‹ La Chine ou Description GeneraleChapitre 16 sur 125 · I.A CIIIXT · texte numérisé non relu

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l’amitié des Mongols. 11 arriva après maintes fatigues à la cour du grand Khan, où, comme son prédécesseur, il remarqua la ressemblance qu’offrait le culte lamaique avec le catliolicisme romain; il en conclut que ce culte devait tirer son origine d’un christianisme corrompu, peut-être même de celui des Nestoriens.

Il serait d’autant plus inutile de vouloir entreprendre ici la description de la relation de Marco-Polo , que cet ouvrage vient d’être l’objet d’un travail consciencieux et érudit de notre compatriote Marsden. Les doutes que l’on a eus long-temps sur la véracité de M. Polo, ont fait place à l’admiration que mérite sa naïve ctfidèle narration. La plupart de nos lecteurs savent que Nicolas et Mathieu Paolo ou Polo , nobles vénitiens, arrivèrent en Chine sous le règne du conquérant mongol Khoubilai-Khan. Ils furent extrêmement bien accueillis à la cour de ce prince , et reçurent même , à leur départ pour l’Europe , l’invitation de revenir en Chine. L’an 1274 ils y retournèrent efl'ectivemcnt avec des lettres du pape Grégoire X , et accompagnés du jeune M. Polo , fils de l’un d’eux; ce jeune homme,, par ses talents et sa bonne conduite, devint le favori du Khan , qui l’employa près de sa personne pendant dix-septans, au, bout desquels il obtint, non sans quelque difficulté , la permission de rentrer dans sa patrie. Les détails qu’il publia à \ enise sur les immenses richesses et les vastes ressources de l’Empire chinois , parurent tellement incroyables aux Européens de ce temps, que sa relation tomba en discrédit, et qu’il reçut le sobriquet de « Messire Marco-Million. »

Une autre description du Cathay ou de la Chine, fut écrite quelque temps après par l’Arménien Hayton, et traduite en latin. Selon ce dernier, les Chinois considéraient les autres peuples de la terre comme aveugles ou borgnes, tandis qu’eux seuls jouissaient d’une vue parfaite.

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Jean de Corvino, envo)é en Asie l’an 1288, par le pape Nicolas IV, est le premier qui réussit à répandre la foi catholique romaine en Chine. Il arriva à Khan-Balikh (c’était ainsi que les Tartares nommaient Péking ) , fut accueilli très-gracieusement par l’empereur, malgré les attaques des Nestoriens dont îl avait excité la jalousie, et obtint l’autorisaüon de construire une église avec un clocher et des cloches. De Corvino baptisa, dit-on, plusieurs milliers de convertis, et instruisit une multitude d’enfapts dans les principes du christianisme et les éléments de la langue latine.

La nouvelle de ses succès parvint jusqu’à Clément \\ qui le nomma évôque de Rlian-Balikh, et lui envoj a un nombreux corps de prêtres pour l’aider dans scs travaux. A la mort de Corvino , il est probable cependant qu’aucun homme aussi capable et aussi entreprenant que lui ne se présenta pour lui succéder; car l’établissement qu’il avait fondé parait avoir été supprimé ou tout au moins avoir dégénéré, jusqu’au point d’être devenu totalement insignifiant.

Les écrits des Chinois fournissent de nombreuses preuves que des dispositions d’une nature beaucoup plus libérale et beaucoup plus large que celles actuellement en vigueur, existèrent jadis pour la direcliondes relations avec l’étranger. C’est seulement depuis la conquête de l’empire par les Mandchous, que le commerce européen a été limité à Canton. Il est incontestable que le gouvernement jaloux et soupçonneux , établi par cette poignée de barbares, a ajouté de nouveaux obstacles à un commerce plus étendu avec le reste du monde. Nous avons déjà parlé des jonques chinoises que Ibn Batuta vit à l’ouest de la côte de Malabar vers la fin du xm' siècle. Il parait, d’après des autorités chinoises que, même avant le vu' siècle , des ambassades partirent de la Chine pour SC rendre chez les peuples environnants, afin de les in-

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viler à des relations mutuelles. Les avantages du commerce et de l’industrie ont toujours été appréciés par les habitants de ce pays ; aussi le mépris avec lequel le gouvernement tartare actuel affecte de traiter le commerce européen, ne doit-il être attribué uniquement qu’aux appréhensions qu’il a conçues, relativement à l’influence que la propagation des lumières pourrait exercer sur la stabilité de sa domination.

Selon les livres chinois, le commerce de Canton fut d’abord exempt d’impôts durant plusieurs années ; mais son importance croissante engagea bientôt les officiers du gouvernement à le convertir en une source de gains. La préemption de toutes les marchandises importées semble avoir existé de droit pendant un temps, comme elle existe maintenant à Siam et en Coebinebine; cet état de choses ne fut pas de longue durée , et le commerce , après avoir continué à se développer à Canton, s’étendit h d’autres ports de l’Empire. Les essais tentés pour empêcher l’exportation de l’argent semblent découler d’une erreur anciennement établie ; mais les règlements qui sont relatifs à ce sujet ont toujours été , comme l’on pouvait s’y attendre, aussi vains qu’ils le sont encore à présent.

