laites pas elnéliens, vous ire/ en enter. le ne veux pas entnM- ici avec vous dans la discussion de [avoir si elles se trompent, comme vous le prétondez; liiiais telle est leur croyance. Klles sont convaincues, je lous l'assure, que le plus grand bien quell(>s puissent jairc a un peuple ou a un homme, c'est de le convertir au. ijhristianisme; de la cet esprit de pros'clytisme, cette ar- Icur pour la propagaiule religieuse ; de la ces souscripions volontaires, de la enlin la venue de ces missionlaires que vous prenez pour des espions et des agents les rois de l'Europe, n

L'abbé Hue, que j'ai déjà cité, fit. comme tout le monde ■ait, un voyage au Tliibet en compagnie d'un autre misionnaire, et tous les deux jouissaient dans ce pays d'une jrande estime. Kishen, qui avait été commissaire impénal a Canton lors de la guerre contre les Anglais, et qui ;e trouvait alors au Thibet comme ambassadeur de Chine, .obligea le gouvernement local à les faire partir, bien qu'il ïit lui-même avec eux dans de bons rapports et les traitât ivec beaucoup de considération. Kishen connaissait toute l'histoire des missionnaires en Chine et savait les services qu'ils y avaient rendus. J'exprimai donc mon étoniienient a 1 abbé Hue de ce que c'était un homme aussi éclairé que Ivishen qui les avait fait sortir du Thibet, et je lui demandai s'il savait quel motif il avait pu avoir d'agir ainsi : «Voyez-vous, me répondit-il, a ces mandarins, quelque éclairés qu'ils soient, il n'y a pas moyen de leur ôter de la tète que nous semmes un peu agents politiques. »

Dans ces derniers temps un haut mandarin, Ying-chanyoung, dans un mémoire qu'il adressait à l'empereur a

:08 1,\ ClIINI': ET LliS l'IlSSA.NCES CHHÉTIENNES.

piupos des J']iii'0[)('i'iis, disait : '( Qiiaiila la propagali »( de loiir religion, ils aspirent a corrompre lesprit pub « et, de rotte inaiiièro, arriver secrètcMnent ii opérer u « révolution. H'il neii â/aii pas ainsi, ils se contenlcraù « (le ■pratiquer leur foi dans leur propre -pays. Ils font c K charités aux pauvr(>s, mais ce n'est qu'un stralagèi " pour gagiuM" le cceur du peuple. Ces rebelles barbai 0 ont toujours absorbé, par ces moyens, les Ktats étra « gers plus faibles ({u'eux. »

Le prince Sang-ko-lin-sin disaitdans un autre nièmoii « Ils emploient les fausses doctrines de Jésus pour ci i( poisonner les esprits des jobards, et l'or et l'argent po « corrompre le cœur des intelligents. Si on les laisse fai: « dans quelques années dici la population entière enibr. « sera la fausse religion de Jésus; et alors, est-ce que H peuple chinois ne deviendra pas la dupe des barbares Ces idées des mandarins chinois sur notre prosélytisi i-eligieux m'ont toujours fait penser que les démarcl des ministres et consuls européens pour favoriser lapij pagation delà foi en Chine ont été très-préjudiciable! cette même propagation, car elles ont servi à confirn: les mandarins dans leurs soupçons. Si les missionnaii eussent été abandonnés a eux-mêmes, sans que person s'occupât de les délivrer quand ils se trouvaient poi suivis ou emprisonnés, ils seraient loin de faire ombra comme ils le font maintenant. Sans doute quelques-u de ceux qu'on a sauvés au moyen de réclamations et menaces eussent été victimes, mais la cause de la prop gande y eût gagné.

Pourquoi voit-on jouir d'une si complète tolérance Chine les bouddhistes et les musulmans? Parce que gouvernement n'attache pas la moindre importance à ( sectes, qii' il pourrait anéantir le jour qu'il lui plairait, dont les membres ne sont point en relation avec d étrangers puissants, en sorte que personne ne l'inquit 3 leur occasion.

nES MISSIONS CllhKTIKNNKS KN CIIINF:. r.ftf»

J'ai exprime ces mêmes idées à plusieurs inissionnai-

es; mais il on est pou que je sois parvenu ii persuader.

!ii i;énéral, leur désir est (pie les i^ouveiiicmenls de

lùirope oblii^enl les maudarius ii les toléi'cr. Ceci laissi'

roire (iu"ils oui jteu de emitianee en leurs prdprcs res-

ourees.

