‹ La Chine et les puissances chrétiennesChapitre 24 sur 71 · JEUX · texte numérisé non relu

JEUX

Ils ont des cartes de la hauteur k peu près des nôtres, mais elles sont quatre fois moins larges. Il y en a de deux genres ; on ne peut pas jouer les mêmes jeux avec ces deux sortes de cartes, qui sont pourtant pareilles quant à leur hauteur et largeur. '

Chacune de ces deux espèces de cartes est beaucoup plus compliquée que les nôtres, et le nombre de cartes en est plus grand.

Ils ont aussi le domino, mais bien moins simple que | Teuropéen : d'abord il a trente-six pièces et quelques-unes portent des points noirs, d'autres des points rouges, et d'autres des points noirs et des points rouges. Avec les pièces du domino ils jouent un grand nombre de jeux , diflérents, de la même manière que nous jouons avec les cartes le whist, l'écarté, etc., etc. J'appris celui qui est le plus en usage au Sud : il me fallut prendre plusieurs leçons avant de saisir et retenir par cœur la marche i du jeu. Ces indigènes rient de notre manière de jouer le domino qui consiste a ajuster 4 avec 4, 2 avec 2, etc*; ils disent que cela est bon pour les enfants.

Us ont les échecs^ qui difièrent également des nôtres; les dames, la balançoire, la toupie, le petit palet, la boule, les quilles, l'escarpolette, le sabot, qu'on fouette avec des lanières; une espèce de jeu de l'oie et aussi une sorte de volant : c'est un ballon creux de la grosseur d'une tète humaine, fait de bandes de bambou cintré. Plusieurs jeunes personnes se placent en cercle et puis se jettent le ballon les unes aux autres avec la pointe du pied* Les femmes, malgré leurs petits pieds, jouent tout aussi bien que les garçons. ^ .

On lance en l'air des cerfe-volants de toutes formes et

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dimeBsions. Quelques-ans sont peints et représentent

un dragon, un bateau, un mandarin et toutes sortes d'objets. Ce sont plutôt les hommes que les eolants qui s'amusent à ce divertissement.

Ils sont très-adonnës aux jeux de hasard et en ont de plusieurs genres. Dans la pelite ville de Macao, qui compte à peine 20,000 habitants, le gouverneur portugais vend à l'enchère publique le droit de tenir maison de jeu, et il eu a tiré jusqu'à 400,000 fr. par an.

lAlT.

Dans les provinces du Nord, près de la Tartarie, on

mange des petits fromages ; mais dans toutes celles du littoral on a de l'horreur pour les laitages , ou pour mieux dire ils y sont inconnus. On croit que le lait est du sang blanc.

Cependant il y a bien des boutiques où Ton vend du lait ; mais c'est du lait de femme à Tusage des poupons et des vieillards.

11 est arrivé pariois que des Européens ont exigé de leurs domestiques qu'ils servissent du lait pour leur thè ou café, ne voulant pas croire qu'il fftt impossible d'en trouver. Les domestiques, pour se tirer d'embarras, ont apporté du lait de femme ou de truie.

A Canton, a Macao et ailleurs» où des colonies d'Euro^ péens se sont formées, on est parvenu a créer le commerce du lait, et il y a des familles indigènes qui tiennent des vaches k cet effet Souvent les Européens eux-mêmes nourrissent une vache a la maison.

Un de mes amis, à Macao, avait une vache chez lui pour les besoins de sa famille. Le domestique indigène^

iO LA CUINë et les puissances CllRÉTlENm.

qui en prenait soin, volait tous les jours une partie du lait pour le vendre a d'autres Européens. Son maître le saisit im jour en flagrant délit, et pour le punir il prit une cravache et le força d'araler le lait qu*il avait soustrait. C'était le plus grand châtiment qu'il pût lui infliger. Ce fait prouve l'horreur de ces Asiatiques pour le lait et les laitages.

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