‹ La Chine et les puissances chrétiennesChapitre 39 sur 71 · RESPECT POUR LA VIELLESSE · texte numérisé non relu

RESPECT POUR LA VIELLESSE

< Les pauvres septuagénaires que leurs enfants ne peuvent entourer des douceurs réclamées par leur ftge

trouvent des secours dans la charité publique. On n'est ' point attristé à la Chine par le spectacle d'un vieux père ] abandonné de ses enfants, et livré à son sort seul et sans secours pour attendre une fin misérable. On voit ici le vieillard chancelant, homme ou femme, $11 n'a pas le moyen .de louer une chaise h porteurs, marcher dans les rues et promenades, appuyé sur le bras d'un fils ou d'un i petit-ûls, recevant sur son passage les hommages de tous les jeunes gens. On trouve encore une preuve du respect des Chinois pour Textrême vieillesse, dans les tablettes et les monuments qu'on rencontre chaque jour, et qui sont consacrés k la mémoire d'octogénaires» de nonagénaires et de centenaires. Le gouvernement est le premier à encourager ce sentiment. J'ai souvent rencontré, dans les rues, des hommes et des femmes d'un ftge très-avancé vêtus de robes jaunes, présents de l'empereur comme marque de vénération pour leurs cheveux blancs.

c Le chef patriarcal du pouvoir à la Chine regarde comme d'une bonne politique de témoigner des égards à

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ceux de ses sujets qui atteigneat un âge avancé. Les lois^ surtout celles créées par la dynastie régnante^ ont pour objet de sanctionner ce sentiment naturel si populaire parmi les Chinois. Ainsi le Gode pénal de la dynastie tartare actuelle porte c que les veufs et les veuves pauvres, a infirmes et sans rafants, recevront la protection et les « secours des magistrats de leur ville, lorsqu'ils n'auront « point de parents sur lesquels ils aient droit de compter « pour leur soutien ; et le magistrat qui leur refliserait a secours et protection serait puni de soixante coups de tt bambou. » Lorsque les vieillards dans cette position sont placés sous le patronage du gouvernement, le magistrat ou ses subordonnés qui manqueraient à leur four» nir les vêtements ou la nourriture fixés par la loi seraient punis en raison de l'importance du secours, comme ayant détourné les provisions du gouvernement. Il parait aussi que le même code fait, dans les causes criminelles, une exception en faveur des personnes âgées. « Quicon- « que sera reconnu comme étant âgé ou infirme à lé- « poque de son jugement pour un crime ou délit quela conque, jouira du bénéfice de sa position, bien qu'a a l'époque du crime ou délit il n'eût pas atteint l'âge ni « contracté les infirmités qu'on fait valoir en sa faveur. 9 Un édit fut publié en Vannée 1687, sous le sceau de l'empereur Kanghi, pour régler les secours accordés par le gouvernement aux gens qui auraient dépassé soixante ans. Les septuagénaires étaient exemptés de tout service et recevaient des aliments. A quatre-vingts ans, ils avaient une pièce d'étoffe de soie, un catty (ou six cent vingt grammes) de coton, cent livres de riz et dix cattis (six kilogrammes deux cents grammes) de viande. Les vieillards de quatre-vingt-dix ans recevaient double ration. Suivant un état officiel des indigents âgés, placés sous le patronage de la faveur impériale, il y en avait cent-quatre-vingt-quatre mille quatre-vingt-six de sgixante^x ans et au-dessus, cent soixanie-neuf mille

huit ceiii-eini{uante de quatre-vingts ans et au-dessus,

neuf mille neuf cent-quatre-vingt-seize de quatre-vingtdix ans et au-dessuSt et vingt et un de cent ans et audessus. En 1782, Sa Majesté donna une fête aux vieiUarda de Tempire ; et son successeur, Kienloung, suivant cet exemple, institua, en 1785, un jubilé de la même nature, dont Je trouve une description dans les mémoires du P. Ripa, qui y assistait. J'en extrais le passage qu'on va lire : c Un grand nombre de vieillards bien portants « (hommes) avaient été envoyés à Pékin de toutes les. ff provinces. Ils étaient rangés par compagnies , portant « les bannières de leurs provinces respectives. Ils por- « talent encore divers autres symboles et trophées ; et, « rangés symétriquement le long des rues où devait pas- « ser l'empereur, ils offraient le coup d'oeil le plus impo- « saut. Chacun de ces vieillards avait apporté pour Tem- « pereur un présent qui consistait généralement en « vases ou objets de bronze. Sa Majesté donna à chacun « d'eux une pièce d'argent d'une valeur d'environ six « francs vingt-cinq centimes, avec une robe en soie de « couleur jaune, qui est la couleur impériale. Ils se « rendirent ensuite tous dans une place où l'empereur « alla les voir. On calcula que cette vénérable réunion « d'hommes s'élevait au nombre de quatre mille. Sa Ma* ttjesté se montra très-satisfaite de cette revue; elle « demanda à plusieurs d'entre eux leur âge, et les traita c tous avec beaucoup d*affabilité et de condescendance. « Elle les invita môme en masse a un banquet où elle les « fit asseoir en sa présence, et ordonna a ses fils et à ses « petits-fils de leur servir h boire. Elle leur fit ensoita k a tous un petit présent de sa propre main. L'un d'eux, le « plus âgé de tous, qui avait cent onze ans, reçut un « habit complet de mandarin, avec un bâtoUt un encrier a et divers autres ob]ets{*). »

n La vie réelle en Chi*e, par le Bôv. W. C. Miloe*

MOEURS £T USAGES D£ LA CUJKË. 9t

« Suivant les prescriptions de cette loi (article 89 du Code), ily a, dans la plupart des villes delà Chine, des hospices entretenus aux frais de l'État et par la charité publique, pour y recneillirles enfants trouvés, les infirmes et les vieillards qui, n'ayant plus ni parents ni amis pour les secourir, ont par conséquent droit à Tassistance publique

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