A Chanp-liaï, on l.S'i"), on nul vu prison, pour je ne

ais quel délit eoniniun, un C.liinois qui se trouvait être

hréticn. Dans les environs donieurail un évèquc italien,

nonseigneur I3esi, lequel, eédant aux larmes des parents

lu prisonnier, se rendit iila ville et pria le eonsul anglais

i'intereéder auprès du gouverneur chinois pour qu'on \e

nît en liberté. Le consul accéda à sa demande, elle pré-

cnu fut élargi. Dans cette circonstance, je dis franche-

ncnt il lévéque qu'à mou avis il avait mal fait; que, si

C chrétien était tombé en faute, on devait laisser la jus-

icc du pays suivre son cours, et que je regardais comme

rcs-préjudiciable a la propagation de la foi qu'il eût fait

ntervenir dans cette affaire un consul étranger et sur-

out le consul anglais.

Ceux qui ont marché le plus dans cette voie, à n)on ivis erronée, sont les Français. Toute l'ambassade de yi. de Lagrenée était triomphante parce qu'on avait Dbtenu de Ki-ying un décret impérial en faveur du christianisme, et quelques attachés répétaient avec emphase g[ue « la France est l'épée de la religion. » Mais ce décret le fut qu'un expédient pour renvoyer content M. de Lagrenée, et la situation des chrétiens ne s'améliora m rien, si même elle n'a pas empiré.

Le baron de Forth-Rouen me raconta lui-même qu'a Chang-ha'i, il fit saluer d une salve, par la corvette de guerre qui le portait, un évoque venu a bord, et cela ifm de l'honorer et de lui donner de l'importance aux reux des autorités chinoises. 11 me raconta aussi qu'ii Singpo, après avoir visité la ville, il s'était mis à icsccndre le fleuve et était déjà près de l'embouchure,

510 LA Clll.Ni: ET LKS l'L'ISSANCES CimKTIKNNl'lS.

lorsijuc, lu gouverneur chinois passant dans la ruo, i, individu se prit de querelle avec nn des hommes de suite, et se nionlra sans doute insolent. Legouvernci lui fit adininislier (juchiues enups de bâton. II se. trouva que cet homme était ehrélien, et il est probable (|i sa hardiesse provenait en partie de cette cireonstam et de ce ([tie le ministre de France venait de visili >iing-po avec la corvette de guerre. Le missionn;iii français qui résidait dans cette ville donna aussitôt ;i\ de ce qui s'était passé au baron de Forth-Rouen, et celu ci, remontant jusqu'il la ville a\ec sa corvette, c\i que le gouverneur donnât au Chinois deux cents doll comme dédommagement des coups qu'il avait reçus, la chose eut lieu ainsi. Je dis franchement à M. de Foi h Rouen que, d'après ma manière de considérer cet question, il ne faudrait pas beaucoup de faits de ccl espèce pour en finir avec le peu de tolérance doi notre religion jouissait encore en Chine. En eflV le gouverneur chinois ii qui était arrivé ce qui viei d'être raconté dut nécessairement se dire : « Si j'ai eu i désagrément, si jai subi celle humiliation à l'occasin de ce chrétien, a quoi devrais-je m'attendre le jour on y aurait des milliers de chrétiens"? Kous serâit-il ahu possible de gouverner ? »

En 1844, la corvette de guerre VHèroïne fit en Cochii chine beaucoup de menaces et fut sur le point d'ouvrir feu de ses canons pour qu on lui livrât cinq missioi naires catholiques qui étaient arrêtés par les autoriti locales. Quatre ans plus tard, dans le même lieu, la coi '.ette laVictorieuse et lafrégate /aG^ofre, pour obtenir 1 mise en liberté d'un missionnaire également arrête terre, firent plus que des menaces : elles coulèrent à fon plusieurs navires cochinchinois, et tuèrent plus de milJ hommes ! Quel habile moyen d'introduire le christianism dans ces nations que nous appelons barbares!

C est une erreur de croire que les mandarins ne pou

DES MISSIONS CIlUtTlliNNES EN CHINE. 311

vaient pas cuipôchcr l'i-nli-i'C daiuiciiLiiK' do missionnaires rhrétiens en Cliini'. Le plus souvent, ils savaient très-bien où ils se trouvaient, mais ils ne ]ti)ilaicnl point leur all(Mition sur eux, les tenant pour des iniitéeilcs ou des Ibus. En règle générale, le mandarin ne s'occupe que des aUaires qui lui sont déférées par les parties intéressées, et un C.liinois ne se présente devant le tribunal d'un imagislrat que l(n'S(|u'il se voit dans la nécessité àc le ;faire. Plusieurs missionnaires mont eux-mêmes avoué que les mandarins des localités où ils a\ aient leurs jéglises étaient informés de tout, et qu'il ne pouvait en jèlre autrement, puisque dans ces églises il se réunissait jbeaucoup de monde les dimanches, les jours de fête, etc.; jdcs Chinois non chrétiens m'ont assuré la même chose. Ces mandarins n'attachaient aucune importance a la présence de ces missionnaires cachés, saeliant parfaitement qu'ils prêchaient une doctrine bonncau fond, avec des mystères incompréhensibles, comme la Conception et la Trinité, qu'ils ne s'occupaient qu'à chanter des prières (la messe) ,cn une langue incomprise ,en latin) à certains jours, en 166 revêtant d'un costume singulier, etc. : toutes choses plus ridicules à leurs yeux que coupables ou redoutables. Si ce mépris était général, comme il l'est pour les bouddhistes, la Chine serait couverte d'églises chrétiennes.

