‹ La Chine et les puissances chrétiennesChapitre 30 sur 71 · PÊCHE · texte numérisé non relu

PÊCHE

On pèche avec des filets ordinaires près du rivage ou

sur un bateau. On porte aussi a la proue d'un bateau k la voile un grand ûlet attaché à un màt qui s'abat, et après avoir été quelque temps dans Feau^le mât et le filet avec lui sont relevés.

On place dans les rivières des claies et des pièges faits de minces morceaux de bamtH>u où le poisson est pris.

La pèche la plus particulière de ce pays est celle d'une espèce de canard appelé cormoran. Le batelier porte dans son bateau plusieura de ces oiseaux; lorsqu'il croit ètra dans l'endroit convenable, il les jette k l eau. Chaque cormoran se met k la recherche des poissons ; quand il en aperçoit un, il plonge, le prend avec son bec et va le porter k son maître.

Pour dresser les cormorans a la péchOi on commence par leur mettre un anneau au cou qui les empêche d'avaler le poisson. Quelquefois on punit par des coups le cormoran qui mange le poisson au lieu de le porter au maître. *

11 paraît que ces animaux, malgré leur habit de plumes, sont assez sensibles aux coups. Bans les provinces du Sud, il y a des homiiies qui élèvent des canards pour le

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commeree. ils ont des bateaux qui supportent une immense cage en bambou, beaucoup plus grande que le

bateau lui-même. On tient dans la cage plusieurs centaines de canards. Le propriétaire conduit le bjateau sur la rivière et dans le lieu qu'il juge à propos, s'accoste au rivage, ouvre la cage etlftcbe tous les canards qui se mettent à boire et a courir la campagne en cherchant de la nourriture. Lorsque la fin du jour arrive et que rbonune veut retourner à la maison, il prend son gong (espèce de tambour en cuivre), bat quelques coups pour appeler son troupeau, et immédiatement tous les canards d'accourir et de se culbuter pour entrer dans la cage Fun avant Tautre. Celui qui reste le dernier est saisi par le batelier, et il lui applique une bonne rouée de forts coups qu'il n'oublie plus de sa vie. Voilà pourquoi tous accourent si vite à rappel, chacun d'eux craignant de rester le dernier.

c Dans les provinces de l'Est, on dresse un grand nombre de cormorans à prendre le poisson, et leur éducation

est quelquefois si parfaite, qu'ils se dispersent a un signal donné et reviennent avec leur proie sans qu'on ait pris la précaution de leur attacher un anneau au cou. Un seul batelier peut aisément surveiller de douze à quinze de ces oiseaux, et bien qu'il y en ait des centaines sur l'eau, chacun d'eux connaît son propre mdtre. Si un seul saisit un poisson trop lourd pour lui, un autre vient à son aide, et à deux ils l'emportent k bord. Les oiseaux eux-mêmes sont nourris d'anguilles ou de poisson. Ils pondent, quand ils ont trois ans, des œufs qu'on fait cou^ ver par des poules de grange, et l'on nourrit les petits avec du sang d'anguille et du hachis. On ne pèche pas durant les mois d'été »

« Une des choses les plus singulières k voira Foucheou,

(') Middk KiAçdm, par S. W. Williams.

D£S MOEURS £T USAGES DE LA GHil^Ë

ee sont les pêcheurs au cormoran, se tenantdebout, chacun sur un petit radeau de bambous qui n*a pas plus de deux pieds de largeur, dirigeant leurs oiseaux et faisant avancer leur radeau avec un long bambou, par une forte marée, au milieu de remous qui les menacent d'une mort certaine en «as d'accident. Ils paraissent complètement absorbés par le travail de leurs oiseaux subtils, qui plongent dans toutes les directions pour saisir leur proie. Mais le meilleur endroit pour voir la pèche au cormoran est dans les claires rivières duGhe-kiang. Il est très-agréable de voir ces oiseaux chasser le poisson sous Feau — la vitesse de leurs mouvements est étonnante, et quand ils nagent le long d'un fond rocailleux, il est vraiment merveilleux de voir la rapidité avec laquelle ils allongent le cou de côté et d'autre dans les crevasses des roches, tout en continuant leur course précipitée à travers l'eau. Ils semblent tout fiers quand ils saisissent un bon poisson, et le portent en triomphe a leur maître. Celui-ci a géné- #ralement un oiseau favori et attache une valeur relative à chaque individu de son troupeau ; quelques-uns se ven» dent moins d'un dollar. Je ne crois pas que 1 anneau attaché par les pécheurs autour du cou des cormorans ait pour but de les empêcher d'avaler le poisson, mais bien de distinguer les oiseaux appartenant k chaque pécheur, car lorsque plusieurs bateaux étaient réunis, j'ai remarqué que chaque troupe avait des marques différentes, et que quelquefois Tune d'elles n'avait pas d'anneaux. Ces oiseaux reconnaissent sans hésiter leurs maîtrès» et ils se trompent rarement de bateau en portant le poisson. J'en fis un jour mettre à l'eau quatre ou cinq troupes à la fois, et ayant commandé aux hommes de rappeler leurs oiseaux, ils revinrent tous sans une seule erreur. Quand ils sont dans le bateau ils sont désagréables et paraissent stupides ; en outre , comme on les nourrit d'entrailles de poisson, ils ont une odeur dégoûtante. Lorsqu'ils arrivent le long du bateau, les hommes glis-

62 LA GUIT^Ë £T LëS PUISSANCES CUR£T1£MËS.

sent sous eux un bambou, sur lequel ils se perchent, et a l'aide duquel on les soulève dans le bateau »

«On prend les moules dans de petits pièges en osier d'une forme cylindrique, qai sont attachés par une simple corde et flottent avec la marée près du fond. On pose de semblables pièges pour attraper des crabes sur le bord des champs, et on les amorce quelquefois avec un petit poisson sec. Quand la marée descendante laisse les bords de la rivière à sec, les bateliers sautent hors du bateau et marchent dans la boue, ou se poussent en avant sur une planche avec un pied, h la recherche de tout ce qui se retire dans la vase.

« Lorsque les nuits sont éclairées par la lune, de basses et étroites barques, munies d'une large planche blanche lixée à la précciiite et flottant sur Feau, restent a l'ancre en eau calme ; la lune luisant sur la planche, le poisson trompè.saute dessus ou dans la barque. On peut voir près de Macao, par les soirées de clair de lune, vingt ou trente de ces barques de leurre qui se livrent à cette pèche. Quelquefois une barque, garnie d'une marche, monte et descend près de la côte en frappant des planches contre le fond et les côtés; les poissons efi"rayés se prennent dans le tilet qui traîne à l'arrière. Les é.quipages de beau* coup de petits bateaux se réunissent pour chasser, en frappant et agitant Teau, le poisson dans leurs filets, ou dans une mare sur le bord de la rivière k la marée haute, oii on le retient facilement à l'aide de claies, pour l'en extraire à la marée basse. Des plongeurs frappent des bâtons l'un contre l'autre sous l'eau pour chasser leur proie dans les filets tendus à cet eflèt, ou l'attrapent avec les doigts du pied, quand, terrifiée par le bruit, elle se cache dans la vase. Ni la pèche avec des mouches ni la pèche a la ligne ne sont beaucoup pratiquées; l'ennui et s

n Twelve years in CUina, i>ar J. Scarlh.

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