SYSTÈME ADMINISTRATIF DE LA CHINE
Do cette manière, le fonctionnaire pnhlic, possédant le riple prestige de la science (de celle que l'on connaît en jhine), de la richesse et du cominanihMiiciif, c(»inplétencnt isolé de la population (]ui obéit, a rarcincut besoin le recourir à la force pour exercer son autorité.
Pour donner d'un seul trait une idée de ce qu'elle peut, (• vais raconter un fait dont je puis preS(iue garantir exactitude :
Vers l'année 1843, un navire portugais lit naufrage sur a côte de l'île de Hai-nan; il y avait dans ce navire trois Kuropéens, quelques Américains du Sud, un Chinois et '.ies naturels de Macao. On les transporta sur le continent, L>t là, comme dans la capitale de l'île, on leur refusa la nourriture jusqu'à ce qu'ils se fussent mis à genoux. devant les mandarins. On les envoya par terre à Canton, Ils employèrent dans ce voyage quarante-cinq jours, traversant un pays que n'avait vu aucune des ambassades qui étaient allées à Pékin. Un jour ils rencontrèrent sur la grande route un homme vêtu de rouge qui marchait seul d'un air triste. Son costume excita leur attention, et, à la première ville où ils firent halte, ils demandèrent de quel paysil venait. On leur dit que c'était un condamné à mort, et qu'il se rendait, pour y avoir la tète tranchée, dans la localité où il avait commis ses crimes. Les naufragés répondirent qu'il ne pouvait en être ainsi de l'individu objet de leur question, puisqu'il marchait seul et les mains et les piedslibres.il ne voyageait pas seul, dirent les Chinois, mais il devait être accompagné d'un soldat. Alors les naufragés se rappelèrent qu'en effet, à un mille à peu près de l'homme vêtu de rouge, ils avaient rencontré un soldat qui probablement était resté en arrière, retenu par quelque nécessité. Le criminel savait bien que, par le seul fait de porter le costume que dans ce pays on met aux condamnés, il ne trouverait d'asile nulle part, et que tout essai d'évasion était complètement inutile; par conséquent il suivait seul le grand chemin pour aller se faire trancher
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kl li'li". Ce fait inc fut aflirmé par un capitaine marchand nommé Cucullo, homme sérieux et d'esprit exact. 11 faisait partie des naufragés.
Dans un empire aussi vaste (luc la (liiinc, la premiùpe nécessité est l'ordre, et le gouvernement de Pékin nonseulement donne a ses agents toute la force morale possible, mais encore il fait en sorte qu'ils aient aussi un intérêt personnel au maintien delà traniiuillité publique. Dans ce but, on observe la règle suivante : Lorsque sur un point quelconque vient a éclater un mouvement populaire, le chef qui y commande doit pour toujours renoncer à sa carrière. Dans ces circonstances, le gouvernement suprême raisonne ainsi : Le peuple est naturellement paisible, et il ne se soulève pas sans de graves motifs. Ce gouverneur doit avoir commis des extorsions, des injustices, qui auront exaspéré ses administrés, et quelle que soit d'ailleurs la cause de leur mécontentement, le gouverneur devait savoir ce qui se préparait et devait l'éviter. En tout cas, cet homme n'est pas bon pour le commandement.
Quand j'étais a Ning-pô, il survint des troubles dans une localité du département, à cause des extorsions commises par les employés du monopole du sel ; deux gardes y perdirent la vie. Le gouverneur du département parvint à arranger l'affaire a lamiable, sans arrêter ni punir personne. Comme j'en exprimais mon étonnement à quelques habitants du pays, ils médirent: « Monsieur, s'il est forcé de faire un rapport a ses supérieurs, il est perdu. — Comment cela peut-il être, leur dis-je, puisqu'il n'est pas coupable de ce que faisaient les employés de la régie dans cette localité? — Sans doute, me répondirent-ils, mais le fait s'est passé dans les limites de son gouvernement, et si la nouvelle en arrive à Pékin il est perdu à jamais. Pour le moment, il calme tout bonnement les choses, mais le jour viendra où il trouvera l'occasion de punir ceux qui ont tué les deux gardes. »
SYSTK.MK ADMIMSTHATir DK I.A CIIIM:. ".0
1.1 »[u'on ne croie pas (iiic les ynuv('iii('iii'.-i soionl iiidù- |M iidaiits dans loiirs actes; au contraire, ils on doivent
jun compte niimilioux (jui se transmet ii Pékin même.
