CHAPITRE DÏZ-HUITIEME, 1S
chrétiens de cette localité... sachez que vous en répondrez devant les mandarins.», nous avons une liste de vos noms,,, etc. :&
Puis nous nous retirâmes gravement. Extérieurement, c'était bien un peu comique ; mais au fond la chose était sérieuse ; et nous étions bien décidés, si Ton avait usé de violence à notre égardj à porter plainte devant les tribunaux. Il y allaitj d'ailleurs, de Tavenir de la mission que trop de faiblesse eût compromis pour longtemps»
Uaccusation, portée par les païens devant le soiis-préfct de Lan*lin, n*eut pas de suites. Effrayés de se voir en lutte avec nous, nos ennemis retirèrent leur plainte et laissèrent dès lors les chrétiens en paix. Mais, en attendant, le démon avait atteint son but, les conversions étaient arrâtécs, et bien que les catéchumènes y aient joui dès lors d'une paix relative, cette station néanmoins n*a pas pris le développement que ses débuts faisaient espérer.
Peu de temps après Pâques, M, Birbes alla faire la visite de Houang-ngy-ho ; il trouva les chrétiens de cette station plus décidés que jamais à bâtir une église ; déjà même ils avaient réuni une partie des matériaux nécessaires. Le Père encouragea leur bonne volonté et promit de les aider et d'intéresser Monseigneur en leur faveun
Dans ce voyage, M. Birbes devant passer tout près de Ngîé-ouan-eul, en profita pour aller voir Long-ta-chan-jen, dont il a été longuement parlé plus haut ('). Il fut parfaitement reçu et traité, mais ce fut tout. Uespoîr de voir cet homme de bien embrasser notre sainte religion n'est pas encore prochain. Mais si cette visite n obtînt pas le résultat désiré, M. Birbes eut à son retour quelques consolations qui le dédommagèrent*
En traversant une bourgade nommée Nga-ky-my, de pauvre et chétîve apparence, perdue au milieu des montagnes, non loin de Pié-té, le Père s'était arrêté un instant pour se reposer. Un homme qui le considérait avec atten- I. Pige 100.
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tlon, le pria de descendre chez lui pour prendre le thé. Notre confrère, heureux d'avoir cette occasion de prêcher la doctrine, accéda volontiers à sa prière et le suivit dans sa maison.
A peine était-il assis que son hôte lui tînt ce langage : € Depuis longtemps, nous vous voyons passer ici chaque année ; on dit que vous allez en tel et tel endroit Qu'estce donc que cette doctrine que vous enseignez? Les uns disent que c'est bon; les autres prétendent que c'est mauvais... Nous ne savons que penser. »
M. Birbes lui expliqua en quelques mots ce qu'est notre sainte religion, quel est son but.., ce que doivent pratiquer ceux qui l'embrassent. Pendant l'entretien, les villageois s'étaient attroupés autour d'eux et la conversation bientôt devint générale : € Puisque vous tenez à vous instruire, leur dit mon confrère, je vous enverrai des livres de doctrine avec un catéchiste pour vous donner les explications nécessaires.:^
Ces braves montagnards le remercièrent avec effusion et le Père les quitta plein d'espérance. Peu après le catéchiste Yang-tchouen leur fut envoyé et leur porta des livres de doctrine. Sa prédication produisit des fruits de salut. Il recueillit dans le village bon nombre d'adorations. C'est aujourd'hui une station et un piedà-terre pour le missionnaire qui va tous les ans faire la visite de Houang-ngy-ho et des environs.
Vers la même époque, nous fondions également quelques espérances sur la ville de Suen-ouy-tchéou, à sept lieues de Tsao-kia-yn. Un bachelier nommé Houang, originaire de cette ville, étant venu passer ses examens littéraires à Kiutsin, entendit parler de notre sainte religion et vint nous trouver pour avoir des renseignements clairs et précis sur notre doctrine. La vérité le toucha, et la grâce aidant, il fit son adoration et se mit à l'étude. Au bout de deux ou trois mois, il put être baptisé, après quoi il rentra chez lui avec la ferme intention de prêcher la foi dans le pays et de travailler à la conversion de ses amis et de ses proches. Depuis lors, nous avons eu souvent de ses nouvelles, mais il ne nous