I.A CUISE
On en a vu souvent enfermés dans les cages à Canton, où ils auront été amenés de l’ouest, peut-être duYunnan ou du Ssé-tchouen. Les Chinois mangent les pattes de cet animal, qui sont très grasses, et les regardent comme un mets délicat. Si les ours, qui ont été autrefois très nombreux dans ce pays, le sont si peu aujourd’hui, c’est sans doute à cause de l’immensité de la population ; la même raison explique également la rareté de» singes.
Les dromadaires sont fort employés, entre Péking et la Tartarie, comme bêtes de somme, mais dans 1$ Chine proprement dite, on ne s’en sert nullement, et nous n’en avons pas vu un seul entre Péking et Canton.
Les chevaux sont rares et d’une espèce misérable, à l’égal du bétail qui est très petit, sans doute à cause du manque de soin et de nourriture ; les chevaux cependant sontforts pour leur taille, qui est à peu près la même que celle des pontes des lies Shetland; leur crinière est toujours longue et ils sont très mal tenus. Il y a aussi une race de chevaux tachetés de blanc, souvent représentés dans les peintures chinoises, et que l’on pourrait prendre pour des animaux de fantaisie , si l’on n’en avait pas vu de vivants.
L’équipement équestre d’un mandarin est extrêmement mesquin. En général, ces gens-là ne paraissent pas comprendre tout le parti qu’il est possible de tirer d’un cheval. Les ânes et les mules sont très communs dans le nord de l’empire ; ces dernières sont plus estimées que les chevaux, attendu qu’elles peuvent exécuter plus de travail avec moins de nourriture.
Parmi leurs animaux ruminants, les Chinois possèdent une espèce de daims marquetés, qu'ils gardent quelquefois dans leurs résidences. Gerbillon a décrit une variété de l’antilope qui, selon lui, abonde sur les frontières de la Tartarie mongole : les Chinois l’appellent l/oangyang « chèvre jaune. » On trouve ces antilopes aux envi-
rons du désert sablonneux de Ghamo, ainsi qu’un grand nombre de lièvres, et une espèce particulière d’oiseaux nommés en chinois «perdrix de sable, » ce qui ne prouve* peut-être pas qu’ils appartiennent à l’espèce des perdrix, car on sait que les Chinois ne sont pas fort exacts sur l’article des nomenclatures.
Les moutons sont les mêmes que l’on voit en Afrique : ils sont de l’espèce à grosse queue etnevalentpas ceuxd’Eurepe. Comme les Gliinoisne font jamais usage de lait, on ne trouve des vaches qu’aux environs de Canton ou de Macao ; elles sont aussi petites qu’un âne, mais bien proportionnées, et exemptes de la bosse qui enlaidit celles de l’Inde.
Le buffle , que l’on emploie au labourage des champs de riz, est aussi de petite taille; sa peau est couleur ardoise foncée , couverte de poils peu touffus. Il a du penchant à la malpropreté. En été, lorsqu’il est tourmenté parles mouches qui piquent ses flancs pelés, il court se plonger jusqu’aux naseaux dans un étang* fangeux, puis se roule ensuite sur la terre , de telle manière que son corps est presque toujours couvert d’un enduit épais. Ces vilains animaux sont bien dressés par les individus qui les emploient aux travaux d’agriculture ; ils sc laissent humblement conduire par un jeune garçon , qui souvent s’endort sur leur dos. 11 est probable que c’est par suite de l’introduction du bouddhisme dans leur pays que les Chinois montrent tant de répugnance à manger de la chair de bœuf, de quelque espèce que ce soit.
Le cochon domestique de la tihine est bien connu en Angleterre, où on l’a naturalisé dans les fermes. La chair de porc est la seule que consomme un Chinois peu aisé ; souvent même il la remplace par du poisson salé qu’il mange avec du riz, comme un aliment moins cher encore.
On trouve des sangliers dans les provinces des frontières
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occidentales, mais non point dans l’intérieur de la Chine, ni sur la côte orientale.
L’éléphant n’habite pas la Chine , à moins que ce ne soit dans le Yün-nan, et encore ne l’emploie-t-on pas plus en temps de guerre qu’en temps de paix. L’empereur en possède quelques uns à Péking; ils lui ont été envoyés de Siam en tribut, et il ne les garde que comme des objets de curiosité.
Les rhinocéros unicomes d’Asie existent dans les forêts de l’extrême ouest et de l’extrême sud. On travaille leur corne ; on la polit , on la sculpte , et on en fait des espèces de tasses. On dit qu’il suffit de verser un liquide quelconque dans ces tasses pour connaître s’il renferme du poison. Ce sont probablement les Mongols qui auront importé cette idée de l’Inde , et qui l’auront accréditée en Chine.
La traduction de l 'ambassade chinoise près du khan des Tourgouths, par sir George Staunton, contient une notice curieuse sur le mammouth de Sibérie.
« Dans les parties les plus froides de ce pays septen- » trional , dit l’auteur chinois , il existe un animal d’une «espèce particulière; il habite sous terre, et meurt dès » qu’il entre en contact avec l’air et les rayons du soleil.
» Il est de grande taille et pèse dix mille kin; ses os sont «très blancs, très luisants , comme de l’ivoire; la nature «ne l’a pas rendu puissant; aussi n’est-il ni féroce, ni .. « dangereux. On le trouve ordinairement dans le limon des bords des fleuves. Les Russes recueillent ses os, afin »d|en fabriquer des tasses, des écuelles, des peignes et » d’autres menus articles.
«La chair de cet animal est d’une qualité réfrigérante ;
» on la mange comme un remède contre les fièvres. »
D& découvertes récentes ont confirmé la vérité de ce qui précède , car on a trouvé dans la neige non seulement les os , mais aussi la chair de l’éléphant sibérien.