Lorsque jetais à Ghang-'haï, un évoque italien, qui avait sa résidence a quelques lieues, venait quelquefois chez moi habillé en chinois. Un domestique ayant ma confiance fut instruit de tout; il alla môme plusieurs fois, avec des commissions de ma part, dans la maison où se cachait l'évèque, et fut sur le point de se faire baptiser. Renvoyé, ce domestique, pour se venger, alla dénoncer au gouverneur général du département mon ami l'évèque, en assurant qu'il connaissait exactement sa demeure et qu'il y conduirait directement les agents de police. Il croyait sans doulowecevoir une rccompcnie; mais, à sa

su I.A ClIINt: Et LKS PLISSANCliS CIlRKTIiiiNNliS.

graïuie surprise, on le renvoya sans l'airo altontion à» doposilion.

Tontcfois, s'il vcnail à ôlro rcru coinuK! chose avéré parmi li's (iliinois (ju'il cxislc des relations intimes entr les souverains rlrau^crs cl les missionnaires apostoli qucs, il serait hien dillieile a ceux-ci de faire le moindr progrès et même do maintenir ce qui existe. Ce ne se raient plus seulenumt les mandarins, ce seraient les CûE vcrtis qui regarderaient avec niéllance les niissionnaire< Il y aurait peu d'indigènes qui voudraient cire ou pa raître traîtres. L'amour de l'indépendance est de tous le pays.

A moins donc que je ne m abuse grandement, peut-, y avoir quelque chose de plus nuisible aux intérêts de 1 religion on Chine que les démarches que l'ont les gou vernements étrangers pour l'y introduire et l'y soutcni par la contrainte.

Cependant, je ne blàmc pas on ceci les agents diplonia tiques; ils ne font ({ue suivre leurs instructions. Moi mémo j'ai eu aussi, parmi les miennes, celle de donne aux missionnaires toute la protection possible, quoiqu rien ne fût plus contraire ii mes idées et a ce que m'a vaicnt appris mes observations. Les intéressés cux-mé mes, comprenant mal leur position et leurs intérêts, so licitent leurs gouvernements pour les protéger d'un manière effective et directe.

Les premiers missionnaires européens qui arrivcrei en Chine au xvi'^ siècle étaient des hommes éminents et de savants distingués: par la, ils obtinrent la faveur des pei sonnages (jui gouvernaient. Les Chinois, n'ayant aucun religion, sont naturellement d'une extrême tolcrancî Protégés par le gouvernement, les jésuites firent beau coup de prosélytes, et sans les inquiétudes qulnspirèrer aux mandarins les conquêtes des Européens, et surtoi sans la lutte si funeste qu'engagèrent avec eux les domi nicains, soutenus a la lin par le pape, #t les fatales dissi

DKS MISSIONS CHUETIKNNES EN CHINL. .>i:>

cnccs h propos du palronagc porlii;^'ais, je rogurdr onimc Ircs-proliable (ju ii colle liciiro la (iliinr' entière crail l'Iirélienno. 11 n'y a pas d'iioiiinio plus disposé Use onverlir (ju'uu Chinois, par cela nièuic que, généralciicnt, on le trouve libre de loulo croyance préalable.

Les sociétés de proi)ap,ande devraient veiller il ce (|u'il l'allàt en Chine que des hoinmes d'élite, el possédant uciquesarts ou quelques sciences. Il y a présentenienl en c pays des missionnaires catholiques iVan(^*ais, italiens t espagnols; la plupart ne savent guère que le latin et es connaissances nécessaires pour remplir le ministère accrdotdl. Pourtant les Français sont généralenu;nt plus nstruits que les autres; les Espagnols, au contraire, se iistinguent par leur inl'éiiorité; eu sorte que ces trois atégorios d'ouvriers évangéliciues représentent l'état de ivilisation de leur patrie respective.

