‹ La Chine et les puissances chrétiennesChapitre 46 sur 71 · PE-MIN-TCIIONG ET FAN-SOU · texte numérisé non relu

PE-MIN-TCIIONG ET FAN-SOU

PÈ-ailN-TGHONG.

Dans mon trouhle, je vous prenais pour une autre. Eh bien, où en est notre nffaire?

m LA CHINE KT LES PljiSSAI«iC£S CHEËTlËNm

PAN-SOU. (ElU ekaniê.)

Aujourd hui la soubrette vous a rendu un service signalé.

pe-HIN-TCHONG.

Mademoiselle a-t-elle daigné recevoir nia lettre?

PAN-SOU, /MMmf HëquêT mdaigl». - (£/(# eJUmto.)

J'ai eu recours à un petit stratagème, et j'ai arrangé votre affaire.

PË-MIN-TCHONG.

Si vous avez quelque bonne nouvelle, faites-la-moi connaître?

FAN-SOU. chante.)

J'ai un billet de sa main, où elle a exprimé ses sentiments.

PË-MlN-TCHONG.

Quel bonheur 1 Une réponse de mademoiselle 1 laissezmoi la voir.

PAN-SOU, tirant d$ ion iein la lettre Mnt la montrer. — {HHe ekante.)

Oh I dans cet endroit personne n'a pu la voir.

PË-MlN-TCHONG.

Si je ne puis la voir, ô ciel ! je mourrai d'impatience,

FAN-SOU. {Elle chante.)

Lettré stupide, qui n'entendeas rien aux affaires, eh bien, votre sort est dans cette main-là!

Pt-M1N-TCB0N6.

Ayez pitié de moi ! {Fansou remet la lettre à Pë-niinichong; celti ci s agenouillé pour la recevoir,) Avant de la prendre, attendez que j'allume un réchaud de parfum. Mademoiselle, prostemez-vous devant cette lettre, et faites une prière pour moi.

PAN-SOU

Je ne comprends pas.

PË-MIN-TCH0N6.

Vous ne voulez pas? je prierai moi-même.

DES MœUBS £T USAGES DE LA CHINE. 117

FAN-SOU

Mademoiselle n'en ferait pas autant pour vous. — [Elle chante*) Qu'a donc cette lettre de si extraordinaire pour que vous brùUes des parfums en son honneurf Esl-il possible que vous portiez la démence au point d'adorer un morceau de papier 1 (Pé-mm-tchong lit la lettre^) Vous le voyez, je viens de remplir pour vous une mission dé- ! licate ; je me suis compromise peut-être !... Ah I j'essayerais en valu de vous raconter tout ce que j'ai fait.

! RË-MIN-TCHONG.

I Mademoiselle me promet un rendez-vous pour cette nuit, mais j'ignore k quel moment elle viendra.

FAN-SOU. iElU €k§miê.)

Elle sera avare de sa tendresse, dans la crainte d'ef*

facer sa beauté; et cette nuit, avec vous..,.

PË-MIN-TCH0N6.

Cette nuit, comment se conduira-t-elle avec moi ?

FAN-SOU, PMêrrompmU. - (Blh etoUt.)

Le mot était venu sur le bout de ma langue ; véritablement, je l'ai avalé.

PÊ-MlN-TCHON(J.

Comment avez-vous pu l'avaler ? Vite, prononces ce mot; mettes le comble k ma joie.

FAN-SOU. 4 part. — (iiUê ekamiê.)

Si je ne le dis pas, je le ferai mourir de chagrin.

PÈ-MIN-TCBONG.

Qu'est-ce que mademoiselle vous a recommandé T

FAN-SOU. {Elle ehantè.)

EUe m'a ordonné de vous dire k voix basse....

PfrMiN-ÏGHONG.

De me dire quoi ?

FAN-SOU. iElU chante,)

Qu'elle vous engage k ne pas dormir, quand la nuit

ut LA CHINE fil LES PUISSANCES CBRETl^QŒS.

sera avancée ; elle veut que de la capitale on entende vos soupirs; elle veutique.,,* »

Pfi4UN-TCH0NG*

Mademoiselle, ne plaisantez pas ; dites-moi sans dé- ' tours à quelle heure de la nuit elle viendra.

Attendez que le tambour ait annoncé l'arrivée de la nuit ; attendez que tout le monde de ce palais soit plongé

dans un profond sommeil; attendez qu'un bruit qui se prolonge au loin parte du haut de la tour ; que la goutte d*eau tombe sur la clepsydre de jade sonore; qu'une brise printanière fasse frémir l'aigrette du phénix qui dort sur les bananiers; que la fleur qui croît dans le palais de la Lune abaisse son ombre sur la cime des arbres ; que la jeune beauté sorte furtivement de sa chambre, d'où s'exhale un doux parfum ; qu'elle quitte ses rideaux brodés; qu'en agitant sa robe ondoyante, elle franchisse le chemin entouré d'une balustrade; qu'elle soulève mollement la jalousie ornée de perles; attendez qu'un léger bruit se fasse entendre de la fenêtre : c'est le moment où elle viendra. [Elle sort,) (*)

«Siao-man rencontre Pë-min-tchong au lieu convenu ; mais, au milieu d'une conversation des plus tendres, sur» vient madame Han, qui entre dans une violente colère en découvrant toute cette intrigue menée par Fan-sou. Elle châtie la petite imprudente, qui, bien qu'à genoux, démontre à sa maîtresse, avec la plus comique assurance, que d'elle seule vient tout le mal, et que, malgré son âge et sa prudence, elle a commis dans cette affaire une foule de fautes contre les rites, dont la moins pardonnable est d'avoir admis un jeune étudiant dans sa maison. Cependant, Pë-min-tchong est forcé de quitter la demeure de

(*) Yoy. Théâtre chinois ou Ghoiz de piàees de théâtre, tiadailM par M. Baiin, première pièce, acte II, soèDe vt et vn.

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