■Dans aucun pays du momie il n'y a de centralisation aussi ( \agérée qu'en Chine : c'(;st une consé(iuence forcée de la nécessité de maintenir l'ordre (*). Je rapporterai, pour plus de précision, un fait dont j'ai été ténu)in, et qui arriva sous le même gouverneur de >iny-po dont je viens
:de parler.
De 181-2 ix 1843, il y eut ciualre navires caboteurs du Ja-
ipon qui, entraînés ]iar U's vents alizés, furent jetés sur la
îcôte sud de l'Américiuc. Leurs é(iuipages se rendirent, a mesure qu'ils le purent, a Manille ou en Chine, afin de passer a Chapu, port destiné aux Japonais pour le com-
jmerce. M. Thom, consul anglais a Ning-po, avait pour
I intendant l'un des premiers arrivés de ces marins japo-
' nais. Vers la fin de 1844, deux d'entre eux vinrent a Ningpo, se présentèrent au gouverneur, lui disant qu'ils désiraient être renvoyés dans leur patrie; celui-ci leur
1 ordonna d'attendre l'époque où il y aurait les moyens de
le faire. Ces gens, ayant appris qu'un de leurs compatriotes
était intendant dans la maison du consul, s'y rendirent et
y demeurèrent jusqu'à ce que le gouverneur les fît ap-
] peler pour les envoyer a Chapu. L'un d'eux avait déjii
' changé d'avis et dit qu'il ne voulait pas partir, préférant
(') Il y a bien dans les villages, en Chine, certaines autorités municipales élues par les chefs de famille, mais on ne saurait voir dans cette institution une émancipation du gouvernement central, ce sont, pour leTchi-hien (gouverneur) du district, des moyens de distribuer les impôts et de faire la police. Ue telles municipalités ont toujours existé en Turquie, en Espagne, aux époques du plus fort despotisme, et elles existent aujourd'hui à Cuba et aux lies Philippines. Dans ce dernier pays le système des municipalités ressemble assez au système chinois, avec cette différence que dans la colonie espagnole les élections sont annuelles.
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rester avec M. Thom. Le gouverneur alla voir exprès le consul et lui lit connaître qu'il avait transmis au vice-roi la (leiuande du marin japonais, que le vice-roi l'avait transmise à Pékin, d'uù ('lait venu l'ordre d'envoyer ce marin dans sa pairie par Cliapu; (jue maintenant c'était un ordre de l'empereur et qu'on ne pouvait se dispenser de l'exécuter. M. Thom eut avec lui une longue altercation, et finit par lui dire que cet homme était sous la protection du pavillon biilanni(iu<!, (ju'il ne le livrerait pas, et qu'il en inforniTit le vice-roi. Le hasard fît que, peu de jours après, un navire anglais ^rriva de Ilong-kong. Il amenait quatre Japonais de plus, portant de vieux habits européens et parlant espagnol; tous désiraient retourner dans leur patrie. Alors M. Thom se rendit chez le gouverneur et lui dit : « J'ai arrangé l'affaire du Japonais. — Comment cela? — Vous vouliez un Japonais, je vais vous en envoyer quatre. — Je ne comprends pas. — 11 vient d'arriver un navire qui m'a apporté quatre Japonais, et l'un d'eux peut remplacer Lâburo. — Cela ne nous tire pas de ditficulté, parce qu'il faudrait qu'à la place de Lâburo j'en misse un autre qui s'appelât, par exemple, Lebeski, ce qui serait tromper l'empereur. Lâburo est Lâburo, et Lebeski est Lebeski. » Alors M, Thom lui répondit qu'il fît comme il voudrait, mais qu'il ne livrerait pas cet homme (*).