L'évèquc de Pékin, Mgr de Gouvea, en envoyant a la eine D" Maria I un plan que S. M. F. lui avait demandé >our bien organiser les missions de Chine, lui disait: Les missionnaires doivent être mathématiciens, méde- : cins, chirurgiens, pharmaciens, horlogers, ingénieurs, ; machinistes ou peintres. N'importe laquelle de ces qualités leur ouvrira l'acilemenl les portes de Pékin. » Les chefs des sociétés qui s'occupent de la propagation le la foi devraient au moins obliger tout nouveau misionnaire à lire ce que leurs prédécesseurs ont écrit ;ur la Chine, et leur faire subir un examen sur ces natières. Ainsi les missionnaires arriveraient possédant lu moins quelque connaissance du champ dans lequel Is doivent travailler, ce qui, sous beaucoup de points de ii'ue, leur serait dune immense utilité.

Voici un fait a l'appui de cette idée. Comme j'étais à js'ing-po, en 184o, un missionnaire français, qui résidait ji Chuzan, vint loger chez moi. L'objet de son voyage à A'ing-po était de parler au gouverneur du district, au sujet d'affaires concernant sa mission. C était un homme intcln. 18

ili I.A r.llINE ET LES PUISSANCES CHUtTlENNKS.

ligent et extcllnil, mais qui no connaissait nullcuicnt 1;j r.liinc. A peine airi\è, il va diuilaii palais du ^'ouvorncuri roninic en Franco il aurait pu aller à la mairie, et il dii auxdomcsli(iucsdo l'annoncer, en leur remettant sa cartel . qui portait ces mots Danicourt loya (le seigneur Danii « couri . bes employés du ijouvrriieur vinrent aussitôt luj demander silélaitconsul oucommandantd'un vaisseaud'j guerre, ou enfin s'il était revêtu de quelque autre emploi^ i Le missionnaire répondit (ju'il n'était rien de tout celai mais bien prêtre de la religion chrétienne; sur quoi V\ i gouverneur refusa de le recevoir. M. Danicourt s en rcvinj fort irrité contre le gouverneur, et me raconta ce qui venait de lui arriver. Je lui fis remarquer qu'il ny avai| en cela rien de bien exti-aurdinaire, qu'en Chine on n{ : va pas voirime personne de quelque importance, et sur) • tout le gouverneur du pays, sans lui en donner avis quel) ques heures à l'avance, et que quand on veut cmployci les formes dune rigoureuse étiquette, lavis doit précédci d'un, de deux et même de trois jours; que quant à lu| avoir demandé s'il était consul ou commandant d un vai.'j seau de guerre récemment arrivé, cela provenait du titr) • de loi/a iSeigncur^, qu'il s'était lui-même donné, et fji n'appartient qu'aux véritables mandarins d'un rang asM élevé. M. Danicourt me répondit qu'en Chine on donii a tous les Européens le titre de loya. Je lui répliqu; qu'il était dans Terreur ; que j'entendais nommer tous ]( jours les principaux négociants européens, et que jainai on ne leur appliquait d'autre titre que celui de sien-n (monsieur); qu'on ne donne celui de loya qu'aux consul Ce missionnaire résidait a cette époque dans lîle de Cln zan, qui avait été occupée par les Anglais, et où les petii gamins, quand ils voyaient un Européen, couraient api ' pour lui demander de l'argent en criant : Loya! loya! ci même qu'en Italie les garçons de café et les décrottcui traitent tout le monde d'excelleiice. M. Danicourt, malgi mes remarques, écrivit au gouverneur pour se plaiadi

nrs MISSIONS ciirktiknnes f.n ciiini:. :,\:,

n'avoir pas ('lé rccn par lui, et il Iciininail sa Icllrc en ipclaiil iiwo M. do I,ai;r(?riéo riait ii Macan avec ifscacire noiliso, cl (Hi'il allait lui loiidn.' (H)iiiptt' d(^ tout a) qui lall ]iasso. Alors le i;()ii\i'iuoiir envoya un de ses ciiilyés eliargé de lui deuiaiidei' ce qu'il voulait cl de safaire a ses désirs, pour (]u'il s'en rcttuirnàl cunleiit ii nzan.

Uin qu'on pui>so avoir uiu; jusU; idée de l'elVet ijue l'ait produire sur l'esprit du i;ouverueur la prétention M. Danieoiirl au titre de loi/a, je vais entrer dans elques explications. Kn Chiuc, on ne eounaît d'autres •très que ceux qui desservent les temples de Tao et de uddha. Les indigènes appellent ces prêtres hochan, et Européens bo/izrs. On a pour ces temples très-peu de ipect, peut-être par suite des commandements de Kangque je cite au chapitre XV du présent ouvrage. Lorse les mandarins sont en voyage, ils logent dans les godes avec tous leurs domesliijues, et beaucoup de rticuliers en l'ont autant. J'ai moi-même une fois, avec utres Européens, logé plusieurs jours dans un de ces nples, et cela non pas dans des pièces séparées, mais ûs celle même où se trouvaient les idoles. Nous avions s lits à cijtè des autels, qui nous servaient de tables, et r lesquels, on nous déshabillant, nous déposions nonilement nos vêlements et nos chaussures, mais encore it ce que bon nous semblait. Quant aux bonzes, on les ite avec le dernier mépris. On peut voir dans le chapi- XIV les représentations faites par des censeurs, qui se lignaient de ce qu'en conséquence de la vente des em- )is, on en était venu à voir décorer du titre de mandais jusqu'à des bonzes et des voleurs de grands chemins. effet les bonzes, ainsi que les comédiens, sont exclus r les lois d'entrer jamais dans le corps des fonctionires publics. J'ajouterai un fait qui m'est arrivé : Je nieurais à Chang-ha'i, dans le centre de la ville, et tais Fouvent visité par des voisins et par d'autres

