I.A ciiink
Les rats, que le peuple mange, atteignent en Chine une énorme grosseur. Us se tapissent dans des creux, sur les bords des rivières et des canaux ; on les prend la nuit avec des lanternes; quand on approche de leurs trous, ils s’avancent pour reconnaître d’où vient la clarté ; alors ils sont éblouis, et on les saisit facilement.
M. Keeves a découvert un rongeur, qui paraissait proche allié du rat de bambou de Sumatra , avec lequel on l’a associé sons le nom générique de rhizomys. M. Gray le décrit, au contraire, comme formant un nouveau genre. A cause du système de dentition , il est très proche allié du sjtalax, dont il diffère par la queue, qui, est d’une longueur modérée , par ses oreilles et ses yeux saillants , et aussi par le caractère plus complexe de ses dents molaires. Il habite sur et non pas sous terre; on le trouve dans les haies de bambou, car c’est des racines de cet arbre qu’il se nourrit principalement. »
On est également redevable à M. Reeves de la connaissance de petits quadrupèdes carnivores, nouveaux en zoologie, et nommés actuellement helictis et paguma.
M. Gray décrit le premier comme possédant une dentition semblable à celle des animaux des genres gulo ou muslela, mais différant de ces deux espèces par quelques particularités des dents canines supérieures. La longueur totale de l’animal est de vingt-trois pouces et demi , dont huit pour la queue; il sent fortement le musc.
Le second animal est allié pour les dents à l’espèce vlverra, dont il diffère par la forme et la moindre grandeur de son crâne, les yeux étant plus écartés et le nez plus large et plus court. Sa peau a l’odeur delà civette (1).
L’ornithologie de la Chine se fait remarquer par quelques belles variétés d’oiseaux gallinacés, tels qtte le
( 1 ) Procecdiiigs of Zoologieal Society. i85i , p. <)5.
faisan d’or et d’argent, auxquels on a dernièrement ajouté le faisan de lieeves, dont M. Bennett a donné la description. La queue de cet oiseau a la longueur extraordinaire de six pieds. Comme il vient de Fextrème nord, il a toujours été très difficile d’en obtenir, et jusqu’à présent on n’a jamais pu se procurer de femelle. Quatre coqs apportés à Canton, en i83o, ont été achetés i3o dollars, ou environ 3o livres sterling. On croit que la difficulté que l’on éprouve à avoir .des femelles, provient de ce que les indigènes ne se soucient pas qu’on les fasse couvrir, ou qu’ils s’imaginent que leur plumage , moins beau que celui des mâles, ne les rend pas aussi attrayantes pour les amateurs. Cela est d’autant plus fâcheux, que la haute latitude sous laquelle ces oiseaux existent fait présumer qu’ils s’acclimateraient parfaitement en Europe.
Ln autre oiseau est appelé par M. Bennett le faisan médaillon, à cause d’une membrane de couleurs resplendissantes qu’il déploie ou contracte à volonté : cette membrane est ordinairement pourprée, mêlée de taches vertes et rouge vif, et elle paraît plus ou moins brillante, selon que l’animal est plus ou moins excité.
La Chine abonde en oiseaux sauvages de toute espèce, parmi lesquels les immenses troupeaux d’oies qui, pendant l’hiver, couvrent la xivière de Canton, ne manquent point d’exciter l’attention des étrangers. Elles émigrent au nord durant l’été; lés Chinois les ont prises pour emblèmes de l’amour conjugal, sans y être autorisés par la moindre apparence, et les portent toujours dans les processions nuptiales. •
, Il aurait été plus raisonnable d’adopter le youcn-yang , sarcelle, dont. le plumage est magnifique, et que l’on appelle vulgairement « canard mandarin. » lis appliquent, en effet, le nom yoilen-yang , par allusion à l'amour conjugal, à deux espèces de thé noir superfin T.* II. lf>
qu’ils mettent ordinairement dans la même boite et qu’ils prennent ensemble. Ce sont le pekoe et une espèce supérieure de souchong.
