‹ La Chine et les puissances chrétiennesChapitre 65 sur 71 · KO 4 <0 OZ · texte numérisé non relu

KO 4 <0 OZ

15 Kouang-touDg. . . .

4T Viin— tîîin

Total général. . .

Aiûfti la cavalerie chi-

noise , en cantonne-

ments, est de

id. en garnison, de. . .

Total général de la ca-

Total d'infanterie et cavalerie. . .

STATiSTIQUË FINANCIÈRE £T MILITAIRE. 997 TABLEAU DS LA MAUNB IMPÉRIALE.

Bâtiments de guerre tenant la mer sur les côtes (Ai-hai-tchou-tchouan) :

i* Ching-king ou Moukden 10

^t Ghan-toung, de différentes espèces 12

3* Kiang-nan, ' id 159

4° FO'kien, bâtiments fixes 222

Id. autres 47

5* Tche-kiang, bâtiments fixes ^ 1 39

Id. autres 176

6" Kouang-toung, bâtiments divers 156

Bâtiments de guerre dans l'intérieur des fleuves :

i* Kiang-nan, bâtiments divers • • 497

S* Kiang-si, id 49

3* Fo-kien, id 155

4* Tché-kiang, id 170

5* Hou-pé, id 86

6* Hou-nan, id 50

T Kouang-toung, id 149

id., de course 126

Total 1,282

Bâtiments de guerre tenant la mer, ci-dessus. . . 920

Total général, bâtiments de la marine militaire chinoise 2,202

Quant a l'armée, il ne faut pas oublier qu'un grand nombre des soldats qui se trouvent sur les listes ne sont pas dans les rangs. Les che& perçoivent leurs salaires et les gardent pour eux.

U n'y a point de conscription dans cet empire. L'armée se recrute par des enrôlements volontaires et par les enfants des anciens soldats mandchous et mongols.

Dans les garnisons et les cantonnements, la plupart des soldats obtiennent congé pour exercer chez eux leurs métiers.

11 y a en Chine, depuis plus de deux mille ans, des auteurs sur la science de la guerre.

Les troupes ne manquent pas d'une certaine organisation que les rebelles ont imitée, comme nous Tavons décrit au chapitre 2; ainsi tous les quatre hommes ont un chef; cinq de ces groupes ont un chef; cinq de ces groupes de vingt-cinq (cent vingt-cinq hommes) ont un chef qui commande la compagnie : cinq de ces compagnies forment un bataillon, et cinq de ces bataillons forment un régiment ou brigade. Chaque petit groupe a son drapeau, et les grands groupes ont des drapeaux plus grands en proportion.

Les exercices consistent & tirer l'arquebuse et la flèche, et à soulever de forts poids.

Ces militaires passent des examens d'après un système analogue èt celui qui régit les mandarins ciyils.

Ils font usage du fusil a mèche sans baïonnette, de lances, de flèches lancées avec l'arc, ou au moyen d'une espèce de mécanique qui contient un ressort; et de sa*bres doubles, c'est-a-dire deux lames avec deux poignées qui se portent dans un seul fourreau. Le soldat, au moment de la bataille, prend un sabre de chaque main,

« D'après ce que j'ai tu des troupes chinoises, je crois que la brigade de tireurs de gingol en est la partie la

plus capable de bien servir. On met le plus grand soin dans le choixdes officiers et des hommes de cette brigade, et le tir à la cible est surveillé avec beaucoup d'attention, en sorte qu'ils s'en acquitent d'une manière très-satisfaisante. Ces fusils ont une plus longue portée que les

8TATIST!0Ufe FINANCIÈRE ET MILITAIRE. m

fusils iimècba ordinaires; et à en juger par Texpérience que J*ai deg blessures causées par des coups de feu, dans

les combats avec des soldats à terre, ou avec des pirates, qui abondent près du port de Cbang-bai, la plupart pro« Tenaient de balles tirées avec cette arme. »

a De toutes les armes employées par les Chinois, celle qui a le plus d'effet et cause le plus de mal à Fennemif est le gingol^ long mousqueton qui ressemble à une forte canal il ière, portant une balle de deux onces, ou plus fréquemment des lingots de fer ou des morceaux de ferraille. Cette arme a une grande portée, et Tusage en 0St réservé k certaines troupes qui y sont exercées. Deux bommes sont attachés à chaque fusil ; pour le porter il y fîn a un à cbaque bout; celui du côté de la monture est }e ttrenr. Arrivés sur le terrain , Tautre homme pose le jiiilieu du canon sur son épaule droite, et se penche un peu pour offrir au tireur un bon point d appui, de manière qu*il vise à raise« La pièce se tient sur Tépaule au . moyen d*un drap rouge jeté ou attaché autour du canon, et en tirant par le bas les extrémités du drap le porteur maintient le canon ferme en place. »