.110 LA CHINE i:t i.ks puissances chrétiennes.

Chinois qui. par ciii-iositéiSC taisaient présenter pour vol i ' de près des objets d'ICurope. Je recevais tout le iiiondi| avec bienveillance, désirant me créer des relations qui nie donnassent h; moyen d'arriver ii bien connaître ctl vaste port, entreprise nullenient facih'. Un jour il vini un bonze: je le priai de s'asseoir, et j'ordonnai qu'oil apportât le thé et la pipe; mes domesti(ines n'en tirent rien. Au bout de quelque temps, croyant qu'il! a\ aient oublié mon ordre, je le réitérai, en demandani encore le tlic et la pipe, mais ce fut en vain comme 1;| première fois. J'allais appeler de nouveau quand le bonz'i se leva et prit congé. Dès quil fut sorti, je dcmandaii assez mécontent, à mes domestiques, pourquoi ils avaieni tant tardé à apporter le thé. Alors mon maître de chinoisi qui remplissait en même temps les fonctions de maîtri d'hùtel, me dit que c'était lui qui" avait empêché de l'ap) porter; que les bonzes ne devaient pas prétendre ii mi faire visite, que je ne devais pas les recevoir, les fair) asseoir, et bien moins encore leur faire l'honneur du thé ei de la pipe. Or, comme il n'existe en Chine d'autres prétrci (|ue les bonzes, il n'y a pas d'autre moyen pour désignai un missionnaire que de l'appeler bonze chrétien.

On trouve en Chine un grand nombre de familles véri tablement chrétiennes, dont les ancêtres furent baptisi par les Ricci, les Sehall, les Verbiest. Quant aux mission naires actuels, je crois que tout ce à quoi ils peuven aspirer, c'est à conserver ce qui reste des travaux de anciens.

Ce qu'ils obtiennent, c'est de baptiser un grand nombr d'enfants, et voici comment : lorsqu'ils savent que qutl que enfant est en danger de mort, ils envoient dans 1 maison une femme chrétienne qui apporte une petite pro vision d'eau bénite. Elle demande aux parents la pernii' sion d'appliquer un remède au petit malade. Les parent^ convaincus que l'enfant va mourir, ne font pas de difii culte de la laisser essaver son remède. La feninix^ vers

DKS MISSIONS CURKTIENNFCS l-N CIIIM:. "Iï

!• lui l'oaii biMiik», et niiisi IViifanl est Imptisi' et son ic ost sauvée. l,os inissiounaircs recueilleul aussi et il élever beauroupde ces petites lillos que leurs parents andouuenl et vouent à la mort; telle est l'ori^'inc do la 'iété charitable diti; de la Sainte Enfance. Les diUicultés contre hisquelles les missionnaires ont ulter seraient fort grandes même pour des hommes is éminents. A ces diflicultés est venue s'en ajouter e qui n'est pas peu considérable. I^es sociétés biblies anglaises et américaines se sont mises à eiivoyer ^ missionnaires en Chine ; et, pendant les dernières nées, une centaine de ces apôtres s'étaient fixés sur . difîérents points de la côte, ayant chacun avec lui sa uille plus ou moins nombreuse. Si la différence de etrines entre les jésuites et les dominicains amena une grande perturbation dans l'œuvre de la propagation de foi et fut cause de sa ruine presque totale» il est aisé se faire une idée des résultats funestes que doit avoir lutte entre le principe catholique et le principe pro- :tant, entre le moine cénobite et le missionnaire anglin ayant femme et enfants. Quelle confusion ces difféiices ne doivent-elles pas jeter dans l'esprit hésitant s Chinois !

Sir J. Bowring, dans son livre sur le royaume de Siara, riant des missionnaires catholiques et protestants qui ■ trouvent, raconte que les indigènes lui disaient: « Ils : s'entendent pas entre eux. Quand ils seront d'accord rce que nous devons croire et faire, nous serons plus sposés a les écouter sérieusement. »

Dans ce moment il se forme un autre orage bien menant pour les missions apostoliques. Les rebelles qui pirent h renverser la dynastie Tsing, proclament Jé.susirist; mais il est évident que, dans le cas où ils vienaient à triompher, ils formeraient une nouvelle secte ssidente de Rome, et que s'ils se laissaient dominer par 'sprit d'intolérance qui caractérise trop souvent les

:,t8 l.\ f.HINl- ET LES PUISSANCES l'.HHliTIENNES.

socles flii'i'licnnes, le (•;illiolicisine siM-ail dfstinù ù 4 t(!rril)lt's dangers.

