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lieu de leur lèvre inférieure. Quelques unes étaient assises dans des voitures couvertes qu’on loue ainsi que des chevaux dans diverses parties de la ville (1) ; d’autres se tenaient à cheval dans la position des hommes.
* A l’entrée de plusieurs rues fort étroites étaient des portes près desquelles se trouvaient des soldats pour apaiser les troubles qui pourraient s’élever dans les alentours. « Ces portes sont fermées à la nuit tombante. L’ambassade traversa une rue qui s’étendait du nord au sud de la ville tartare dans une longueur de près de quatre milles, et deux heures après être entrée du côté oriental , elle sortit par l’une' des portes occidentales. »
Elle se dirigea ensuite vers le parc impérial de Youen- * ming-Youen. La ville tartare a environ trois milles de largeur de l’est à l’ouest, et quatre de longueur du nord au^ud. La partie qu’elle avait traversée avait un peu plus de cinq milles, et l’observatoire qu’elle avait vu était celui de Kin-sing (ou de la planète Vénus) , près du coin sud-est de la muiaille. C’est là que furent déposés les instruments astronomiques apportés par lord Macartney. La fabrique élevée avec sa cloche cylindrique est le tchong-lo ou f tour à cloche , » près de laquelle on remarque le bureau du « gouverneur des neuf portes » auquel est confiée la police de la ville.
Dans les limites de la cité tartare, près de la porte méridionale du mur impérial, sont les principaux conseils ou tribunaux du gouvernement suprême , et un peu plus loin, le collège de la légation russe, composée de dix personnes. A côté de la plus occidentale des trois portes du sud , était situé le collège des jésuites portugais , dont le demierfutchassé, en la personne du père Serra, l’an 1827.
(1) A Péking, il ii’j a que les gens privilégiés qui puissent avoir une rhaisé k porteurs: il ii’cn est point ainsi dans les autre» partie» de l’empire.
Les plus favorisés des catholiques , c’est-à-dire les jésuites français employés par Kang-hi , demeuraient dans le circuit du mur impérial près du lac et des jardins. Ce vaste enclos , qui couvre une superficie d’environ deux milles carrés, est juste dans le centre de la cité tartare ; il n’y a que les personnes à ce autorisées qui puissent y entrer. Il correspond pour la forme aux limites extérieures de la ville , car il consiste en un carré oblong bâti sur un plan fort régulier , et renferme un troisième enclos consacré exclusivement à l’empereur qui l’habite ; on nomme ce dernier enclos « le mur prohibé. » C’est là que sont situés les palais particuliers du souverain et de son épouse.
Sous le rapport de la population , le mur impérial et le mur prohibé peuvent être considérés comme des espaces inhabités. Le père Hyacinthe dit que le lac a près d’un mille de longueur. Suivant la description qu’il nous a laissée , il parait que les palais et les jardins du Fils du Ciel sont en tous points dignes du vaste empire sur lequel il règne. Les deux cités chinoise et tartare, qui forment ensemble la capitale, renferment, dit-on, trois millions d’habitants. Ce chiffre est presque égal à celui de la population entière du royaume de Portugal , selon le dernier cens. Si l’on admet que le nombre des individus qui reconnaissent l’empereur de la Chine pour leur maître excède réellement trois cents millions , celui-ci peut bien se permettre de parler avec quelque dédain des royaumes dont la population n’atteint pas la centième partie du sien.
Du côté oriental de la cité tartare est l’autel du Soleil , attendu que cet astre se lève dans ce quartier ; l’autel de la Lune est situé du côté occidental, parce que, lorsqu’elle est dans son plein, elle se couche à l’ouest, tandis que le soleil SC lève de l’autre côté. Cette attention au lever du soleiî explique beaucoup de coutumes chinoises. Le climat les oblige de bâtir les maisons spacieuses de manière
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à ce qu’elles soient en face du sud , mais contre le nord, afin de recevoir le mousson méridional en été , et d’exclure le mousson septentrional en hiver; la partie orientale de la maison est la plus honorable par cette raison, et l’on appelle le chef d’une famille « l’Orient de la maison. »Le côté gauche est également à l’orient du principal siège dans la salle de réception, ce qui explique pourquoi chez eux la place d’honneur est à gauche , contrairement à la coutume qui, en Europe, lui assigne la droite.
La ville chinoise , qui est au sud de la ville tartare ou delà «cité aux neuf portes, » n’est point assujettie au même degré de surveillance militaire et de police que celle qui renfenne la résidence de l’empereur ; aussi ses murailles sont-elles moins élevées; elle est presque aussi vaste. Cependant il faut remarquer que la plus grande partie de la cité tartare est occupée par les immenses cours des temples du Ciel , du dieu de l’agriculture (ceux de celte divinité sont appelés quelquefois temples de la Terre), où l’empereur sacrifie tous les ans et exécute la cérémonie du labourage. L’autel du Ciel est situé dans un enclos carré qui a environ trois milles en circuit, près du mur méridional de la cité chinoise. La terrasse consiste en trois étages diminuant de cent vingt à soixante pieds de diamètre ; chaque étage est entouré d’une balustrade de marbre , et on y monte par des degrés de même matière. Vers le nord-ouest est le palais de l’abstinence où l’empereur jeûne pendant trois jours , avant de sacrifier au ciel , au solstice d’hiver. L’autel de la Terre se trouve de l’autre côté de la grande rue centrale conduisant à la cité tartare ; le carré qui lui est affecté renferme le champ que l’empereur et ses hauts-officiers labourent annuellement.
Proche de l’angle sud-est de la ville chinoise *sont d’immenses pièces d’eau et des terrains ouverts où l’on
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cultive les grains et les végétaux nécessaires à la consommation de Péking. Au-delà des temples du Ciel et de la Terre , on voit un grand étang ou lac dédié au génie du liquide élément que l’on désigne par le nom de hé-long ( dragon noir ) . C’est là que l’empereur prie pour obtenir de la pluie, lorsque le temps est trop sec. Les vastes enclos, pour la plupart vides, que renferme Péking, le mode de construction des maisons, qui n’ont toutes qu’un étage, rendent fort peu probable que la population de cette ca- ])italc soit plus'du double de celle de Londres. Comme on observe dans la ville habitée par l’empereur une discipline militaire un peu gênante, beaucoup de personnes préfèrent le séjour de la cité chinoise , où l’on vit plus à son aise. Ce n’est pas sans raison que la ville tartare est si bien gardée ; car, outre la sûreté personnelle de l’empereur à laquelle on doit veiller, il faut aussi se tenir préparé contre les dangers que faitnalli’e incessamment l’excès de la population, qui n’a pas toujours de la nourriture en proportion de ce qu’elle en consomme. En i 824, la cour fut sérieusement alarmée des suites d’une sécheresse qui, après avoir' affamé le peuple , occasionna la peste. Dans cette circonstance, l’empereur actuellement régnant publia un édit, d’abord pour enjoindre aux fonctionnaires d’empêcher que l’on ne pillât les aliments, et que l’op ne commit des déprédations dans les marchés ou autres lieux publics, ensuite pour leur recommander de redoubler de surveillance aux alentours de la résidence impériale, et enfin pour réduire le nombre des maisons de jeu.
Une autre proclamation qui parut peu de temps après ordonnait aux autorités d’annoncer que les distributions de grains qui avaient eu lieu à Péking allaient cesser, et que les individus peu aisés eussent , en conséquence , à retourner dans leurs districts respectifs, pour y churclier des moyens d’existence, en reprenant leurs b avaux. Elle