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vires par diverses causes, telles qu’ils les racontent, peuvent maintenant encore s’appliquer à cet emporium du commerce étranger.
« Cette ville, remarquent-ils, est située sur un grand fleuve à quelques journées de distance de l’embouchure, de sorte que l’eau y est fraîche. . Elle parait avoir été , à cette époque , le port assigné aux marchands arabes qui venaient par mer ; et les voyageurs relèvent « une foule d’injustes procédés des marchands qui y trafiquaient. Ces procédés ayant acquis la force d’un précédent, il n’y eut pas de vexation, pas de traitement tyrannique qu’ils ne fissent subir dans la suite aux étrangers et aux maîtres de vaisseaux. »
Nous apprenons que le port fut à la fin abandonné à cause des extorsions des mandarins du temps , et que « les marchands retournèrent en foule à Siraf et à Pman. »
Il est aussi très digne de remarque que les voyageurs nous représentent l’entrée du port de Canfou comme « les portes de la Chine , » ce qui pourrait être la traduction de Hou-men : « Porte du tigre, » ou Doca-tipris , ainsi qu’elle est appelée d’après les Portugais. Ces Arabes mentionnent en particulier le secours tiré des greniers publics et accordé au peuple dans les temps de famine. La taxe sur le sel, telle qu’elle existe aujourd’hui, et l’usage du thé, sont ainsi décrits :
«L’empereur se réserve encore les revenus provenant du sel et d’une certaine herbe que les habitants infusent dans de l’eau bouillante, et dont on vend une immense quantité qui produit des sommes énormes. » Ils disent que les impôts publics consistaient en droits sur le sel et le thé avec une capitaüon , qui depuis a été convertie en une taxe sur les terres. Ces mômes Arabes parlent aussi du bambou comme d’une panacée universelle en matière de police, et ils décrivent très exactement la monnaie de
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cuivre des Chinois , leur porcelaine , leur vin de riz , l’en- Iretien d’instituteurs publics dans les villes, l’idolâtrie dérivée de l’Inde et leur ignorance en astronomie, science dans laquelle les Arabes furent leurs premiers maîtres.
Il nous serait réellement impossible de relever ici toutes les remarques judicieuses, ou même seulement une petite partie des renseignements exacts que l’on peut trouver dans cette vieille et curieuse relique des premières entreprises des Arabes. D’après les lumières qu’elle fournit, et celles qu’offrent d’autres relations, on a conclu , avec une apparence de certitude , qu’avant la conquête Tartare-Mongole , les Arabes se rendaient dans ce riche pays principalement par mer, et en qualité de négociants.
Postérieurement à la fondation de la dynastie Tartare- , Mongole par Gengis-Khan, l’Arabe Ibn Batula, dont les voyages ont été traduits par M. le professeur Lee, visita^ la Chine. Il décrit très fidèlcnicntla circulation du papiermonnaie créé par les Mongols, expédient qui échoua plus tard , la valeur du papier étant devenue complètement nulle , à cause d’une émission excessive et de la mauvaise foi du gouvernement qui tirait profit de sa circulation. Ibn Datuta observe que même à cette époque « on n’achetait ni ne vendait avec des dirbems ou dinars, car lorsqu’une personne parvenait à se procurer plusieurs de ces monnaies, elle les fondait sur-le-champ. » S’il faut l’en croire, les jonques chinoises allaient aussi loin que Calicut, et lui-même se serait embarqué à bord d’un de ces navires pour entreprendre son voyage en Chine.
La foi musulmane paraît avoir été protégée comme la religion d’une partie considérable de la population, bientôt après la conquête Mongole au treizième siècle; à cette heure , elle est entièrement tolérée , car ses sectateurs sont admis sans peine aux emplois du gouverne-