STATISTIQUE FINANCIÈRE ET MILITAIRE
Les impôts sont prélevés sur les terres, sur les troupeaux et sur les consommations. Il y a aussi une capitation payée par les mâles, divisés en trois classes. La somme totale de cette taxe, a été fixée en Tan X du règne de Kang-hi, et n'a jamais été augmentée, quoique la population ait doublé depuis lors. Les impôts indirects des douanes établies aux ports de mer, et lés douanes intérieures qui se trouvent sur plusieurs. rivières et routes publiques, viennent augmenter encore les revenus. Le monopole du sel forme également un chapitre du budget des recettes, ainsi que celui du gin-seng : cette racine est employée surtout comme médicament. M. Lockharta vu du gin-seng qui coûtait jusqu'à S,000 fr. l'oncel
no LA CHiNfi £T LES PUISSANCES CHRÉTIENNES.
Voici un tableau synoptique du budget des recettes deâ dix-huit proTincea de TEmpire (%
(*) Ce tableau, aioèi que les chlifires que Je donne dana ce chapitre, ont été extraUs, de docamenta offlcielB chinois, par M. G: Pao«
Ihier, cet intelligent et infatigable synologue à qui l'Europe doit les travaux les plus étendus et les plus exacts que nous ayons sur la philosophie, l'histoire, l'administraUon et la statistique de la Chine. Je ne ferai pas comme d'autres qui ont puisé dans ses on« vrages des renseignements qu'ils ont reproduits sans le nommer. Bien au contraire» Je me plais à reconnaître combien J'ai appris dans ses ll?res» le dirsi même que )e n'ai pu m'empécher de penser à lui, quand j*ai vu que le gouvernement français, à l'occasion de la dernière expédition de Chine, a envoyé avec l'armée un comte, M» d'Ëscayrac, en mission scientiûque* Il est regrettable de Toir qu'une nation qui possède des hommes comme M. Stanislas iulien, M. G. Pautbier et plusieurs autres synologues distlngnés, les qoblie lorsque le moment arrif e d'utiliser les services qu'ils ponmiCDl rendre. Ces messieurs auraient étonné les mandarins chinois, puisque la plupart eussent été obligés de se reconnaître inférieurs aux synologues barbares ûàUi la connaissance de la littératare et de l'histoire chinoises.
Quant à M. Pautbier, on pourrait objecter qu'il avait écrit dans
des journaux des articles d'opposition à l'expédition de Chine. Mais les opinions qu'il a pu exprimer sur l'utilité et la justice de la guerre faite aux Chinois ne le rendaient nullement inhabile à remplir dignement une mission pour laquelle 11 était préparé psr ses longues études. S'il est bienvciliant, s'il est même partial ea- Ters les Chinois, tant mieux peut*étré ; il aurait su se faire aimer d'eux. Dans tous les cas, on pourrait bien lui appliquer, je pense, ces belles paroles qu'il a écrites en faveur de M. A. Rémusat :
« On doit pardonner à ceux qui consaerent leur vie à étudier les langues, l'histoire et les mœurs des populations orientales, d'en prendre quelquefois la défense. Ce sont leurs avôcats d ollice. On ne peut pas les blâmer de l'accomplissement d'un devoir aussi désintéressé» »