« La balle à feu est tout simplement un petit sac de poudre grossière dans lequel est introduite une mèche lente; lorsqu'elle est allumée, la balle est lancée sur un hommeou abord dun vaisseau. Elle s'enflamme promptement, et l'explosion cause beaucoup de mal. Le pot à feu se lance de la même- manière; c'est un petit vase rempli de poudre et auquel on met le feu au moyen d'une mèche lente. On en lance en grande quantité, du nid de pie placé dans la mâture de la jonque qui attaque, sur le pont du vaisseau ennemi, afin d*y mettre le feu ou de chasser les hommes des canons par la fumée sulfureuse que produi^int ces projectiles. La poudre avec huiuelle on les fabrique est si grossière jet &\ mal mélangée, qu elle no

s'enflamme que très-pariiellemeiit et cause beaucoup de

fumée, d*où les étrangers les ont appelés stink-pois (pots fétides). Les vaisseau de guerre étrangers, en attaquant des embarcations de pirates, ont souvent eu leurs ponts couverts de ces pots k feu, qui forçaient les hommes à abandonner leurs canons ; aussi était-il devenu habituel de poster un ou deux bons tireurs dans les hunes du vaisseau pour descendre ceux qui occupaient le nid de pie avant qu'ils eussent le temps de lancer ces projectiles incendiaires. Ces grenades, qui infligent des blessures graves, sont une arme favorite des Chinois. Au siège de Chang-hai les deux partis s'en servirent avec beaucoup d'adresse et un grand effet.

« Une autre arme employée à Chang-ha! par les Impériaux et par les Triades , lorsqu'ils se disputaient les murs, était un bambou, de cinq ou six pieds de longueur, et deux ou trois pouces de diamètre. On le creusait pour en former un tube, et Ton fourrait par un bout un fort tampon de terre glaise; puis le tube était enroulé par un lien de rotin et rempli de poudre line bien bourrée. Quand la lutte s'engageait corps à corps , on mettait le feu au tube par son extrémité ouverte, et le jet de feu qui s'en élançait était dirigé sur les assaillants avec un effet irrésistible. Lorsque les troupes impériales, après avoir miné les murs, se précipitaient dans la ville, elles ont souvent été repoussées parées tubes a feu dans les mains des Triades

fc Les Chinois emploient aussi beaucoup de fusées dans leur guerre. Fixées au bout d'une longue flèche en bambou qui a une pointe de fer, ces armes, outre quelles infligent de cruelles blessures, peuvent mettre le feu aux maisons. La plupart de celles que j'ai vu employer n'arrivaient pas jusqu'au but, soit qu'elles fussent mal faites ou jnhabilement maniées. On apercevait trè&-bien ces fusées pendant une attaque de nuit, alors que les deux partis s*en servaient en grand nombre.

STAIiSïlQUË F1NA]SC1ÈR£ £T MIUTAIRE. 301

« Le fusil à mèche des Chinois est d'une construction grossière et imparfaite , et très-sujet à crever^ ce qui est dû à la soudure défectueuse du canon. On ne peut pas foreerla balle jusqu'au fond, ni faire usage d'aucune bourre, ou la pièce éclaterait immédiatement {*).ï>

Voici une note statistique des forteresses, chftteaux, et

autres établissements ou monuments publics *

Forteresses grandes et petites 2,355

Tours et châteaux forts 3,000

Villes administratives entourées de remparts et

de fossés • 1,709

Collèges de premier et de deuxième ordre, établis dans les chefs-lieux de provinces, de départe^

ments, d'arrondissements, etc 2,338

Montagnes ayant des noms différents % . • • • i4,607

Fleuves et rivières navigables • i ,472

Lacs 765

Antiquités de toutes natures 10,809

Tours, arcs de triomphe et autres monuments publics élevés aux personnages illustres dans

divers genres • • i il 59

Bibliothèques célèbres par la beauté et le nombre

des volumes qu'elles renferment 272

Tombeaux ou tnausolées remarquables, soit par leur architecture, soit par le nom des person* nages 688

Les officiers de rarnièe de terre passent souvent, pour continuer leur service, à bord d'un navire de guerre, et vice verséL il n'est pas rare de voir un amiral à la tête d'une division de troupes, ou un général commander une

(*) The médical missionary in China, by W. Lockhart.

escadre. Ceci ne se voit pas exactement en Europe ; mais . on a vu bien des ministreg de la marine toa( h (ait éiangers k ce département

Je me borne à ces détails sur l'organisation et la science de ces militaires asiatiques/ L'état de Finsurrection Taeping et la prise de Pékin par les Anglo • Français n'atles* tent que trop leur inefficacité.

Us ont connu avant nous la poudre et Tusage de la boussole, mais cette précocité ne les a pas empêchés de rester bien en arrière de l'Europe pour tout ce qui con* cerne Tarmée et la marine.

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