Los niissiormaires protestants no pouvaient, a\ aiit 186C pénétrer dans l'inléiieur du pays, parce qu'ils n'avaien pas eoninie les ratlioliques des coreligionnaires pour le cacher : ils ont demeuré jusqu'à présent dans les ports d la côte, où ils se sont occupés ii taire imprimer e Cliinois des grammaires, des dictionnaires et des cxtraH de la iJible (fracfs) ; en outre, ils y ont ontrclcnu de écoles et des hôpitaux.

A l'époque où je résidais a Ning-po, le missi/înnair américain D' Mac Cartec, un des hommes les plus agréa blés que j'aie connus, ouvrit dans cette ville un hopita' Pour cela il loua un grand local faisant partie d'un vaste pagode. Comme il soignait les malades gratuite mont, il commença a en venircliaquc jour par centaine! Mais il va sans dire que les médicaments nétaier qu'un appât pour attirer du monde et distribuer df cx(?-ails. Or, comme rexcellent D' Mac Cartee ne pouva a lui seul suffire à tout, il fut obligé de recourir ii l'obi; geance des bonzes bouddhistes de la pagode, lesquels! secondaient très-activement, veillant surtout a ce qu'ai cun Chinois ne se retirât sans sa Bible ou son iract. 1 fus plus d'une fois témoin de cette distribution de Bible faite avec beaucoup de gravité par des prêtres bouc dhistes, et je ne pus m'empècher de faire des réflexioï: que le lecteur comprendra aisément.

« Le révérend VV. Muirhead, de la société des missior naires de Londres, a Chang-haï. entreprit la préparât! d'un traité sur la géographie. Deux volumes furent p« bliés de 18b3 à 1854; le premier, sur la géographie poli tique et desciiptive ; le second, sur la géographie physiqe et mathématique ; tous deux étaient illustrés de cartes de planches et supérieurement imprimés par les presM

DES MISSIONS CHRETIENNES EN CHINE. 3t0

e la Mission do Londres, a\eo les ty|if'S iii(l;illic|iios do i. Dyer. »

« Le second volume, sur la fjôoi^rapliie pjiysitjuc, conent trois sections : la première traite de la géologie, do icomposilion des roeluîs avec leurs séries et leurs fosiles, des veines métnlii([ues, et donne un ajtereu tréiiéi-al e la science, le contour de la terre, les continents, les es, les montagnes, les vallées, les volcans, les tremldelents de terre, etc. Hydrographie : eau, sources, ri\ièi'es, les, océans, marées, courants, etc. 3Ir/éoroloijie : atmophère, vents, nuages, brouillards, pluie, neige, grésil, osée, température, climat, phénomènes électricjues et iiagnétiques. Lianih-e : nature do la lumière, de la cou- Bur, de l'arc-cn-ciel, du halo, des brouillards secs, des eux follets. Botanique : plantes, croissance, nourriture, lasses, âge des arbres, formes de la végétation, végétaion marine. ZooJofjie : arrangement, distribution des espèces, insectes, poissons, reptiles, oiseaux, mammières, etc. La seconde partie du volume ou Section mahémalique : forme sphériquc de la terre, grosseur de la erre, espaces, forces de l'univers, mouvements des plalètes. système solaire, jour et nuit, saisons, temps, zones ît climats, latitude et longitude, cartes, etc. La troisième îartic du volume ou Section historique expose la géogra )hie des anciens, celle du moyen âge et celle des temps iiodernes. La distribution de l'ouvrage ressemble beau- :?oup au plan de la Géographie jjhysique de madame Somerville, avec des additions tirées des ouvrages du révérend T. Milncret de M. Hugo Reid

« Ces volumes ont été répandus fort au loin, et l'on a l'ait des demandes de toutes parts et venant de gens de lout rang. Les mandarins ont fréquemment demandé qu'on leur en envoyât des exemplaires, et au Japon le livre est aussi bien connu ettrès-apprécié. Les marchands chinois venant de ce pays ont souvent été voirM.Muirhead. lui faisant connaître qu'ils avaient reçu des commissions

pai'liculi('i'('s do la pari dos aulorilôs japonaises pour ei rapporter a leur retour autant d exemplaires qu'ils pouïw raient s'en procurer.

