‹ La ChineChapitre 62 sur 79 · jo · texte numérisé non relu

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Bateau chargé.

Le gouvernement chinois, comme s’il eût voulu donner lui-même plus d’extension àce port, rendit, lors de la disette de riz de 1825, un édit portant que tous les vaisseaux chargés exclusivement de riz seraient exceptés des droits de port perçus à Whampoa. Il s’ensuit que des vaisseaux stationnent à Lintin au-dessous de l’cmhouchure de la rivière^ avec des cargaisons de riz qu’ils vendent en quantité suffisante aux autres vaisseaux nouvellement arrivés, afin de les exempter desdits droits de port, tandis que les véritables chargements restent à Lintin , d’où on les fait pénétrer en Chine par contrebande , ou bien on les met à bord d’autres bâtiments chargés et nolisés pour Whampoa.

On remarqua à Canton, peu après l’introduction de cet étrange système , que si le commerce illégal continuait à s’accroître , grâce aux penchants naturels des indigènes pour la fraude et à la vénalité des bas officiers des douanes, il ne tarderait pas à changer matériellement le chiffre des revenus que le gouvernement tire du commerce extérieur.

T. V cm NK.

Les vaisseaux se donnent maintenant rendez-vous dans, les lies; là, les marchandises apportées par les bâtiments d’Europe sont transportées à bord d’autres bâtiments venus de Whampoa , et c’est ainsi que l’on évite les droits •de port.

En i834, les autorités provinciales se sont montrées alarmées de l’extension considérable que le commerce de contrebande avait pris à Lintin. Leurs appréhensions étaient fondées, sans nul doute, d’abord sur les maux résultant des coutumes désordonnées et illicites engendrées par ce système , cl ensuite sur la diminution et peut-être même l’extinction totale qui pouvait avoir lieu du revenu produit par le commerce légal.

Le Chinese commercial Guide , imprimé vers cette époque, remarque que l’ouverture du commerce de la Chine aux vaisseaux anglais contribuera, tant que les taxes vexatoires seront levées à Whampoa, à augmenter le commerce de Lintin, au point d’amener la création de dépôts pour d’autres marchandises que l’opium.

Le même ouvrage fait observer que le contrôle du gouvernement sur le peuple est trop tyrannique pour lui permettre de courir le risque d’acheter là où il n’est pas sûr de réaliser de grands profits. De là vient que l'opium est toujours demandé, tandis que le riz, porté même dans les districts populeux , mais stériles , de la côte du Fo-kien , n’a jamais trouvé d’écoulement prompt ou avantageux.

Le temps seul pourra faire voir s’il est possible d’introduire avec succès sur la côte orientale des objets de manufacture européenne. Feule docteur Morrison disait en 1 8a3 , qu’il n’est pas probable , tant que les Tartares régneront sur la Chine, qu’aucun port de l’est soit ouvertauxbâtimentseuropéens. Ils ne permettront même point que l’on transporte le thé par mer au sud, de crainte d’être privés des bénéfices que leur procure le

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