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ce qui se passerait. Dès qu’elle fut informée que son libérateur était malade, elle prit soudain la résolution de le recevoir dans sa maison, comme le seul moyen de lui sauver la vie. Notre héros n’y consent qu’à regret, dans la crainte de la compromettre. Bientôt il recouvre la santé, et est sur le point de sortir de la maison, sans avoir vu la jeune fdle (car, dans Cette conjoncture, le décorum chinois avait été rigoureusement observé ) , lorsque son rival, de plus en plus furieux, envoie Chou-yun pour adresser des remontrances à sa nièce , au sujet de l’inconvenance qu’elle avait commise. Choui-ping-sin s’excuse sur l’urgence du cas çt sur la gratitude qu’elle doit à son libérateur. L’oncle se relire, après avoir aposté un espion qui lui rend un compte extrêmement favorable de la conduite de la jeune fille. Voyant qu’il ne peut l’inquiéter de ce côté, il médite d'autres stratagèmes.
Ti-tchong-yu, complètement guéri , quitte celle qu’il peut nommer à son tour sa libératrice , et s’en retourne dans sa province , afin de s’y préparer pour le prochain examen public des candidats aux grades littéraires.
L’infatigable persécuteur de Choui-ping-sin profite de son absence pour gagner un commissaire impérial nouvellement arrivé, et protégé h la cour par son père. Ce fonctionnaire dépravé lui délivre l’autorisation par écrit d’épouser la jeune personne dans sa propre maison , en vertu d’une particularité sanctionnée par les lois chinoi- * ses. Choui-ping-sin, qui, sur ces entrefaites, avait envoyé secrètement, par un messager, un mémoii^ à l’empereur, somme le commissaire de lui prêter main-forte pour la délivrer du libertin qui l’obsède, et, sur son refus, lui montre la copie de la plainte qu’elle avait formée contre lui. Le commissaire consterné s’oppose alors à hy célébration des noces, et elle dépêche un exprès pour rappeler son message.
Ti-lchong-yu ne tarde point à apprendre tout ce que
LA CHISE.
souffre son amante; il se hâte de se rendre dans la province de Chan-tong et la protégé. Les deux méchants, qui le voient arriver, lui envoient un jeune garçon astucieux , avec un prétendu billet de Choui-ping-sin , par lequel elle lui donnait un rendez-vous. Ce message , en opposition si formelle avec le caractère de la jeune personne, éveille les soupçons de notre héros, qui, menaçant l’enfant, parvient à en obtenir l’aveu du tour perfide que lui avaient joué ses ennemis.
Ceux-ci ne se découragent point ; leur esprit inventif leur fournit une nouvelle ruse. Le jeune noble se pré- . * sente au domicile de Ti-tcliong-yu, et, comme on' lui refuse l’entrée, ainsi qu’il s’y attendait, il laisse une carte de cérémonie. Ti-lchong-yu se trouve contraint de lui rendre sa visite. En pénétrant chez lui, il trouve rassemblée une nombreuse compagnie , à laquelle il est obligé . • de se mêler malgré lui.
Par suite d’un plan concerté avec le seigneur et ses amis, ceux-ci se prennent de querelle, afin de pouvoir, dans la mêlée, tomber snr l’amant de Choui-ping-sin et le maltraiter, mais ce dernier se conduit avec tant d’adresse et de courage, qu’il échappe à ce guet-apens.
Plus tard , il se trouve à même de rendre un service signalé au père de celle qu’il aime, de le faire rappeler de son exil et réintégrer dans ses honneurs. Les deux familles résolvent alors de contracter ensemble une alliance, en unissant les deux jeunes gens. Le raffinement de l’école de Confucius, dont Choui-ping-sin et Titchong-yu professent les principes , leur inspire cependant de mutuels scrupules, et ils refusent d’abor4 de sc marier, dans la crainte que l’on ne se méprenne sur la pureté et le désintéressement qui avaient dicté toutes leurs actions. Ces scrupules finissent néanmoins par être levés. Mais au moment où l’union allait être conclue, Chou-yun et son digne ami viennent y ‘apporter de
LA Cil INK.
nouveaux obstacles. Attendu le rang élevé des parties, l’affaire est portée devant l’empereur lui-même, qui punit les coupables et adresse des éloges au jeune couple, dont il sanctionne l’alliance.
L’auteur de ce roman a pu en soutenir l’intérêt jusqu’au bout avec plus d’art que l’on n’en trouve ordinairement dans ces sortes de compositions ; aussi , comme peinture originale de mœurs locales , il remplit complètement le but de ceux qui désirent , selon l’expression ' d’un écrivain français, « connaître les Chinois par les
Chinois eux-mêmes. »