M.Beale possédait une couple de ces oiseaux singuliers ; des voleurs ayant pénétré dans sa volière, dont nous avons parlé, enlevèrent le mâle. La femelle, dès qu’elle s’en aperçut, fit éclater la plus vive douleur; elle se retira dans un coin, négligea le soin de sa personne, et ne voulut ni boire , ni manger. Comme elle était ainsi plongée daims l’adliction, un canard qui avait perdu sa compagne essaya de la courtiser, mais elle repoussa dédaigneusement ses avances, et refusa d’encourager la passion qu’il lui exprimait. Peu de jours après, M. Beale parvint à recouvrer le mâle et il le lui rendit. 11 serait impossible de décrire la joie des deux oiseaux en se revoyant ; ils lirentmille extravagances. Ce n’est pas tout, lorsque le mâle eut appris de sa femelle l’amoureuse obsession du canard, il le poursuivit sans relâche, lui arracha les yeux, et le mit à mort. <
Quelques uns de ces intéressants oiseaux ont été envoyés aux jardins xoologiques de Londres. Le plumage de la femelle est aussi simple que celui du mâle est orné; mais, durant les mois d’été, ce dernier mue et devient aussi simple que sa compagne.
Près de Canton , les canards sauvages égalent en nombre les oies. C’est surtout dans les lacs immenses, traversés par le grand canal, qu’ils abondent. Pour les attraper, les Chinois jettent dans , l'eau une grande quantité de gourdes qui flottent autour des canards ; ces derniers finissent tellement par s’y accoutumer, qu’ils ne se dérangent pas pour les laisser passer; les hommes alors se cachent la tète dans des gourdes semblables, auxquelles ils pratiquent deux trous pour y voir et un autre pour respirer.
Ainsi couverts de cette espèce de casque , ils se jettent
dans l’eau jusqu’aux épaules, et vont droit aux oiseaux, qui, les prenant pour des gourdes, n’ont aucune méfiance , et se laissent aisément attraper par les jambes.
Le cormoran pêcheur, ou pélican {jrun à gorge planche , a le dessous du corps blanchâtre , tacheté de brup , la queue arrondie , l’iris bleu et le .bec jaune.' Lorsqu’on les fait pêcher, on leur m et au cou un anneau qui , les empêche d’avalejr le fruit de leur adresse ; mais , lorsque la pêche est finie, on le leur ôte, et on leur donne à manger le rebut des poissons. Il en est qui sont si bien dressés, qu’on n’a pa| besoin de leur passer d’anneau ■* au cou.
Cormoran pfeheur.
Au nord-est de Macao, sur un groupe de rochers appelci les «Neuf îles,» o/i a vu- des pélicans d’une espèce différente de ceux qui pêchent. »
Parmi les divers oiseaux de la Chine, il faut compter les cailles , qu’on dresse souvent à combattre , le pigeon ramier ordinaire, que l’on trouve en grand nombre dans les bois près de Qanton, et la corneille particulière du .pays, qui est marquée de blanc autour du cou. Nous avons tlèjà dit qua cet oiseau est regardé comme sacré , » soità cause de quelque service qu’il est censé avoir rendu à la dynastie actuelle , soit parce qu’il est l’emblème du devoir filial, d’après la tradition, qyi porte que les petits aidént les* vieux, lorsque ceux-ci sont infirmes. En Eui rope , on a attribué le même caractère à la cigogne ; mais cet animal est considéré en Chine comme le symbole d’une longue vie. Il est représenté , ainsi que le pin , sur leS cartes de visites de nouvel an, pour exprimer que l’on souhaite à celui que l’on est venu voir « plusieurs hëureux renouvellements de la saison. »
Parmi les autres oiseaux connus, sont des ortolans très délicats qu’on appelle dans le pays «oiseaux de riz, » parce qu’ils se 1 nourrissent de cette graine.
Nous allons parler maintenant des reptiles qu’on a JLj'ouvés en Chine. Le crocodile et l’hlligator sont inconnus, même à Canton; on trouve seulement dans la campagne de" petits lézards qui se tapissent entre les fentes des rocliers ou au milieu des buissons. On a envoyé récemment en Angleterre des tortues d’eau douce et deux nouvelles * espèces de batraciens ou de grenouilles. Quoique Canton soit situé sous le tropique , on y est peu incommodé par « les reptiles venimeux. Le plus redouté de ces reptiles est un petit serpent, long de deux à trois pieds, et appelé « le noir et le blanc, » parée qu’il est entouré , de la tête à la queue , de bandes alternatives de ces deux couleurs.
M. Bennett a apporté à Londres un serpent de cette espèce, qui avait été tué après avoir mordu au pied un Chinois, qui<en mourut peu d’heures après. Comme un paysan avoit coupé la tête du reptile, et l’avait appliquée
sur la blessure , après l’avoir pilée , on peut'présumer que le poison qu’elle contenait a pu bâter la mort.
