‹ La Chine et les puissances chrétiennesChapitre 43 sur 71 · IA0HAN · texte numérisé non relu

IA0HAN

Indigne suivante^ tu déshonores ma famille I Sais-tu bien où tu demeures? Tu oses manquer à ce point aux convenances, comme si je ne les connaissais pas! N'estce pas ici la maison d'un ministre d Ëtat? Je n'ai pas encore engagé ma foi ; malgré cela, tu vas prendre la lettre amoureuse d'un jeune homme pour venir ensuite me séduire! Si ma mère, qui est dun caractère emporté, venait h le savoir, tu serais perdue. Petite scélérate, je devrais te briser la figure; mais on dirait que je suis une jeune hlle et que j'ai la méchanceté d'un démon ; on ne manquerait pas de me calomnier: mon unique désir est de prendre cettelettre et d'aller la montrer k ma mère. Misérable suivante I elle te fustigera comme il faut.

FAN-SOU, te mettant à genoux^ et riant.

Eh hien, me voilà à genoux. Ce jeune homme m'a chargée de vous remettre un billet ; je ne savais pas, en vérité, ce qu'il avait écrit. Mademoiselle, si vous allez le dire à madame (Elle chante)^ vous me perdrez, ainsi que le jeune amant dë la ville de Loyang.

«AO-MAN

Petite scélérate, tu es bien impudente 1

FAN-SOU, Urani U tae éPodeur.

Mademoiselle, ne vous fâchez pas tant. — {Elle chante,) Votre suivante ne fera pas de bruit; mademoiselle, gardez-vous de vous emporter. — (Bile parle.) Voici un objet qui a une destination. — [Elle chante,] Dites-moi à qui il était destiné. — (^//^par/^é) Regardez un peu. — [Elle chante.) Cherchez, expliquez d*où il vient.

SlAO-lfAll, fvf «ntenl le loc, é jmtI.

Comment se fait-il qu'il se trouve dans ses mains ?

lis LA CHINE ET LES PUISSANCES CHRiTIENNES.

FAN-SOU

Ne m*ayez-yoii8 pas dit: Tu es bien impadente, petite

misérable ; sais tu bien où tu demeures? — {Elle chante.) cNe suisje pas dans le palais du ministre d'État? » — {Elle parle.) Et qui ètes-vous , mademoiselle? — ( Elle chante.) « Vous êtes une jeune personne ; oserais-jc vous séduire par des propos indiscrets? Quand madame» qui est d*un caractère si bouillant^ aura vu cette serrante qui déshonore sa maison, c'en est fait d'elle! Permettez-moi de vous quitter promptement. » — [Elle parle.) Je vais aller trouver madame — (Elle chante)^ « afin qu^elle me châtie comme je le mérite. »

Fan4ou, je veux raisonner sérieusement avec toi.

Feu le ministre d'Etat a gouverné sa maison avec tant

de sévérité, que les domestiques et les servantes n*osatent pas faire une démarche contraire aux rites. Aujourd'hui, mademoiselle, vous mettez en oubli les instructions que vous aves reçues dans votre enfance; vous ne cultivez pas les vertus de votre sexe; vous désobéissez à votre tendre mére.... Vous promettez votre cœur à un jeune homme, et vous lui donnez un gage de votre tendresse. Ces jours derniers vous étiez fatiguée de broder; vous vous disiez atteinte de cette lassitude qu'occasionne Tio* fluence du printemps: il paraît que c'était pour cela. Voila le larcin découvert! C'est à vous maintenant de demander pardon : loin de là, vous voulez avoir un entretien sérieux. Rejetant vos fautes sur înoi, vous m'accablez de reproches. Est-ce ainsi quon traite les gens ? Je ne vous fais qu'une seule question : Vous avez brodé sur ce sachet deux oiseaux qui entrelacent leurs ailes, quelle était votre pensée? — [Elle chante.) 11 faut convenir qu'ils sont brodés avec art. — [Elle parle.) Voici une touffe de nénufar. — (Elle chmte.) Vous aviez sans doute vos raisons pour les broder aussi. Cette conduite

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