‹ La Chine moderneChapitre 5 sur 38 · IMPRESSION GÉNÉRALE ET FORMATION HISTORIQUE TJ · texte numérisé non relu

IMPRESSION GÉNÉRALE ET FORMATION HISTORIQUE TJ

tout le nord et le centre, les bassins du fleuve Jaune et du fleuve Bleu; c'est à la fois le noyau historique et la base économique de l'Empire; il renferme les provinces du Tcheli, du Chansi, du Chensi, du Honan, des deux Hou (Houpé et Hounan), une partie de l'énorme province du Sseu-Tchoan, du Kiangsi, du Nganhoei, du Kiangsou, du Tchekiang, du Chantong et enfin les trois provinces de Mandchourie. Dans toute cette partie de l'Empire, non seulement la terre vaut d'être décrite et vue, mais aussi ceux qui en usent et la façonnent; et c'est ainsi que tel centre apparaît comme un foyer spécial. Péking, siège du gouvernement, Péking oii affluent tous les fonctionnaires en expectative d'emploi, Péking est le foyer administratif. Puis, en prenant le grand central chinois, qui atteint Hankeou, on traverse la plaine du Tcheli, l'un des principaux centres agricoles, grenier de la Chine autant que la Mandchourie et le Nganhoei. En entrant dans les monts, c'est le groupe minier du Chansi et du Chensi, que l'on quitte pour arrivera Wout'chang, foyer intellectuel situé sur la grande ligne de communication qu'est le Yangtse. Puis l'on passe dans la région industrielle et commerciale du Kiangsou où se trouve Changhai. De là, le bateau, et bientôt le train aussi, vous portent au Chantong, terrain de rencontre entre le passé et l'avenir; c'est la patrie de Confucius, le pays de la montagne sacrée du Tai chan, le lieu d'origine de la soie, le berceau de la vieille sculpture sur pierre; c'est en même temps une contrée surpeuplée sur laquelle l'Allemand a une forte emprise et l'Anglais un point d'attache.

Comme pour enchâsser et garantir la vieille Chine du nord et du centre, flanquée déjà au nord par la

i8 l'intérieur de la chine

Mandchourie toute peuplée de colons du Chantong et du Tcheli, une seconde partie de l'Empire s'étend au sud et à l'ouest, comprenant d'abord les provinces côtières avec les villes marchandes de Foutcheo, Amoy, Soateo, Hong Kong, Canton, Macao : puis le Kouangsi, le Yunnan et ses réserves, le Sseutchoan fertile, les riches terrains miniers du Kansou. C'est la ceinture de TEmpire.

Puis, hors de l'Empire, d'immenses étendues de territoires forment comme une seconde bordure : ce sont les pays soumis, les terres de mainmise impérialiste, autrefois les Annamites et toutes les races montagnardes, maintenant encore les Lolos, les Tibétains, les Mongols.

Enfin, au delà des mers, il y a encore la plus grande Chine, toujours en contact avec la plus vieille Chine, les émigrés de Cochinchine, de Singapore, des Indes hollandaises, des Philippines, ceux du Transvaal et de la Réunion et jusqu'à ceux du Pacifique.

Voilà donc comment est composée la Chine moderne : trois parties continentales et une partie mondiale, disposées concentriquement autour de la capitale de l'Empire du Milieu.

De ces différentes parties, la première a une histoire qui la détermine même géographiquement, la limite et l'explique : et qui, parce qu'elle nous raconte la naissance et le développement du pays, vaut d'être rappelée à grande traits : connaissant la formation de la Chine septentrionale et centrale, nous comprendrons mieux la place prépondérante qu'elle tient dans la Chine d'aujourd'hui. C'est dans le cadre formé : au sud par les monts du Foukien, le Tayuling, le Meiling, le

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