‹ La Chine ou Description GeneraleChapitre 28 sur 125 · I.A CHINE · texte numérisé non relu

I.A CHINE

glais des intentions malveillantes; on en eut une preuve manifeste en 1808, lors de l’expédition sous les ordres de l’amiral Drury.

Peu après la conquête tartare, on trouve établi par les mandarins, en réponse à certaines questions sur ce sujet « qu’un présent d'oiseaux et d'animaux étrangers serait beaucoup plus agréable à l’empereur qu’une cargaison d’or. » On ne saurait douter que les cadeaux de cette nature ne soient extrêmement goûtés à Péking, et en cas d’une nouvelle ambassade , on ferait très bien de ne pas perdre de vue ce conseil , au lieu de se borner, dans le choix des présents, exclusivement à des œuvres d’art; ces sortes de cadeaux non seulement ont été pour la plupart inutiles à l’empereur, mais encore ils lui ontparu incompréhensibles, ainsi qu’à sa cour.

Notre commerce de Canton parait avoir été de bonne heure troublé ; le hoppo , ou principal commissaire des douanes, demanda, en 1689, 3,484 faëls pour le jaugeage ou pour la taxe de port du navire la Defence ; mais reconnaissant que cette somme ne serait point acquittée, il prit i, 5 oo taëls. Sur ces entrefaites, un matelot de la Defence ayant tué un Chinois , il s’ensuivit une mêlée dans laquelle plusieurs marins et le chirurgien du bâtiment perdirent la vie. Peu satisfaits de tout ce mal , les mandarins déclarèrent que la Uefence ne mettrait point à la voile , à moins que le capitaine ne payât 5 , 000 taëls ; ce dernier offrit alors 2,000 taëls, et lorsqu’il vit qu’ils ne voulaient pas s’en contenter, il quitta Canton et sortit de la rivière.

Les droits actuels perçus dans le port de Whampoa , sur un vaisseau d’environ huit cents tonneaux, s’élèvent à très près de 5 , 000 dollars, c’est-à-dire au-dessus de 1 ,000 livres sterling.

Il appert d’une lettre de la cour des directeurs à la factorerie, en date du s 5 novembre 1699, qu’une commis-

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sion de co/isu/fulenvoyée au chef du conseil delà compagnie. Les archives ne disent point qu’elle ait été révoquée ; elles portent seulement : « Nous avons obtenu de Sa Majesté l’autorisation de vous constituer; et ceux qui seront dans la suite nommés par nous, notre président en Chine, auront la qualité de ministre du roi ou de consul de la nation britannique , et réuniront tous les pouvoirs attachés à ladite qualité. » La cour des directeurs parait n’avoir point eu connaissance de ce document, lorsqu’en i 8Ô2 elle a nié que son président fût autre chose que le représentant d’une compagnie. On a très bien remarqué dans le parlement, au sujet de cette dénégation de la cour, que les pleins pouvoirs conférés par la législature au chef sur les sujets anglais en Chine, semblaient à eux seuls lui donner un caractère national.

Depuis le commencement du xviir siècle jusqu’en 1727, nous fûmes plusieurs fois cruellement molestés à Canton, et bien que le commerce continuât encore, il éprouvait de fréquentes interruptions. Cette même année nous demandâmes la suppression de diverses extorsions , savoir, entre autres : un impôt de 16 pour cent levé sur le commerce ; des laxea énormes sur les compradores ou pourvoyeurs des bâtiments, et ce que l’on appelait le présent de 1,900 taëls en sus du jaugeage ou droit de port. Pendant un certain temps le gouvernement local avait voulu investir un seul individu appelé «le marchand de l’empereur, » du droit exclusif de conduire le commerce euiopécn. Ce « monstre en négoce » (ainsi que le désignent très bien les archives) fut bientôt contraint de permettre aux autres de participer à son privilège. Les marchands hongs essayèient alors d’établir entre eux une lion" ou raison commerciale ; là-dessus les subrécargucs refusèrent de trafiquer tant que la combinaison ne serait pas dissoute ; en même temps ils adressèrent au viceroi des représentations, auxquelles ce dernier fil droit à la

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Hn; en outi’e, sur leur déclaration qu’ils seraient forcés d’aller à Ëmouy, ou dans quelque autre port, si Tonne supprimait pas les impôts exorbitants qui grevaient le commerce, le Hoppo promit de les satisfaire; ce qui n’empêcha pas que Tannée suivante il ne soumit à un droit additionnel de i o pour cent toutes les exportations en Europe. Les plaintes qu’élevèrent à ce sujet les négociants anglais demeurèrent vaines.