Ce fut peu d’années après le passage du Cap par V. do Cama que les Portugais, en i5i6, firent leur première apparition à Canton. La conduite qu’ils tinrent d’abord n’était pas très propre à donner aux Chinois une opinion extrêmement favorable des Européens ; mais, lorsque dans la suite ils se posèrent comme les compétiteurs des Hollandais et des Anglais, les contestations que souleva leur avarice mercantile contribuèrent à les placer sous un point de vue encore plus désavantageux. Aujourd’hui, on représente les Européens comme une race d’hommes qui ne sont exclusivement mus que par le désir de réaliser des profits dans le commerce , sans s’inquiéter des

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moyens qui peuvent les faire arriver aü but. Le gouvernement du pays fut frappé des querelles continuelles qui divisaient ces aventuriers étrangers ; trompé par l’extrême ressemblance qui existait dans leurs costumas et dans leurs habitudes , il attribua ces querelles à d’autres motifs, et se montra disposé à les traiter avec une rigidité , une sévérité qu’il n’avait point jugé nécessaire d’exercer envers les Arabes, leurs paisibles prédécesseurs.

Les premiers lieux de refuge des Portugais furent les lies situées à l’embouchure de la rivière de Canton. Le Vaisseau envoyé par Alfonzo Albuquerque , capitaine-général de Malacca , abordà à l’une d’entre elles, sous le commandement de Perestrello , et comme le voyage de ce marin fut très heureux , il engagea d’autres navigateurs dans des entreprises semblables.

Perestrello s’étant distingué comme le premier qui eût ' conduit juSques en Chine , un bâtiment sous pavillon européen , fut suivi l’année d’après par une flottille de huit vaisseaux, commandée par Perez de Andrade, qui, en atteignant la côte, se vit environné par des jonques de guerre et survêillé avec une extrême attention. On lui jiermit cependant de se rendre à Canton avec deux de ses bâtiments; mais, tandis qu’il négociait les bases d’un traité de commerce , il apprit que le gros de son escadre avait été attaqué par des pirates. Quelques uns des navires revinrent avec des cargaisons à Malacca, les autres appaieillèrent avec plusieurs jonques des lies Lou-tchou pour la province de Fo-kien, sur la côte Orientale, et réussirent à fonder une colonie à Ning-po.

Par la suite, les Portugais amenèrent leurs familles dans ce pOrt, où ils exerçaient un négoce av antageux avec d’autres endroits de la Chine aussi bien qu’av ec le Japon. Mais, en l’année i54ô, le gouverneur de la province, poussé à bout par leur conduite désordonnée, les chassa de Mng-po. C’est ainsi qu’ils perdirent pour jamais un

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établissementsur le continent chinois , dans une des provinces de l'empire les mieux situées pour les vues du commerce européen. En général , la manière d’agir des Portugais, dès leur arrivée, a été de nature à effacer l’impression favorable que la modération et l’équité de Pcrez de Audrade avaient faite sur les Chinois. Peu de temps seulement après la visite de ce dernier, une escadre, sous les ordres de son frère Simon , fut engagée dans des hostilités ouvertes par suite de l’établissement d’une colonie à.San-clian, près de Macao (communément appelée colonie de Saint-Jean), et de la destruction d’un fort dans le même lieui Cette escadre, après avoir été défaite par les forces navales chinoises, continua de se livrer à des actes de piraterie sur les vaisseaux marchands. /•

Postérieurement à cet événement , et durant la période plus récente de leurs relations avec la Chine à Macao , les Portugais paraissent, d’un autre côté, avoir trop craint de donner de l’ombrage au gouvernement local; aussi, tandis qu’ils croyaient s’assurer la bienveillance des Chinois, leur système ne servait le plus souvent qu’à encourager les usurpations de ces derniers.

Ferdinand Mendez Pinto, grâce à ses exploits et à l’exagération avec laquelle on les a décrits, a rendu son nom fameux entre les premiers aventuriers de Portugal.’ Arrivé à Ning-po avec un équipage composé de hardis vauriens de son espèce , il apprit de plusieurs Chinois qu’il existait au nord-est une lie où étaient situés les tombeaux de dix-sept rois chinois avec tous les trésors qu’ils renfermaient. Aidé de ses compagnons, il réussit à découvrir le lieu et pilla les tombeaux, dans lesquels il trouva une énorme quantité d’argent. Mais étant attaqué , il fut obligé de se retirer avec une partie seulement du butin qu’il avait fait.

A leur retour, les aventuriers furent assaillis par un coup de vent dans le voisinage de Nanking, et quatorze

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