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sur gages domine généralement, comme il k fait en Chine, de même que la rue des Lombards était jadis garnie de boutiques d’usuriers venus de Lombardie.
Selon les Mémoires sur les Chinois (1), le gouvernement a pour but , en légalisant ainsi un taux d’intérêt élevé, de faciliter les emprunts et de décourager le luxe et la prodigalité , en hâtant la ruine de ceux qui n’empruntent que pour dépenser.
Sir George Staunton, dans une note de sa traduction de la loi chinoise relative à l’usure , explique de la manière suivante la limite élevée fixée par le code :
«Le taux de l’intérêt pour de l’argent prêté doit être considéré sous un double point de vue. Outre qu’il est admis comme équivalent à l’avantage qu’on retire de l’usage de l’argent, le prêteur est supposé , dans la plupart des cas , recevoir aussi une certaine compensation pour les risques auxquels il expose son capital. La première considération sera toujours limitée par le degré particulier de la prospérité générale du pays; mais la dernière ne peut évidemment se déterminer par aucune règle ou proportion, non conforme à la vue des circonstances où se trouvent les parties intéressées à la transaction.
» En Angleterre , où véritablement la sûreté des propriétés et les droits des particuliers sont si bien réglés , et protégés si efficacement parles lois, on peut aisément se garantir des risques en même temps qu’on en assure la compensation. Mais en Chine, où les droits attachés aux propriétés sont vagues et nuis , comparativement aux nôtres, les lois ne s’en occupent pas autant; là où , relativement aux subdivisions des biens, il y a peu de grands capitalistes, là où l’on ne trouve qu’une légère confiance réciproque, excepté entre parents, qui, ayant leur pa-
(0 Volume IV, page 299.
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trimoine en commun à certain point, peuvent à peine passer aux yeux de la loi pour des emprunteurs ou des prêteurs; là, dis je, il paraîtrait qu’il serait convenable de permettre, dans les transactions pécuniaires, les stipulations d’un intérêt très fort; et dans le fait, il n’y a pas de doute que la loi, toute indulgente qu’elle est à cet égard , ne soit fréquemment enfreinte.
» Dans un état de choses aussi défavorable à l’accumulation et au transfert des biens-fonds, on ne peut qu’être incertain sur le placement des capitaux, et il est naturel de s’attendre à ce que la valeur de ces capitaux , en tant qu’elle est assujettie à l’intérêt qu’ils rapportent, hausse en proportion de leur rareté ; ou, en d’autres termes, là où il se trouve beaucoup d’emprunteurs et peu de prêteurs , et où il n’entre pas dans le système du gouvernement d’accorder aux premiers aucune'protcction , aucun encouragement, il semble que ce serait une conséquence nécessaire que les derniers exigeassent, et obtinssent en retour une compensation plus qu’ordinaire pour l’usage de leur propriété. De là, le commerce, qui demande aussi d’être aidé , ne peut avoir autant d’extension que dans les pays où les capitaux rapportant davantage, on peut se les procurer à un taux plus bas, et où, par conséquent, un plus petit bénéfice en retour se trouve équivaloir aux frais des hasards commerciaux. »
Le commerce intérieur d’un pays aussi vaste que la Chine, gouverné par des principes exclusifs, doit constituer la partie fondamentale de son négoce. Effectivement le commerce européen de Canton n’est presque rien , si on le compare à la prodigieuse étendue de l’empire et à l’énormité de sa population. Le commerce extérieur, qui se fait au moyen des jonques, est extrêmement limité par suite de la mauvaise construction de ces vaisseaux, de l’ignorance nautique de ceux qui les manœuvrent, et
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du peu d’ardeur que les Chinois témoignent, en général, pour les courses aventureuses à l’extérieur.
Les jonques, par tous ces divers motifs, ne vont donc pas au-delà du Japon, au nord; des lies Lu coniennes, à l’est; de Batavia, au sud; et du détroit de Malacca à l’ouest.
C’est aux mois de juin et de juillet qu’elles partent de Ning-po et d’Emouy, pour le Japon, avec un chargement de pièces de soie, de porcelaine, de sucre, de drogues telles que de la rhubarbe, du jin-seng, etc., du bois de sandal, importé des Indes et des Iles de la mer du Sud par des vaisseaux anglais et américains.
Pour Lucovie , elles prennent une cargaison de marchandises assorties, mais ne rapportent que du riz ou des dollars.
Entre la Chine et Batavia, une jonque n’appareille jamais , pour quelque destination que ce soit, lorsque le mousson n’est pas favorable. Elle quitte les rivages de la Chine au mois de février ou de mars, et revient en juillet. Les objets d’exportation sont du thé, de la porcelaine, et divers médicaments en échange de ce que l’on appelle à Canton des « produits de détroit, » c’est-à-dire des noix d’arek, des rattans, des nids d’oiseaux, du poivre , etc.
Depuis peu, un commerce considérable s’est établi par jonque entre la Chine et Singapore.
Nous avons déjà remarqué que les produits bruts trouvaient en Chine un écoulement plus facile que les produits manufacturés, parce que les lois prohibent tous les objets qui ne sont point sanctionnés par l’usage. Il est dit dans le Code pénal (») que « les maisons, les apparte- »mcnts, les voitures, les habillements, les meubles et » autres objets dont les fonctionnairés publics et le peuple
(i) Lcou-lt , section 175.
