LAQUE^ VERNIS
On fait des incisions à im arbre appelé tsi {Rhiis vernix), et Ton y applique des réceptacles oii l'on recueille une huile grasse qui en découle. On hroie du noir de fumée , du vermillon ou toute autre couleur avec cette huile, a laquelle on fait subir préalablement une préparation, et Ton peint le meuble; quand la laque est sèche, on le polit avec une pierre ponce, et Ton donne une autre couche de couleur; puis on ponce de nouveau. Plus cette opération est répétée, plus la laque devient polie et belle.
Les émanations de ce vernis sont caustiques et causent de terribles enflures a la figure et aux mains, jusqu'à ce qu'on y soit habitué.
Quand j'habitais cet empire, je me procurai quelques jeunes pieds deTarbre^^i dont les feuilles commençaient à pousser ; je les ûs mettre dans une serre, ét les en- - voyai au gouvernement en Espagne. Gomme je m'occupais moi-même de cette opération pour qu'elle fût bien exécutée, j'eus lieu de constater par ma propre expérience les effets de ce poison. Mes mains et ma figure s'enflèrent avec une douloureuse cuisson; mes yeux restèrent presque couverts sous 1 enflure de la chair envi-
DES MOEURS ET USAGES DE LA CHINE. il
Tonnante ; on eût dit que je souffrais d'un énorme irysi-
pèle. On me fit faire des lotions, et au bout de cinq jours j'étais guéri. •
Il y a une autre buile très-brillante et siccatiye qui est d*un grand usage dans le pays. Elle vient d'un arbre qui
- produit un fruil sphérique de la grosseur d'une petite pomme. Dans ce fruit se trouvent quatre amandes un peu plus grandes que les nôtres. Ce sont ces amandes qui, mises dans une presse, produisent l'huile indigène appelée toung-yeou. On s'en sert ordinairement pour peindre les portes des maisons, les planchers, les escaliers, lesna^ vires et toute espèce de meubles, à peu près comme on se sert, en Europe, de Tlmile de Un siccative. Souvent on la mêle avec de l'buile de lin.
Le Père Incarville a donné Texplication de quinze différents vernis connus dans cet empire.
HARIAGES, CONCUBINAGES, ADULTÈRES^