‹ La Chine et les puissances chrétiennesChapitre 49 sur 71 · LB DOMESTIQUE · texte numérisé non relu

LB DOMESTIQUE

Je puis vous certifier, madame, que cet homme-là ne ameure pas dans I hôiel.

NnSOU-CHl.

Ma bonne religieuse, votre mari ne demeure pas ici. liez le chercher ailleurs ; allez.

TCHAO^U-NIAKG.

Cependant tout le monde dit qu'il a son domicile dans iiôtelduministre d'ÉtatNieou. Il estpeut-étre mortl (Elle . te«re.)Omon époux, si vous avez quitté la vie, où trouerai-je un protecteur dans le monde? Qui sera touché es maux de votre servante ?

NIEOUCHI.

Pauvre femme, je vous plains; mais ne vous afSigez Qstrop. Restez avec nous; je vais ordonner au dômes-

ique de prendre des informations dans le quartier. On ^ se mettre à la recherche de votre époux.

TCHAOOD-NIANG.

Ah! madame, comment pourrai-je vous témoigner ma ^econnûssance?

NIEOU-CHI.

Mais si vous restez avec nous, je dois vous prévenir ^ une chose ; c'est que vous ne pouvez pas garder votre costume. 11 faut absolument changer dliabits.

TCHAO-OU-NlANa.

le n^oserai jamais quitter mon costume.

NIBOU-GBI.

£i la raison?

TCBAO-OU-NUNG.

ïatce que je dois porter le deuil pendant douze ans.

NIBOU^.

Pendant douze ans t y pensez-vous ? Mais le plus long

lii LA cruie et un pihssanges crrëtiennesl

deuil, le deail d*iin père, ne dure que trois années j

pourquoi voulez-vous porter le deuil pendant douze anaî

TCBAO-OU-NIANG. I

Mon beau-père est mort; il faut que je porte le deui de mon beau-père pendant trois ans. Ma belle^mère C5t morte ; il faut que je porte le deuil de ma belle-mèrtt pendant trois ans. Voilà déjà six années. Puis, comma mon époux (ô fatale destinée!) n'est point revenu dam son pays natal, et vraisemblablement ne sait pas que soa père et sa mère ont cessé de vivre, il faut en outre que jf^ porte le deuil pendant six ans pour mon époux.

NIEOU-Cm.

Ah I ma sœur, que votre pîétè filiale est exemplaire! Quoi qu'il en soit, mon père a la plus grande aversion pour les femmes qui portent votre costume. 11 faut chan-| ger d*habits. {Au domestique). Youén-kong, dites à Si-j tchun d apporter ici des robes et une toilette de femme,

LE D0MESTIQI7B.

J'obéis. {Ilsort,)i

NlEOU-GBl.

Masœur.a,seye.vouseaatt«ada«t. j

Sl-TCHUN, apportant les robes et la toilette.

Madame, j'apporte des robes et une toilette.

N1E0U-CHI« ouvramt la toiUtiê.

Très-bien {A Tcfuuhou-niang,) Ma sœur, approches-

vous du miroir. Voilà un peigne. Vous trouverez ici du fard pour les lèvres et les joues.

TCHAO-OU-NIANG

Depuis que mon époux est parti pour la capitale, je n'ai point vu ma figure. (Élle se regarde dans le miroir.]

Ciel! quelle pâleur! comme mes traits ont changé ! Est-il possible que je sois devenue maigre à ce point? (£i/^ chôme.) Je me suis trop négligée ; je ne songeais qu'au

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