‹ La Chine moderneChapitre 3 sur 38 · PREMIERE PARTIE L'INTÉRIEUR DE LA CHINE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE L'INTÉRIEUR DE LA CHINE

Impression générale et formation historique

La façade et Tintérieur. — La vie d'hiver en Mandchourie. — Le spectacle du Tchekiang. — Les leçons du Kiangsi. — La modernisation des deux Kouang et des deux Hou, — Division de la Chine. — Résumé historique.

Jusqu'ici, ce que nous connaissons de la Chine, du moins ce que nous en connaissons le mieux, ce sont les points où nous sommes installés : ce sont les quarante ports ouverts, — seuls endroits d'ailleurs où l'étranger soit autorisé à habiter en vertu des traités ; ce sont peut-être surtout les ports occupés par les étrangers qui, par conséquent, n'appartiennent plus véritablement à la Chine qui les a loués à long bail : c'est Hong Kong, c'est Tsingtau, c'est Dalny, c'est Wei hai wei, c'est l'antique Macao, c'est, pour nous Français, Kouangtcheowan. Mais si nombreux, si actifs que soient les Célestes, coolies ou gros marchands, qui se mêlent aux étrangers dans ces champs d'action particuliers, ils ne donnent qu'une idée très

lo l'intérieur de la chine

lointaine de la Chine réelle, et même de la Chine moderne.

Encore que la Chine soit un pays où « la face »> prime tout, tant que nous ne connaîtrons que cette façade du Céleste Empire, tant que nous n'irons pas dans l'intérieur, comme nous faisons maintenant au Japon, sans passeport, naturellement sinon commodément, nos opinions sur ce pays considérable, non seulement seront toujours révisables, mais demeureront inefficaces. En général, nous ferons trop crédit à la Chine, parce que nous n'aurons vu que ses boulevards européens ou ses écoles américaines. Maintenant que les explorateurs ont pénétré un peu partout, il faudrait connaître plus en détail les contrées qu'ils ont traversées, savoir plus précisément la nature du sol et la richesse du sous-sol, aussi bien que le caractère des habitants, surtout là où les chemins de fer vont sans doute permettre la pénétration; et, province par province, l'empire chinois devrait désormais être le champ d'observation des plus minutieuses enquêtes.

Jusqu'à ce que les Chinois soient en état de nous renseigner sur leur pays, nous avons le devoir de ne traiter d'égal à égal avec eux, selon leurs prétentions, qu'autant que nous aurons sur eux-mêmes et leur milieu des certitudes qui autorisent pareil traitement. Les bâtiments neufs élevés pour les écoles, les casernes ou les prisons, dans les capitales provinciales qui se modernisent, ne doivent pas nous faire illusion; il faut replacer cela dans l'ensemble, parmi les masures et les puanteurs. Pour juger la Chine telle qu'elle est, il faut vivre dans l'intérieur.

En usant des moyens de transport de la région, chemins de fer ou vapeurs parfois, mais le plus sou-

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