‹ La ChineChapitre 38 sur 79 · I.A CIIINK · texte numérisé non relu

I.A CIIINK

ont été composées en 181 3 , et le texte en a été imprimé dans les Royal /lsiatic Transactions. Nous en donnons ici la traduction mot pour mot, en conservant les formes extravagantes et hyperboliques de l’original.

Au loin dan» l’Océan , vers les extrémités du nord-ouest,

Existe une nation ou pays, appelé Angleterre.

Le climat est froid et l’on est obligé de se rapprocher du feu.

Les maisons sont tellement élevées que l'on peut cueillir les étoiles. I.es pieux habitants respectent les cérémonies religieuses,

Et eenx qui sont vertueux lisent toujours les livres sacrés.

Ils ont une haine particulière pour la nation française.

Les armes de guerre ne reposent pas un seul moment (entre eux).

Leurs fertiles collines, ornées des dons de la nature,

Ressemblent, pour la forme de leurs sommités, aux sourcils arqués (d’une belle femme).

Les habitants sont pénétrés de respect pour le sexe féminin,

Qui , dans ce pays, a les traits parfaits de la nature.

Les joues de leurs jeunes filles ressemblent à des fleurs rouges,

Et le teint de leurs beautés est comme une pierrerie blanche. L’ainour conjugal est depuis long-temps en haute estime parmi eux ; Les maris et leurs femmes se complaisent dans une mutuelle har-

Lcs deux rives du fleuve sont au nord et au sud.

Trois ponts (t) interrompent le courant et forment uuc communication :

Des vaisseaux de tous bords passent ,

Tandis que les hommes et les chevaux cheminent entre les nuages

( les brouillards ).

(1) Le vieux pont de Londres , le pont des Moines.- Noirs, et le pont de Westminster, étaient alors les seuls qui existassent.

Un millier de masses de pierres s'élèvent l'une sur l’autre ;

Kl le fleuve coule à travers neuf canaux.

Ue pont de Lo-yaug, qui surpasse tous les autres dans notre empire, llessemble à ceux-ci pour la forme et la grandeur.

Vir.

Les hauts édifices s'élèvent étage sur étage ;

Ils ont toute la magnificence de palais splendides ;

Des barres de fer renforcent les côtés de chaque entrée ,

Et des courants du fleuve circulent à travers les murailles.

Les murs de chaque appartement sont ornés de divers objets.

On voit , par les fenêtres de verre, des draperies rouges ,

Et la rue présente aussi un ravissant spectacle ;

Les édifices entassés offrent l'aspect d’un tableau. -/

Les rues spacieuses sont extrêmement régulières ;

Chacune d’elles est traversée par d'autres à de certaines distances. Des deux côtés vont et viennent des hommes et des femmes ,

Et , dans la voie du centre , des voitures et des chevaux.

Uc soir, on entend le bruit confus des voix dans les boutiques.

En hiver, la neige amoncelée est adhérente au sol.

Des lampes éclairent, pcndaukla nuit, les deux côtés de chaque rue. Leurs rayons scintillent comme les étoiles au firmament , etc.

Il nous reste maintenant à donner une idée des ouvrages de fiction des Chinois, c’est-à-dire de leurs contes moraux, de leurs nouvelles et de leurs romans, que l’on peut, grâce à l’imprimerie, qualifier d’innombrables. 11 en est quelques uns qui sont devenus plus célèbres ou plus populaires que les autres, mais il en est peu qui soient rangés sous la dénomination de Tsaï-tseu « œuvres de génie. » C’est peut-être les meilleures sources auxquelles nous puissions avoir recours pour corinailrc les mœurs et les coutumes de ce pays, dont l’accès nous est interdit. Comme leurs auteurs n’ont écrit que pour des Compatriotes, on n’a pas lieu de se méfier de leurs assertions ni de

les considérer comme exagérés, ainsi qu’on a droit de le faire, lorsque les Chinois s’adressent aux étrangers. Je n’en citerai qu’un exemple. Un indigène auquel on disait que la voiture du roi d’Angleterre, dans certaines occasions, était tirée par huit chevaux, répondit aussitôt, « celle de l’empereur de la Chine, l’est par vingt-quatre. »

Un grand nombre de romans chinois et de nouvelles écrits dans le xv' siècle de notre ère , et même à une époque plus reculée, lutteraient très avantageusement contre lescompositions européennes du même genre, tant sous le point de vue littéraire, que sous celui de la vérité des tableaux. En effet, les romans et les contes chinois dépeignent la société telle quelle existe réellement , et si sous ce rapport ils sont moins amusants pour les enfants , en revanche ils sont beaucoup plus intéressants pour les adultes, qui désirent connaître l’état d’une civilisation fort avancée et qui n’a dû ses progrès à aucune relation avec le reste du monde.

La jalousie du gouvernement nous a fermé l’entrée de toutes les villes, à l’exception de Canton, et il n’y a qu’un changement de dynastie ou un appel aux armes qui pourrait nous ouvrir de nouveaux débouchés. Jusque là, * nous le répétons, ce n’est que dans les livres que nous pourrons puiser la connaissance des mœurs et des institutions chinoises. M. Rémusat remarque : « c’est dans la peinture des . détails qu’excellent les romanciers chinois , et c’est encore en cela qu’on peut les rapprocher de Ri-' chàrdson, de Fielding, ou tout au moins du docteur Smollett et de Mademoiselle Burney, C’est par là que lèsuns et les autres sont intéressants, vrais , habiles à faire ressortir les, traits des passions, à dessiner les caractères, à produire un haut degré d’illusion. Leur personnages ont, comme on dirait à présent, toute la réalité possible. On a véritablement fait connaissance avec eux, quand on les a vus agir ou entendus parler; quand on les a suivis

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