CHAPITRE DIX-NEUVIEME
ait violation formelle des traités. Mais, je le répète, ces traités, les mandarins les respectent tant qu'ils ne les gênent pas; mais sont-ils en opposition avec leurs idées et en contradiction avec leurs actes, ils les mettent bien vite de côté et ne s'en occupent pas plus que s'ils n'existaient pas.
Après quelque temps de séjour à Pîn-ngy, les missionnaires rentrèrent en leurs résidences ordinaires. Mais à peine étaient-ils partis que les lettrés recommencèrent une nouvelle campagne contre les chrétiens: pamphlets, placards, menaces, reparurent de plus belle ; on alla jusqu'à publier que les Européens devaient être exterminés en masse dans toute la Chine,conformément à un décret de l'empereur et aussi d'après la volonté toute-puissante du gouverneur Tsen-fou-thay.
Les mandarins virent tout , surent tout, et gardèrent le silence. Toutefois les chrétiens ne se laissèrent pas intimider et tinrent bon devant l'orage. Mais beaucoup de ceux qui avaient eu quelque velléité d'embrasser la foi, n'osèrent mettre leur dessein à exécution, et depuis ce moment jusqu'à ce jour, nous n'avons eu aucun nouveau catéchumène dans cette ville.
SOMMAIRE : Conversion des Lo-los de Pe-chy-ngay ; Ils sont persécutés par un mandarin militaire. — Translation des restes de Tchang-koùang-tsay, mis à mort en haine de la foi. — M. Oster à Pé-chy-ngay.
A fin de l'année 1875 et le commencement de 1876 furent troublés par de fausses rumeurs, des bruits sinistres qui se répandirent dans toute la province. On allait, disait-on, tuer tous les
Européens et faire main basse sur les chrétiens. Tous devaient
avoir le sort de M. Margary.
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La partie ouest de la mission eut particulièrement à souffrir; à Ta-ly on saisit une famille de néophytes, on les roua de coups pour les [forcer à livrer les objets déposés chez eux par les Européens.
A la capitale, on nous regardait comme perdus. De tous côtés on débitait des fables vraiment incroyables sur la prochaine arrivée des Anglais, sur leur massacre certain, etc.. Mais, dès qu'on apprit que la commission anglaise, chargée de faire une enquête sur l'assassinat de M. Margary, était proche, ces rumeurs tombèrent comme par enchantement ;Tsen-ta-jen, qui les avait encouragées au début, craignant de se compromettre, donna des ordres sévères pour les arrêter.
Dans le district de Kiu-tsin, malgré la proximité de la capitale, on fut généralement plus tranquille. «Cependant un certain Ouang-kouang-eul, de Long-tan-ho (bourg situé à trente ly de Tsao-kia-yn), voulut faire parler de lui. Nous avions dans cette localité unevingtaine de familles chrétiennes, ce fut contre elles qu'il déchargea sa mauvaise humeur. Il voulait tout simplement leur extorquer des sapèques, sous prétexte de bâtir un miao-tsé. M. Birbes, prévenu aussitôt, se rendit à Long-tan-ho pour voir au juste ce qu'il en était. Mais Ouang-kouan-eul le prit sur un ton d'arrogance qui ne laissa aucun doute sur ses dispositions. Non seulement, il ne dissimula pas ses intentions malveillantes, mais il dit bien haut qu'il avait reçu de Tsen-ta-jen Tordre d'exterminer les chrétiens, et que s'il n'avait pas encore mis la main à l'œuvre, il ne tarderait pas à commencer.
M. Birbes s'en revintàSan-pé-hou faire part à ses confrères du résultat de son entrevue avec Ouang ; il fut décidé qu'on porterait plainte à Kiu-tsin et à la capitale. Après avoir fait bien des démarches, on obtint des mandarins la prise en considération de nos griefs. Un mandat d'arrêt fut lancé contre Ouang-kouan-eul qui, se voyant pris, commença à nier ce qu'il avait dit publiquement et avec tant de jactance lorsqu'il n'y avait rien à craindre. Mais cela ne l'empêcha pas d'être conduit en ville sous bonne escorte et d'être obligé de