‹ La Chine et les puissances chrétiennesChapitre 28 sur 71 · DES MOBURS ET USAGES DE LA ORNE. SS · texte numérisé non relu

DES MOBURS ET USAGES DE LA ORNE. SS

protéger tes parents pauvres/Si elle a des enfants ils seront riches et par conséquent elle peut s'attendre k une

vieillesse aisée. Quoique non mariée, elle ne serdijamais renvoyée de la maison, si elle ne commet pas quelque grave faute ou délit Elle jouit du titre de peHte ipouse ou

seconde épouse.

11 ne faut pas croire pourtant que le mari puisse donner k la petite épouse la préférence sur la première. Celle-là est la femme légitime, la maîtresse de la maison : seule elle reçoit les yisites, fait les honneurs ; toutes les femmes de la maison, sans en excepter les concubines, lui doivent respect et obéissance; la loi lui accorde ce privilège et règle minutieusement les rapports entre la femme légitime et les concubines.

On a même assuré qu'il y a telle dame qui incite son mari à acheter des concubines pour avoir plus de femmes à ses ordres. Je m'abstiens de croire ce fait, n'ayant jamais eu l'occasion d'en constater l'exactitude.

J*ai relaté qu'un homme marié, sans obtenir d'héritiers de sa femme après dix ou douze ans, peut, en conservant l'estime de ses amis, acquérir une ou plusieurs secondes épouses. Et pourtant j'ai été témoin d'un fait qui devrait me faire douter de cette assertipu.

Dans une ville du pays, je connaissais assez intimement une famille composée de la veuve, du fils de celleci, et de la femme du fils. Ces derniers étaient mariés depuis \% ans et n'avaient jamais eu d'enfant. Un jour le fils (qui demeurait dans mon voisinage] , vint tout ému me prier de lui permettre de coucher chez moi pour la nuit. Je lui demandai naturellement ce qui lui était arrivé? Il me répondit : Toilà : vous savez que je n'ai pas d'enfant de ma femme ; j'en ai acheté une autre et je l'entretenais hors de chez moi ; mais elle est enceinte et j'ai voulu l'emmener à la maison ; j'en ai parlé à ma femme et à ma mère. Celle-ci s'est mise en une terrible colère et m'a chassé du toit paternel. J'arrange mes affaires à la h&te

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et je partirai demain pour Ghang-haï avec ma petite épouse; mais pour ne pas faire de scandale, je voudrais coucher cette nuit chez yous, ce qui ne serait pas remarqué par les voisins.

Je fus assez surpris par cetle déclaration. J'allai sur-lechamp voir les dames. Je trouvai la pauvre épouse rèsignée et placide, elle ne se plaignait pas; elle me dit: «liélasl je n'ai pas d'enfants. Est-ce que cela dépend de moi? — U faut avoir patience 1 » Quant à la mère du mari, elle était inabordaMe, et ne voulait pas entendre parler d'avoir a la maison une autre femme outre sa bellefille. Des parents et des amis se mêlèrent de laffaire et il fut arrêté que la iieMtf %NnMe viendrait loger à la maison lorsqu'elle serait heureusement accouchée.

Les causes qui autorisent un mari à répudier sa femme ' sont : Tadultère, la lèpre, la désobéissance à ses parents (de lui), le vol, Texcés de jalousie et de loquacité , et une maladie incurable. Dans Tun de ces cas, il la renvoie chez son père, mais si celui-*ci n'existe pas il faut qu'il la garde et la nourrisse. |

Quand deux époux divorcent volontairement, les lois I ne s'y opposent pas.

Dans le cas d'adultère prouvé, le mari a le droit de vendre sa fémme ou de la mettre dans les mains de la justice pour qu'elle soit vendue par le ministère public. |

Un évèque missionnaire apostolique me raconta que pour ces ventes on fait des contrats auxquels on appose une espèce de sceau fort curieux : le vendeur et l'acheteur s'enduisent la main par la partie intérieure avec de l'encra et la posent tout étendue en pressant sur le parpier, de manière k y laisser bien marquée Fempreintede la main entière. Quelquefois, non contents du sceau des mains, ils y ajoutent celui des pieds nus.

Le mari qui surprendrait sa fémme avec un amant et qui tuerait ainsi en flagrant délit le couple criminel, ne serait pas puni par les lois.

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