‹ La ChineChapitre 65 sur 79 · EXPORTATIONS EN · texte numérisé non relu

EXPORTATIONS EN

Marchand i»r* Dollar*.

Tlids 9, 155,74g

Autrui exportations )i,3»9,5xi

Total... 20,443.270

La quantité d’opium que nous avons importée a donc été plus grande que celle du thé exporté.

La drogue pernicieuse que nous avons vendue aux Chinois a excédé la valeur de la feuille salutaire que nous leur avons achetée, et la balance du commerce nous a été soldée en argent.

Il est certain que la vente de l’opium est moins considérable^ on la compare à celle des années précédentes; cependant il reste encore à décider quelle part la nouvelle loi a eue à cette diminution.

On peut voir, d’après la planche ci-jointe, que l’opium se fume d’une autre façon que le tabac.

Comme le thé a toujours occupé une place importante dans notre commerce avec la Chine il mérite que nous en fassions ici une mention particulière.

Nous avons vu que la bonté et la cherté du thé sont déterminées par la souplesse et la petitesse de la feuille, lorsqu’elle est cueillie. Les diverses sortes de thés noirs diminuent de qualité et de valeur , suivant que ces thés ont été cueillis plus lard. L’espèce la plus commune, que nous appelons en Europe boltea, s’appelle en Chine la-ltka (gros thé), en raison de la maturité et de la grandeur des feuilles. i >

Les premiers bourgeons qui sontcouverts au printemps d’un duvet blanc soyeux, sont cueillis pour former du pekoe , mol corrompu du nom de palc-ho, duvet blanc , qu’on lui donne à Canton.

Au bout de quelques jours de croissance , ces mêmes bourgeons produisent ce qu’on appelle du « pekoe à

5îS

feuilles noires. » Les feuilles les plus charnues elles plus mûres constituent le soucliong, les plus grandes et les plus rudesforment 1 c congou, enfin la dernière cueillie est le bohea. Les fermiers de thé, qui sont des cultivateurs ou de petits propriétaires , donnent au thé une préparation grossière, et le livrent ensuite aux contractants, dont l’affaire est d’achever celte préparation , en raison de la nature de la demande.

Voici l’énumération des différentes espèces de thé, considérées dans l’échelle ascendante de leur valeur.

i. Le bohea, qui, en Angleterre, est le nom d’une qualité àe thé, est en Chine celui d’un district où croissent les diverses sortes de thé noir. La feuille grossière importée ici sous cette désignation contient une plus grande proportion de fibres de bois que les autres. C’est à cela qu’on distingue le bohea. Lorsqu’il est infusé , il est aussi d’une couleur plus foncée, et lorsqu’il a été sujet h l'action du feu, il reste plus long-temps sans se moisir que les espèces les plus fines.

Il existe encore deux autres qualités de bohea; la moins bonne, appelée bohea de Canton, se prépare dans celte ville même. La meilleure espèce de bohea vient du district de ce nom , situé dans la province de Fo-kien.

Comme depuis peu on le met sur le même niveau que les thés congous, on les place l’un et l’autre dans les mêmes caisses carrées, tandis qu 'autrefois on le mettait dans des boites oblongues.

a. Le congou est ainsi appelé par corruption du chinois kong-fou «travail ou assiduité. » Pendant long-temps il a formé la principale partie des cargaisons des vaisseaux de la compagnie des Indes. Mais depuis quelques années la consommation du bohea s’est augmentée aux dépens de celle du congou , et le meilleur thé de cette dernière qualité a considérablement baissé de prix.

Une variété de congou, appelée campoï, par corruption

de kien-poeï «choix, » a cessé d’être estimée en Angleterre, à cause de son manque de force, particularité que l’on apprécie ordinairement plus que la délicatesse de saveur.

5. Le souchong (siao-lchong) , petite espèce, est le plus beau des thés noirs forts. Sa feuille, en général, est entière et roulée , mais plus jeune que les espèces communes.

Le thé qu’on appelle « padre souchong, » est enveloppé dans des paquets de papier séparés, du poids d’environ une demi-livre. Il est si beau , qu’on le destine aux présents. L’usage que les missionnaires catholiques en firent dans ce but donna naissance au nom qu’il porte.

Les meilleures qualités de souchong sont quelquefois parfumées de l’odeur des fleurs du chlorantlius ineonspicuus et du gardena jlorida; on ne peut s’en procurer, même en Chine , qu’à, des prix fort élevés.

Le sorte ht , feuille très crispée, est tombée en désuétude , parce que l'on a reconnu qu’il contenait une poussière ferrugineuse , provenant sans douté autant de la nature du terrain où croit la plante que de la fraude de ceux qui la vendent. [ .

4 . L cpekoe, qui est composé principalement desjeuncs bourgeons printaniers, ne peut se cueillir sans nuire aux autres produits de la plante; c’est pour cette raison qu’il est cher et peu abondant.

Dans le but de lui conserver sa saveur, on le fait peu sécher, voilà pourquoi il se conserve moins facilement que les autres thés. Il y a ensuite une espèce de pekoo faite dans le pays du thé vert, mais elle se gâte à la moindre humidité, c’est pour cela, et à cause de son prix élevé, que le liyson-pekoe, comme on l’appelle, n’a jamais été importé en Angleterre. Les mandarins se l’envoient mutuellement en présents ou l’adressent à

Page 1