‹ La ChineChapitre 43 sur 79 · I.A CHIM · texte numérisé non relu

I.A CHIM

graine , on la met sur le feu dans des sacs que l'on place ensuite sous la presse. L’huile est d’assez bonne qualité ; on s’en sert pour la cuisine, comme nous faisons de l’huile d’olive.

Les Chinois sont singulièrement adroits dans la fabrication des métaux; ils possèdent l’art de fondre le fer en lames très minces. Leurs ouvrages en fil de fer ne sont pas aussi proprement exécutés que les nôtres , mais ils ne laissent pas que d’être bons. Nous les surpassons aussi sous le rapport du bon marché. Les Chinois importent notre fer en barres ; ils préfèrent le travailler eüx-mêmes. Us ont déjà commencé à fabriquer des horloges, des pendules et des montres; cependant ils font venir les ressorts d’Angleterre. , • .

Leur cuivre blanc ressemble beaucoup à de l’argent ; il a un grain serré, et reçoit un bon poli. 11 est composé de cuivre, jje zinc et de fer, avec un peu d’argent et quelquefois un peu de nikel.On dit qu’on le pulvérise, dans l’état de minéral, qu’on le mêle à du poussier, et qu’on le place dans des jarres , sur un feu doux ; le métal alors s’élève, sous la forme d’une vapeur, dans un appareil distillatoire, et se condense finalement en eau. Il est assez malléable pour être converti en bottes, en plats et en divers ustensiles de ménage. L’unç, des applications les plus siftgulières qu’ils en font est à la fabrication de certaines théières. Ces théières sont en terre , et ils les recouvrent de métal ; l’anse et le bec sont ordinairement de* Ta pierre appelée jade; les côtés sont en général or- • nés d’inscriptions et de devises sur le métal, ainsi qu’on peut le voir dans la planche ci-jointe.

L’extrême sonorité de leurs gongs provient de la grande proportion d’étain combinée avec le cuivre. Dans la plupart des lèmples bouddhiques, il y a une cloche cylindri-* que, qui n’a point de battant, et qui, par conséquent *

ne sc sonne pas comme les nôtres; on la frappe avec de gros maillets de bois.

Théière en terrv recouverl«dt j métal.

La grande cloche de Péking, mesurée par les jésuites , avait quatorze i ieds et demi de hauteur, et environ treize de diamètre. Parmi les objets anciens, il faut comprendre les vases et les trépieds de bronze ou d’autres métaux , qui sont trop massifs pour être élégants , mais que les Chinois apprécient cependant beaucoup ; puis le miroir circulaire, formé probablement d’un mélange de cuivre et d’étain avec une partie d’argent. Quelques uns des miroirs ronds en métal de la collection d’antiquités égyptiennes de M. Sait, ont avec ceux-ci une ressemblance vraiment étonnante.

• La surface polie des miroirs chinois, dit sir David Brewster, a un degré de convexité qni fait que la figure de l’individu qui se regarde est reproduite moins grande de moitié qu’elle ne l’est naturellement. Sa propriété remarquable est que lorsqu’on réfléchitjes rayons du soleil, au iftoyen de sa surface polie, l’image du bord orné -et des cercles gravés en relief sur le dos du miroir, paraissent distinctement sur le mur ou sur une feuille de

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papier. Ces miroirs ont, par derrière, un bord large d’environ un quart ou un sixième de pouce, et la partie inférieure, sur laquelle les enjolivements sont gravés, est beaucoup plus mince. Voici maintenant l’explication du fait si extraordinaire que nous venons de rapporter. - ,

» Comme tous les autres sorciers, l’artiste, pour produire des effets surnaturels, a eu recours à des moyens qui ne sont rien moins qug tels. Ainsi les figures qui se reflètent contre le mur ne sont nullement celles qui existent au dos cfb miroir, mais d’autres qui leur sont en tout semblnbles , dessinées sur la surface même du miroir, mais si légèrement «tracées, et si bien polies que l’on ne peut les voir qu’aux rayons du soleil. Pour décrire ce procédé , supposons qu’il s’agisse de représenter un dragon : lorsque la surface du miroir est prête à être polie , l’on dessine très légèrement les traits que l’on désire former; on peut employer, si l’on veut, un acide beaucoup adouci , afin de creuser le métal le moins possible. On polit ensuite la surface , non pas sur de la poix, comme le verre, parce qu’on effacerait le dessin, mais sur du drap. Ainsi préparé, le miroir, lorsqu’on le présente aux rayons du soleil, réfléchit alors contre les murs les figures tracées sur sa surface, et qui sont invisibles autrement. • ,

Aujourd’hui, les Chinois remplacent généralement par des glaces leurs rairoifs métalliques ; cependant ces glaces, quoique doublées de vif-argent comme les nôtres, sont très imparfaites.

Les membres de la dernière ambassade remarquèrent que, près de Péking, les fenêtres des maisons étaient garnies de papier de Corée transparent au lieu de vitres. Les Chinois prétendent qu’aucune fenêtre à vitres n’a pu les garantir des extrêmes de froid et de chaud qui existent dans le nord de la Chine. Pour la fabrication de

leurs ustensiles de table, ils préfèrent employer la porcelaine.

Les Chinois surpassent tous les peuples du monde dans l’art de sculpter le bois et l’ivoire pour les ornements. Leurs boules d’ivoire, qui en contiennent jusqu’à sept ou huit autres dans l’intérieur, ont excité pendant long-temps l’étonnement des Européens, qui croyaient qu’ils faisaient usage de quelques moyens secrets pour rejoindre*les boules extérieures, après que les autres avaient été introduites. La vérité est qu’elles sont réellement sculptées l’une dans l’autre, au moyen d’instruments affilés, qui agissent à travers les trous nombreux dont les boules sont perforées*, et à l’aide desquels l’ouvrier peut enleveiüa matière qui les sépare, et détacher ainsi les balles les unes des autres, après avoir sculpté leur surface.

Ils ne sont pas moins habiles à tailler les matières les plus dures ; ils font des bouteilles à tabac en agate qu’ils creusent avec une merveilleuse dextérité, bien que le gouleau par lequel passe l’instrument n’ait pas un quart de pouce de diamètre ; mais, ce qui est encore plus étonnant, ce sont leurs bouteilles de cristal dans Y intérieur desquelles sont gravés de petits caractères que l’on peut lire en dehors !

La forme particulière des tabourets chinois prouve qu’ils ne les ont point imités d’un autre peuple. La scie du charpentier consiste en une lame d’acier extrômementmince , maintenue par une latte de bambou adhérente au dos, et qui sert en même temps de poignée. Us emploient leurs alênes avec une courroie dont les deux extrémités sont attachées aux deux bouts d’un bâton. La courroie étant tout-à-fait lâche, on la fait tourner une seule fois autour de la poignée de l’alêne qui agit alors en avant et en arrière avec une grande rapidité. Divers meubles fabriqués par eux pour les Anglais résidant à

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