CHIM
duits par le même champ , l’empereur creuse quelques sillons; il est imité par les princes et par les ministres. On sème ensuite les « cinq sortes de graines , » et l’empereur se retire, après avoir laissé le champ à la garde d’un officier, qui est chargé de mettre de coté la récolte pour l’employer aux sacrifices.
L’encouragement que l’empereur donne à ce qui produit la nourriture, l’impératrice le donne à la culture ‘dû mûrier et à l’élévation des vers à soie qui fournissent les vêtements.
A la neuvième lune , elle sort accompagnée des principales dames du palais pour sacrifier sur l’autel de l’inventeur de la fabrication de la soie , et lorsque le sacrifice est achevé, elle ramasse une certaine quantité de feuilles de mûrier pour les consacrer à l’alimentation du dépôt impérial de vers. Elle exécute ensuite diverses actions qui sont relatives au même objet, puis la cérémonie est terminée. Le quatrième des seize discours du « Saint Edit» adressés au peuple , traite exclusivement des deux sujets que nous venons do mentionner. « Soignez vos fermes (est-il dit) , soignez vos mûriers, afin que vous ayez de la nourriture et des vêtements. » On rappelle que, bien que quatre provinces seulement produisent de la soie parfaite , les autres fournissent les matériaux non
* moins utiles du chanvre et du coton.
L’un des empereurs de la dynastie actuelle a fait publier tout exprès un ouvrage sur ces deux grandes branches de l’industrie nationale. 11 est intitulé Ktn"-lchi-lou,
‘ « Illustrations de l’agriculture et du tissage ; » il consiste en uhé collection de gravures sur bois , représentant les divers procédés employés pour la culture du riz et la production de la soie , avec des descriptions imprimées. Ondihait^que les v ers suivants de Goldsmilh ont dicté le sentiment qui a porté les maîtres de la Chine à donner
• la préférence à ces deux genres d’industrie sur plusieurs
autres branches commerciales, et même suivie commerce extérieur.
« Cet orguoilluiix empire se précipite vers one ruioe prochaine ,
» Comme l'Océan culraine avpc lui le mêle ébranlé par ses vagues ;
Il Tandis que les l'itals indépendants peuvent brav.er les âges ,
Il De même que les rochers résistent aux efforts des lames et aux
oragesulu ciel. »
Les principales fêtes dont il nous reste encore à parler ne sont pas nombreuses. Le cinquième jour de la cinquième lune, qui se présente ordinairement en juin, est célébré de manière à attirer l’attention de l’étranger à Canton. Des bateaux très longs et fort étroits, construits exprès pour ce but, sont manœuvrés par quarante • ou soixante, et quelquefois quatre-vingts marins qui frappent l’eau de leurs rames en cadence , au bruit d’un gong dont bat un homme placé tout debout au milieu d’eux. Ces canots luttent à l’envi de vitesse, et souvent des accidents arrivent, lorsqu’ils se choquent ou se ren- ‘ versent. On les appelle « bateaux-dragons » à cause, de leur extrême longueur. Ces joutes nautiques font partie du petit nombre de divertissements gymnastiques des Chinois.
Le premier jour de la septième lune , ou quelquefois au mois d’août, ils célèbrent une fête en l’honneur de ceux de leurs parents qui sont partis pour le monde des esprits; ce n'est pas une fête particulière » mais bien une fête publique. On élève de vastes cabanes que l’on orne de lanternes et de chandeliers, et où l’on place les, images des divinités infernales, y compris celle de Yen-Wang , le. Plulon des Chinois. Les prêtres de Bouddha chantent des messes pour les morts; on fait des offrandes d’aliments, et l’onbrûle une grande quantité de papier, en guise de vêtements. C’est dans ces occasions que l’on peut voiries tableaux représentant «l’état futur» selon les bouddhistes ,