« En 18ij(), M. Muirliead a é{ialeinont publié une traduction AcY Ilisloiro. iV .iugleterrc , parle révérend T. Mil< ner ,

« On y trouve, en appendice, un chapitre sur la con stitution et les ressources de l'empire britannique, extrait (le Vlnsfruclloii. pour le peuple^ de Chambers

a 1/ouvrage a obtenu une circulation considérable, et de même que le Trailé de géographie, il a été avidement recherché et porté dans les différentes parties de l'empire.

« Des revues chinoises ont été publiées a diverses époques ; une à Hong-kong, éditée par le Rév. docteur Leggo et par MM. W. II. Medhurst jeune, et Charles Millier; et une autre "a Chang-hai, par M. A. Wylie. Ces publications ont été utiles pour instruire les Chinois sur différent(^ branches de connaissances et sur les questions politiques, bien que celles-ci ne touchassent en rien aux affaires de leur gouvernement. Ces livres se publiaient périodiquement, et ils étaient très-recherchés et achetés par le peuple.

« En t8o4, M. Alexandre Wylie, surveillant de l'imprimerie de la Mission de Londres, a publié un petit précis d'arithmétique

« L'aptitude des Chinois à traiter des vérités mathému tiques est évidente d'après le nombre des ouvrages publiés sur ce sujet par des auteurs indigènes. Ces ouvrages pl;icent tout de suite dans une position très-favorable lét ranger qui désire s'assurer de l'état actuel de la scieiue en Chine, iltrouve làtoute prêle sous sa main unenomeiiclature technique bien comprise, dont l'absence dans quelques autres branches des connaissances n'a pas laissé que d'être un obstacle sérieux pour ceux qui ont

DES MISSIONS CHRÉTIENNES EN CHINE. 5il

nuliaitc donner une place à ces connaissances dan>< la

lltcrature de leur pays

les diverses rèy;les élénieiilaires de ces livres onl été liiptccs dans l'ouvrage de M. Wvlie, de manière il prcaiir relève a rétude dos brandies supérieures de la

i( lice européenne

■ i'.n is.'i", M. Wylie a encore publié une traduction l.iiilide, depuis le septième jusqu'au quinzième livre. 1^ six premiers livres avaient été donnés, en l'année 'i'~<. par Mat. Ricci, qui avait été aidé par un indi{,'éne uiMrti par lui, Scu-kouong-ke (appelé Paul Seu ouïe

.•IV Paur. "

(' li\re a obtenu une plus grande célébrité qu'aucun

uti'e publié par les Européens en Chine

ept éditions ont été imprimées, sans compter un grand ombre d'exemplaires copiés à la main par ceux qui ne ouvaient se procurer le livre ou qui n'avaient pas les

loyens de l'acheter

« La traduction actuelle des neuf derniers livres d'Eulide a été entreprise d'après le désir ardent d'un lettré ndigène, Li-shen-lan, qui a aidé matériellement à ladite raduction, et qui a disposé l'ouvrage sous sa présente orme. Ses capacités éminentes pour une telle tâche fu-

ent un encouragement a poursuivre l'œuvre

« Le premier brouillon était à peine plus d'à moitié erminé, quand Ilang-ying-pi, kou-jin (maître es arts) de iung-Kiang, demanda la permission de publier l'ouvrage . ses frais. En conséquence le manuscrit terminé lui fut onfié, et il le lit imprimer avec grand soin (*,

C) Ces assertions ne s'accordent pas avec les lignes suivantes 'une lettre de M. d'Escayrac de Lauture : «Les Chinois sont loin "élre mathémaliciens; leur esprit parait même se refuser à saiir les abstractions d'un ordre un peu élevé, et l'on peut dire que algèbre est de toutes les sciences celle qu'ils peuvent le moins nlendre. •

ôii i.\ CHINE F/r i.Ks i'LissANCi:s ciiri:tii;n.m;s.

« Cet oiivriiî^c lui suivi, (Ml I8f)9, de la Iradiirlion pai M. W'yliiMlo la « Goomélrif al^rltriquc ou analyli(iue, c ilu calcul (lillcrcutiol et intc-^ral dcLooinis. »

« La pi'ompliludo avec laquelle les Chinois onladopl( les éléments de géométrie d'Kuclido, le calcul par logaritlinies et d'autres nouveautés d'iiiipoi'lalion européenii' ne srairait être oultliée. l'n espiil de reclierehc serépan parmi les Chinois, et une classe; considérable d'étudiants reçoit avec avidité rinslruction sur des sujets scicnti liquesvenant do l'Occident. De simples essais superticicl^ et des résumés populaires sont loin de suflirc 'a de teh Indigènes désireux d'apprendre. . . .•

« Le livre [Géométrie de Loomis) est un beau spécimen d'impression a la manière chinoise, avec des blocs de bois; les ligures et les illustrations sont d'un genre excellent.