» sc servent en général, doivent être conformes aux règles » établies. »
La coutume qu’ont les Chinois de ne rechercher que les objets nécessaires à leur existence, les rend sous ce rapport parfaitement indépendants des étrangers. Le midi de leur empire produit en abondance du riz et du sucre, l’est de la soie, du coton et du thé , l’ouest des métaux et des minéraux, et le nord des pelleteries et une multitude de médicaments. ..
Les droits de transit perçus sur le commerce intérieur forment une partie considérable du revenu du gouvernement, et lui ont peut-être été suggérés par le besoin de faire face aux dépenses de construction du grand canal.
Ces droits s’étendent maintenant à presque tous les articles de consommation , et l’on a calculé que l’augmentation produite dans le prix du thé à Canton , par les impôts du gouvernement, aussi bien que par les frais de transport, s’élève à 1 5 o,ooo livres sterling sur les thés noirs seulement. Quant aux frais de transport, ils paraissent assez motivés par les difficultés de la navigation.
Nous sommes confinés à Canton, c’est-à-dire à un seul port, dans une seule province, séparé du reste de l’empire par une barrière de hautes montagnes, et choisi exprès par le gouvernement chinois comme le lieu le plus éloigné de la capitale. Nos laines, pour arriver à Péking, ont à franchir 1,200 milles et à traverser la barrière montagneuse au pied de laquelle elles sont déchargées des bateaux, et portées à force de bras à travers le défilé de Meï-ling.
Un neuvième de nos laines est consommé dans lespro- «
vincesdu nord, y compris la capitale, ainsi que l’a prouvé M. Bail, qui a énuméré les immenses avantages qui résulteraient pour notre commerce, si le gouvernement chinois se décidait enfin à nous admettre dans un port plus
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au nord, et plus proche des provinces où croit le thé (1). L’expérience a effectivement démontré que, de tous les porls de l’empire, Canton est le moins favorable au commerce européen.
Le gouvernement tartare, en empêchant le commerce européen de prendre plus d’extension, a sans doute eu pour but d’éviter à la capitale un voisinage qu’il considère comme dangereux pour sa tranquillité, et aussi de tirer le plus possible de droits du transit intérieur.
Le revenu annuel de Canton s’élève , à ce que l’on assure, à plus de 1,200,000 tacls perçus sur les importations seulement; cette somme ne peut cependant entrer en comparaison avec les autres recettes de nature indirecte (2) . On arrache aux marchands hong des contributions sous différents prétextes, comme pour les besoins de l’armée, pour le fleuve Jaune, pour le tribut dû à l’empereur, et le fonds consou , destiné d’abord à payer les dettes de leurs collègues en faillite, est une source abondante de revenus pour le gouvernement chinois, en même temps quelle grève notre commerce.
Outre cela , les emplois inférieurs des douanes de Canton étant affermés , se soutiennent nécessairement à force d’exactions sur les Européens.
Puisque nous venons de nommer encore une fois les
( 1 ) Quarlerly Ileviem , vol. XIII, p. i53.
• ( 2 ) ItC meilleur moyen d'estimer l'importance da commerce de Canton pour les Chinois, consiste plutôt à examiner la quantité de thé exportée, que celle des importations du dehors. Si les quarante ou cinquante millions de livres pesant que nous leur prenons annuellement d'un article auquel le travail humain a une part si grande, se trouvaient rejetés entre leurs mains, le résultat eu serait pour eux désastreux. Cependant il faut remarquer que l’exclusion d'une nation européenne ne leur nuirait aucunement, altenüii qu'elle serait aussitôt remplacée par d’nutre*. Les Américains, cnx-mêmes, s’estimeraient heureux de devenir nos pourvoyeurs, si une rupture avec la Chine nous privait -des moyens d'aller chercher directement notre thé à Canton.
marchands hong, nous dirons que ce corps a dû son origine et ses privilèges autant à la cupidité de ses membres qu’à la politique du gouvernement.
Les hong sont actuellement au nombre de onze, différant entre eux par leurs richesses et le degré de considéra-, tion dont ils jouissent. Ils ne forment point une compagnie, mais ils ont la permission de négocier chacun individuellement, quoiqu’ils aient été, jusqu’en i83o, solidairement responsables des dettes contractées par l’un d’eux. Depuis on a beaucoup diminué cette responsabilité du corps, parce que l’on a reconnu qu’elle donnait aux membres pauvres de la facilité pour obtenir des fonds des Européens , facilité qui avait déjà été la cause des nombreuses faillites , réelles ou frauduleuses, déclarées parmi les hong.
Le fonds consou , dont on a tiré tant de sommes considérables, provient des droits de 3 pour îoo perçus par le corps des marchands hong sur les exportations et les importations étrangères; c’est pour cela qu’il est une charge pesante pour le commerce de Canton. Au lieu de prendre fin avec les dettes qu’ils devaient éteindre, ces impôts ont continué d’être perçus, alors même que leur objet primitif avait cessé d’exister. Il n’est donc point étonnant que les autorités locales de la province aient persisté à maintenir un état de choses qui leur est aussi profitable qu’il est ruineux pour nous.
Outre les taxes dont nous venons de parler , il en est d’autres, non moins accablantes, appelées droits de tonnage ou de port. Voici, en peu de mots, l’itinéraire suivi par un vaisseau près d’arriver.
En atteignant la côte vers le sud , il double les Ladrones, deux lies peu étendues, mais fort élevées, puis une pointe au sud-est de Macao, appelée Cabrita par les Portugais. A la hauteur de la ville, est un ancrage de trois ou quatre brasses de profondeur. Les vaisseaux de haut