(,*) Des écrivains ont soupçonné que de nombreuses migrations du Japon avaient peuplé, à des époques reculées, l'Amérique du Sud. Cette opinion est corroborée par le fait de ces quatre navires entraînés dans un si court espace de temps par les moussons vers les côtes de cette région-là. Je citerai à ce propos une circonstance curieuse. L'usage du tabac, ainsi que le mot tabaco, nous est venu
de l'Amérique. Eh bien, tabaco ç^ /l 7/|t était le nom
qu'on employait anciennement en Chine pour exprimer l'idée da tabac. On le trouve écrit ainsi dans un livre qui existe depuis plus
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On sait rcpondaiit quo dans les afl'aires qui concernent iis Européens ils ont souvent déguisé la vérité, et ils y étaient du reste forcés par le caractère orgueilleux du gouvernement de Pékin, En 1850, un coninuxlore an- |glais, allant a la recherche d'une escadie de ])irales, invita un Commodore chinois a l'aecomijagner ; ce que lit [celui-ci avec quatre ou cin(i misérables jonques. On li'ouva les pirates, ils furent promptement détruits par les steamers anglais. Le commodore chinois, qui n'avait rien fait, annonça à ses supérieurs la grande victoire remportée par sa division; le commodore anglais ne fut pas même remercié ofliciellement. Un indigène intelligent à qui je parlais de ce fait me dit : « N'en soyez pas surpris; s'il eût fait un rapport exact en racontant avec franchise et simplicité ce qui était arrivé, il eût été dégradé. »
Mais revenons a notre sujet. Je répèle que tout conspirepour que le mandarin exerce sur le peuple une force physique et morale dont on n'a point d'idée en Europe. Il est presque à lahri de toute poursuite, même dans ses injustices, parce que hors de Pékin il n'y a pas, comme chez nous, de tribunaux composés de différentes personnes. Contre la sentence d'un homme on fait appel à un autre homme, à moins de recourir à la cour ; et les mandarins ont organisé un système de présents, d'inférieur à supérieur, particulièrement pour le premier jour de l'an. C'est
de mille ans, et le passage où se trouve le mot tabaco a été copié |dans ua recueil de morceaux littéraires, dont le titre est -4-* ^p
Dans la Tartarie mongole, aujourd'hui, il n'y a pas d'autre manière de nommer le tabac. Je n ai pas eu l'occasion de vériOers'il en est de même au Japon, comme je le crois. De nos jours les Chinois appellent le tabac fumée.
:,;=> I.A r.IlINi: I-T LES PUISSAN'CES CIIRI'TIENNES.
un ck's plus longs chapitres ilu budget des dépenses des petits mandarins et du Inulgct des recettes des grands, La corruption des juges paraît y être trcs-fréqucnle.
D'après tout ce que je viens d'indiquer sommairement, je pense que l'on me croira, quand j'assurerai que les sentiments d'inimitié et de mépris que le peuple de Canton a toujours manifestés a l'égard des Anglais et des Européens en général, proviennent seulement (comme je l'ai dit plusieurs fois) de la politique des mandarins qui lui inspirent ces idées. Ils soupçonnent toujours que nous cachons le projet de continuer les conquêtes que nous avons déjà faites dans l'Inde, dans les détroits de Malacca, a Java, dans les îles Philippines, Mariannes, à Macao et à Ilong-kong. Ils sont ctTrayés par la perspective de voir les Européens entrer, ne fût-ce que pour leur commerce, dans la Chine, et la parcourir librement sans manifester pour les autorités locales cette vénération qu'ils regardent comme indispensable pour gouverner.
Quant a la race chinoise elle-même, il est incontestable qu'elle n'éprouve aucune antipathie envers les Européens (*). Les habitants de la côte du Nord, malgré la guerre de 1840, qui leur fit tant de mal, ne montrent aucune mauvaise volonté, soit dans les villes, soit dans le-; environs, quand on y fait quelque partie de chasse ou de plaisir. Moi-même je suis allé, accompagné de mes domestiques, en quelques endroits jusqu'à trente ou quarante milles dans lintérieur, vêtus de notre costume européen. Je me suis arrêté pour causer avec différentes personnes dans la campagne ou avec des passants quelquefois, sans que personne sût qui j'étais, et je n'ai jamais reconnu le moindre signe de mauvaise volonté. A Canton, le peuple de
(') Tout ce chapitre tel qu'il est maintenant fut publié en ISjT dans aion livre L'Angleterre, la Chine et l'Inde. Les faits survenus depuis lors prouvent que je n'étais pas dans l'erreur.
