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fort. Les équipages des canots y entrèrent après eux sans coup-férir; ils déployèrent sur les murs les couleurs de S. M. B.; puis après avoir transporté les canons à bord, ils mirent le feu à la ipaison du conseil et démolirent ce qu’ils purent. Les chaloupes de la flotte saisirent aussi une jonque chargée de planches et de merrain et une autre chargée de sel. lin troisième bâtiment fut surpris. On cnvpya, par son esquif, une lettie aux mandarins de Canton, pour se plaindre de ce qu’ils avaient rompu la trêve, pour justifier l’attaque du château et, finalement, pour réclamer, en termes convenables, la liberté du commerce. Cette lettre, à ce qu’il parait, fut remise à son adresse , car, le lendemain , un mandarin de médiocre apparence, chrétien poi'tugais, du nom de Paulo Noretti, s’approcha des vaisseaux dans un petit bateau à pavijlpn blanc. Les Anglais lui exposèrent l’insulte qui leur avait été faite et leur désir sincère d’établir des rapports d’amitié et de commerce. Après lui avoir expliqué qu’il n’était nullement dans leurs intentions ( excepté le cas de légitime défense) de combattre contre la nation chinoise, ils lui remirent certains présents et le renvoyèrent â ses maîtres, de hauts mandarins qui chevauchaient sur une langue de terre peu éloignée des vaisseaux. Ceux-ci , informés de ce qui s’était passé , le députèrent de nouveau , le soir même , à bord d’une petite jonque , en l’investissant de pleins pouvoirs. La conclusion fut que les mandarins rejetèrent tout le blâme de ce qui avait eu lieu sur les calomnies des Portugais , et que les canons capturés ayant été rendus, les vaisseaux furent approvisionnés d’un chargement.
Néanmoins, pendant plusieurs années, il n’exista point de commerce. Bientôt après cette époque, la Chine fui déchirée intérieurement par ses luttes contre les Tartares-Mandchous , tandis que ses cptes étaient infestées par les pirates, sur les chefs desquels nous avons déjà eu T. I. 4
LA ClIIKE.
l'occasion de faire quelques remarques. Une nouvelle tentative eut lieu en 1664 pour établir des relations commerciales avec Canton. Les agents de la compagnie anglaise débarquèrent à Macao et y obtinrent un logement. LesCbinois, en réponse à leurs ouvertures, demandèrent s, 000 laëls par vaisseau , comme impôt de port, et lorsqu’on leur en offrit 1,000, ils les refusèrent. Finalement une garde chinoise feit placée prés des Anglais pour les surveiller; ceux-ci , alors, se virent obligés d’abandonner l’entreprise et de retourner à Bantam. On peut croire avec raison que les Portugais furent , comme de coutume, les instruments de leur défaite.
En 1668, la paix avec les Hollandais encouragea la compagnie à se tourner de nouveau vers la Chine; elle s’adressa donc à sir Robert Soutbwell , notre ambassadeur en Portugal, afin cpi’il obtint que l’on traitât convenablement nos vaisseaux s’il leur arrivait de toucher â Coa ou à Macao. La même année, les agents de la compagnie à Bantam firent observer dans une de leurs dépêches à la cour des directeurs que «Hok-chou (1) ne pouvait manquer de devenir fort animé, attendu qu’il procurait à la Chine toutes les commodités , telles que du lutanag, de la soie écrue et travaillée, de l’or, de la racine de Chine {Chinn root ) , du thé, etc., pour lesquels il fallait apporter du drap fin, du plomb, de l’ambre, du poivre, du corail, du bois de sandal, du bois de teinture, de l’encens, du cacha (e<is«ta),du putchuck, etc. » Ce sont tous ces objets qui forment encore à présent les articles de commerce avec l’Angleterre et les Indes,
Les rapports du temps font voir qu’en 1 670 un négoce fut établi à Tai-ouan, ou Formose, avec le chef Kochinga,
(1) C’csl la prononciation provinciale de Fok-cheoa-fou dans le Fo-kicn. Fok-clieou-rüu est très avanlageiiscnicnt située pour le couinierce européen.
hh. CHINE.
qui , ainsi que nous l'avons vu plus haut , avait chassé lesHollandais de cette Ile en 1662. Il est possible que, connaissant la rivalité et l’animosité qui existaient entre les Hollandais et les Anglais, il ait encouragé ces derniers à venir, pour s’en servir comme d’un contre-poids en sa faveur, si les Hollandais tentaient de nouveau de s’emparer de Forinose. On fit un traité appelé « le contrat passé avec le roi deTaï-ouan, pour l’établissement d’une factorerie. » Dans ce traité la compagnie stipule que : « Nous pourrons vendre ou échanger nos marchandises avec qui nous plaira, et que, pareillement, tout le monde pourra trafiquer avec nous. Que pour toutes les insultes qui nous seront faites , ou pour les embarras qui nous seront suscités par les naturels du pays, le roi sera notre juge; et, d’un autre côté, que pour obtenir justice des insultes ou des torts dont les Anglais se seront rendus coupables, les plaignants devront s’adresser à notre chef, qui leur donnera pleine satisfaction. Qu’en tout temps nous pourons avoir accès auprès du roi lui-même ; que nous aurons la faculté de choisir nos écrivains et nos interprètes ; qu’aucune garde ne sera commise à notre surveillance, et que nous serons libres d’aller et de venir sans avoir des Chinois à nos côtés ; que les marchandises achetées par le roi, quelles qu’elles soient, ne paieront aucun droit; que le riz importé ne paiera point de droits; que toutes les marchandises importées paieront 3 pour cent après la vente , et que toutes les marchandises exportées seront exemptes de droits. » Il fut convenu en outre que les vaisseaux rendraient leurs canons et leurs munitions de guerre, lorsqu’ils seraient dans le port.
11 parait que ce commerce devint plus tard si peu profitable , et accompagné de tant de vexations , que la com- ' pagnie ordonna, en 1681, l’abandon des établissements de Formose et d’Emouy, et la création, si faire se pou-
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