Ville de premier ordre à deux journées de Sin-ngy-shien
3. Capitale du Kouy-tchéou et résidence du vicaire apostolique de cette province.
Le soir, en arrivant à la station, il mangea pour se rafraîchir une ou deux pêches qu'on lui présenta. Peu après, il se sentit pris de fièvre. Le mal fit bientôt des progrès rapides, et lorsque, le lendemain, les chrétiens se rendirent compte de sa gravité, ils furent effrayés. N'ayant, dans ces régions perdues, aucun médecin à leur disposition, ils se mirent à pleurer et à se désoler. Le Père les reprit doucement : € Ayez courage, leur dit-il. Dieu ne nous abandonne jamais. Quand l'heure de ma mort arrivera, je vous avertirai. »
Vers dix heures du soir, il appela les chrétiens et leur dit : «Mettez-vous à genoux et récitez les prières des agonisants.» On obéit, et comme ou achevait les prières, le Père André Liou rendit son âme à Dieu, avec cette sérénité et ce contentement du voyageur qui, après une longue course, se voit enfin arrivé au terme de son voyage.
Le Père André Liou était un de nos meilleurs prêtres indigènes. Il n'avait que trente-huit ans. 11 était d'un zèle et d'un courage que rien ne rebutait quand il s'agissait du salut d'une âme. Dieu, sans doute, l'a déjà récompensé dans l'autre vie de ses peines et de ses travaux. Il fut enterré dans la petite chrétienté de Ta-chan.
Vers la fin de l'année 1873, de passage à Tarchan, j'allai prier sur sa tombe. C'était une simple pierre surmontée d'une humble croix de bois. Un prunier la couvrait de son ombre. Depuis lors, Mgr Lions (') y a fait élever un petit mausolée. C'est comme un hommage reconnaissant de la mission^ du Kouy-tchéou au zèle et au dévouement du Père André Liou,
Mais revenons sur le théâtre de la lutte que nous avons vue s'engager entre le christianisme et le paganisme.
Tsao-kia-yn, sans être un endroit important, comptait cependant plus de cent familles ; mais pauvres, pour la plupart, elles étaient: sans aucune influence dans le pays. Là était, comme je l'ai déjà dit, le berceau du christianisme dans le district de Kiu-tsin ; là aussi se trouvait le plus grand
T. Evêque de Basilite et vicaire apostolique du Kouy-tchéou.