I.A CIIIM
ment, d’où les chi’étiens sont rigoureusement exclus. Il existe, à Canton, une grande mosquée d’une haute antiquité, et que l’on aperçoit très bien avec sa pagode ou son minaret, lorsqu’on entre dans la ville par le fleuve. Une foule d’édifices consacrés à cette religion étaient disséminés sur la route des deux missions anglaises. Quelques personnes de l’ambassade, qui se rendaient en i 8 iü avec le docteur Morrison à un village éloigné de Péking d’environ cinquante milles, remaïquèrent ces mots écrits en Chinois sur la lanterne d’un pauvre boutiquier : « Le vieux Mabométan. » Quand ils demandèrent à cet homme d’où étaient ses ancêtres , il répondit : « Do l’Océan occidental ;» mais no put fournir d’autres renseignements , si ce n’est que sa famille résidait dans le pays depuis cinq générations. Le docteur Morrison rencontra, près de Nanking, un autre musubnan qui remplissait un emploi dans le gouvernement, et qui lui dit que sa secte était arrivée en Cliine sous la dynastie des Tang, ou vers l'époque de la visite des deux Arabes dont nous avons déjà parlé , c’est-à-dire au neuvième siècle. Le même individu assura qu’à Kaî-fong-fou, dans la province de Ilo-nan, il y avait quelques familles appartenant à une secte que les Chinois désignaient ainsi « la secte qui arrache les nerfs. » Ceux qui en faisaient partie étaient sans doute les juifs mentionnés par G rosier, et qui, dit-on , arrivèrent en Chine deux cents ans avant notre ère , du temps de la dynastie des Ilan.
Dans le XVIII* volume des Lettres édifiantes et curieuses, on lit le récit des peines que se donnèrent les jésuites en Chine , pour découvrir l’origine de cette colonie de juifs à Kaî-fong-fou. Le plus heureux dans ses recherches fut le père Gozani, qui, en 1 704, écrivit ce qui suit : «Pour ce qui concerne ceux qu’on nomme ici Tiaokin-kiao (la secte qui arrache les nerfs), il y a deux ans, je voulais les visiter dans l’idée qu’ils étaient juifs et
dans l’espérance de trouver parmi eux V Ancicn-Testatnent; mais comme je n’ai aucune connaissance de la langue hébraïque , et que je rencontrai de grandes difficultés , j’abandonnai ce projet de crainte de ne point réussir. Néanmoins, comme vous m’aviez dit que je vous obligerais en obtenant quelques détails sur ces sectaires, j’ai suivi vos ordres et je les ai exécutés avec tout le soin < t toute l’exactitude dont je suis capable. Je leur fis des protestations d’amitié auxquelles ils répondirent immédiatement : ils eurent même la courtoisie de me venir \oir. Je leur rendis leur visite dans le Li-pat-ssé, qui est leur synagogue, et où ils étaient tous rassemblés; ce fut là que j’eus de longs entretiens avec eux. J’examinai leurs inscriptions , dont quelques unes sont en chinois et d’autres dans leur propre langue. Ils me montrèrent leurs bvres religieux , et me permirent de pénétrer jusque dans l’endroit le plus secret de leur temple, dans celui-là même d’où le vulgaire est exclu. Il y a un lieu réservé pour le chef de la synagogue, qui n’y entre jamais qu’avec un profond respect. Ils me dirent que leurs ancêtres étaient venus d’un royaume de l’Ouest, appelé le royaume de Judrt, conquis par Josué, après qu’il eut quitté l’Égypte, passé la mer Rouge et traversé le désert; que les juifs qui émigrèrent d’Égypte étaient au nombredesix cent mille, etc. Ils m’assurèrent que leur alphabet avait trente-sept lettres , mais qu’ils n’en employaient ordinairement que vingt-deux; ce qui s’accorde avec le témoignage de saint Jérôme, portant que l’hébreu avingt- <leux lettres , dont cinq sont doubles.
» Quand ils lisent la Bible dans leur synagogue , ils se couvrent la figure d’un voile transparent en mémoire de Moïse qui descendit de la montagne le visage ainsi Voilé, lorsqu’il donna le Décalogue et la loi de Dieu à son peuple. Ils font la lecture d’une Section tous les jours de s.abbatb. Les juifs de la Chine comme ceux de l’Europe