‹ La Chine: Huit ans au Yun-nanChapitre 62 sur 74 · CHAPITRE DIX-NEUVIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-NEUVIEME

pé-hou, les ossements du martyr furent déposés près de l'oratoire, dans un bâtiment séparé où ils doivent demeurer jusqu'à ce qu'on leur ait préparé une sépulture convenable.

Puisse ce catéchumène, baptisé dans son sang et martyr pour Jésus-Christ, féconder de ses mérites TÉglise de Kiu-tsin et plaider la cause de ses frères devant le trône de l'Éternel !

La mission des LoloSy je Taî dît plus haut, donnait de grandes espérances; le momônt sembla venu de placer un missionnaire au milieu d'eux afin de les instruire et de les fortifier. Le choix de Mgr de Philomélie se porta sur M. Oster, qui était arrivé au Yun-nan seulement depuis quelques mois. Ce cher confrère partit aussitôt pour Kiu-tsin et, après quelques semaines de séjour à Tsao-kia-yn auprès de M. le provicaire, il prît possession du poste qui lui avait été assigné.

Nos braves Lolos étaient désormais au comble de la joie ; ils avaient un missionnaire au milieu d'eux. Aussi fêtèrentils de leur mieux son arrivée. Les trois autres missionnaires du district assistèrent à l'installation du nouveau venu et rehaussèrent l'éclat de cette petite fête de famille.

Le bruit de la présence du Père au Satit delà robe blanche (Pé-chy-ngay) se répandit bientôt dans toute la tribu des Lolos. Chacun voulait le voir ; on l'invitait de toutes parts, tous désiraient sa visite. Lorsque M. Oster se fut mis suffisamment au courant des usages et de la langue de ses chères ouailles, il se disposa à répondre â leurs prières et à faire un tour dans la montagne.

Son excursion fut une véritable course triomphale. Partout oîi il apparaissait,Chinois tx. Lolos demandaient en masse à se faire chrétiens. En moins de cinq à six jours, on eut à compter plus de 500 adorations. La grâce de Dieu avait préparé et fécondé le terrain, notre confrère n'avait plus qu'à récolter. Il revint le cœur rempli de joie annoncer aux autres Pères le résultat de son voyage.

Malheureusement les moyens de tirer tout le parti

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désirable de ces bonnes dispositions faisaient défaut. Nous n'avions ni catéchistes, ni maîtres d'école en nombre suffisant, pour instruire les nouveaux catéchumènes. Tout ce qu'on put faire, ce fut de les visiter le plus souvent possible et de leur enseigner quelque chose de la doctrine et les principales prières. Malheureusement ces instructions passagères étaient bien vite oubliées.

Nul doute que, si nous avions pu trouver des maîtres nombreux et suffisamment instruits, le mouvement eût été plus accentué et plus fructueux encore. Aujourd'hui, cependant, deux ou trois catéchistes parcourent continuellement la contrée, passant d'un village à un autre pour instruire les catéchumènes, baptiser les enfants et les adultes en danger de mort, et détruire eti même temps les derniers restes de superstition. Maïs on comprend qu'avec si peu de ressources, le progrès soit lent, et il faudra des années pour que ces peuplades deviennent chrétiennes.

Nous avions également, au même moment, bon nombre de nouveaux catéchumènes dans d'autres localités, et il nous fallait aussi pourvoir à leur instruction. Sans parler des frais que nous occasionnait ce mouvement, nous avions peine à faire face au plus pressé, à trouver des catéchistes, à établir des lieux de réunions, des oratoires, où tout le monde pût aisément s'assembler pour prier.

Quand je parle de stations et d'oratoires, qu'on n'aille pas se figurer des établissements confortables avec maison d'habitation et église. Ce n'est la plupart du temps qu'une misérable chaumière dont l'intérieur est divisé en deux parties. L'une sert de chambre au Père et à son servant ; l'autre est affectée à tous les services imaginables.

C'est dans cette seconde pièce qui est la plus grande, que le matin on célèbre le saint Sacrifice de la messe. C'est là qu'on se réunit pour prier en commun les dimanches et les fêtes. On y fait aussi la cuisine ; on y prend ses repas. C'est là enfin qu'après la prière du soir, chacun étend sa couverture et passe la nuit.

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