‹ La Chine: Huit ans au Yun-nanChapitre 70 sur 74 · CHAPITRE YINGT-ET-UNIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE YINGT-ET-UNIEME

De retour dans ses foyers, Han-ta-chao-yé se mît en relation avec les missionnaires du district de Kîu-tsin et vînt lui-même à Tsao-kia-yn faire son adoration avec plusieurs chefs de famiîje de son village. Dieu lui avait accordé une grâce singulière. La malignité et la fourberie du monde lui avaient ouvert les yeux et montré la véritable voie. Tant il est vrai que la divine Providence se sert bien souvent de répreuve pour attirer les âmes à elle, et leur faire part du céleste héritage qu'elles mépriseraient et négligeraient si tout leur souriait sur la terre.

Sur ces entrefaites, un cinquième missionnaire arriva à Kîu-tsin. C'était un jeune prêtre indigène envoyé par Monseigneur pour partager nos travaux. Il venait bien à propos, car jamais peut-être depuis l'établissement du christianisme dans ce district, le mouvement vers notre sainte religion n'avait été aussi accentué et aussi étendu. De toutes parts on accourait se ranger sous la bannière du Seigneur du ciel.

Du côté de San-pé-hou, Ma-long-tchéou et San-tcha venaient de s'ouvrir et se présentaient sous des auspices favorables. Tsao-kia-yn voyait les habitants d'Ué-tchéou et des environs ébranlés et disposés à se faire chrétiens. A Pé-chyngay, la mission des Lolos grandissait chaque jour.

Mais c'est surtout Tang-kia-ten qui, dans ce moraent,nous donne le plus de consolations et d'espérances. Tchang-ytchéou, de son côté, a enfin ouvert ses portes à l'Évangile. Il y a quelques mois, deux ou trois notables de cette ville se présentent un jour chez le Père qui réside à Tang-kia, et lui demandent à suivre notre précieuse doctrine. Leur prière fut, comme bien on le pense, accueillie favorablement. Après avoir été, dans une première conférence, instruits des principales vérités de la morale chrétienne, ils se montrèrent satisfaits.

Dès le lendemain ils adorèrent et s'en retournèrent à Tchang-y en promettant de faire tout leur possible pour amener leurs concitoyens à la connaissance et à la pratique de la religion. Depuis, en effet, le mouvement s'accentue dans

Goo ^le

les environs. Nombre de gens viennent s'informer de la doctrine. Ce n'est plus seulement le menu peuple qui s'adresse à nous ;des globules militaires, des lettrés, arrivent à leur tour.

Nous comptons déjà au nombre de nos catéchumènes une quinzaine de ces personnages.

Or si, comme on peut lé conjecturer avec quelque assurance, le peuple suit le mouvement et imite les notables, nul doute que la station de Tang-kia-ten ne devienne une des plus importantes du district de Kiu-tsin,et qu'une abondante moisson ne s*y prépare pour un prochain avenir.

Prions le divin Rédempteur de répandre sur nous ses miséricordes les plus abondantes, de nous accorder la grâce de ne pas faillir à la tâche qui nous incombe et de ne pas laisser périr par notre faute un si grand nombre d'âmes, qui nous demandent le pain de la divine parole et le bienfait du salut éternel. Daigne le Seigneur multiplier le nombre des ouvriers chargés de recueillir cette riche moisson et donner à ces peuples qu'il a rachetés au prix de son sang, des apôtres selon son cœur ! Messis quidêm multa, operarii autem paud^ rogate ergo Dominum tnessis ut mittat operarios in tnessem suatn !

Messis quidem multa^ operarii autem pauci.

De morte persecutorum.

J-ON récit est fini. Il ne me reste plus qu'à jeter un coup d'oeil sommaire sur les événements racontés dans ce journal et qui embrassent une période de seize années, à partir de l'établissement de la foi dans le district de Kiu-tsin.

Dans le courant de l'année 1865, un homme du pays de Kiu-tsin revenait d'un long voyage dans des provinces éloignées, et regagnait le pays de sa naissance. Dans le cours de ses longues pérégrinations il n'avait pu réussir à rencon-

Page 1