M. Reeves a fait présent au British Muséum d’une belle collection de poissons; la carpe dorée, l’une des espèces les plus remarquables , est depuis long-temps connue en Europe , où elle s’est multipliée. Ce sont les Hollandais qui l’ont importée. En Chine, on les tient dans des étangs artificiels ou dans des vases de porcelaine , entourés de mousse. Quelquefois on est obligé , pour empêcher qu’elles ne deviennent la proie des oiseaux pêcheurs, (qui viennent dès le grand matin, afin de s’en emparer), de couvrir ces étangs d un vaste réseau. Le hieilleur poisson de mer, près de Canton, est une espèce appelée Chek-pan et le Tsang-yu.
Les soles sont très belles et fort bonnes; mais le poisson le plus estimé des gastronomes indigènes est l’esturgeon, en partie parce qu’il est raré, et en partie à cause de sa nature gélatineuse , qualité toujours hautement appréciée par eux dans tous les mets.
Les étuvées de poisson à la mode chinoise sont assez bonnes, puisqu’elles ont été introduites sur les tables des Européens. Ln gastronome a remarqué que chaque pays fournit au moins un ion plat.
Parmi les insectes, les sauterelles exercent de grands ravages dans certains districts, et l’on donne des récompenses à ceux qui les détruisent. Qn ne trouve point de scorpions à Canton; ils sont remplacés par le centipède, que les Chinois nomment comme nous pe-tsou (littéralement cent pieds), et qui est commun. Il existe aussi une araignée monstrueuse qui habile les arbres, et qui est d’une grosseur et d’une force telles qu’elle peut dévorer de petits oiseaux. On voit aussi une grosse espèce de cigale qui se tient sur lès arbres, et' qui produit un bruit assez fort par la vibration de deux corps mobiles sous t’abdomen, bruit que l’on suppose
ôtre un appel à la femelle. Elle fait ordinairement entendre ce bourdonnement dans les journées les plus chaudes.
Le docteur Abel a remarqué le scarabœus molossus et le ctsrambyx farinosus , aussi bien qu’une grande espèce de taupe-grillon. A une montagne à l’ouest de Canton , et nommée Lo-feou-chan , il y a des papillons gigantesques dont les ailes sont d’une couleur très brillante; ces papillons sont si beaux qu’on en envoie tous les ans à Péking, et que les poètes chinois y ont fait de nombreuses allusions.
Le pé la- chou, ou arbre à cire, nourrit un insecte qui passe pour appartenir à la famille des roccus, quoique l’on n’en soit pas certain.
Le volume XIV' (pag. 182) des Asialic Hesearclies contient la description d’un insecte indien de l’abdomen duquel coule une sécrétion floconneuse qui, après être tombée sur les feuilles, se durcit et devient une substance semblable à la cire.
C’est probablement la même espèce que notre pre-
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rnière ambassade a remarquée sur la côte de Cochinchine.
Les limites qui nous circonscrivent ne nous permettent pas ici de parler fort au long de la botanique; nous nous bornerons donc à mentionner les plantes et les arbres les plus remarquables de la Chine. Au premier rang, il faut placer la plante à thé.
Le thé noir et le thé vert diffèrent légèrement parla feuille ; celle du dernier est un peu plus mince , d’une couleur plus claire, et plus longue que l’autre. C’est surtout la dilférencé de la préparation qui contribue à marquer la -distinction que l’on a établie entre eux ; car les Chinois eux mêmes reconnaissent que l’on peut obtenir dulhé noir ou vert de n’importe quelle plante à thé.
Le thé vert est moins sujet à l’action du feu que le noir, et, par conséquent, conserve beaucoup mieux sa couleur primitive ; mais il souffre plus facilement des inconvénients du temps et de l’humidité.
Le thé noir contient beaucoup de fibres de bois , tandis que le beau thé vert est exclusivement la partie charnue de la feuille même; c’est là une bonne raison pour qu’il soit plus cher.
La province du Tché-Kiang produit du thé vert; mais le pays où celte plante croit avec le plus d’abondance est le Riang-nan, situé entre la 5 o' et la 5 i e parallèle de latitude nord.
Le pays du thé noir est dans le Fo-kien, entre le 27' et le 28' degré de latitude, sur les^penchants sud-est d’une rangée de collines qui sépare cette province de celle du Kiang-sé. Les arbrisseaux à thé réussissent extrêmement bien sur les flancs des montagnes , où il y a une petite agglomération de sol végétal. Nous les avons toujours vus, élevés au-dessus des plaines, dans des situations où le sol était une décomposition de pierre' à sablon ou de granit. Le docteur Abel a inféré de cette particularité que les montagnes du Cap seraient extrêmement favo-
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