SCIENCES
Division des connaissances humaines en trois blanches. — Union do l’astrologie et de la médecine. — Système physiologique des Chinois, tel qu'il était en Europe il y a 3oo ans. — Pratique de la médecine. — Usage du mois. — Ignorance des médecins indigènes. — Introduction de la vaccine par M. Pcarson. — Chimie. — Préparations mercurielles. — Science des uombres. — Géomélric. — Géographie. — Astronomie. — Parallèle entre le système astronomique des Chinois et celui des Hindous. — Année lunaire. — Cycle de 60 ans. — Almanachs. — Science mécanique. — Machines. — Architecture.
Les Chinois divisent les connaissances humaines en trois branches qu’ils nomment « le ciel , la terre et l’homme. » Ce qui peut paraître à quelques uns de nos lecteurs assez semblable à la triple division proposée par Bacon, celle de « Dieu, la nature et l’homme. » Une encyclopédie en 64 volumes , bien connue sous le titre de San-tsaï-lou-ltoeï , et qui date de la fin du xvi e siècle, consiste en une collection de gravures sur bois , accompagnées de textes explicatifs se rapportant aux irois branches nommées ci-dessus. Ce n’est point un pareil ouvragé qui peut nous faire connaître parfaitement la portée de l’érudition chinoise ; cependant on pourra se former une idée de l’ouvrage lui-mème par les quelques
mots que nous allons dire de- sa composition et du classement des matières qui y sont traitées.
Dans la division du ciel , est comprise l’astronomie ; dans celle de la terre, la géographie. La troisième division est la plus volumineuse ; elle contient les portraits des individus*qui se sont rendus célèbres, puis le cycle chinois, qui aurait été mieux classé dans la première division, et les combinaisons numériques de Fou-hi. Après viennent les maisons, les meubles, les ustensiles aratoires, les manufactures , les arts de la paix, ceux de la guerre ; des dessins anatomiques , des costumes , des jeux d’adresse, la botanique, l’histoire naturelle dans ses applications à la médecine , les jeux gymnastiques et les monnaies.
Les sciences, chez les Chinois, sont maintenant dans l’état où elles étaient en Europe, avant la découverte de la méthode d’induction en philosophie. Les Chinois ne font point de cas des sciences abstraites, excepté lorsqu’elles tendent à quelque but utile , car ce n’est qu’en proportion de leur utilité qu’ils apprécient les découvertes. Le docteur Abel raconte qu’après avoir satisfait aux questions que lui avait adressées un mandarin sur nos manufactures, il saisit cette occasion pour lui apprendre que nous avions des métaux qui, mis en contact avec l’eau, jetaient aussitôt des flammes.
«J’avais sur moi, dit-il, un peu de potassium, et je voulus lui en montrer les propriétés. Il me demanda immédiatement à quoi cela était bon, et comme je ne pus lui en prouver l’utilité d’une manière satisfaisante dans l’ordre de ses idées , il le regarda avec tant de dédain , que je ne jugeai plus à propos de risquer l’expérience. »
On pourrait dresser une liste curieuse de toutes les découvertes utiles qu’ont faites les Chinois, sans qu’ils aient été guidés par la moindre connaissance scienti-
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fique. Il y en a quelques unes qui leur ont probablement été transmises par les missionnaires. Sans connaître un seul point de la théorie de l’optique qui traite de la convergence et de la divergence des rayons.de lumière . au moyen de lentilles de différentes formes, ils se servent de verres ou plutôt de cristaux convexes et concaves pour aider la vue.
Leur verre est ordinairement d’une qualité très inférieure, et à Canton ils sont contents d’avoir du verre cassé d’Europe pour le fondre et en tirer parti. Ils nel’emploient point pour lunettes, mais le remplacent par du cristal de roche. Si quelque chose pouvait prouver ‘qu’ils n’ont emprunté leurs besicles à aucun peuple, et qu’ils les ont réellement inventées, ce serait assurément leur grandeur, leur forme singulière, et la manière bizarre dont ils les ajustent. La gravure ci-jointe en représente une paire; on voit qu’elle tient aux oreilles, aij moyen de cordons de soie.
Besicles. »
Pour affronter l’éclat fin soleil, ils font usage d’un minéral qu’ils appellent Tclia-chi ou « pierre à thé, » à
l.A Cil J AK.
cause de la ressemblance qui existe entre sa couleur transparente et celle d’une faible infusion de thé noir. C’est probablement du quartz fumeux ou bien du silex allié au cairn^oram d’Écosse.
Les Chinois ont voulu plusieurs fois imiter les télés- . copes européens ; mais comme la fabrication de ces sortes d’instruments exige certaines connaissances scientifiques, ils y ont complètement échoué.
La première fois qu’ils virent un kaléidoscope , ils en .furent enchantés, et réussirent à l’imiter. Cet objet se vendit très bien dans tout l’empire, et ils le nommèrent vvan-hoa-tang, ou * tubes de dix mille fleurs. »
Leur jargon scientifique est digne de remarque. On se rappelle qu’à une certaine époque de notre histoire, la science de la médecine ne marchait jamais sans celle de l’astrologie. 11 existe dans le cimetière de Morllakc un monument élevé, en 1715, à la mémoire de «John Parlridge, astrologue et docteur en médecine, qui médicamenta deux rois et une reine , savoir : Charles II , William III et la reine Marie, » ainsi que nous l’apprend une inscription latine.
Dans un ouvrage anglais, intitulé « Modeste Traité d’astrologie, » par William Lilly, il est question des rapports qui sont censés exister entre les diverses planètes et les parties du corps. « Celui qui gagnera une maladie chaude à l’heure de Mars, et celui qui en gagnera une froide à l’heure de Saturne, seront tous deux extrêmement souffrants. Si Jupiter a occasionné l’indisposition , c’est une affection du foie; si Mars est la cause d’une fièvre, cela dénote une ébullition d’humeur qui a pris sa source dans les grandes veines, près du cœur. »
La médecine çles Chinois, ainsi qu’on va le voir, se rapproche tout-à-fait de la méthode de Lilly; ils partagent aussi les maladies en chaudes et en froides. La même division s’applique aux remèdes. Ils ont grande
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