I.A CIIIMl
ce lieu il y a trois cenls ans ; on montre encore son appartement dans la partie de l’est. »
C’est aux Arabes que nous devons la première description un peu précise qui ait été faite de la Chine, de ses institutions particulières et de ses coutumes. Leurs vastes conquêtes les conduisirent jusqu’aux frontières de cet empire lointain , et les lumières de la science et de la littérature, qui les éclairaient alors à un assez haut degré durant les viii' et ix' siècles, portèrent plusieurs d’entre eux à explorer des régions inconnues, et à décrire ce qu’ils avaient observé. Nous possédons dans la traduction qui en a été faite par Renaudot, un intéressant spécimen des voyages entrepris par deux Arabes pendant les années 85o et 877. Ces voyages renferment des preuves de vérité et d’exactitude non moins incontestables que celles qui distinguent les relations de Marco-Polo, et attendu qu’ils se rapportent à une époque bien antérieure à celle où vivait le Vénitien, ils doivent être considérés comme d’un très haut intérêt. On peut apercevoir une identité remarquable entre les Chinois tels qu’ils y sont dépeints et tels que nous les connaissons aujourd’hui, quoiqu’un intervalle de temps de mille années environ se soit écoulé depuis. Deux ou trois contradictions saillantes ne peuvent porter atteinte à la véracité générale de ces voyageurs, quand la totalité de leurs recherches présente tant de renseignements précis etexccllents. Ces contradictionsproviennent évidemment de quelque confusion dans les manuscrits originaux , par suite de laquelle des observations exactes , mais qui se rapportaient à d’autres pays situés sur la route qu’ils avaient suivie, auront été incorporées dans la relation de la Chine.
Ces Arabes décrivent une ville nommée Canfou ( probablement la même que Canton), dans laquelle une mosquée fort ancienne existe encore actuellement La fréquence des incendies et la longue détention des na-