‹ La Chine ou Description GeneraleChapitre 123 sur 125 · LA CII1>E · texte numérisé non relu

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côlé duquel , de mCme que sur les arcades qui le traversent , sont les logoinenls des Anglais, des Français, des Hollandais, des Américains, des Parsis et autres. La plupart de ccs gens passent la plus grande partie , si ce n’est la totalité de leur vie, voués en entier au culte de Plutus, sans voir jamais un visage de femme, n’ayant pour toute récréation que le tintement des dollars , lesquels sont sans cesse examinés et pesés par les changeurs chinois qui les reçoivent en paiement !

Il y a bien des années, un nombre considérable de pavillons européens, tels que ceux des Danois, des Suénois et des Autrichiens, furent arborés sur le frontispice des factoreries, outre les pavillons anglais, hollandais et américains ; mais, depuis un quart de siècle, il ne reste plus que ces derniers, avec le pavillon français tricolore, qui a été déployé peu après la révolution de 1 85o.

Les factoreries européennes sont appelées par les Cbidois « les treize hong » ; ils emploient toujours le mot /mng pour désigner un établissement commercial ou un magasin. Selon leur coutume, ils distinguent chaque factorerie par quelque épithète ou par son drapeau. C’est ainsi qu’ils appellent la factorerie autrichienne « le hong à deux aigles, » nom qu’elle a conservé jusqu’à ce jour; la factorerie danoise , « le hong à pavillon jaune, » celle de la Compagnie « le hong qui assure la tranquilhté, » celle des Américains « le hong des abondantes fontaines, » et ainsi de suite.

A l’est des bâtiments serpente un étroit embranchement de la rivière , fossé infect qui sert à entourer une partie du mur de la ville ; il est traversé , sur une seule arche , par une rue étroite située derrière les factoreries, et qui conduit aux magasins des divers marchands, lesquels communiquent tous avec la rivière , au moyen d’escaliers de pierre ou de bois, d’où l’on embarque le tlié et les autres articles de négoce.

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L’espace occupé par les factoreries étrangères* est coupé par deux passages bien connus; l’un d’eux est nommé rue de Chine, et l’autre appelé à juste titre Hog-lanc (1).

La première , qui est plus large que ne le sont ordinairement les rues chinoises , contient les boutiques des. petits négociants on soieries et autres articles. Ces boutiques ont des enseignes écrites en lettres européennes ; elles sont fermées par de vilains volets sombres , et très mal éclairées par un trou pratiqué dans le plafond. Les marchands, au lieu de montrer cette politesse exquise des boutiquiers de Londres ou de Paris, et de prévenir pour ainsi dire les demandes de leurs chalands, mettent une lenteur désespérante à apporter les objets que l’on désire; de plus, ils sont très souvent de mauvaise humeur.

L’allée appelée Ilog-lane n’est pas facile à décrire , car nous no croyons pas qu’il existe dans une ville européenne rien de si étroit ni de si infect.

Les huttes qui la bordent sont habitées par des misérables qui vendent aux matelots ignorants des liqueurs falsifiées par un mélange de drogues stimulantes ou stupéfiantes, et qui , lorsqu’ils les ont enivrés, les pillent, et souvent même les assomment à moitié. Ce sont ces marchands qui ont causé les tumultes dont nous fûmes plusieurs fois victimes , et qui nous ont engagés dans d’interminables discussions avec le gouvernement.

Quand ils voyaient des matelots tout fraîchement descendus de leur vaisso^, ils les appelaient, les.faisaient entrer dans leur boutique , leur présentaient des pipes et des liqueurs , causaient avec eux et les excitaient à boire. Le moment de payer arrivé , ils demandaient quel-

(i) /tog, cil .Tiiglaîj, signifit; )ioic, el tane, rucllo.

i.A cni.\£.

qucs dollars de ce qui ne valait légalement que quelques pence; les marins , à qui les fumées du grog avalent ôté une partie de leur raison , \ suppléaient à coups de poing. Les Chinois, jouissant de toutes leurs facultés, ne manquaient pas d’avoir le dessus ; alors nos matelots allaient chercher du renfort, revenaient sur le lieu do la querelle , et le combat s’engageait de nouveau dans les règles. De là des homicides et une innombrable série de tracasseries de la part des mandarins.

Nous parlerons plus loin du commerce européen. On a beaucoup discuté sur le chiffre de la population de Canton ; mais la question n’ést point encore résolue. On la fait monter à un million : ce chiffre parait exagéré. Gomme plusieurs personnes en ont fait le tour à pied en deux heures , et que les maisons n’ont qu’un seul étage , il est impossible de croire qu’une population aussi immense puisse exister dans un aussi petit espace. Il est vrai cependant qu’une grande partie des manufactures sont situées à dix ou douxe milles, en remontant la rivière , dan» un lieu appelé Fo-chan , et qui se trouve être par là une succursale de Canton. Le courant qui , à Fo-chan, est assez fort pour porter les plus grosses jonques, dont plusieura sont du port de huit cents ou mille tonneaux , perd beaucoup de sa violence et de sa grandeur à San-choui-kien , ville située à trente-six milles au-dessus de Canton , et qui tire son nom de ce que la rivière forme « trois courants » ou embranchements , l’un desquels est au nord, l’autre à l’ouest, et dont le troisième , composé des deux prteiers réunis , conduit à la ville.

Le plat pays est entrecoupé de collines boisées. Rien ne surpasse en beauté les bords de la rivière en cet en- • droit; ils sont plantés d’arbres fruitiers, tels que des orangers, des pêchers, des plantins, etc. L’expérience a

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