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L’extrait suivant d’un journal inédit de la dernière ambassade (i) décrit le procédé singulier employé pour franchir les écluses : « On nous annonça que quelques uns de nos bateaux allaient passer par l’écluse , l’ambassadeur proposa alors au légat d’aller voir la manœuvre. Le légat répondit qu’il l’accompagnerait avec plaisir. Nous nous plaçâmes donc sur le môle, tandis que l’on tirait les quatre principaux bateaux, du port de 6o à 70 tonneaux. Grâce à la précaution qu’on avait eue de mettre de chaque côté du môle d’énonnes coussins de cordages pour amortir le choc , s’il en survenait, les bateaux franchirent l’écluse sansaccident. Le courant était un peu plus fort que celui de la Tamise sous les arches du vieux pont de Londres. Les aboutissements de pierre étaient construits principalement en gros blocs de marbre gris ou de pierre à chaux , avec quelques blocs de granit mêlés. Après avoir assisté à ce spectacle , nous rejoignîmes nos chaises qui nous transportèrent à nos bateaux.
» A midi et demi nous franchîmes une seconde écluse pareille à la première ; mais nous ne quittâmes pas nos bateaux, bien que le courant fût aussi rapide et que le légat nous engageât vivement à prendre terre. Le passage s’effectua encore sans le moindre accident; cependant je dois mentionner que nous courions de très grands dangers, car si les cordages qui retenaient les bateaux s’étaient rompus, ceux-ci auraient été immanquablement engloutis. •>
Il est assez curieux de trouver la description contenue dans ce passage si conforme à celle donnée par un voyageur arabe six cents ans auparavant , peu de temps après que les routes artificielles par eau eurent été construites jjar lès conquérants mongols de la Chine. La différence de niveau est ordinairement de 5 à 6 pieds aux écluses ,
(1} Jom'iiul (le 511 ’ Stnutilon.