SVSTKME ADMIMSTllATir Dl, l..\ CIIlMi. :.;:,
Ions les ih'gri's ii";i iiiiir (|iil' îles ;iv;iiil;if,M's tic son coiiiincrce avec los Kuroprcns, siiiloiil jnsiiii'ii la içiici're de ! s 1(1, cl ]tar cons(''(iupnl celle liuslililc serait inconce- \alilc, si ou ne roxpliciiiai! j'ai- la |)(jlili(|iic des mandarins ol par la facililo qu'ils (uil de faire ([uc \e peuple n'agisse cl ne rcsj)irc que d'après leurs inspirations. 11 est enlicroincnt faux que le peuple de Canton s'oppose par liii-niènie il l'entrée des Européens. Si les mandarins n'eussent point travaillé ii inspirer cette hostilité, elle n'existerait i>oinl, et aujourd'hui nuMue, s'ils le voulaient, I 1I(> disparaîtrait bientôt eoniplétenient. Les mandarins, apiés avoir toléré ou provoqué les manifestations hostiles de la populace et les placards furibonds dont on ignore roriginc, ont adressé des con)munieations aux représentants européens, déclarant publi(}uenient qu'il ne leur était pas possible d'observer le traité de Nankin, rehilivement à l'entrée a Canton, parce que le peuple s'y l'pposait, et qu'ils ne pouvaient le dominer. Jamais un mandarin chinois ne dirait cela sérieusement sans se rei;aider comme dégradé et perdu. C'est comme si chez nous un directeur général des douanes avouait publiquement qu'il est incapable de remplir la place qui lui est confiée et qu'il ignore même les premières règles de l'arithmétique. Pour moi, le seul fait d'un tel aveu en prouve la fausseté; ce qui m'étonne, c'est que des personnes qui ont approché des Chinois, et qui pourraient les connaître, croient qu'ils sont sincères en disant cela. Ce n'est pas seulement la logique qui me fait parler ainsi, mais des faits et des actes qui ne laissent aucun doute.
Los vice-rois de Canton n'ont jamais voulu recevoir les représentants de l'Angleterre dans leur palais, bien qu'il se trouve très-près des portes de la ville, et qu'ils puissent conduire avec eux une bonne escorte de troupes et de soldats de marine, qui, joints a la garnison chinoise, formeraient une force si imposante qu'il est ridicule .et absurde de croire que le peuple désarmé de Canton songeât même à s'opposer a l'entrevue.
I,e consul j;6néial à Canton, le docteur Bowring, ne put jamais obleuir du vice-roi (ju'il le recul dans une maison de campagne où d'autres Européens, et i)armi eux le consul français, comte de Ratli-Menton, avaient été reçus. 11 est clair que dans celte circonstance ce n'était pas le peuple de Canton qui s'opposait a l'entrevue.
En 1849, les Anglais semblaient se disposer a exiger l'exécution de l'article du traité de Nankin et celle d'une convention particulière qui les autorisait à entrer dans Canton.
A cette occasion on organisa et on arma dans cette ville une espèce de milice ou garde nationale dont le nombre monta, disait-on, à 90,000 hommes. Je demande si un tel l'ait aurait pu avoir lieu sans le consentement des autorités.
Mais ce que je vais raconter est plus concluant encore. Je suis allé deux fois en Chine: la première, surtout, avec l'intention de visiter les nouveaux ports ouverts au commerce extérieur et d'en informer mon gouvernement; toutefois je n'étais pas convenablement pourvu ])our me présenter aux autorités, et je voyageais comme simple particulier. J'arrivai a Chang-hai en 1844, et la première difficulté qui me survint fut celle de trouver une maison à louer. Il n'y avait alors que cinq ou six Européens, pauvrement et étroitement logés dans un faubourg de la ville. Pour chaque Européen nouvellement arrivé, c'était une grande affaire que de trouver une maison : en général il était obligé d'avoir recours au consul anglais, qui alors faisait des démarches auprès du gouvernement, lequel avait l'air de forcer quelque propriétaire à louer sa maison, en tout ou en partic, bien qu'on la lui payât pourtant huit ou dix fois plus qu'elle ne valait. C'est par ce même moyen que le consul s'était procuré celle qu'il occupait. Pour apprendre la langue du pays, j'avais avec moi un Chinois de Nankin,
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nomme trcs-aclif ctfort adroit. Il so fil bientôt dos amis dans la ville, cl me vint dire qu'il avait Iroiivù une maison Irès-giandc cl à Irt'vs-bon marché; j'allai la voir, elle nie parut l'orl convenahlc. Cependant, prévoyant que je l>iHii'rais avoir dos dinioullés avec les mandarins (que je .ne voulais pas voir), je fis part au consul anglais, major |g. Balfour, de loccasion qui s'olVrait à niui de louer une maison dans rinlorienr de la ville, cl je lui demandai si je pourrais avoir rccoursàlui dans le cas où Icsaulorilés \ icndraionl à me molester. 11 me répondit que c'était une question qui intéressait également tons les Européens, puisque nous avions tous le droit d'habiter dans l'intéricurde la ville, et que, si je parvenais à y pénétrer, il viendrait a mon aide dans le cas où on voudrait me trar;is>or.
