‹ La Chine ou Description GeneraleChapitre 25 sur 125 · RELATIONS DES ANGLAIS AVEC LES CHINOIS · texte numérisé non relu

RELATIONS DES ANGLAIS AVEC LES CHINOIS

Pi'cmicrs rapports commerciaux entre l’Angleterre et la Ckine. — Attaque des forts. — Aalorisation de trafiquer. — Traité de commerce Il t'ormose. — Trouilles à Canton. — Droits eiorbilanls sur le commerce. — Emouj et Ning-po. — Dix vaisseaux européens à Canton, en 1736, — Arrivée du commodore Ansou à Macao. — Intrigues des marchands Hong. — M. Flint. — Querelles entre les Anglais et les Français. — Proliibilion du commerce à Ning-po. — Emprisonnement vie M. Flint. — Le vaisseau de S. M. B. V Argo.

— Les Portugais livrent un homme innocent. — Maxime fondamentale des Chinois dans leurs rapports avec les étrangers. — Violente conduite d un maître de navire. — Liquidation des dettes contractées parles Chinois envers les Anglais. — Déplorable affaire do canonnier en 1784- — Ambassade et mort du colonel Catheart.

— Ambassade de lord Macartuer.

Nous allons maintenant tracer une esquisse des relations de la Grande-Bretagne avec la Chine dès leur principe. La première tentative qui eut lieu pour les fonder parait remo^nler jusqu’à l’année 1.596. Trois vaisseaux furent alors équipés et mirent à la voile sous le commandement de Benjamin A\ ood qui était porteur de lettres de la reine Elisabeth pour l’empereur ; mais, comme ils périrent en route, il ne parait pas qu’on ait essayé de nouveau de mettre le projet à exécution. Les plus anciennes archives de la Compagnie à Canton sont datées

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du 6 avril. 1637, et commencent ainsi: «A la latitude de 6 “ 1/9 nous primes congé du vaisseau Planter, que Dieu, nous l’espérons, a conduit en sûreté. Il semblait être chargé, ainsi qu’il appert du connaissement, etc.» Ce navire faisait partie d’une flotte de cinq vaisseaux, dont les quatre derniers, le IJraf^on, le Sun, Catherine et Ann, continuèrent leur route pour la Chine, sous le commandement du capitaine Weddel. Ils arrivèrent d’abord à Acbin, dans l’ile de Sumatra. «Lorsque nous y abordâmes (est-il dit) nous ne trouvâmes pas, dans la ville entière , le moindre chrétien , mais seulement trois Hollandais, aussi pauvres d’argent que d’esprit, qui occupaient autrefois de minces emplois et qui ont été envoyés ici pour s’opposer à ceux de notre nation qui y arriveraient, en les entravant, en les tourmentant et en les contre-carrant plutôt que pour y commercer (1). » La flotte se dirigea ensuite vers la Cliine et arriva en vue de Macao le 28 mai. Dans cette ville, les Portugais firent tout ce qu’ils purent pour représenter les Anglais sous le jour le plus défavorable, afin de prévenir la chance d’un échange de rapports commerciaux. Après plusieurs tentatives infructueuses pour ouvrir des négociations à Canton, il fut résolu que tous les vaisseaux remonteraient la rivière. Ils arrivèrent en quelques jours à l’embouchure appelée maintenant la Bogue , laquelle est dans le voisinage des forts. « Ayant quelques interprètes, assez médiocres, par parenthèse^ les équipages entrèrent bientôt en pourparlers avec divers mandarins

( 1 ) Celte raDCunc contre les [lollaiicleis était la conséquence de ta jalousie réciproque qui existait alors entre les commerçants rivaux des deux pays en Orient. Un traité conclu , en i6i5 , avec la Hollande, et appelé le Traité de défense, ne put rétablir riiarmonic détruite, et l'horrible massacre d'Amboinc , en i6a5, vint couronner tous les actes de cruauté et de perliüic commis par les liullandais.

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venus dans les jonques du roi , et à qui ils déclarèrent que l’objet do leur voyage était d’entretenir avec eux dos relations de paix et d’amitié, de trafiquer avec autant de liberté que les Portugais, et d’obtenir, moyennant paiement, des provisions pour leurs vaisseaux. Les mandarins répondirent qu’ils solliciteraient toutes ces choses des notables de Canton et demandèrent en même temps un délai de six jours qui leur fut accordé. En attendant , les vaisseaux anglais coururent des bordées avec des enseignes blanches à la poupe. Depuis le retour de la chaloupe, leurs perfides alliés, les Portugais, les avaient noircis aux yeux des Chinois et les avaient dépeints comme des misérables, des voleurs, des aventuriers, et pis encore, tant ils étaient jaloux d’eux. Ils ne se bornèrent pas là; durant la nuit, ils placèrent des pièces d’artillerie de quarante-six, coulées en fer, dans la forteresse ^ qui était proche du bord de la rivière; chacune de ces pièces pesait entre six et sept cents et était grosse à l’avenant. Après quatre jours de préparatifs, étant, comme ils le croyaient, suffisamment fortifiés, ils firent plusieurs décharges inutiles sur un des canots qui passaient pour chercher un mouillage convenable. Les équipages de la flotte entière , exaspérés par cette trahison, arborèrent leurs rouges enseignes, levèrent l’ancre, se laissèrent entraîner parle flux et vinrent s’embosser devant le château, d’où partirent de nouvelles décharges qui n’endommagèrent que les agrès et les câbles. A cette dernière provocation , et ne pouvant endurer plus long-temps de pareilles bravades , chaque vaisseau commença à jouer de son artillerie d’une terrible manière.

Au bout de deux ou trois heures, les Anglais, voyant que les lâches se ralentissaient déjà, débarquèrent environ cent hommes dans les canots. Lorsque les Portugais furent témoins de cette manœuvre, l’effroi s’empara d’eux; ils prirent la fuite et abandonnèrent aussitôt le

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