IA04IAM
Je n'ai pas osé te faire cette confidence.
PAN^^U
....Madomoiselle, qui est-ce qui peut s'opposer a votre union? Pë-min-tchong nourrit dans le fond de son cœur une passion qui le mine et le consume ; il désire même que la mort mette un terme à ses tourments. Mademoiselle, les rites veulent qu'on aime les hommes.. Quel bonheurn'éprouve-t-on pas lorsqu'on adoucit les peines de ses semblables?
SIAO-MAN
Ma compagne d'études,, tu es tout à fait dans Terreur. Est-ce que tu n'as pas entendu dire : « En fait de mariage,
quand on néglige les formalités prescrites par les rites, on devient une concubine. « Songe donc que je. suis la fille d'un ministre d'État. Si je désobéis à ma tendre mère, et que je contracte avec un jeune homme une union illicite, comment oserai-je paraître dans le monde?*.*«
PAN-SOU
Si pour une affaire de peu d'importance, on compromet la vie d'un homme, n'est-K^e pas une faute grave? Mademoiselle, réfléchissez-y mûrement.
SIAO-MAN
Garde-toi de m'en parler davantage; ma résolution est irrévocablement fixée.
PAN*S0U
Le Lun-yu dit : « Celui qui manque h sa parole ne mé-
DËS Umm £T USAGES DE LA GlllNE. 115
rite pas le nom d'homme. » Mademoiselle, puisque vous persistez avec obstinatioa dans votre refus, je vais prendre le sachet et avertir madame.
SIAO-MAN
Attends donc, raisonnons encore un peu.
FAN-SOU
« Mille raisonnements ne valent pas un consentement.»
SIAO-MAN
Tu joues de ruse avec moi. Allons, attends que je réflé« chisse encore.
FAN-SOU
« 11 vaut mieux sauver la vie d^un homme que d'élever une pagode k sept étages. » Mademoiselle, quels ordres
avez-vous a me transmettre ? U faut que j'aille rendre réponse à ce jeune homme ?
SIAO-MAN
Attends que j'écrive une lettre ; il la lira et connaîtra mes sentiments. (Elle remet la lettre à Fan-sou,)
FAN-SOU, d'un Ion iévire,
Ëh bien, je vais la porter.
SIAO-MAN
A qui?
FAN-SOU
A madame,
8U0-HAN, effrayée.
Elle a j uré ma perte I
PAN'SOU
Mademoiselle, rassurez-vous ; c'est au bachelier que je la porte. (Elles sortent ensemble.)