« LeRév. A. Williamson, de la société des Missionnaires de Londres, a publié, en 18o8, un excellent petit traité sur les Eléments de botanique, qui explique la structure, la physiologie, les habitudes et le caractère général dos plantes, leur mode de floraison, la production de la graine, et aussi le système de classification du règne végétal. Le livre est admirablement illustré, et, quoique concis, fournit un enseignement précieux; il sera trèsutile pour initier les Chinois à la connaissance de celle science. Les Japonais, a ce qu'il paraît, ayant reçu des exemplaires de cet ouvrage et des autres ci-dessus nommées, les ont traduits dans la langue du Japon, et les ont publiés comme étant leurs propres productions.

« De 18o9 à 18G0, les Élèmenti; d'astronomie de sir John llerschel ont été publiés en chinois par M. Wylie, en une série de volumes admirablement imprimé» et ornés de figures

« En 1849, le docteur Hobson écrivit un traité abrégé de la science astronomique, auquel il a été déj'a fait allusion.

DLS MISSIONS ciini;Tii:.N.M:s i.n chink. .'.2:.

<• Lcl ouvrage, (lui est une Irudurliuii de rtclilion aug lonlcc {\cs E '.quisàCi d'astroiioiiiic dllersclM'l, esl l"cxpn>é ; plus cmiiplcl de; ccMle scioiicc, au poiiil où ell»; est au- )ardlmi en Europe, qui ait été jusqu ici prcsonlé aux binois (' ;. »

Le missionnaire dos litals-l'nis, le rcvcrciid M. Macowan, a publié aussi, il Kingpo, une série de brochures n langue cliinoise sur dos sujets sciciitifiquos.

Je pense que les )uissioiinaires, tant catlioli<(ues que rotestants, auraient lait un grand bien et gagné beauonp plus de terrain, s'ils se fussent toujours occupés de ublier en chinois des livres illustrés, présentant un xposé de 1 histoire ancienne et moderne, de la géograhie, delà statistique, de la constitution, des usages de? euples chrétiens, enfin de nos sciences et de notre civiisation.

Un journal en langue chinoise, qui, outre les nouvelles trangéres, donnerait les nouvelles du pays et tout ce ;ui serait de nature 'a intéresser les habitants de Temlire, produirait probabloiuent d'excellents résultats, .'autant plus que la langue écrite étant la même dans outes les provinces, le nombre des abonnés pourrait tre immense.

Les missionnaires catholiques onirotienncnt depuis ongtemps dans lintéricur de la Chine des séminaires m 1 on élève des jeunes gens indigènes. Mais, dans ;es écoles, quelles connaissances les élèves acquié- *ent-ils qui puissent leur être utiles pour devenir des lomnies instruits et pour avancer la civilisation painii ours concitoyens ? Le lecteur aura de la peine à le îroire : ce que ces pauvres Chinois apprennent à force Tannées, c'est.... le latin! L'Europe n'a donc rien

{*j The médical miisionaii} in China, pur .M. Lok'.rt.

321 I.A CHINE ET LES l'IlSSANf-ES CHIAETIENNES.

do mieux acnscigiuM' a hi Chine ! Kn vérité, c'est piloyu blo. Kncorc si nos livres sacrés avaient élcorigiuaireinon écrits on latin, il y aurait une raison; mais puisqu'ils li furent on hébreu et en grec, cl que la Vuhjair n'est p.T autre chose qu'une traduction, d'où a pu venir l'idée d bctir les Chinois, déjii si ignorants, par l'étude du latin Si l'on veut qu ils apprennent une langue, ne vaudrail-i pas mieux choisir le français, qui serait pour eux plu facile et leur ouvrirait la porte de toutes les sciences di l'Europe?

Car il y aura une immense diflîcullc à enseigner ci Chine nos sciences dans la langue du pays. On sera l'on > pour cela, ou bien d'inventer, pour les nomenclature des milliers de caractères que personne ne comprcmli. ou bien d'introduire l'élément purement phonétique, i alors on pourrait adopter la nomenclature latine, peut être même la française.

Ce second moyen est le plus aisé, .l'ai appris à un Chi nois notre alphabet : il le sut parfaitement en doux oi trois jours; je lui écrivais avec nos lettres des mots ( des phrases de sa langue qu'il lisait et comprenait a lin stant. Cela l'intéressait beaucoup, et il était dans l'admira tion en voyant combien notre système d'écriture esl in génicux et facile. Toutefois nos lettres ne sont pas facilo à intercaler parmi les caractères chinois; il faudrait cr adopter d'autres qui se lussent comme le chinois verti calemcnt, de haut en bas. L'alphabet tarlare-mandchon avec quelques compléments, serait celui qui conviendrai le mieux.

;*) Voyez la note A, a la fin de ce volume.

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