RELIGION. BOUDDHISME
I.i's trois systèmes de religion ou de philosophie. — Histoire du bouddhisme. — Scs analogies avec le catholicisme romain. ■ — temple et monastère près de Canton. — Pagodes à neuf étages. — Objections des Chinois contre le bouddhisme. — Comptabilité religieuse. — Cérémonies païennes et romaines. — Divinité de la Vierge. — Les bouddhistes et les catholiques romains. — Paradis et enfer de Fo. — Doctrines du bouddhisme. — Culte de Fo en Chine. — Description d'un temple bouddhique.
Lorsqu’on demande à un Cdiinois combien de systèmes philosophiques ou de croyances religieuses existent dans son pays, il répond trois, savoir: Yu, la doctrine de Confucius; Fo, ou le bouddhisme, et la secte du Tao, ou des rationalistes.
11 ne faut pas croire cependant que ces trois cultes soient sur un pied égal : le Confucianisme est l’orthodoxie ou la religion de l’État; et les deux autres, tolérées en tant qu’elles ne heurtent point la première , ont plutôt été discréditées qu’encouragées par le gouvernement.
« En première ligne (est-il remarqué dans le saint édit) se trouve l’honorable doctrine de Yu; viennent ensuite celles de Fo et du Tao. À l’égard de ces dernières, Tchoutseu a dit : « La doctrine de Fo ne concerne ni le ciel ni la terre, ni les quatre régions; son seul objet est l’établis- T. II. 3
scracnt de su secte et l’unité de scs membres. La doctrine du Tao ne prescrit rien que les jouissances et la conservation individuelle. »
La religion de Fo, ou, selon la prononciation de Canton, Fout’ h , est celle de Bouddha, avec la forme sous laquelle elle existe au Thibet, àSiam,’en Cochinchine, dansl’Ava, en Tartarie et au Japon. Si le bouddhisme • est ainsi disséminé loin de l’Inde , son berceau , la cause
doit en être attribuée à la persécution que lui firent éprouver les brahmanes, qui le considéraient comme une hérésie , et traitaient ses membres en réformés.
« Il y a environ mille ans avant l’ère chrétienne , un «homme extraordinaire parut dans l’Inde ; il travailla » sans relâche à réformer les superstitions populaires, et » à détruire l’influence des bralunanes. Cet homme était «Bouddha, que les brahmanes eux-mêmes considèrent «comme une avatarn (métamorphose de Vichnou). Les » efforts de Bouddha tendaient à ramener la religion de «l’Inde à -sa pureté primitive. Bien qu’il fût d’origine » royale , il choisit un genre de vie ascétique , et adopta » le système philosophique le plus abstrait qui existât «alors dans son pays. Plusieurs princes, entre autres le «célèbre Vikramâditya , embrassèrent sa doctrine. Les » partisans instruits de la religion brahmanique ne res- «tèrent pas spectateurs tranquilles de ce qu’ils regardaient comme le triomphe de l’athéisme. Ils attaquèrent les plus savants de leurs adversaires, et ce fut une «occasion pour les deux partis de déployer leurs talents. » Mais dans cette querelle , comme dans une foule d’au- » très de môme nature, la force fit la loi , car tant que les «monarques régnants professaient le bouddhisme, les «brahmanes étaient obligés de se borner à faire de l’op- » position verbale.
» Vers le commencement du sixième siècle de notre «ère, une guerre d’extermination eut lieu contre les