D’après ce qui a transpiré sur ce droit de lo pourcent, il semble démontré que les produits bruts ont trouvé de prime-abord plus de débit à Canton que les produits manufacturés. Les archives remarquent : «un droit de 10 pour cent a réellement été payé par les marchands au Hoppo sur tous les articles vendus aux vaisseaux d’Europe depuis plusieurs années, quoique dans le même temps les vaisseaux du pays (i) fussent restés exempts de taxes. A la longue, un des marchands objecta , très judicieusement, que le Hoppo ayant vu pendant plusieurs années que les mai'chandises importées par les vaisseaux du pays (les produitsbruts de Tlnde et du détroit) rapportaient des sommes considérables à l’empereur, tandis que les navires européens n’importaient que peu ou point de marchandises , avait établi cette taxe sur les négociants pour tous les articles vendus par eux aux vaisseaux d’Europe.

La grande industrie et la simplicité des Chinois leur fait tirer un très bon parti des produits bruts; il n’en est pas de même des productions d’art des Européens, qui se trouvent souvent en opposition avec leurs goûts, leurs habitudes et leurs préjugés nationaux.

En 1 734, un seul vaisseau , le IJarrison , fut envoyé è Canton uniquement à cause des droits élevés et des ex-

(1) Ceux lit- t'Iiule-

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tordions qui avaient été commises. On fit encore une tentative àEmouy par le moyen du vaisseau le Grafton. L’histoire des négociations qùi ont eu lieu dans cet endroit , fournit un exemple remarquable de la rapacité et du manque de foi des Chinois ; après avoir passé plusieurs mois en démarches inutileâ auprès des mandarins, afin d’en obtenir des conditions raisonnables, les Anglais furent à la fin obligés de quitter Canton , principalement parce qu’ils ne pouvaient y trafiquer qu’avec les créatures des mandarins , qui avaient commis l’une d’elles pour les surveiller constamment dans leur propre maison située sur le rivage ; en sus des droits réguliers déjà si élevés, il y avait une taxe extraordinaire de 20 pour cent au profit du Hoppo.

« L’ignorance des marchands d’EhiOuy, ést-il dit, et le peu d’encouragement qu’ils nous ont donné , nous font presque désespérerdepouvoir jamais traiter aucune affaire sur cette place. » En 1736, le vaisseau Normanton se rendit à Ning-po , et de grands efforts furent fàits pour y ouvrir ün commerce exempt des tracasseries que l’on avait eu jadis à subit dans l’fle de Cbusan. Les Anglais trouvèrent encore là des mandarins impérieux et obstinés qui insistaient, comme préliminaire indispensable , pour qu’armes et munitions leurs fussent remises. Outre ces exigences, le lieu ne paraissaitpas devoir être très avantageux au commerce , ainsi que le remarquent les archives ; « Cet endroit semble plutôt avoir été qa être le siège d’un grand commerce. » Il est probable qu’il avait souffert de l’invasion tartare comme plusieurs autres localités.

Après deux mois d’inutiles négociations, le Norma 7 iton fit voile pour Canton. En y arrivant, il apprit que l’empereur Kien-long, qui venait de monter sur le trône, avait aboli le droit de 10 p. 0/0, aussi bien que le présent de 1 , 55 o taëls, et n’avait laissé subsister que celle des taxes

de port appelée le jau^eage{\). Lorsqu’on fut sur’le point de lire, dans la salle impériale d’audienc", l’édit ordonnant cette suppression de taxes, les marchands indigènes annoncèrent aux divers négociants européens « qu’il fallait qu’ils se prosternassent en se mettant sur leurs deux genoux. » « Soupçonnant que les Hong cherchaient à nous abaisser au même niveau de sénilité qu’eux ; considérant aussi que la posture qu’ils voulaient nous faire prendre était une marque d’abjecte soumission que nous ne donnions jamais à nos propres souverains; en Europe, nous convînmes unanimement que nous nous déshonorerions, nous et notre patrie,* en obéissant à l’injonction qui nous était faite. Dans la crainte que les marchands, pour nous affaiblir, ne parvinssent à semer la division parmi nous , nous nous réunîmes en corps et donnâmes solennellement notre parole d’honneur qu’aucun de nous ne consentirait à se mettre dans une posture aussi humiliante, ni à faire indivi-' duellement des concessions ou des propositions d’accommodement, sans en prévenir tous les autres. »

Ils dûrent s’applaudir de leur résistance ; car s’ils en uvaierrt passé par cette cérémonie de foi et hommage , on aurait bientôt exigé d’eux une foule de concessions.

Il parait qu’en cette année (il y a de cela juste un siècle) le nombre total des vaisseaux européens venus à Canton fut de dix, savoir : quatre anglais, deux français, deux hollandais, un danois et un suédois^

A la fin de 1741 , le vaisseau de S. M. Britannique, le Centurion, sous les ordres du commodore Anson, arriva à Macao dans la poursuite de son voyage autour du monde : ce fut le premier bâtiment de guerre anglais qui

(1) Malgré celte décition , le gouverneur provincial a continué h T>ercevüir le présent en entier juii(|u'en 1829, époque à laquelle une légère iliniinutiou fut faite sur ladite somme de i,55o taëls.

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