Ce point assuré, je payai au propriétaire de la maison trois mois d'avance ; je pris son reçu, fis venir un nombre suffisant de portefaix pour mes bagages et ceux de mes domestiques, cl nous nous transporlàmos d'un seul coup à ma nouvelle demeure. Le lendemain matin je vis arriver tout tremblant le vieux propriétaire de la maison, qui me dit que le mandarin le faisait appeler, que ce magistrat était fort irrité parce qu'il m'avait loué sa maison, qu'il n'osait se présenter Ini-inémo et qu'il nie suppliait d'y aller, car par ce moyen tout s'arrangerait. .le m'y refusai tout (■oart,quoiqu il revînt deux ou trois fois a la charge et qu'il ni envoyât d'autres personnes pour me persuader. 11 me dit qu'ayant passé quoique temps a la campagne, il ignorait qu'un bruit avait couru dans la ville se rapportant a lopposition que faisaient les autorités a ce que les Chinois louassent des maisons aux Européens : il était presque sûr qu'on allait l'arrêter. Je lui répondis que puisque 1 autorité l'avait appelé il devait se présenter, et que si on laii-ctaitje forais alors les démarches pour le tirer d'embarras. Il va sans dire qu'il m'offrit de me rendre l'argent et même de m'indemnisor, si je voulais vider le local.
:>ir, LA CIIINC ET LKS PUISSANCliS CIIIU^TIKNNKS.
Tour abivgcr, je dinii que le gouverneur alla trouver le consul anglais, et lui dit qu'un Anglais appelé Mas avait un logement dans la ville et (juil fallait que lui, consul, l'en l'îl sortir. Aussitôt le consul lui répondit que la seule nianireslalioii d une telle prétention l'étonnait, car il devait savoir que, d'après le traité, tous les Anglais avaient le droit de denu'urer dans la ville. « Mais ce monsieur, répliqua le gouverneur, n'est pas Anglais, je crois. — C'est autre chose, dit le major Balfour; en cfl'el, il n'est pas Anglais, mais Espagnol. — Dans ce cas, répliqua le gouverneur, je le chasserai moi-même. « Puis le dialogue continua à peu prés de la manière suivante: «Vous n'en ferez rien, parce qu'alors ce sera à moi de le défendre, et vous n'aurez pas affaire avec lui, mais avec moi. — Com- ' ment cela?... Puisqu'il n'est pas Anglais, que vous importe ? — Parce qu'il s'agit d'un point qui intéresse les Anglais, connne tous les autres Européens. — Mais vous autres Anglais, vous avez été en guerre avec lesEspagnols. — Nous avons eu des guerres contre toutes les nations du monde, mais cela n'a aucun rapport avec l'affaire qui nous occupe. — Voulez-vous me faire le plaisir de me dire, en qualité d'ami, quel est cet Espagnol, s'il est négociant, ou dans quel but il est venu ? — Ce n'est pas un négociant, mais un agent de son gouvernement, qui lu chargé de lui fournir des informations sur le commerce et les autres particularités de ce port, ainsi que des autres récemment ouverts au commerce étranger. — Doit-il rester ici longtemps? — Je crois que deux ou trois mois lui suffiront, et qu'ensuite il partira; il me l'a dit du moins. » En définitive le gouverneur se résigna a me laisser dans l'intérieur de la ville, et il est clair qu'on signifia au maître de la maison de ne pas retomber dans de pareilles fautes.
Après quelques semaines, quand je pus m'exprimcr un peu en langue chinoise, je nouai des relations avec différents habitants et d'autres personnes recommandables»
SYSTKMK AD.MlMSThATIF DE LA CHINE. :>'.:
I romnie je n'étais ni négociant ni Anglais, on nie Irai-
A\[ avec considération et avec un certain degré de fran-
hisoet d'aiiiilié. Quelques-uns d'enirc eux me dirent: